Surveillance et recherche communautaires

3.1 Objet

Le sous‑programme Surveillance et recherche communautaires vise à promouvoir l’utilisation des connaissances et des perceptions des collectivités dans les projets relevant du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord (PLCN). Il comprend des projets communautaires liés à d’autres projets financés dans le cadre des sous‑programmes Santé humaine et Surveillance et recherche environnementales, ainsi que des projets communautaires indépendants qui intègrent les connaissances locales à la science sur les contaminants.

Est-ce votre première application au PLCN? Contactez le secrétariat et il nous fera un grand plaisir de vous guider au travers du processus d’application. PLCN-NCP@AADNC-AANDC.GC.CA

Les projets soumis sous le sous-programme de Surveillance et recherche communautaires sont encouragés à orienter leur recherche sur les espèces et les secteurs prioritaires énoncés dans le plan directeur du sous-programme Surveillance et recherche environnementales; ainsi que sur les priorités identifiées dans le plan directeur du sous-programme Santé Humaine, tel que les choix alimentaires et/ou la perception des risques des aliments régionaux et traditionnels.

Pour être admissibles à une aide financière dans le cadre de ce sous­programme, les projets doivent être dirigés ou codirigés par un organisme communautaire ou un établissement du Nord. Les établissements du Nord admissibles sont les comités de chasseurs et de trappeurs, les organismes de recherche communautaire, les installations du Collège de l’Arctique (p. ex. l’Institut de recherche Aurora et l’Institut de recherche du Nunavut), les administrations régionales des territoires ou du Nord, et d’autres groupes communautaires. De plus, les attentes sont telles que la majorités des fonds de projets seront versés pour des activités et services dans les régions nordiques. Pour exceptions à cette règle, une justification devra être soumise. Pour obtenir davantage de renseignements sur l’admissibilité, veuillez communiquer avec le Secrétariat du PLCN.

Nouveau pour 2018-2019, les appliquants peuvent maintenant demander un financement pour une durée maximale de 3 ans dans le cadre d'une seule demande (par exemple, 2018/19, 2019/20 et 2020/21). Les descriptions de projet et les tableaux budgétaires doivent refléter la période de financement complète demandée. Veuillez contacter le Secrétariat du PCN pour plus d'informations concernant cette nouvelle possibilité.

Une somme de 500 000 $ a été affectée au financement des projets du sous-programme Surveillance et recherche communautaires pour l’exercice 2018-2019.

3.2 Introduction

Le PLCN est à la recherche de propositions pour réaliser des projets portant sur les changements environnementaux et sanitaires dans le cadre du sous‑programme Surveillance et recherche communautaires. Le présent plan directeur fournit des détails concernant le type de projets financés par le PLCN.

Les projets en cours dans le sous-programme Surveillance et recherche environnementales visent à mesurer les tendances temporelles des contaminants chez certaines espèces de poissons et d’autres animaux dans un nombre limité de lieux, de même qu’à réaliser des recherches en vue de mieux comprendre comment les contaminants se déplacent dans l’environnement.

Pour ce qui est du sous-programme Santé humaine, les projets sont centrés sur les problèmes de recherche et les questions qui permettront aux résidants du Nord d’évaluer, de comprendre et de mieux gérer les risques que comportent pour la santé dans le Nord du Canada le transport à grande distance des contaminants et la présence des contaminants chez les humains et dans les aliments régionaux et traditionnels.

Il est devenu de plus en plus évident que le changement climatique a des effets importants sur la structure et la fonction de l'écosystème dans l'Arctique. Ces changements pourraient influencer l'absorption et l'accumulation de contaminants dans le réseau trophique, ce qui pourrait affecter les concentrations de contaminants dans la faune et la flore surveillées par le PLCN (liste complète des espèces disponibles dans Environmental Monitoring and Research Blueprint).

3.3 Connaissances communautaires et tendances environnementales

Pour établir un lien entre les tendances et les émissions, il faut comprendre les causes des tendances, ce qui nécessite de connaître la façon dont l’écosystème a changé au cours de la période de surveillance.

