Alliance carrière 360 – Inspirer les jeunes filles à faire carrière en STGM/Intégration des Autochtones

360
Une initiative du GéoConnexions de Ressources naturelles Canada, Alliance carrière 360 – Inspirer les jeunes filles à faire carrière en STGM/Intégration des Autochtones a été désignée pour augmenter la représentation des femmes et des autochtones dans les domaines STGM, avec un accent particulier sur le nord du Canada.

Cette été, quatre projets pilotes sont en cours dans le programme :

  • Sensibilisation de la population et développement des capacités à Inuvik
  • Habilitation des Autochtones du Nord canadien au moyen de la technologie géospatiale
  • Développer les capacités dans le Nord en enseignant aux femmes autochtones à recueillir et échanger, au moyen de l’ICDG, des produits de cartographie générés par des UAV
  • Observation de la Terre en appui à la gestion des risques d’inondation – Projet pilote de surveillance opérationnelle de la débâcle des rivières

Suivez notre blog pour apprendre à connaitre les projets d’été de Alliance carrière 360, en apprendre sur la recherche scientifique menée par les femmes et les autochtones dans le nord du Canada, et lire au sujet de leurs expériences en STGM.

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Tara Jodoin, Initiatrice du projet

Tara Jodoin est chargée de projet à Agriculture et Agroalimentaire Canada. Au sein de la communauté, elle est membre du comité directeur de gestion des Ottawa Community Beekeepers et membre de la Eastern Ontario Beekeepers Association. Tara a conçu l’initiative Alliance carrière 360 – Inspirer les jeunes filles à faire carrière dans les sciences, la technologie, le génie et les mathématiques (STGM) et intégrer les Autochtones, qui donne aux femmes une expérience de leadership, mobilise les jeunes et la communauté autochtone dans les domaines que sont les STGM, et inspire le mentorat et le transfert des connaissances organisationnelles. Lisez l’article pour en savoir plus sur ce qui inspire Tara, le déroulement de son initiative et sa propre expérience avec les mathématiques et les sciences.

Tara Jodoin

L’un de mes anciens professeurs a déjà parlé de la résistance et de la stabilité remarquables d’une toile d’araignée en raison de son incroyable capacité à s’adapter à divers stress. La soie d’araignée, plus forte que l’acier et plus élastique que le nylon, incite les chercheurs à explorer les possibilités quant à l’utilisation de ses caractéristiques uniques dans la fabrication d’outils pour les humains, comme les vestes pare-balles.

La toile d’araignée me rappelle notre équipe : des personnes riches en diversité, à tous les points de vue, travaillant fort pour tisser ensemble les divers domaines de connaissances et d’expertise. La soie d’une toile change et s’adapte lorsqu’elle ressent un léger toucher ou un léger étirement, tout comme le fait notre équipe à multiples facettes lorsqu’elle est confrontée à des difficultés.  

J’ai été d’abord inspirée par les actions d’Élizabeth Leblanc, dans le cadre de ses efforts visant à soutenir l’équité en matière d’emploi. Moi aussi, je voulais tisser des caractéristiques essentielles à la force de notre équipe, force qui nous permet d’améliorer continuellement le service que nous offrons à nos compatriotes canadiens : la diversité, l’inclusion, le respect et l’innovation.

Prashant Shukle, mon directeur général de l’époque, m’avait demandé de coordonner une discussion sur les femmes dans la science et la technologie pour son équipe de direction. En retour, je lui ai demandé de franchir un pas de plus en élaborant un plan d’action. S’il ne m’avait pas donné son soutien, ne m’avait pas encouragée et ne m’avait pas mise en contact avec de brillantes femmes comme Corrine Charette, Vidya ShankarNaraya et Ashley Casovan, des Femmes en communications et technologie, Réseau national du secteur public, et Dawn Nicholson-O’Brien, qui a animé les ateliers qui ont inspiré mes efforts initiaux, cette initiative n’aurait pas connu le succès qu’elle connaît aujourd’hui.  

