Les stations météorologiques prennent de l’expansion dans l’Arctique

Afin de mettre en valeur les travaux scientifiques d’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) dans l’Arctique, les plateformes de médias sociaux du Ministère ont récemment mis l’accent sur les travaux des scientifiques effectués dans le Nord du Canada. Ce mois-ci, l'article Dans les coulisses de la scène scientifique se penche sur un autre défi majeur pour les scientifiques d’ECCC dans l’Arctique : les prévisions météorologiques et la recherche. En 2019, dans notre fragile Nord, l’Arctique a continué à se réchauffer et à connaître une fonte massive des glaces. La couverture de glace de l’Arctique a été réduite à son deuxième niveau le plus bas (depuis 40 ans). Certaines régions du Nord ont connu des conditions météorologiques semblables à celles du Sud, notamment des vagues de chaleur, des orages, des tornades, des feux de forêt et des pluies hivernales. À mesure que notre climat change, les données météorologiques dans le Nord deviennent une priorité encore plus grande.

Prévisions météorologiques dans l’Arctique

Il a été difficile pour Environnement et Changement climatique Canada de fournir les prévisions les plus précises possible pour le Nord puisqu’il n’y a pas autant de stations d’observation dans ce vaste territoire, par rapport aux régions du sud du Canada.

Pour relever ce défi, Environnement et Changement climatique Canada a mis sur pied le projet scientifique sur les conditions météorologiques de l’Arctique canadien afin d’étudier les exigences relatives à un système d’observations météorologiques rentable dans le Nord. Deux stations météorologiques de l’Arctique liées à ce projet ont été converties en « super sites ». Ces sites, à Iqaluit et à Whitehorse, comprennent une grande variété d’instruments autonomes supplémentaires – utilisés pour la première fois dans l’Arctique – pour permettre une meilleure surveillance, de meilleures prévisions et de meilleures recherches atmosphériques.

Les nouveaux instruments installés sur les sites de l’Arctique permettent aux scientifiques d’ECCC de tout mesurer, de la couverture nuageuse aux changements détaillés de la vitesse et de la direction du vent et de la vapeur d’eau en fonction de la hauteur au-dessus du sol. Selon Zen Mariani, Ph. D. et chercheur scientifique qui dirige le projet scientifique sur les conditions météorologiques de l’Arctique canadien, les super sites fournissent de nombreux éléments de données essentiels pour améliorer les prévisions météorologiques.

Comme les communautés du Nord – Iqaluit en particulier – deviennent rapidement des plaques tournantes du transport et de l’économie, il est essentiel de disposer de rapports détaillés sur les données atmosphériques, ce que permettent désormais les nouveaux instruments. En effet, à mesure que la population augmente, il y a plus de vols, de transport routier et maritime et d’activités de recherche et de sauvetage dans le Nord que jamais auparavant, ce qui exige des prévisions météorologiques précises.

Les défis uniques de l’Arctique

La compréhension de la situation météorologique est plus complexe en raison de certains régimes climatiques qui sont propres à l’Arctique. M. Mariani a noté le phénomène des « configurations de vent stratifiées » où la direction du vent change complètement à mesure que l’altitude augmente. Selon lui, il est important de mieux comprendre ces tendances pour les opérations de recherche et de sauvetage et la circulation aérienne dans le Nord.

Répondre aux besoins de la population inuite locale est un autre facteur important. Par exemple, alors que la température est un élément que la plupart des Canadiens considèrent comme essentiel aux prévisions météorologiques, dans le Nord, les données sur la visibilité, l’épaisseur de la glace et la vitesse du vent sont plus importantes.

« Les conditions météorologiques dans le Nord sont observées différemment. Nous devons nous assurer que les nouveaux instruments fournissent des données pertinentes pour les communautés du Nord. L’important est de vraiment écouter, d’assimiler, puis de planifier et de faire des ajustements », affirme M. Mariani.

Bien que le site d’Iqaluit soit opérationnel depuis près de cinq ans, le projet scientifique sur les conditions météorologiques de l’Arctique canadien continue d’évoluer. En 2018, les techniciens ont installé de nouveaux instruments pour mesurer le brouillard, l’épaisseur de la neige et les flux de rayonnement.

Pour l’instant, le projet se concentre sur les deux sites actuels, il est possible de lancer d’autres sites et projets dans l’Arctique à l’avenir.

L’American Meteorological Society a récemment souligné le projet scientifique sur les conditions météorologiques de l’Arctique canadien à Iqaluit dans son bulletin. Vous pouvez en apprendre davantage ici (en anglais seulement)!

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