Templeman : Le fils d'un pêcheur

Renseignez-vous sur la vie de Wilfred Templeman, un scientifique qui est considéré comme étant le principal pionnier de la science de la mer à Terre-Neuve-et-Labrador et qui a contribué à la fondation de la Commission internationale pour les pêcheries de l'Atlantique Nord-Ouest.
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Transcription de la video :

Narrateur :
Il se nommait Wilfred Templeman, mais ses amis et collègues l’appelaient Temp. Il était né en 1908 sur la très magnifique île de Terre-Neuve. Sa famille y pêchait depuis des générations. Malgré sa fascination depuis toujours pour la mer et l’éventail impressionnant de créatures habitant ses fonds marins, il avait décidé très tôt de ne pas devenir pêcheur.

M. Templeman :
Mon père étant un pêcheur, j’ai travaillé avec lui pendant un certain temps. J’ai gagné 4 $ pour un mois de travail et je me suis dit qu’il était temps que je passe à autre chose.

Narrateur :
Mais pour passer à autre chose et se sortir du cycle ancestral de la pêche de subsistance qu’il connaissait, il devrait acquérir une meilleure éducation que celle qui lui était offerte à la petite école rurale méthodiste de Bonavista. Il se mit donc à étudier assidûment et mérita une bourse  d’études pour aller au Collège méthodiste de St. John’s où il pourrait terminer ses études secondaires. Il excella une fois de plus et termina premier de la classe. Cela l’encouragea à demander une bourse pour aller étudier dans une université canadienne. Il obtint sa bourse et partit étudier à Halifax à l’UniversitéDalhousie où il obtenu un diplôme de bachelier ès sciences en 1930.

Non seulement il obtint son diplôme avec distinction, mais sa présence se fit également sentir au sein de l’équipe de rugby universitaire. Son succès ne s’arrêtait pas là; il reçut, à sa grande joie, une bourse d’étudiant du Conseil de biologie pour aller étudier les sciences aquatiques à l’Université de Toronto  avec le réputé professeur A.G. Huntsman. Temp termina sa thèse de doctorat en 1933, laquelle traitait de la recherche extensive sur le homard. Il avait travaillé sur cette thèse durant ses vacances d’été entre 1930 et 1933 à la station de biologie de St. Andrews au Nouveau-Brunswick.  

Après avoir obtenu son diplôme à l’Université de Toronto, Temp espérait obtenir un poste de scientifique à St. Andrews mais en raison de la grande dépression, aucune ouverture n’était possible. Il accepta donc un poste d’assistant stagiaire à l’Université McGill pour enseigner la biologie et la zoologie. Il y enseigna durant trois ans, jusqu’en 1936, et retourna à Terre-Neuve pour occuper un poste de professeur de biologieà l’Université Memorial de Terre-Neuve. Il était déjà amoureux deEileen McGrath à ce moment. Ils s’étaient rencontrés alors que Temp était étudiant et faisait un stage près de chez-elle à Pointe-du-Chêne, où il observait le homard. Leur mariage, célébré en 1936, marqua le début d’une magnifique relation qui dura toute leur vie.  

Temp enseigna à l’Université Memorial durant les huit années qui suivirent. Bien qu’il adorait l’enseignement, ce qu’il souhaitait par-dessus tout, c’était de faire de la recherche scientifique fondamentale, mais on était malheureusement en temps de guerre. L’occasion se présenta enfin en 1944, alors qu’on lui demanda d’occuper le poste de directeur des études sur les pêcheries au Newfoundland Government Laboratory sur Water Street. Bien qu’il fût très heureux d’occuper ses nouvelles fonctions, il savait que les tâches à accomplir étaient lourdes. Peu de recherches avaient été effectuées sur cette colonie de poisson et les dossiers et renseignements recueillis avaient été détruits lors de l’incendie qui avait ravagé la laboratoire de Bay Bulls en 1937.