J’ai été forcée d’agir en raison de mes difficultés avec les mathématiques et les sciences lorsque j’étais jeune. Plutôt que de m’encourager à persévérer, on m’a fait prendre un chemin plus facile. Il y a plusieurs années, je me suis fixée comme objectif d’obtenir tous mes crédits en mathématiques et en science que je n’avais pas obtenus à l’école secondaire. J’ai été fascinée par ce que j’ai appris et j’ai obtenu une note finale dans les 90 %. On ne devrait pas faire croire aux jeunes filles et aux jeunes Autochtones que les difficultés qu’ils éprouvent s’expliquent par un manque d’intelligence. Je le ferais remarquer à une femme ou à un Autochtone envisageant de faire carrière en science, en technologie, en génie ou en mathématiques. Le papillon serait-il suffisamment fort pour voler s’il n’avait pas de difficultés au cours de son développement? Nous avons tous besoin de mentors, de modèles de vie et de porte-parole qui s’intéressent à notre avenir et qui peuvent nous guider lorsque nous éprouvons des difficultés. Un seul fil de soie est peut-être fragile, mais quand il est tissé avec des mailles sans fin, en changement perpétuel, résistantes et se soutenant les unes les autres, les possibilités sont illimitées…  

J’ai appris que mon expérience et le plan évolutif sont plus importants que le concept statique initial. En accueillant de nouvelles suggestions et en prenant connaissance des difficultés de mes collègues, nous avons commencé à tisser une initiative conçue pour composer avec diverses difficultés auxquelles nous sommes confrontés. Mon véritable espoir, c’est que ce projet continue d’accueillir et de mobiliser la diversité, peu importe la distance que nous fera prendre cet objectif par rapport au chemin original.  

De gauche à droite – Geneviève Marquis (pas dans l’image), Alice Deschamps, Carla Vanessa Schmitt, Kristina Kwiatkowski, Sophie Sliwa et Tara Jodoin apprenant de nouvelles compétences au cours d’un atelier de projet de Microsoft

De gauche à droite – Geneviève Marquis (pas dans l’image), Alice Deschamps, Carla Vanessa Schmitt, Kristina Kwiatkowski, Sophie Sliwa et Tara Jodoin apprenant de nouvelles compétences au cours d’un atelier de projet de Microsoft

De gauche à droite – Corinna Vester et Tara Jodoin présentant l’initiative Alliance carrière 360 – Inspirer les jeunes filles à faire carrière en STGM et intégrer les Autochtones du Centre canadien de cartographie et d’observation de la Terre (CCCOT), à un événement des Femmes en science et en génie (FSG), à Ottawa.

De gauche à droite – Corinna Vester et Tara Jodoin présentant l’initiative Alliance carrière 360 – Inspirer les jeunes filles à faire carrière en STGM et intégrer les Autochtones du Centre canadien de cartographie et d’observation de la Terre (CCCOT), à un événement des Femmes en science et en génie (FSG), à Ottawa.

Matériel du projet de l’équipe pour la conférence sur les femmes en communications et en technologie du secteur public de décembre 2015.

Matériel du projet de l’équipe pour la conférence sur les femmes en communications et en technologie du secteur public de décembre 2015.

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Article rédigé par un collaborateur invité : L’équipe du ruisseau Trail Valley de l’Université Wilfrid Laurier

Katie Black (étudiante à la maîtrise en science) et ses assistantes de terrain, Emily Way-Nee et Jenna Rabley, proviennent du Forest Ecology Lab de Jennifer Baltzer, à l’Université Wilfrid‑Laurier, à Waterloo (Ontario). Grâce au soutien de l’Institut de recherche Aurora, à  Inuvik, Territoires du Nord-Ouest (T.N.‑O.), Katie et son équipe effectuent des recherches au ruisseau Trail Valley, dans l’Arctique de l’Ouest. Nous avons posé à l’équipe des questions sur son travail de terrain et l’importance de ses recherches pour les habitants du Nord. De plus, nous leur avons demandé des conseils pour les jeunes femmes et les Autochtones intéressés à entreprendre une carrière dans les domaines que sont les sciences, la technologie, le génie et les mathématiques (STGM).

 

 Katie Black dans une parcelle d’arbrisseaux Betula glandulosa au ruisseau Trail Valley.

Katie Black dans une parcelle d’arbrisseaux Betula glandulosa au ruisseau Trail Valley.

 

 

Pourriez-vous expliquer votre projet de recherche pour la maîtrise?

K : Le réchauffement climatique entraîne la prolifération des arbrisseaux dans le biome de la toundra et cela a des conséquences pour l’équilibre énergétique, l’hydrologie, le cycle des éléments nutritifs et la biodiversité de la toundra. Je suis intéressée à comprendre les mécanismes qui influencent l’expansion des boisées d’arbrisseaux dans les écosystèmes de la toundra. On prévoit que les modifications de l’utilisation de l’eau par les plantes de la toundra attribuables à l’expansion des arbrisseaux accroîtront la perte d’eau par évapotranspiration, ce qui pourrait amplifier le réchauffement local et réduire le débit. 

