Scott et Crossman : Poissons d'eau douce du Canada

NARRATEUR  : Il vient de fêter ses 90 ans, mais Bev Scott aime toujours autant les poissons et la pêche.  Il a beau être retraité, il vient encore au Centre de recherches en sciences biologiques de l’Université Queens échanger avec des chercheurs, d’anciens étudiants et des collègues.

On ne compte plus les distinctions, diplômes, médailles et témoignages qu’il a reçus pour ses nombreuses contributions…Voici son grand œuvre, Les poissons d’eau douce du Canada, un livre que pratiquement tous les biologistes des pêches en eau douce du Canada possèdent et ont utilisé comme référence dans leurs travaux.

Bev Scott a rédigé cette œuvre monumentale avec son collègue et ancien étudiant, le regretté Edwin J. Crossman. 13 ans de travail de terrain laborieux et une préparation minutieuse ont été nécessaires, et dès sa publication le livre a remporté le prestigieux prix de la publication de l’année de la Wildlife Society! Aucun ouvrage de cette ampleur n’avait encore été produit en Amérique du Nord, et il demeure inégalé. Mais l’histoire du livre, c’est aussi l’histoire de ce que nous pouvons faire pour protéger les poissons d’eau douce du Canada.

La genèse du travail de terrain qui a mené à la rédaction de cet ouvrage, travail commencé en 1960, remonte à plusieurs années et commence dans un quartier est de Toronto où Bev Scott est né, en 1917. Son intérêt pour les poissons date des sorties de pêche et de camping en famille de son enfance, et s’est transformé ensuite en passe-temps.

BEV SCOTT : « Je me suis intéressé aux poissons tropicaux, et les choses se sont enchaînées. Mon père m’a montré comment fabriquer des aquariums et je me suis mis à en faire. Je devais avoir 10 ou 12 ans. Bien sûr, j’ai commencé avec des guppys dans un bocal. Et je me suis mis à vendre des poissons. »

NARRATEUR : Son intérêt pour l’élevage des poissons mène Bev Scott à vouloir en savoir plus sur les sciences aquatiques. Son professeur de sciences au Malvern Collegiate Institute, monsieur McCready, lui suggère d’aller voir les nombreuses espèces de poissons au Musée royal de l’Ontario.

BEV SCOTT :  « J’y suis allé, au Musée royal de l’Ontario. Je me souviens d’un gros aquarium rectangulaire surplombé d’une fenêtre. Il était sale, les poissons rouges passaient leur temps à aspirer la rocaille et à la recracher, l’eau était trouble. Il ne contenait aucune plante. Ça m’a irrité. À un moment donné, un gardien s’est pointé et je lui ai dit que j’aimerais parler au responsable au sujet de l’état de cet aquarium. Il m’a indiqué que le responsable était le directeur, monsieur Dymond. C’était un homme charmant et je ne sais trop ce qu’il a pensé à l’époque, mais je lui ai dit que ses aquariums étaient en piteux état et qu’ils devraient être mieux entretenus. Quel culot! Mais c’est comme ça que j’ai rencontré John Dymond. Rapidement, on m’a proposé de devenir bénévole et j’ai accepté. C’était pendant mes dernières années du secondaire. Comme j’avais une demi-journée libre, j’allais au musée pour m’occuper des aquariums. »

NARRATEUR : John Richardson Dymond était « ichtyologiste », conservateur des poissons au Musée royal de l’Ontario et professeur de zoologie à l’Université de Toronto. Bev Scott adorait son travail au Musée. John Dymond se débrouillait toujours pour venir parler d’ichtyologie, l’étude scientifique des poissons, pendant que le jeune Bev s’occupait des aquariums, car il voyait sa passion et son dévouement. Jusqu’à sa mort, John Richardson Dymond a été le professeur, l’ami et le mentor de Bev Scott.

BEV SCOTT : « C’est à cause de John Dymond que je me suis autant intéressé aux activités du musée et c’est grâce à lui que j’ai fait un doctorat et des recherches sur les poissons. »

NARRATEUR : Bev Scott n’avait pas les moyens d’aller à l’université, mais John Dymond l’a incité à faire un autre semestre à l’école, en lui promettant que s’il améliorait ses résultats, il l'aiderait à trouver un moyen de financer ses études de premier cycle. Bev Scott y a mis toute son énergie et a su impressionner John Dymond. C’est ainsi qu’il a offert au jeune Bev un emploi d’été comme assistant sur le terrain auprès de trois biologistes du Musée royal de l’Ontario qui faisaient des recherches ichtyologiques sur plusieurs lacs.