Le laboratoire de Water Street qui le remplaça éventuellement était étroit et exigu, caril partageait l’espace avec leservice de santé publique de l’île. Mais Temp ne se décourageait pas. Il travaillait fréquemment 18 heures par jour, effectuant de la recherche et rédigeant des documents sur divers sujets,allant du cycle de biologie de l’aiguillat commun et de ses bienfaits en tant que source de vitamine A jusqu’au capelan, à la morue et à l’églefin.

Personne interrogée :
Il travaillait jour et nuit sur les sciences de la mer et, bien sûr, occupait le poste de directeur du laboratoire. Il avait donc une certaine quantité de travail administratif à accomplir. Mais, de toute évidence, son premier amour restait la biologie marine. Il s’en nourrissait, tout simplement.

Personne interrogée :
Il était très rigoureux, il aimait aller au fond des choses, il était très professionnel et d’une grande honnêteté (la méthode expérimentale, l’hypothèse et la collecte de données), il savait comment on pratiquait les sciences et il était un praticien exemplaire.

Narrateur :
Autant Temp valorisait le travail de laboratoire, autant il considérait le travail en mer comme primordial. Cela parce qu’il savait que si Terre-Neuve devait exploiter tout son potentiel comme pays halieutique ou comme zone marine non explorée contenant une multitude d’espèces marines sous-utilisées et encore non découvertes, on devait y mener des recherches approfondies. Ces recherches étaient également essentielles puisqu’en cette période d’après guerre, la traditionnelle pêche à la morue salée allait devenir chose du passé avec l’introduction à grande échelle de la réfrigération domestique. Les gens voudraient des produits frais congelés, et pas seulement de la morue. Ainsi, les pêcheurs de Terre-Neuve, comme son père, devraient être formés adéquatement et équipés pour aller pêcher ces espèces là où elles se trouvaient.  

Personne interrogée :
L’industrie de la pêche de Terre-Neuve devrait changer de cap et atteindre un certain niveau de concurrence.  

Narrateur :
Templeman prévoyait une exploitation accrue des pays halieutiques étrangers dans un  avenir proche et cela justifiait donc que l’on répertorie les ressources marines de l’île. Et si ces incursions devaient être contrôlées, il était essentiel que les scientifiques halieutiques de Terre-Neuve connaissent précisément la taille et le lieu des populations de poisson commercial, et ce, afin que leur exploitation soit réglementée sur une base scientifique. Mais l‘Investigator II, le petit bateau de pêche dont se servait le laboratoire pour le sondage au large des côtes, n’était pas ce que Temp voulait. Ses quelques 25 mètres et sa coque de bois allaient le rendre inapte à opérer dans la glace. Mais Temp savait que le petit bateau devrat servir, et il servait.

Personne interrogée :
Nous avons acquis ce bateau de 25 mètres en 1946 et, malgré sa longueur, celui-ci pouvait aller partout. Une grande partie de notre travail sur ce bateau fut de nature exploratoire.

Personne interrogée :
L’Investigator II a navigué d’avril à décembre, s’est rendu jusqu’à la queue des Grands Bancs de Terre-Neuve, même plus loin à plusieurs occasions, et a pêché dans des profondeurs de 400 brasses. C’était vraiment un très bon petit bateau de travail, mais pas vraiment celui qu’il faut pour effectuer des recherches à longue échéance, les gros bateaux offrant une plus grande stabilité.  

Narrateur
L’exploration en haute mer menée à bord de l’Investigator II divulgua des informations surprenantes, comme celle voulant que le capelan fraye autant au large que sur les rives. Une telle information préparait le terrain pour des recherches plus poussées sur le capelan et sur l’exploitation rentable éventuelle de ce poisson au cours des prochaines décennies.

De nombreuses zones de pêche non exploitées remplies de populations de morue, de sébaste et de poisson plat furent également découvertes. La pêche au chalut d’espèces rares et inconnues de poisson était également très impressionnante, et Temp consignait tous ces drôles de poissons.   

Personne interrogée :
Croyez-moi, certains de ces poissons étaient assez bizarres. Il y avait de tout, du requin à l’hippocampe.