Pour faire des prévisions sur les conséquences de l’expansion des arbrisseaux, il est nécessaire de comprendre les facteurs abiotiques qui empêchent la distribution des arbrisseaux. Les arbrisseaux prennent préférablement de l’expansion dans les secteurs où le potentiel d’accumulation de l’humidité est élevé, comme les chenaux de drainage et les flancs de pente. Ma thèse est axée sur la compréhension des interactions entre la disponibilité de l’eau, la disponibilité des nutriments et les caractéristiques topographiques afin d’avoir une idée de la distribution des aulnes verts et de l’utilisation de l’eau au ruisseau Trail Valley, près d’Inuvik, dans les Territoires du Nord‑Ouest. Il est essentiel de comprendre les facteurs et les limites de l’expansion des arbrisseaux pour faire des prévisions relatives aux prochaines conditions dans la toundra. 

 Katie rebroussant chemin vers le camp de recherche du ruisseau Trail Valley, après une journée de travail sur le terrain dans la toundra du Bas-Arctique.

Katie rebroussant chemin vers le camp de recherche du ruisseau Trail Valley, après une journée de travail sur le terrain dans la toundra du Bas-Arctique.

 

Pourquoi votre recherche est-elle importante pour les habitants du Nord?

K : L’expansion des arbrisseaux entraîne de nombreuses conséquences pour la vie sauvage de la toundra et le mode de vie du Nord. Il a été démontré, par exemple, que l’ombrage du couvert causé par la croissance des arbrisseaux réduit la diversité des espèces dans la toundra en raison de la perte de plantes ne tolérant pas l’ombrage. Le déclin de la variété des espèces de la toundra pourrait avoir des conséquences pour les services rendus par les écosystèmes et les réseaux trophiques de l’Arctique qui ont de l’importance pour les habitants du Nord. On a, par exemple, démontré la corrélation entre l’augmentation du couvert arbustif et la diminution du couvert de lichen. Or, le lichen est un aliment important pour le caribou. Par conséquent, le déclin du couvert de lichen pourrait avoir des conséquences négatives pour les populations de caribous, ce qui pourrait modifier le succès des pratiques de chasse et d’élevage. De plus, l’expansion des arbrisseaux pourrait interférer avec les voies de voyage, de chasse et de récolte traditionnelles car les routes et les sites de récolte pourraient être envahis par les arbrisseaux.

 Le camp de recherche du ruisseau Trail Valley.

Le camp de recherche du ruisseau Trail Valley.

 

 

En quoi consiste le travail d’auxiliaire local du projet de recherche de Katie?

E et J : Nous sommes toutes les deux très heureuses d’être les auxiliaires locales du projet de Katie. Cette occasion nous a donné beaucoup d’expérience avec l’organisation et la collecte des données. Nos postes nous permettent d’avoir un aperçu du déroulement de la recherche au niveau de la maîtrise en sciences, ce qui sera utile lorsque viendra notre tour de travailler à l’obtention d’une maîtrise en science et/ou de diriger un projet de recherche indépendant. Parmi nos responsabilités se trouvent l’utilisation du matériel scientifique permettant la collecte de données ainsi que l’apprentissage et l’identification des espèces de plantes locales. Nous jouons aussi un rôle actif dans le maintien de notre camp de recherche éloigné. L’un des éléments clés associés au travail de l’auxiliaire local est le fait de se rendre à de nouveaux endroits et de travailler avec des gens extraordinaires!

 Emily (à gauche) photographiée avec des échantillons des mousses et des lichens recueillis  pour une expérience avec du substrat menée par Cory Wallace (candidate au doctorat).Jenna (à droite) est dans un boisée d’arbrisseaux Alnus viridis, au ruisseau Siksik.

Emily (à gauche) photographiée avec des échantillons des mousses et des lichens recueillis  pour une expérience avec du substrat menée par Cory Wallace (candidate au doctorat). Jenna (à droite) est dans un boisée d’arbrisseaux Alnus viridis, au ruisseau Siksik.

 

Comme femme travaillant dans les sciences, quels sont les défis auxquels vous avez été confrontée?

K :Je n’ai jamais vraiment pensé aux conséquences que pourrait avoir le fait d’être femme pour mon statut d’étudiante ou de scientifique. Depuis que j’ai plongé dans le domaine de la science, je n’ai reçu que du soutien de mes collègues et de mes superviseurs, tant hommes que femmes. La seule difficulté à laquelle mes collègues femmes ont été confrontées est l’accusation de ne pas être « suffisamment fortes » pour le dur travail de terrain. Ne donnez pas aux femmes les sacs les plus légers ou la tâche la plus facile. Mettez-nous au défi afin que nous puissions vous montrer à quel point nous pouvons être fortes!

 Katie se rendant par hélicoptère au ruisseau Trail Valley.