Des observations se font depuis des milliers d’années; elles ont eu cours tout au long de la période de changements importants récemment induits par le climat dans l’Arctique ainsi que dès le début du programme de surveillance du PLCN. Les chasseurs et les membres de la collectivité continueront aussi de faire des observations dans l’avenir. Ils connaissent donc l’évolution passée des écosystèmes ainsi que leur état actuel, et sont les mieux placés pour évaluer les tendances futures et vérifier sur le terrain les résultats de la modélisation. Grâce à leurs observations continues, les chasseurs pourront également recueillir les données nécessaires pour appuyer leurs priorités d’une façon qui les aidera à quantifier ou à vérifier les prévisions à propos. Cette compréhension des écosystèmes de l’Arctique et de leur évolution passée peut grandement contribuer à la connaissance sur les tendances temporelles des concentrations de contaminants. Les projets proposés devraient systématiquement documenter ces observations ou indicateurs locaux d’une façon qui soit compréhensible par la collectivité et les autres chasseurs de même qu’utile aux spécialistes de la recherche sur les contaminants.

Les progrès dans les techniques d'observation, les technologies mobiles et la capacité communautaire, entre autres, augmentent la capacité de documenter systématiquement ces observations ou indicateurs locaux d'une manière compréhensible pour la communauté et les chasseurs, utiles aux chercheurs scientifiques sur les contaminants et aux initiatives internationales. réduire les émissions de ces contaminants à longue distance. Le PCN encourage l'utilisation de ces outils et d'autres outils novateurs.

Il est conseillé d’inclure dans l’équipe de projet d’autres chercheurs ayant une expertise du travail avec les communautés et de l’emploi de méthodes de recherche participative. On encouragera l’équipe de projet à collaborer avec les scientifiques antérieurs et actuels du PLCN dont les travaux portent sur les espèces et l’écosystème d’intérêt qu’elle se propose d’étudier. Ainsi, l’étude fournira des informations utiles pour la surveillance en cours des tendances des contaminants. Le projet devrait avoir pour objectif de documenter et d’analyser les observations locales et le savoir traditionnel sur l’écologie d’espèces importantes à surveiller pour le PLCN, ainsi que les changements survenus au fil du temps. Prière de communiquer avec le Secrétariat du PLCN pour obtenir les coordonnées des personnes-ressources et des détails supplémentaires sur les scientifiques du PLCN qui ont travaillé dans le passé ou qui travaillent actuellement sur des espèces et des écosystèmes dans votre domaine d’intérêt.

3.4 Surveiller les effets du changement climatique dans votre communauté

Les changements climatiques peuvent influer sur la circulation et les concentrations de contaminants dans l'environnement, y compris dans les espèces fauniques importantes pour l'alimentation traditionnelle des peuples autochtones du Nord.

Les projets qui étudient ce lien devraient impliquer les jeunes, entre autres, dans la surveillance des variables du changement climatique qui fourniront les données nécessaires pour soutenir les activités d'adaptation et combler les lacunes dans les connaissances dans le Nord canadien. Les domaines d'intérêt comprennent les tendances et les changements dans la flore, la faune, le pergélisol, l'état des glaces de mer, les inondations, etc.

3.5 Études communautaires sur les choix alimentaires et la perception des risques se rattachant aux aliments régionaux et traditionnels

Puisqu’un grand nombre de collectivités du Nord vivent des bouleversements économiques, politiques, sociaux et environnementaux dont les effets se font sentir sur la santé humaine et le bien‑être, le besoin d’obtenir rapidement de l’information pertinente sur les choix alimentaires et la sécurité n’a jamais été aussi pressant. Afin de saisir pleinement de quelle façon les gens perçoivent les choix alimentaires qui leur sont offerts et dans quelle mesure les contaminants orientent ces choix, il faut disposer d’information à jour provenant des collectivités. De plus, il importe de comprendre de quelle manière les résidents du Nord perçoivent les risques associés aux contaminants transfrontaliers à longue distance, car ces connaissances peuvent nous aider à communiquer aux collectivités l’information relative aux contaminants d’une façon qui leur soit plus efficace et utile. Par exemple, la diffusion d’avertissements sur les contaminants présents dans certaines sources alimentaires pourrait avoir peu de succès en matière de modification du comportement des gens si ceux‑ci ne perçoivent pas les contaminants comme un risque.

Dans cette catégorie, les projets peuvent être centrés sur les changements de la perception du risque et des choix alimentaires au fil du temps, ou encore sur les perceptions actuelles seulement au sujet du risque que posent les contaminants dans l’alimentation.