Narrateur :
Temp était particulièrement intrigué par ces animaux inhabituels et consacrait le peu de temps libre qu’il lui restait à étudier leur cycle biologique et vital. En fait, la majeure partie de son travail sur les espèces commerciales était effectuée sur les raies et les grenadiers. Autant Templeman aimait son travail exploratoire en mer, autant il faisait face à de sérieux problèmes au laboratoire; une pénurie chronique de personnel, des espaces de travail inadéquats et une insuffisance de fonds pour la mise sur pied de programmes de formation pour les pêcheurs.  Il savait pertinemment que tout cela coûtait de l’argent et que Terre-Neuve était un pays pauvre.

Ceci s’améliora grandement en 1949 alors que Terre-Neuve fit son entrée dans la fédération canadienne. Cela signifiait que le laboratoire de Water Street ferait maintenant partie du réseau hautement développé des stations de biologie du Conseil consultatif de recherches sur les pêcheries et les océans.

Lorsque Temp vint à Ottawa en 1950 pour transférer officiellement les responsabilités de recherche aquatique de la plus vieille colonie britannique à la province la plus jeune du Canada, il prit soin de souligner ce dont son laboratoire avait besoin pour fonctionner efficacement. Ottawa acquiésca à toutes ses demandes.On achèterait l’édifice gouvernemental de Water Street au grand complet, on le rééquiperait et on le remettrait à Temp et à son personnel. On entamerait ensuite des plans de construction d’un bateau de recherche ultramoderne destiné à naviguer dans les eaux de Terre-Neuve et on augmenterait le budget du laboratoire afin de permettre l’embauche de personnel et la mise sur pied de programmes de formation destinés à enseigner de nouvelles méthodes aux pêcheurs côtiers, comme la pêche à la palangre, afin que ceux-ci puissent pratiquer la pêche en eaux profondes.

Bien que Temp soit revenu d’Ottawa satisfait, il savait que ce serait long avant que le laboratoire reçoive le nouvel équipement et encore plus long avant que le nouveau bateau de recherche soit construit et prêt à naviguer. Et même s’il possédait maintenant les fonds nécessaires à l’embauche de plus de personnel, le fait que les chercheurs qualifiés hésitent à venir travailler à Terre-Neuve posait problème. Il finit par résoudre ce problème en décernant des bourses d’études du Conseil consultatif de recherches sur les pêcheries et les océans à des étudiants prometteurs de Terre-Neuve qui souhaitaient oeuvrer dans le domaine des sciences aquatiques tout en demeurant dans leur province.

Personne interrogée :
C’est donc ce qu’il fit, il demanda au Conseil consultatif de recherches sur les pêcheries et les océans de décerner des bourses d’études en biologie aux étudiants du niveau secondaire de Terre-Neuve qui voulaient aller étudier au Memorial. Il dirigea les entrevues et sélectionna la crème des étudiants. Ce fut un franc succès.

Narrateur :
Templeman apporta sa contributionen tenant, les soirs de semaine, des séminaires portant sur les sciences halieutiques au Memorial. Il supervisait personnellement leur programme d'études supérieures. Tout ce travail s’ajoutait à sa très lourde tâche de directeur de la Station de Biologie de St. John’s. Malgré tout cela, il trouvait du temps pour sa famille.  

Personne interrogée :
Il était un homme entièrement dévoué à son travail et à sa famille. Sa vie tenait principalement à deux choses, la première étant sa femme, ses enfants et sa maison et la seconde étant son travail.  

Narrateur :
En 1958, le chalutier de recherche de 54 mètres, le AT Cameron, nommé d’après un ancien président du Conseil, fut finalement inauguré et mis à la disposition de la station de Terre-Neuve. Il s’agissait d’un gros chalutier et c’était le Taj Mahal comparativement à toute autre  embarcation utilisée précédemment par quiconque. Ce    bateau pouvait naviguer n’importe où en zones extracôtières, y demeurer durant des semaines et il pouvait pêcher à des profondeurs de 400, 500 ou 600 brasses au besoin. C’était presque comme passer d’un petit avion à une navette spatiale.