Katie se rendant par hélicoptère au ruisseau Trail Valley.

 

Que diriez-vous à une jeune femme ou à un jeune Autochtone intéressé à faire carrière dans les domaines de la science, de la technologie, du génie et des mathématiques?

K : Participez! Devenez bénévole au centre scientifique local, parlez aux personnes de votre domaine d’intérêt, ou participez à des cours et/ou à des programmes pertinents. Avant de choisir une carrière, il est important d’expérimenter d’abord divers domaines scientifiques pour savoir ce qui vous intéresse. Si vous avez la motivation, la confiance et les connaissances de base, vos probabilités de succès sont bonnes.

 Emily, Jenna, Katie et Cory dans une pose.

Emily, Jenna, Katie et Cory dans une pose.

 

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les travaux de recherche de Katie et le laboratoire d’écologie forestière de Jennifer Baltzer, visitez le site www.forestecology.ca .

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Laura Salisbury, agente de géomatique à Ressources naturelles Canada

Laura Salisbury a été engagée à Ressources naturelles Canada à titre d’agente de géomatique par l’entremise du programme Alliance carrière 360. Elle travaille au projet de sensibilisation de la population et de développement des capacités à Inuvik, Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.). Elle a récemment obtenu une maîtrise ès sciences en géographie de l’Université Carleton. Elle est ravie de participer à un projet si spécial au tout début de sa carrière.

Laura devant l’antenne ICAN1 à la station-relais pour satellites d’Inuvik (SRSI) à Inuvik, T.N.-O.
Laura devant l’antenne ICAN1 à la station-relais pour satellites d’Inuvik (SRSI) à Inuvik, T.N.-O.

Cet été, ma tâche est de diriger deux étudiants qui participent au Programme fédéral d’expérience de travail étudiant (PFETE) à toutes les étapes d’un projet de géomatique qui se déroule pendant sept semaines à Inuvik, T.N.‑O. Dans le cadre du Programme de développement de la station-relais pour satellites d’Inuvik (SRSI), nous créons des produits de visualisation pour les personnes qui veulent en savoir davantage au sujet de la SRSI, des technologies satellitaires et de la ville d’Inuvik.

Notre premier produit est une Story Map ArcGIS, dont le principal objectif est de raconter l’histoire de la SRSI de façon interactive, inspirante et amusante. Nous y intégrons une mini-leçon sur les satellites et la télédétection, des renseignements au sujet des ententes sur les revendications territoriales de la région, ainsi que les lieux importants d’Inuvik, notamment les sentiers, les magasins, les attraits touristiques et même les raccourcis du réseau de distribution aérien sous coffrage.

Bienvenue à Inuvik, T.N.-O.
Bienvenue à Inuvik, T.N.-O.

Nous travaillons aussi à la création d’un monde Minecraft en nous inspirant du monde Minecraft de la ville d’Ottawa créé par Eric Storie, analyste SIG à la ville d’Ottawa (geoOttaWOW). Nous utilisons des données SIG réelles qui proviennent de GéoGratis et du centre de géomatique des T.N.‑O. et les transformons à l’aide du programme de conversion des données Feature Manipulation Engine (FME), développé par Safe Software. Nous espérons même ajouter des modèles 3D des antennes à l’aide de l’application Sketch Up de Google.

Il est amusant de créer ces produits, de faire davantage connaître la SRSI et d’aider les étudiants à développer leurs compétences en géomatique et en informatique et leur créativité. Les étudiants connaissent mieux de nombreux logiciels (ArcGIS, QGIS, FME), la cartographie en ligne (ArcGIS Online) et le travail sur le terrain à l’aide de récepteurs GPS. Ils découvrent également l’environnement de travail à Ressources naturelles Canada, acquérant des connaissances sur la SRSI et de précieuses compétences requises au travail, par exemple l’esprit d’équipe, la gestion du temps et la débrouillardise.

La collection des traces GPS sur le delta du Mackenzie.
La collection des traces GPS sur le delta du Mackenzie.

Et je crois que les jeunes femmes et les jeunes Autochtones qui ne sont pas certains de trouver une place dans ce domaine dominé par les hommes blancs devraient s’inspirer du conseil suivant.

« Ne vous demandez pas de quoi le monde a besoin. Demandez-vous ce qui vous anime et lancez‑vous dans ce domaine, parce que le monde a besoin de personnes motivées. » [traduction libre] - Howard Thurman

Faites ce qui vous rend heureux, et le reste suivra. Si vous voulez poursuivre une carrière en sciences, en génie, en technologie, en mathématiques, en arts visuels ou même en construction, vous vous devez de l’essayer, même si vous ne vous sentez pas à l’aise au début.

