Recherche sur l’hépatite B : Équilibre virus-hôte et 20 ans de vaccination efficace

Plus 250 millions de personnes sont atteintes d’une hépatite B chronique. Une infection à l’hépatite B est considérée comme chronique ou à long terme lorsque l’organisme n’arrive pas à se libérer de l’infection. D’après l’Organisation mondiale de la Santé, l’hépatite virale a causé le décès de 1,34 million de personnes dans le monde en 2015.

Des scientifiques du Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) étudient cette maladie pour contribuer à la protection des personnes susceptibles de contracter l’hépatite.

Qu’est‑ce que l’hépatite?

L’hépatite est une inflammation du foie qui peut causer une cirrhose, une insuffisance hépatique ou le cancer du foie. Elle peut être causée par une infection virale, un dysfonctionnement auto-immunitaire, une consommation abusive d’alcool, des médicaments ou une toxicité médicamenteuse.

Toute maladie du foie peut être mortelle. Une infection à long terme au virus de l’hépatite B ou C, par exemple, peut causer une cirrhose, qui est une dégradation des fonctions du foie causée par des lésions permanentes. Ces virus peuvent aussi causer le cancer du foie.

Heureusement, il existe des mesures de prévention et des médicaments contre l’hépatite et pour le traitement des infections. Un diagnostic précoce augmente l’efficacité du traitement d’une infection à l’hépatite C. Il existe aussi un vaccin universel contre le virus de l’hépatite B (VHB), sûr et efficace, qui prévient une infection.

Vingt ans plus tard, la prévalence du VHB diminue en Arctique

Sur le plan statistique, les populations de la région du Canada arctique sont atteintes du VHB de façon disproportionnée. Les scientifiques du LNM cherchent à mieux comprendre pourquoi c’est le cas, dans l’espoir que leurs recherches puissent contribuer à l’orientation des mesures de santé publique visant à protéger ces populations nordiques contre le VHB.

Dans les années 1990, des programmes universels de vaccination des nouveau‑nés contre le VHB ont été mis en place dans le Canada arctique. En 2013 et en 2014, les scientifiques du LNM ont effectué un suivi d’envergure d’un groupe de sujets représentant la population du Nunavut. Ils voulaient déterminer si le vaccin universel avait eu des effets positifs.

Globalement, les scientifiques ont conclu que le programme de vaccination a été efficace (en anglais). Ils ont constaté que la prévalence de l’infection au VHB à long terme a diminué au niveau suffisamment faible (non endémique) de seulement 1,2 % dans l’ensemble de la population.

Un équilibre virus‑hôte

En poursuivant leurs travaux, les chercheurs du LNM visent à prévenir davantage la propagation du VHB dans le Nord. Ils ont d’ailleurs récemment découvert que, pendant des centaines d’années, une souche particulière du VHB a évolué dans certaines populations de l’Arctique. Cette souche unique a été nommée HBV/B5 (en anglais).

En 2010, on a découvert que la souche HBV/B5 était la souche la plus prévalente au Nunavut et que pour une raison quelconque, à long terme, ceux qui en étaient infectés ne semblaient pas être atteints de graves affections du foie comparativement aux personnes infectées par d’autres souches du virus.

« On semble avoir atteint un équilibre, estime Carla Osiowy, scientifique de l’ASPC. Le virus continue de circuler et de persister dans ces populations. En même temps, il ne semble pas causer de graves affections. »

Dre Carla Osiowy, chef de section, Pathogènes à diffusion hématogène et hépatite.

Dre Carla Osiowy, chef de section, Pathogènes à diffusion hématogène et hépatite

D’après Osiowy, il est difficile de dire si le virus pourrait causer des maladies du foie dans d’autres populations. Jusqu’à présent, la souche HBV/B5 ne se trouve que chez les Autochtones de l’Alaska et les populations inuites du Canada et du Groenland.

« C’est possible que cet “équilibre” soit possible une réaction du système immunitaire du patient. Ou peut‑être que c’est une caractéristique du virus, propose‑t‑elle. Honnêtement, on ne peut que spéculer pour l’instant. D’autres études sont nécessaires pour mieux comprendre cet “équilibre” virus‑hôte. »

Alors que les scientifiques poursuivent leurs recherches sur l’hépatite, ces études pourraient nous aider à comprendre pourquoi une souche particulière peut causer une maladie mais qu’une autre n’en cause pas. Les résultats pourraient aussi mener à la mise au point de meilleurs traitements et à l’amélioration des programmes de prévention des maladies à l’échelle mondiale.

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