BEVSCOTT : « C’est en 1938 que j’ai fait ma première excursion pour le Musée, trois mois au Québec et dans le Nord de l’Ontario, et à l’été 1939 nous étions au lac Attawapiskat. En 1940, nous sommes allés à Fort Severn. Une excursion sur le terrain était toujours toute une entreprise. On finissait par camper en plein milieu de la forêt, on faisait pas mal de portage, vous voyez le genre… »

NARRATEUR : Cet emploi d’été, et celui d’assistant de laboratoire à temps partiel pour John Dymond, permettent à Bev Scott de payer ses études de premier cycle. Plus tard, John partagera avec Bev la paternité d’un article sur des recherches qu’ils ont fait ensemble en 1941. Il s’agit du premier article d’une longue série d’écrits signés par Bev Scott.

La Seconde Guerre mondiale et une jeune femme du nom de Millie Fairfield allaient aussi transformer sa vie.

BEV SCOTT : « C’est en revenant d’une excursion que j’ai fait la connaissance de deux jumelles au chalet de mes parents, à Halliburton. Je suis aussitôt tombé amoureux de l’une d'elles et nous nous sommes mariés après nos études. J’étais déjà enrôlé dans l’armée à ce moment. En fait, je portais mon uniforme le jour de notre mariage, le 11 juillet 1942. Nous sommes partis à l’étranger plus tard dans l’année. »

NARRATEUR : La guerre ne rompt pas pour autant les liens entre Bev Scott et son mentor, car ils ne cesseront pas leur correspondance. Quand Bev Scott est envoyé en convalescence à Londres à la suite d’une blessure, John lui demande de faire des recherches sur la pêche au British Museum. La guerre terminée, Bev Scott retourne à l’Université de Toronto à l’automne 1946 pour faire un doctorat, sous la direction de nul autre que John Dymond.

BEVSCOTT : « À ma grande surprise, j’ai été engagé comme aide au département d’ichtyologie et je suis devenu conservateur après environ un an. Il arrivait que John me demande de l’aider à donner ses cours. C’est là qu’intervient Ed Crossman. »

MARG CROSSMAN :  « Ed accompagnait son père à la chasse et à la pêche, et c’est un professeur de biologie du secondaire qui l’a motivé à étudier les poissons. 

Ed a quitté l’Université Queen’s pour faire sa maîtrise à l’Université de Toronto, où il a pris le cours d’ichtyologie que donnait Bev Scott. Le déclic a été instantané. Ed a commencé à travailler pour Bev et c’est à partir de là que tout s’est enchaîné. »

BEVSCOT : « Ça a été pour moi… une merveilleuse relation. Nous nous entendions très bien et nous avions de grands projets. »

NARRATEUR : L’arrivée de Ed en 1952 coïncide avec la publication par Bev Scott d’un ouvrage original sur l’ichtyologie.

BEVSCOTT : « Je me suis lancé dans un projet sur les poissons d’eau douce dans l’est du Canada.  Ma femme Millie a tapé le manuscrit et a fait les nombreuses corrections nécessaires. J’ai d'abord écrit cet ouvrage pour les pêcheurs. Je ne trouvais aucun ouvrage qui donnait aux pêcheurs de l’information sur les poissons, leurs habitudes et la façon de les attraper. Nous avons finalement terminé le livre, qui a été publié en 1954 sous forme de livre de poche. Nous avons eu bien du plaisir et nous avons beaucoup appris. »

NARRATEUR : L’approche de Bev est unique : publier un ouvrage scientifique accessible à tout un chacun. À sa sortie en 1954, le livre a remporté un succès immédiat.

D’après le magazine Forest and Outdoors, tout pêcheur à la ligne ou commercial devait posséder ce livre et en maîtriser le contenu.

L’année de la publication du livre de Bev, Ed Crossman termine la rédaction de son mémoire de maîtrise sur la population de maskinongés de Nogie’s Creek, en Ontario.