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Article de l’invitée : Lindsay Faye Armstrong, étudiante à la maîtrise en sciences à l’Université d’Ottawa

Lindsay Faye Armstrong est une étudiante à la maîtrise en sciences à l’Université d’Ottawa. Lindsay et son assistant, Hugo Crites, avec le soutien de l’Institut de recherche Aurora à Inuvik (Territoires du Nord-Ouest) et sous la supervision de Denis Lacelle (Université d’Ottawa), effectuent des travaux de recherche près de la frontière entre le Yukon et les T.N.-O., dans l’Arctique de l’Ouest. Nous avons demandé à Lindsay de nous parler de son domaine de travail et de l’importance de ses travaux de recherche pour les habitants du Nord, et de donner des conseils aux jeunes femmes et aux Autochtones qui désirent faire carrière ou étudier dans le domaine des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM).

 

Le site de recherche de Lindsay est situé à proximité de la frontière entre les T.N.-O. et le Yukon. Voici une vue vers le Sud (Yukon).

Le site de recherche de Lindsay est situé à proximité de la frontière entre les T.N.-O. et le Yukon. Voici une vue vers le Sud (Yukon).

            En bref, mon projet vise à mettre au point des méthodes de modélisation 3D, portant plus particulièrement sur les glissements du pergélisol dus au dégel. Je tente d’exploiter des techniques existantes afin de développer une nouvelle méthode qui conviendra mieux à des périodes plus longues et à des environnements éloignés. J’utilise plusieurs appareils pour prises de vues à intervalle pour capter des vues chevauchantes de mon glissement cible. À partir des données recueillies, je pourrai, espérons-le, concevoir une série chronologique de modèles, dans le but de recueillir de l’information à propos de son format et de la vitesse de dégradation. Cette information nous aidera à mieux comprendre comment ces éléments sont associés à des événements météorologiques locaux, le type de pergélisol sous-jacent et même les répercussions sur les cours d’eau avoisinants.

Voici le glissement cible avant l’installation. Après l’installation, 13 appareils sur support sont placés en rangée et des disques de couleur servent de marqueurs pour aider le modèle à reconnaître les objets familiers.

Voici le glissement cible avant l’installation. Après l’installation, 13 appareils sur support sont placés en rangée et des disques de couleur servent de marqueurs pour aider le modèle à reconnaître les objets familiers.

            Ces travaux sont importants pour les habitants du Nord, car la recherche dans le Nord est de plus en plus essentielle dans le contexte des changements climatiques, mais est aussi souvent difficile sur le plan de la logistique. Si ma méthode est fructueuse, elle pourrait faciliter la collecte de plus grands ensembles de données. Ce qui signifie que nous pourrions en apprendre davantage, plus rapidement.

Voici un second glissement que l’équipe a doté d’un appareil de reconnaissance. Elle surveillera tout changement potentiel cette saison et, si le glissement est très actif, elle pourra installer de façon permanente une série d’appareils pour prises de vues à intervalle l’année prochaine. Vous remarquerez l’appareil sur support près du centre, à droite.

Voici un second glissement que l’équipe a doté d’un appareil de reconnaissance. Elle surveillera tout changement potentiel cette saison et, si le glissement est très actif, elle pourra installer de façon permanente une série d’appareils pour prises de vues à intervalle l’année prochaine. Vous remarquerez l’appareil sur support près du centre, à droite.

            J’ai eu de nombreuses réponses différentes sur le fait d’être une femme travaillant en sciences. Quand j’étais enfant, j’ai eu la chance de grandir dans un milieu dans lequel je n’ai jamais été définie par mon sexe. Je pouvais m’habiller et agir comme bon me semblait, tant et aussi longtemps que j’étais respectueuse et gentille. C’est seulement en grandissant que j’ai réalisé toute la liberté que j’avais eue et que j’ai pris connaissance des opinions des autres au sujet de mon rôle en tant que femme. On m’a déjà demandé comment j’allais concilier ma future famille et ma carrière, ou j’ai rencontré des gens qui semblaient surpris que je comprenne les mathématiques. Bien que certains commentaires puissent être parfois blessants, j’essaie de me rappeler ce que mes parents m’ont appris : « Tu peux faire tout ce que tu veux. Mais peu importe ce que tu décides de faire, tu te dois de bien le faire. Ne laisse personne te dire que tu ne peux pas faire quelque chose. Déploie tout simplement tous les efforts possibles pour leur prouver, gentiment, qu’ils ont tort. »

Lindsay, captée par l’un de ses appareils qu’elle tentait de programmer.