Narrateur :
L’arrivée et l’utilisation de ce magnifique bateau de recherche marquèrent le changement de cap à St. John’s. Bien que l’on continua d’utiliser le Cameron pour les voyages d’exploration, la majeure partie de l’exploration et du catalogage des ressources marines de Terre-Neuve, qui avaient débuté avec l’Investigator II en 1946, était terminée. La très grande zone couverte par cettepremière étude importante s’étendait des eaux arctiques et du détroit de Davis en passant par les eaux subarctiques et les eaux tempérées vers le sud des Grands bancs et le golfe du Saint-Laurent. Les résultats de cette exploration extensive furent éventuellement publiés dans le travail marquant de Templeman sur les ressources marines de Terre-Neuve en 1966.

Les principaux efforts consistaient maintenant à surveiller l’exploitation grandissante des eaux terre-neuviennes par les flottes étrangères. Ces travaux allaient être exécutés en coopération avec l’Organisation des pêches de l'Atlantique Nord-Ouest, ou l’OPANO, une organisation à laquelle s’était jointe Terre-Neuve avant son entrée dans la confédération en 1949. Temp y croyait fermement puisque celle-ci était vouée aupartage des recherches et à la mise sur pied de règlements convenus visant à procurer aux futures générations de pêcheurs de l'Atlantique Nord-Ouest des prises renouvelables.

Personne interrogée :
L’OPANO était la seule organisation qui fournissait l’opportunité au Canada et aux États-Unis, en tant que pays riverains, de s’asseoir à la table et de prononcer des accords et d’instaurer des règlements et des accords d’exécution.

Narrateur :
Au début des années d’après-guerre, la présence de dragueurs étrangers et de chalutiers usines était à peine perceptible, mais Temp savait pertinemment que cela allait changer rapidement.

Personne interrogée :
Templeman avait un don pour la prévoyance. Il pouvait deviner le futur. Ses prévisions s’avéraient la plupart du temps très précises.

Narrateur :
Temp était particulièrement préoccupé par la population de morues au large de la côte Nord-Est de Terre-Neuve. Des études antérieures avaient démontré que ces morues étaient différentes de celles trouvées au large des Grands Bancs, du fait que leur croissance était beaucoup plus lente et qu’elles étaient beaucoup plus vulnérables à la surexploitation. Ce stock assurait la subsistance de la pêche côtière le long de la côte Nord-Est et du Labrador, de loin la plus importante pêche de la province.

Il dépêcha donc le Cameron sous la  direction d’Art May afin d’aller surveiller les effets du chalutage étranger dans nos eaux canadiennes. May effectua des recherches à la pêche à traîne dans la zone afin de vérifier l’abondance des stocks, la distribution, la croissance, la mortalité, les migrations et le cycle biologique en général. Temp avait raison, la pêche s’était développée à un rythme effarent.

Personne interrogée :
Et j’ai commencé ce travail en 1959. En 1966, cette pêche avait atteint un ratio de près de 800 000 tonnes. En rétrospective, la pêche avait été tuée, mais ne mourrait que 25 ans plus tard.

Narrateur :
La politique de l’OPANO qui consistait à utiliser des filets à plus grosses mailles permettant ainsi aux plus petits poissons de se sauver ne fonctionnait clairement pas et la pêche libre continuait. L’OPANO réagit en demandant à Temp et à un autre scientifique de formuler de nouveaux protocoles de pêche pour mieux réglementer.

Personne interrogée :
Nous avons recommandé l’établissement de quotas et c’est ainsi que les quotas ont vu le jour. Un quota pour chaque espèce particulière, lequel était alloué parmi les différents pays. Des mesures furent instiguées, certaines mesures de surveillance qui n’auraient jamais été mises sur pied sans l’influence de Templeman.

Narrateur :
Mais comme la situation de la surexploitation de la pêche commerciale semblait revenir à la normale, on fit face à des changements  rapides. La pêche à grande échelle de la morue et des autres stocks de poisson commercial par les flottes côtières étrangères continuèrent en bonne foi malgré les contingentements. On pouvait maintenant compter plus de 600 dragueurs et chalutiers usines, lesquels employaient près de 28 000 hommes.

