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Faire parler les chiffres – Indicateurs sur les tendances air-santé

L’exposition quotidienne à la pollution de l’air peut nuire à notre santé et entraîner des maladies pulmonaires chroniques, des crises cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux, voire la mort. Hwashin H. Shin, chercheuse scientifique de Santé Canada, met à profit ses connaissances en mathématiques et en statistique pour mieux comprendre le lien entre la qualité de l’air et la santé des Canadiens.

En tant que statisticienne, Mme Shin utilise des modèles statistiques pour transformer plusieurs ensembles de données en renseignements utiles afin de cerner les tendances et de montrer comment les Canadiens sont touchés par l’air qu’ils respirent. Son travail implique le tri et l’interprétation d’énormes quantités de données recueillies un peu partout au Canada au cours d’une longue période.

Les Indicateurs sur les tendances air-santé (ITAS) ont été conçus pour surveiller l’effet de la pollution atmosphérique sur la santé publique au Canada afin d’atteindre l’objectif à long terme, qui consiste à créer des collectivités propres, saines et durables pour tous les Canadiens. Grâce à ses travaux de recherche et de modélisation statistique, la chercheuse peut convertir les données relatives aux ITAS en connaissances afin de faciliter l’élaboration de politiques visant à améliorer la santé.

« Les ITAS sont une initiative permanente qui fait partie du programme des Indicateurs canadiens de durabilité de l’environnement (ICDE) », explique Mme Shin. « Nous étudions les effets sur les Canadiens de l’exposition à court terme à la pollution atmosphérique, plus particulièrement à l’ozone troposphérique et aux particules fines, appelées PM2,5. »

Il n’est pas facile de faire parler les chiffres. Les ITAS permettent de mesurer le pourcentage de décès attribuable à l’exposition à court terme à l’ozone et aux PM2,5 (pendant deux semaines, par exemple) et à faire le suivi des données recueillies dans 24 villes canadiennes. Lorsque nous répétons cette mesure chaque année pendant une longue période, soit 20 ou 30 ans, nous commençons à déceler des tendances et pouvons voir si elles sont en hausse, en baisse ou stables.

Pour tenir compte de notre exposition quotidienne réelle, la scientifique a mis au point une nouvelle approche permettant d’estimer les effets néfastes des deux types de polluants sur la santé en même temps. « Notre nouvelle méthode permet d’intégrer deux polluants dans un seul modèle statistique pour éviter d’exagérer le risque que pose l’un d’entre eux », précise la chercheuse. « Nous disposons ainsi d’un modèle plus sophistiqué pouvant mieux convenir à l’évaluation des risques combinés de deux polluants atmosphériques pour la santé des Canadiens. »

Un autre facteur pouvant compliquer l’interprétation de l’information est le fait que certaines sous populations peuvent être plus vulnérables que d’autres à des variations de la qualité de l’air intérieur. À titre d’exemple, Hwashin H. Shin a récemment été reconnue pour ses travaux visant à déterminer les effets de la pollution atmosphérique sur la santé en fonction du sexe. Elle a réussi à montrer que les hommes et les femmes ne courent pas le même risque de mortalité et d’hospitalisation, différence qu’il faut étudier davantage avec plus de données. Cette analyse permet de tenir compte des différences dans les risques pour la santé afin que tous les Canadiens puissent être mieux protégés.


Applaudissons l’incroyable travail des femmes en sciences! Cet article fait partie d’une série d’articles qui seront publiés sur un mois, de la Journée internationale des femmes et des filles de science (11 février) à la Journée internationale des femmes (8 mars), pour mettre des scientifiques à l’avant plan.


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