Le blé Marquis

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3:30 min.

Guide de l'enseignant

Résumé

À l'aube du XXe siècle, Charles Saunders, expérimentateur au ministère de l'Agriculture, a mis au point le blé Marquis. Cette découverte a autant contribué au peuplement des Prairies que la construction du chemin de fer. En 1911, le blé Marquis a été qualifié par les agriculteurs des Prairies de meilleur blé dur de printems en Amérique du Nord. La création de variétés florissantes sous le climat canadien a eu un impact énorme sur les citoyens de ce pays.

Transcription de la vidéo

Gillian Deacon
La prochaine fois que vous mordrez dans un morceau de pain, réservez une pensée à William Saunders et à ses fils, car ce sont eux qui ont aidé à mettre au point le blé dont il est fait.

Cette semaine à Planète vivante, nous examinerons des réalisations dans le domaine de l'environnement qui ont façonné notre vie, dont l'ancêtre du blé canadien.

Jay Ingram (Hors champs)
Dans les prairies canadiennes, il se cultive quelque 25 millions d'acres de blé par année, presque l'équivalent de la superficie de Terre-Neuve. On en tire environ un milliard de boisseaux de blé! Bon nombre de nos abondantes récoltes doivent leur succès à une douzaine de grains de blé mis en terre il y a près d'un siècle.

À l'époque, les agriculteurs des Prairies cherchaient une bonne variété de blé à cultiver – un blé dur à haute teneur protéique qui ferait du bon pain, qui pourrait se semer au printemps et qui croîtrait rapidement.

George Fedak
Les agriculteurs de l'Ouest avaient un problème dans ce temps-là. Les blés qu'ils cultivaient étaient d'excellente qualité, mais ils étaient trop lents à mûrir; dès qu'un gel automnal précoce les surprenait, ces variétés ne résistaient pas et la récolte entière était perdue.

Jay Ingram
Le directeur du Service des fermes expérimentales, M. William Saunders, et ses fils, Charles et Percy, arrivèrent alors à la rescousse. Ils entreprirent de croiser des échantillons de blé qu'ils faisaient venir de partout au monde avec les stocks locaux. Après des années d'efforts et de registres méticuleusement tenus, Charles sélectionna une souche prometteuse nommée Marquis... mais ferait-elle du bon pain?

Nous disposons, de nos jours, de moyens sophistiqués pour mesurer avec précision la qualité du blé pour la cuisson. Des appareils informatisés indiquent le nombre de bonnes protéines propres à la boulangerie que contient un échantillon de blé donné. Mais au siècle dernier, les moyens étaient plus... organiques. Pour savoir si le Marquis était un bon blé pour la cuisson, Charles Saunders a utilisé la méthode de la mastication. George Fedak en fait ici la démonstration. On se fourre quelques grains entiers dans la bouche et on mastique, on mastique... jusqu'à ce qu'on obtienne une sorte de chique...

George Fedak
Voici un échantillon du blé Marquis et la façon dont Charles Saunders l'a sélectionné. Vous pouvez constater qu'il est très élastique. Il contient une protéine ultra résistante, qui en fait un blé de très haute qualité pour faire du pain.

Jay Ingram
Après avoir mâché le blé Marquis, Charles Saunders en est venu à la même conclusion. Il a semé les 12 grains qui lui restaient... et le reste appartient à l'histoire d'un vrai gagnant.

George Fedak
En 1911, le blé Marquis remportait son premier prix d'importance, une valeur de 1 000 $ en or, à titre de meilleur échantillon de blé rouge dur de printemps cultivé en Amérique du Nord.

Jay Ingram
Le Marquis ne pourrait plus concurrencer les blés actuels, dont le rendement, le rythme de croissance et la résistance aux maladies sont bien supérieurs. Néanmoins, la plupart des variétés de blé rouge dur de printemps cultivées aujourd'hui dans le monde doivent au moins quelques-uns de leurs bons gènes au blé Marquis... l'ancêtre canadien du blé des Prairies.

L'émission Planète vivante est produite en collaboration avec Agriculture et Agroalimentaire Canada.