L’homme à la tête du Laboratoire national de microbiologie - Matthew Gilmour

La Semaine nationale des laboratoires médicaux (du 22 au 28 avril) est une belle occasion de jeter un coup d’œil à l’un des laboratoires de haut niveau de confinement du Canada et de souligner l’apport à la santé publique des personnes qui y travaillent. Le Laboratoire national de microbiologie (LNM) , situé à Winnipeg (Manitoba), compte bon nombre de professionnels de laboratoire médical dévoués du Canada. Avant de nous plonger dans leur travail, il importe de savoir qui est à la barre du LNM.

Imaginez la scène : En 2004, un chercheur scientifique subalterne établi marche le long des couloirs ensoleillés du LNM. Il se dirige vers le bureau du chercheur principal, comme il le fait régulièrement. Onze ans plus tard, ce même chercheur subalterne est aux avant-postes de la recherche sur les maladies très contagieuses au Canada. Bien que Matthew Gilmour soit maintenant le directeur général scientifique (DGS), c’est au LNM qu’il a jeté les bases de sa carrière.    

Matthew Gilmour, directeur général scientifique du Laboratoire national de microbiologie, situé à Winnipeg (Manitoba)

Matthew Gilmour, directeur général scientifique du Laboratoire national de microbiologie, situé à Winnipeg (Manitoba)

Matthew Gilmour s’efforce d’inciter son équipe à révolutionner les choses, que ce soit dans l’utilisation de technologies ou dans la recherche sur une maladie émergente. Il les pousse en leur demandant régulièrement : « Que pouvons‑nous faire, en tant que chefs de file en santé publique au Canada, pour encourager davantage l’innovation? » C’est en fait une question comme celle-là qui a entraîné la modernisation du séquençage du génome complet, ce qui offre une nouvelle façon d’intervenir en cas d’éclosion. Ces travaux novateurs se sont avérés essentiels pendant l’éclosion de listériose qui a frappé tout le pays en 2008.

Une scientifique travaillant dans une enceinte de biosécurité de niveau 3

Une scientifique travaillant dans une enceinte de biosécurité de niveau 3

Quoi d’autre rend le LNM apte à intervenir pour réduire les risques pour la santé? En plus de ressources abondantes et d’un établissement formidable, Matthew Gilmour croit que ce sont les gens qui y travaillent et leur capacité de poser des questions et de trouver des solutions. » Les scientifiques et les chercheurs du LNM ont accompli des travaux extraordinaires, comme la mise au point d’importants vaccins comme celui contre la maladie à virus Ebola et la réalisation de progrès notables en génomique. D’autres grandes réalisations sont sûrement à venir.

À l’occasion de la Semaine nationale des laboratoires médicaux, Matthew Gilmour invite les chercheurs, les scientifiques et les médecins des laboratoires médicaux à explorer des domaines de spécialité autres que les leurs, à obtenir une formation polyvalente et à collaborer. « Nous avons une occasion en or d’établir et de maintenir des partenariats entre différents domaines et nous devrions tous en profiter. » Il précise ainsi sa pensée : « En ayant une vue d’ensemble et des compétences étendues, vous pouvez répondre à de nouveaux besoins concernant des maladies émergentes. »

Un scientifique, vêtu d’une combinaison de protection de niveau 4, utilisant un microscope

Un scientifique, vêtu d’une combinaison de protection de niveau 4, utilisant un microscope

Matthew Gilmour insiste par ailleurs sur l’importance de la collaboration avec des gens de l’extérieur du laboratoire. En 2012, il a suivi une formation de microbiologiste clinique auprès de médecins du Centre des sciences de la santé de Winnipeg. Cette expérience lui a fait prendre conscience de l’importance de travailler avec les collectivités pour résoudre des problèmes de santé publique. Il a d’ailleurs adapté les valeurs fondamentales du LNM avec son équipe afin de refléter cet objectif, privilégiant une « communication qui redonne des moyens ». Autrement dit, les laboratoires médicaux devraient faire connaître leurs travaux scientifiques aux collectivités pour qu’elles puissent continuer de jouer un rôle actif dans leur système de santé.

Il ne faut certainement pas de microscope pour découvrir sa passion pour les percées scientifiques. Le chercheur a remporté de nombreux prix dans son domaine. Il est membre du Collège canadien des microbiologistes et détient un certificat de chercheur universitaire en microbiologie du même Collège. Il s’emploie à créer une atmosphère de collaboration et à stimuler la curiosité, en encourageant les gens autour de lui à s’attaquer ensemble à des questions négligées.

En cette Semaine nationale des laboratoires médicaux, même si vous ne travaillez pas dans un laboratoire, relevez le défi lancé par Matthew Gilmour et soyez novateur dans votre propre domaine en essayant quelque chose de nouveau.

Date de modification :