Lindsay, captée par l’un de ses appareils qu’elle tentait de programmer.

            En tant que jeune personne commençant sa carrière en sciences, je conseillerais aux jeunes qui ont un intérêt dans les sciences de poser des questions. À propos de tout. Sur les choses qui vous intéressent, sur les choses que vous ne comprenez pas ou même sur les choses que vous comprenez. D’autres personnes peuvent avoir des idées qui diffèrent des vôtres ou des notions que vous avez apprises. Parfois, des scientifiques peuvent sembler intimidants, mais ils sont des personnes normales, comme vous et moi. Parfois, ils utilisent des mots compliqués ou inhabituels, mais en leur posant des questions, cela leur permet de mieux s’expliquer et cela vous permet de mieux comprendre votre intérêt dans les sciences. Les sciences sont faites pour échanger des idées. Si vous songez à faire carrière en sciences, il est important d’apprendre à communiquer vos idées et à écouter celles des autres. Cela facilitera non seulement la réalisation de travaux scientifiques, mais cela vous permettra de vous exercer à avoir l’esprit critique et à être ouvert à de nouvelles idées. Les sciences ont besoin de gens dotés de sagesse et de savoir, mais qui savent aussi faire preuve de curiosité et de créativité!

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Kyla Hvatum, étudiante du Programme fédéral d’expérience de travail étudiant (PFETE) à Ressources naturelles Canada

Kyla Hvatum vient tout juste d’obtenir son diplôme de l’école secondaire East Three d’Inuvik, Territoires du Nord‑Ouest (T.N.‑O.). Elle a été engagée dans le cadre du Programme fédéral d’expérience de travail étudiant (PFETE) pour travailler au projet de sensibilisation de la population et de développement des capacités réalisé à Inuvik, T.N.‑O. dans le cadre du programme Alliance carrière 360 : Inciter les jeunes filles et les jeunes Autochtones à faire carrière dans les STGM. Cet automne, Kyla suivra des études de kinésiologie à l’Université de la Colombie‑Britannique.

J’ai entendu pour la première fois le mot « géomatique » lorsque l’un de mes professeurs m’a parlé d’un nouveau poste qui était offert ici à Inuvik. Je m’apprête à aller à l’université cet automne, mais je ne sais rien de ce domaine qui pourrait m’intéresser si je le connaissais davantage. C’est pourquoi j’ai décidé de présenter ma candidature, espérant accroître ma connaissance de domaines inconnus qui pourraient avoir une influence déterminante sur mon choix de carrière.

Nicole et moi travaillons ensemble depuis trois semaines et avons acquis un grand nombre de nouvelles connaissances sur les différents logiciels et technologies auprès des personnes qui nous dirigent dans le cadre du projet, Laura et Matthew. Nous avons utilisé des programmes tels que FME, ArcGis Online, ArcGis, QGIS, Story Maps et avons même appris comment intégrer ces outils dans Minecraft. Nous ne connaissons pas encore entièrement ces programmes, mais nous apprenons rapidement à utiliser différents types de données et à les convertir dans le format voulu, afin de représenter les renseignements le plus facilement et utilement possible.

Kyla Hvatum (à gauche) et Nicole Collison (à droit), une autre étudiante PFETE, marquant un waypoint à l’aide d’un récepteur GPS.
Kyla Hvatum (à gauche) et Nicole Collison (à droit), une autre étudiante PFETE, marquant un waypoint à l’aide d’un récepteur G PS.

En plus d’apprendre à utiliser des logiciels particuliers, nous nous habituons à utiliser des systèmes de navigation, précisément un GPS et son programme de transfert des données à un ordinateur. Nous avons fait quelques sorties sur le terrain pour développer nos capacités en précision des coordonnées dans l’espoir de se préparer à réaliser des travaux sur le terrain plus cruciaux qui seront utiles à la ville et aux personnes qui y viennent pour la première fois.

Bienvenue dans Snapchat, SRSI! De gauche à droite : Laura Salisbury, Nicole Collison, et Kyla Hvatum.
Bienvenue dans Snapchat, SRSI! De gauche à droite : Laura Salisbury, Nicole Collison, et Kyla Hvatum.

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Blogue de l’invitée : Melanie Desjardins, Directrice du Centre de géomatique des TNO

Melanie Desjardins est la directrice duCentre de géomatique des Territoires du Nord-Ouest de Yellowknife. En dehors de son travail, elle aime se promener à vélo, faire du canot avec sa famille et explorer le Nord. Nous avons tenté d’en savoir plus long sur le cheminement de carrière de Melanie et sur ce qui l’a amenée à la géomatique. Nous lui avons aussi demandé s’il avait des conseils à donner aux jeunes qui aimeraient travailler ou étudier dans les domaines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie ou des mathématiques (STIM).