Personne interrogée
Il était évident, autant au sein de l’OPANO que dans les réunions et les rapports scientifiques annuels, que la ressource de 1970, par exemple, présentait des troubles sérieux, pratiquement chaque espèce affichant une tendance à la baisse.  

Narrateur :
Templeman approchait maintenant de 65 ans et de sa retraite de la station de St. John. Mais avant de quitter, en 1971, il lança un avertissement sérieux. Si les règlements de l’OPANO destinés à protéger et à conserver les pêches de l’Atlantique Nord n’avaient reçu qu’un hommage respectueux de la part des grosses flottes de chalut, l’effondrement de la pêche de l’Atlantique Nord qui durait depuis 1000 ans était inévitable. Mais Temp ne pouvait pas faire grand’chose.

Personne interrogée :
La taille et le nombre des bateaux augmentaient énormément et des efforts massifs étaient donc déployés. Mais par-dessus tout, il y avait d’énormes erreurs de déclaration. Des erreurs de déclaration non pas seulement concernant les quantités prises, mais en terme de poisson mis au rebut et donc non répertorié par les scientifiques qui tentaient de faire des évaluations de toutes sortes.  

Personne interrogée :
L’OPANO n’essaya jamais, au grand jamais, d’adopter de mesures concrètes, réelles et solides, avec lesquelles tout le monde serait en accord et donc que tout le monde respecterait.

Narrateur :
Après sa retraite, il retourna à l’Université Memorial où il accepta la chaire de recherche JL Paton et enseigna la biologie marine et les pêcheries. Ici, à part des tâches académiques, il se consacra à ce qu’il préférait par-dessus tout, la recherche scientifique fondamentale, se concentrant sur la montagne de renseignements recueillis sur les poissons bizarres et les autres espèces sous-utilisées au cours de toutes ces années d’exploration.

Bon nombre des spécimens qu’il a étudiés sont maintenant exposés au Musée canadien de la nature à Ottawa. Après 10 ans d’enseignement à Memorial, il est venu ici au Centre des pêches de l'Atlantique nord-ouest situé à White Hills aux abords de St. John's, un centre de sciences aquatiques mondialement reconnu que lui et Art May avaient fondé avant qu’il ne prenne sa retraite en 1972.

À White Hills, on lui avait donné un petit bureau ainsi qu’un libre accès aux services de laboratoire du Centre afin qu’il poursuive ses recherches et qu’il publie les résultats de ses études. Déjà, il avait reçu de nombreuses distinctions : l’Ordre de l'Empire britannique en 1948; une bourse de recherche de la Société royale du Canada en 1950; le Prix d'excellence de la Fonction publique au moment de sa retraite en 1972; en 1982 un chalutier moderne de 50 mètres affecté à la recherche et assigné à la région de Terre-Neuve et du Labrador fut nommé le Wilfred Templeman. C’était la première fois qu’un navire de pêches et océans était nommé en l’honneur d’une personne toujours vivante; lamême année, l’Université Memorial lui décerna un doctorat honorifique en sciences.  Il a publié, jusqu’à maintenant, plus de 250 documents.

Personne interrogée :
Son dossier de publications est incroyable et impressionnant pour une personne oeuvrant en biologie marine et certainement une inspiration pour tout scientifique spécialisé dans ce domaine. Son travail inspirera de nombreux travaux pour les décennies à venir. 

Narrateur :
Il est approprié que l’on nomme un prix pour la publication de l’année en son honneur. En 1990, il remit son dernier document scientifique et mourut d’une crise cardiaque la même nuit à l’âge de 82 ans. Arthur May, qui avait succédé à Temp comme directeur en 1972 se rappelle les premières années sur Water Street.

M. May :
Tout ce qu’ils ont accompli avec aussi peu de ressources est tout à fait incroyable.

Narrateur :
Lors d’une entrevue en 1972, on demanda à Temp ce qui l’avait motivé à accomplir tout ce qu’il avait accompli. Il a répondu : « Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait pour Terre-Neuve ».