BEVSCOTT : « Après sa maîtrise, il a décidé de faire un doctorat. Je ne sais pas si beaucoup ont cherché à l’influencer, ni s’ils ont réussi, ou si son intérêt se portait déjà sur la côte ouest… toujours est-il que nous étions contents de le voir partir pour l’ouest du Canada, car John et moi avions beaucoup étudié l’est et le Musée avait besoin de quelqu’un qui connaissait la côte ouest. »

NARRATEUR : Durant les trois années d’études supérieures de Ed Crossman à l’Université de la Colombie-Britannique, Bev Scott lui écrit régulièrement. Lorsqu’il obtient son doctorat, Bev offre à Ed le poste de conservateur adjoint du Musée royal de l’Ontario. Poste que Ed accepte.

Ed commence également à enseigner l’ichtyologie à l’Université de Toronto et soulage ainsi les autres professeurs d’une partie de la charge de travail attribuable à l’augmentation du nombre d’étudiants. Certains étudiants de Scott et de Crossman deviendront des chefs de file en sciences aquatiques au Canada. Ils n’ont pas oublié leurs études en ichtyologie au Musée royal de l’Ontario, ni leurs mentors, Bev Scott et Ed Crossman.

BILL LEGGETT : « Ce qui était fantastique avec Ed et Bev, c’est qu’ils s’intéressaient vraiment aux jeunes et à leur carrière. Ils avaient l’air de connaître tous les étudiants de 3e cycle au Canada, et beaucoup aux États-Unis, et de suivre leur cheminement. Ils ont aiguillé beaucoup d’étudiants vers des professions ou d’autres études universitaires. Ils avaient un réel intérêt non seulement pour leur domaine scientifique, mais aussi pour les personnes qui allaient en assurer l'avenir. »

RICHARD ZURBRIGG : « Pour nous, c’était Monsieur Scott. Ce n’est que plus tard, quand nous sommes arrivés au 3e cycle, qu’il a fortement insisté pour que nous l'appelions Bev. C’était un vrai mentor. Il exigeait de nous que nous fassions une réelle introspection pour déterminer ce que nous voulions faire, puis grâce à son expérience, il tentait de nous faire voir l’objectif précis que nous visions sans le savoir, tout en nous le laissant découvrir par nous-mêmes. »

NARRATEUR : En plus de l’enseignement et de leur travail d’administration au Musée royal de l’Ontario, Ed et Bev continuent leurs études ichtyologiques sur le terrain pendant leurs vacances d’été.

En 1960, ils se rendent à Terre-Neuve pour faire des études sur les poissons d’eau douce. Ces études se déroulent bien, puisqu’ils découvrent dans le secteur 20 espèces de poissons d’eau douce. Mais, ce voyage revêt une importance particulière pour une autre raison; c’est autour de leur réchaud de camping qu’un soir ils décident d’entreprendre l’ambitieux projet de rédiger Les poissons d’eau douce du Canada.

BEV SCOTT : « Ce projet de livre a pris de l’ampleur. Ed et moi voulions au départ publier un livre qui dresserait une liste exhaustive des espèces de poissons du Canada, qui permettrait de les identifier, et qui indiquerait leur emplacement, dans les limites de nos connaissances.  Il ne fait pas de doute que nous pensions à l’enseignement en écrivant le livre. Ayant tous deux déjà enseigné, et sachant ce que cela implique, nous connaissions les besoins. »

MARG CROSSMAN : « Bev Scott connaissait à fond la côte est et Ed, la côte ouest. Le pont entre les deux s’est fait rapidement. »

NARRATEUR : Le moment était opportun pour écrire cet imposant volume qui répertoriera l’ensemble des poissons d’eau douce du Canada, car Bev et Ed bénéficient de l’accroissement du personnel et des ressources du Musée royal de l’Ontario au lendemain de la guerre. Forts de ce soutien, ils mettent au point un plan à long terme pour obtenir l’information ichthyologique nécessaire à la rédaction de leur ouvrage, qui allait se révéler une entreprise colossale. L’habitat des poissons d’eau douce du Canada s’étend sur 10 millions de km carrés! Les lacs, rivières, étangs et ruisseaux qui abritent les espèces de poissons d’eau douce représentent environ 755 165 km carrés. Ces habitats sont situés dans cinq grands bassins hydrographiques : l’Atlantique, la baie d’Hudson, l’Arctique, le Pacifique et le Golfe du Mexique. Les deux auteurs décident d’étudier d’abord les poissons du bassin hydrographique de l’Atlantique, puis ceux des autres bassins hydrographiques du pays, d’est en ouest, jusqu’à atteindre le Pacifique.