Mon intérêt pour la nature et la science est né en feuilletant les National Geographic qui traînaient un peu partout dans la maison où j’ai grandi. Quand j’étais petite, je ne voyais jamais d’empêchement quant aux carrières qu’il m’était possible d’embrasser, mais je n’ai jamais tout à fait aspiré à faire carrière en science, en technologie, en ingénierie ou en mathématiques (STIM). J’étais portée sur les arts, j’aimais faire du plein air et interagir avec les gens. J’aimais aussi résoudre des problèmes. Même si, à l’époque, les ordinateurs personnels devenaient de plus en plus populaires, je n’ai jamais vraiment envisagé de choisir une carrière axée sur l’utilisation d’ordinateurs et de logiciels spécialisés. C’était plutôt le truc de mon frère!

Melanie Desjardins

Après mon secondaire, je me suis inscrite au baccalauréat en biologie, mais sans but précis. Durant ma dernière année à l’université, j’ai commencé à ressentir une certaine panique quant à la façon de démarrer une carrière dans un domaine dont je n’avais qu’une connaissance théorique, mais pas d’expérience pratique. Un professeur -- un mentor, en fait -- m’a suggéré de poursuivre mes études en géomatique afin d’acquérir des compétences susceptibles d’être davantage en demande. Évidemment, je n’avais aucune idée de ce qu’était la géomatique! Mes recherches m’ont tôt fait comprendre qu’il s’agissait d’une sorte de science informatique. Cela me convenait-il vraiment? Allais-je être en mesure de suivre? Malgré mes craintes, je me suis inscrite à un programme d’études supérieures au Centre des sciences géographiques, en Nouvelle-Écosse. Dès le début, j’ai été très surprise de voir qu’une science axée sur l’ordinateur me passionnait à ce point, même si je continuais à m’intéresser à mes sujets de prédilection : la nature, l’environnement et les arts. Très vite, j’ai commencé à faire de la programmation et je me suis aperçue que j’y prenais goût, y compris le fait d’être constamment en résolution de problèmes.

Melanie Desjardins

Mon choix de carrière m’a permis de visiter des endroits intéressants comme l’île de Sable, en Nouvelle-Écosse, où j’ai eu à cartographier un paysage en perpétuelle transformation. C’est aussi grâce à mes études dans ce domaine que j’ai passé 12 ans à Parcs Canada, où j’ai eu à cartographier toutes sortes de choses comme les habitudes migratoires du saumon de l’arrière-baie de Fundy (une espèce en danger) ou l’habitat vital du massasauga, une espèce de crotale menacée.

Melanie Desjardins

Actuellement, je dirige le Centre de géomatique des TNO pour le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest. Une partie de mon travail consiste à inciter les clients, les parties prenantes et les jeunes à s’intéresser à la géomatique et aux STIM. Il est particulièrement important de montrer aux jeunes du Nord que les emplois dans le secteur des STIM -- comme en géomatique -- sont des emplois pertinents pour eux, des emplois qui sont à leur portée et dans leurs collectivités. À ces jeunes, voici ce que je conseille : trouvez-vous un mentor -- que ce soit un enseignant, un employeur, un entraîneur ou un aîné --; informez-vous au sujet des possibilités de carrière qui ont un lien avec vos intérêts personnels et le savoir traditionnel. Je leur dirais aussi de ne pas se laisser décourager par les secteurs qui semblent dominés par une clientèle particulière : je ne sais pas où je serais rendue aujourd’hui si je m’étais arrêtée à cela.    

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Alice Deschamps, Spécialiste en géomatique, Ressources naturelles Canada

Alice Deschamps est spécialiste en géomatique à Ressources naturelles Canada. Elle agit à titre de chef d’équipe dans le cadre du projet « Observation de la Terre en appui à la gestion des risques d’inondation – Projet pilote de surveillance opérationnelle de la débâcle des rivières », réalisé par le biais du programmeAlliance 360 – Inspirer les jeunes filles à faire carrière en STGM/Intégration des Autochtones. Dans ses temps libres, Alice aime pratiquer le yoga, faire du vélo, jardiner et passer tout simplement du temps en plein air.

