Les faits scientifiques à propos du vaccin contre la rougeole

La rougeole est une maladie d’enfance grave et hautement contagieuse. La rougeole cause forte fièvre, toux, éternuements et plaques rouges sur la peau (éruption cutanée) qui apparaissent sur le visage avant de s’étendre au reste du corps. Elle peut aussi entraîner des séquelles graves et permanentes, comme la cécité (perte de la vue), la surdité (perte de l’audition) ou de graves infections respiratoires. La majorité (90 %) des personnes non vaccinées exposées au virus seront infectées.

La détection précoce est essentielle pour réduire la propagation de la rougeole. Des scientifiques du Laboratoire national de microbiologie (LNM) du Canada de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) ont travaillé à améliorer la spécificité et l’exactitude des tests de diagnostic de la rougeole aux fins de la préparation en cas d’éclosion au Canada.

Avant de nous plonger dans les travaux de ces scientifiques, il est important d’en connaître plus sur la rougeole et le vaccin qui nous protège contre cette maladie.

Fonctionnement du vaccin contre la rougeole

Le vaccin contre la rougeole, aussi appelé vaccin antirougeoleux, renforce la réponse immunitaire en exposant le système immunitaire à des antigènes, une version affaiblie du virus de la rougeole. Grâce à ces antigènes, le système immunitaire apprend à reconnaître et à éliminer la maladie. Les antigènes contenus dans le vaccin ne peuvent pas causer de maladie grave.

Des professionnels de la santé, comme le Dr Guillaume Poliquin, conseiller médical principal au LNM et pédiatre spécialiste des maladies infectieuses, encourage les patients à se faire vacciner.

« Le vaccin contre la rougeole est sûr et efficace », explique le Dr Poliquin. « Contrairement aux symptômes graves d’une infection par la rougeole, les germes atténués du vaccin ne peuvent qu’entraîner, dans de rares cas, l’apparition de quelques rougeurs ou d’une fièvre faible ou modérée. Ces symptômes légers ne sont pas dangereux et peuvent en fait montrer que le vaccin travaille effectivement au développement d’une immunité. »

Le Dr Poliquin insiste sur le fait que les réactions bénignes au vaccin, y compris une légère éruption cutanée qui n’apparaît que dans une très faible proportion de cas, sont mineures comparativement aux séquelles très graves et permanentes que la rougeole peut entraîner.

Amélioration du diagnostic

Pendant une éclosion, les responsables de la santé publique mènent une surveillance accrue et font enquête sur tout cas d’éruption cutanée porté à leur connaissance en tant que possible cas de rougeole. C’est difficile en cas d’éclosion, car une très faible proportion de personnes récemment vaccinées peut développer une légère éruption cutanée après la vaccination. Dans l’éventualité où une personne développe une éruption cutanée à la suite de la vaccination, les anciens tests auraient indiqué de façon erronée qu’il s’agissait d’un véritable cas de rougeole, alors que ce n’est pas le cas. Ce résultat faux positif était dû aux antigènes présents dans le vaccin. Des analyses additionnelles, assorties d’un délai d'exécution d’une semaine, auraient auparavant été nécessaires pour confirmer qu’il ne s’agissait pas d’un véritable cas de rougeole.

En 2015, des scientifiques du LNM ont jugé qu’il fallait produire des tests de diagnostic de la rougeole plus précis et exacts pour permettre un diagnostic rapide des véritables cas de rougeole en cas d’éclosion. Le Dr Alberto Severini, chef de la Section des exanthèmes viraux, a dirigé une équipe de scientifiques qui a effectué de la recherche en laboratoire au moyen d’échantillons cliniques pour améliorer les tests de diagnostic de la rougeole. Ils ont créé en 2017 une nouvelle façon de faire des tests qui permet de distinguer les antigènes de la rougeole du vaccin de ceux d’un véritable cas d’infection.

La nouvelle façon de faire permet aux professionnels de la santé de produire les résultats en aussi peu qu’un jour ou deux, une amélioration incroyable par rapport à l’ancien test. Cette percée est particulièrement importante en cas d’éclosion, où il n’y a pas de temps à perdre.

« Nous avons déterminé que le domaine de la santé publique avait besoin d’un test de dépistage rapide de la rougeole plus précis et exact que l’ancienne méthode », explique le Dr Severini. « Au moyen d’échantillons cliniques au laboratoire, nous avons créé une nouvelle façon de faire les tests qui aidera les professionnels de la santé publique à diagnostiquer rapidement la rougeole pendant une éclosion. Ces données sont vraiment importantes pour mettre fin à l’expansion d’une éclosion, car elles aident les professionnels de la santé publique à isoler les cas de rougeole et entamer la recherche des contacts le plus tôt possible. »

Pour en savoir plus à propos des vaccins et de l’immunisation, consultez Canada.ca.


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