BEV SCOTT : « Nous avons commencé par dresser une liste de contrôle de tous les poissons du Canada, puis une liste des poissons d’eau douce, avec des clés d’identification. Ed et moi nous sommes partagé la rédaction du livre et nous nous sommes entendus sur un format. Nous avons établi un cadre, ce qui nous a permis de déterminer les principaux titres, si on veut, pour chaque entrée. Le livre est fondé sur un classement comparatif des espèces. Nous avons organisé l’information sur le cycle biologique, l’importance pour l’homme, la biologie de l’espèce et les habitudes de reproduction. »

MARG CROSSMAN:  «Et ils ont adopté une approche très holistique. Ils ne parlent pas seulement des poissons, mais aussi de tous les aspects importants. Ils ont étudié tous les poissons, ils ont étudié l’eau, les plantes, les insectes... Il fallait tenir compte de tout et ne pas se limiter au poisson.

Ils partaient de toute l’information recueillie et ils disposaient de toute une équipe; certains s’occupaient de la cartographie, d’autres épluchaient des revues et des livres... Ils leur donnaient une liste de personnes; ils remontaient le plus loin possible dans l’histoire des poissons au Canada. »

NARRATION : L’équipe de soutien était imposante. Elle comprenait des techniciens, des artistes, des assistants de recherche, des photographes et des assistants administratifs compétents.

PETER BUERSCHAPER :  «Je suis nostalgique du temps où j’allais sur le terrain avec eux et où ils donnaient leur avis sur la façon de faire les dessins, parfois subtilement, parfois moins, mais toujours de façon très constructive et encourageante. »

NARRATEUR : Les étudiants de 3e cycle de l’Université de Toronto et d’autres universités jouent également un rôle important dans l’évaluation et l’essai des diverses parties de la recherche.

JOHN M. CASSELMAN :  «J’étais inscrit en ichtyologie au Musée royal de l'Ontario et notre cours d’ichtyologie était un de ceux qui servaient à tester la clé d’identification des cyprinidés ou des ménés des poissons d’eau douce du Canada. J’ai donc mes notes personnelles sur cette clé et elles sont inestimables, puisque nous avons un peu contribué à la valider.»

NARRATEUR : Bev et Ed bénéficient également du soutien et de la participation indéfectibles de leur femme, Millie et Marg.

MARG CROSSMAN :  « Les familles Scott et Crossman participaient aux recherches sur le terrain. Nous avons donc appris à tendre des filets, à trier les poissons et à les mettre dans des sacs. Milly a davantage participé à la conception du livre que moi. Elle avait une formation de secrétaire. De mon côté, je faisais des recherches en bibliothèque pour trouver de l’information. J’ai participé davantage après l’impression du livre. Vous avez vu les épreuves en placard? C’était ma responsabilité. Toute nouvelle information était ajoutée au livre et ensuite à la fiche de chaque poisson, parce qu’il y en avait trop pour le cahier d’épreuves en placard. Nous étions à court d’espace. »

NARRATEUR : Treize années de travail sur le terrain, de recherche, de rédaction et de révisions : il va sans dire que ces deux hommes ont dû collaborer étroitement.

BEV SCOTT :  «Il y avait une sorte de synergie entre Ed et moi. Je ne sais pas trop comment ça se crée la synergie… mais j’imagine que ça vient tout simplement du profond respect que nous avions l’un pour l’autre. Franchement, nous aimions travailler ensemble. »

NARRATEUR : Lors de sa publication en 1973, Les poissons d’eau douce du Canada reçoit un accueil enthousiaste des chercheurs des sciences aquatiques, tant au Canada qu’à l’étranger.