Parmi les projets qui pourraient être financés dans cette catégorie, il y aurait :

  • Une enquête dans les collectivités au sujet des facteurs qui influent sur les choix alimentaires des ménages (eg. En personne, applications web ou mobiles, etc.), cernant si la connaissance des contaminants y joue un rôle.
  • Une étude de la perception par une communauté des risques se rattachant aux contaminants transportés à grande distance qui se trouvent dans les aliments régionaux et traditionnels.

3.6 Autres initiatives de surveillance et de recherche communautaires

Certaines communautés souhaitent participer davantage à la direction des activités de recherche sur les contaminants dans leur région. Dans ce contexte, le PLCN veut obtenir des propositions communautaires ou régionales d’activités de courte durée qui permettraient de surveiller à petite échelle les contaminants issus de sources éloignées. En même temps, des sources locales existent et le PCN reconnaît qu'il est nécessaire de pouvoir faire la distinction entre les sources à longue distance et les émissions locales dans le Nord.

Dans le cadre des projets de cette catégorie, on pourrait notamment prélever des échantillons et analyser des aliments régionaux et traditionnels importants afin de déceler la présence de contaminants susceptibles de poser un risque pour la santé humaine et pour lesquels on ne dispose pas de données récentes. Les collectivités auraient aussi l’occasion d’utiliser de nouveaux outils d’échantillonnage atmosphérique passif pour les polluants organiques persistants (POP).

Les projets qui intègrent des possibilités d'éducation et de formation pour les étudiants locaux et les membres de la communauté qui s'intéressent aux sciences de l'environnement, à la santé publique et / ou au mieux-être communautaire dans les activités du projet sont encouragés.

3.7 Autres lignes directrices

Les projets du sous-programme Surveillance et recherche communautaires devraient être coordonnés au niveau régional avec l’aide des comités régionaux des contaminants. Les propositions visant la mesure des contaminants dans les aliments régionaux et traditionnels devraient être élaborées en consultation avec les autorités sanitaires régionales, de sorte que les données puissent être appliquées à l’évaluation de l’exposition dans le régime alimentaire. De plus, comme ces autorités sont tenues de préparer et de diffuser de l’information sur la santé dans leur région, elles devront être des partenaires clés dans tous les projets de surveillance communautaire ayant des liens avec la santé humaine.

Les projets du sous-programme Surveillance et recherche communautaires ne doivent pas doublonner les activités de surveillance des tendances menées dans le sous-programme Surveillance et recherche environnementales, mais plutôt les compléter. De plus, les promoteurs doivent chercher des façons de compléter d’autres programmes (Programme de surveillance des effets cumulatifs [PSEC] et Programme de surveillance générale du Nunavut [PSGN]) et de tirer profit des activités de surveillance en cours. Les ministères territoriaux des ressources naturelles et les autres organismes régionaux de gestion des ressources fauniques et halieutiques peuvent aussi constituer des partenaires intéressants.

Les promoteurs qui désirent présenter une proposition conformément au plan directeur du sous-programme Surveillance et recherche communautaires sont invités à collaborer avec les scientifiques du PLCN qui connaissent bien les méthodes requises pour mesurer avec exactitude les niveaux de contamination des échantillons prélevés dans l’environnement. Il importe que les projets de connaissances communautaires produisent des résultats d’aussi bonne qualité que ceux des autres sous-programmes du PLCN. En outre, les promoteurs sont encouragés à consulter des experts en méthodes de recherche participative afin d’assurer la rigueur attendue dans la conception et les méthodes de recherche pour ces types de projets. Les laboratoires d’analyse participants doivent adopter des pratiques rigoureuses d’assurance et de contrôle de la qualité (AQ/CQ) et participer au programme d’AQ/CQ interlaboratoire du PLCN. Communiquer avec le Secrétariat du PLCN pour de plus amples renseignements sur le programme d’AQ/CQ.

Les laboratoires d’analyse participants doivent adopter des pratiques rigoureuses d’assurance et de contrôle de la qualité (AQ/CQ) et participer au programme d’AQ/CQ interlaboratoire du PLCN.

 Pour obtenir des conseils en vue d’élaborer leurs propositions, notamment des suggestions de projets et de partenaires, les promoteurs sont invités à communiquer avec le président de leur comité régional des contaminants. (Voir la liste des personnes‑ressources).

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