BEV SCOTT :  « Je ne cacherai pas que nous attendions les critiques avec impatience… hahaha… et nous les lisions pour savoir ce que les lecteurs avaient trouvé qui nous aurait échappé. Oui, certaines choses nous ont échappées et nous avons fait des erreurs. »

NARRATEUR : Les poissons d’eau douce du Canada connaîtra cinq rééditions. La plus récente, celle de 1998, comprend de l’information supplémentaire. Dans leur introduction à la deuxième édition publiée en 1979, les auteurs se font alarmants. Le travail de recherche continu de Scott et Crossman les mène à la conclusion que des changements environnementaux influencent l’aire de répartition de certaines espèces, et que l’introduction d’espèces exotiques, dont certaines entrent en concurrence avec les espèces indigènes ou deviennent des prédateurs, ont de graves répercussions. Chaque réédition contient l’information sur les changements d’aire de répartition des espèces et l’introduction d’espèces exotiques.

En 1976, Bev Scott met un terme à sa brillante carrière de conservateur du Musée royal de l’Ontario, et Ed Crossman le remplace. Bev Scott et Millie déménagent à St. Andrews au Nouveau-Brunswick où Bev devient directeur du Laboratoire maritime Huntsman (aujourd’hui le Centre des sciences de la mer Huntsman). Cinq ans plus tard, il quitte son poste pour réécrire son livre Poissons de la côte atlantique du Canada, qu’il avait écrit avec Alec Leim en 1966. Avec Millie, il écrit un nouveau livre, Les poissons de l’Atlantique canadien, qui sera publié en 1988. À cette époque, Millie reçoit un diagnostic de maladie débilitante à long terme. Bev et Millie déménagent à Kingston, en Ontario, où elle pourra recevoir les meilleurs soins.

Avec les changements dans l’environnement causés par l’introduction d’espèces exotiques et par la diminution de l’aire de répartition des espèces indigènes, Bev et Ed estiment qu’une révision des Poissons d’eau douce du Canada s’impose. Ce rêve ne se réalisera malheureusement jamais, car Ed meurt subitement d’une crise cardiaque chez lui, le 21 décembre 2004.

RICHARD WINTERBOTTOM :  « Homme de stature imposante, Ed laisse derrière lui un héritage tout aussi imposant. »

BEVSCOTT :  «La mort de Ed est extrêmement malheureuse, car il est certain qu’une nouvelle édition du livre aurait paru s’il était toujours avec nous.  Dans l’optique que la révision que nous avions imaginée ne se ferait pas, il était logique que l’ouvrage devienne une référence.»

NARRATEUR : Il ne fait aucun doute que cet ouvrage est devenu une référence.

WENDY WATSON-WRIGHT :  « Ce livre est la bible de la biologie des poissons d’eau douce. Il en est de même sur la côte atlantique pour Poissons de la côte atlantique du Canada, que Bev a aussi écrit avec sa femme, Millie. »

WILLIAM C. LEGGETT :  « C’est devenu une référence pour tous ceux qui ont étudié les poissons d’eau douce au pays. C’est le premier ouvrage à peindre un portrait global de ces espèces, et il est aussi extrêmement bien fait. Avec un tel niveau d’excellence, les auteurs se sont imposés comme les chefs de file de leur discipline. »

NARRATEUR : Il est vrai que Les poissons d’eau douce du Canada est une référence, mais comme il demeure très consulté, la nécessité d’une mise à jour est de plus en plus pressante. Or, au vu des changements que subit l’environnement, une simple mise à jour ne suffira pas.

RICHARD BEAMISH :  « Un point commun ressort entre d’une part Bev Scott, Ed Crossman et Les poissons d’eau douce du Canada, et d’autre part ce que nous voulons faire aujourd’hui en gestion écosystémique pour essayer de comprendre l’effet du climat sur les poissons : il nous faut savoir comment les poissons survivent dans leur écosystème. Tout au long de leur évolution, les poissons se sont adaptés aux changements climatiques et il nous faut en apprendre davantage sur chaque espèce. Si la taxonomie assure la classification des poissons, Les poissons d’eau douce du Canada raconte leur histoire et celle de leur écosystème. C’est cet aspect qu’il faut mettre en avant et c’est là-dessus que nos universités et nos gouvernements doivent se concentrer. »

NARRATEUR : Le climat et l’environnement se transforment, et l’ouvrage imposant et l’œuvre de Bev Scott et Ed Crossman deviendront des outils de plus en plus importants pour mesurer les effets de cette transformation sur les poissons d’eau douce du Canada et leurs écosystèmes.