Le Service de géomatique d’urgence (SGU) de Ressources naturelles Canada soutient les activités d’intervention en cas d’urgence en produisant et en diffusant en temps quasi réel des produits obtenus par satellite et utilisables par le système d’information géographique (SIG) à une grande communauté d’intervenants en cas d’urgence, et ce, à l’échelle fédérale et provinciale. Avant de travailler auprès de l’équipe du SGU, je faisais partie d’une équipe de recherche chargée de la télédétection de la glace fluviale. Ainsi, lorsque le SGU a reçu au printemps 2014 une demande de Sécurité publique Canada pour un soutien aux activités de surveillance de l’embâcle dans le Nord de l’Ontario, j’ai eu l’occasion de présenter certains produits. Ceux-ci ont été bien accueillis et, par la suite, un projet pilote a été mis sur pied en collaboration avec le ministère des Ressources naturelles de l’Ontario afin de démontrer l’utilité des activités d’observation de la Terre en tant que source d’information complémentaire dans le cadre de la surveillance de la débâcle des rivières en régions éloignées disposant de peu de données in situ. Pour atteindre les objectifs fixés, nous avons accru le niveau d’automatisation des outils existants, mais le principal obstacle consistait à valider la production de glace en temps quasi réel (voir ci-dessous).

Validation par le biais de l'information géographique volontaire (IGV)

Figure 1: Validation par le biais de l’information géographique volontaire (IGV). L’utilisateur prend une photo et remplit le formulaire sur l’application. Les photos et les renseignements concernant les inondations ou l’état des glaces sont téléversés sur la plate-forme ArcGIS Online et utilises par la suite à des fins de validation (Ex. : production de glace). Autres méthodes de validation : images satellitaires optiques, relevés aériens, véhicules aériens sans pilote (p. ex. drones), caméras stationnaires, et étude sur le terrain.

Nous souhaitions également étendre ce projet pilote et favoriser la participation d’autres groupes ou organisations qui pourraient bénéficier de tels produits. Le projet STGM financera l’embauche de trois étudiantes en alternance travail-études pour appuyer le travail du SGU en vue d’atteindre ces objectifs. Ces étudiantes auront ainsi l’occasion de participer à un projet en cours des plus intéressants et d’intégrer une équipe de premier ordre, consacrée à la géomatique. Je crois fermement que les stages prévus par les programmes travail-études devraient permettre aux étudiants de vivre des expériences de travail pertinentes et enrichissantes, leur offrir des possibilités de réseautage et leur donner l’occasion de « tester » leur choix de carrière!

Le domaine de la géomatique a connu une croissance exponentielle au cours des dix dernières années, et le profil démographique des effectifs évolue également de façon progressive. Je suggère aux nouveaux diplômés et aux étudiants en alternance travail-études de participer à des projets variés afin de mieux connaître les nombreuses possibilités que leur offre le domaine de la géomatique, cela les aidera à trouver leur spécialisation! J’encourage également les étudiantes en STGM de ne pas avoir peur de s’aventurer dans le domaine de la programmation, le jeu en vaut réellement la chandelle! Le fait de posséder des compétences de base en programmation sera très utile tout au long de leur parcours professionnel et leur ouvrira de nombreuses portes dans le domaine de la géomatique.

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Article d’une invitée : Kimberley Geeves, adjointe à la recherche, Université Simon Fraser

Faites connaissance avec Kimberley Geeves (B. Sc.), adjointe à la recherche pour Mitchell Bergstresser (étudiant à la maîtrise ès sciences) du Laboratoire de limnologie du professeur Lance Lesack (Ph. D.) de l’Université Simon Fraser, à Burnaby (Colombie-Britannique). Avec l’aide de l’Aurora Research Institute (ARI), Mitchell et Kimberley font de la recherche sur les lacs du delta du Mackenzie, situés près d’Inuvik (T.N.-O.). Lisez la suite pour savoir comment Kimberley espère passer du rôle d’adjointe à la recherche à son propre projet l’année prochaine, et pour prendre connaissance de ses conseils à l’intention des jeunes femmes et des populations autochtones qui souhaitent faire carrière dans les domaines des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM).

 Kimberley prélevant des échantillons de méthane dans le lac 280. La recherche se concentre principalement sur un ensemble de six lacs situés dans le delta, tous accessibles par bateau à moteur ou en canot.

Kimberley prélevant des échantillons de méthane dans le lac 280. La recherche se concentre principalement sur un ensemble de six lacs situés dans le delta, tous accessibles par bateau à moteur ou en canot.

En raison du réchauffement récent dans l’ouest de l’Arctique canadien, la recherche sur le méthane dans le delta du Mackenzie suscite de plus en plus d’intérêt. Vraisemblablement, les communautés microbiennes dans les lacs du delta ont un lien complexe avec la quantité de méthane présent, jouant un rôle essentiel dans le flux net de méthane dans l’atmosphère. Étant donné qu’on sait peu de choses sur les communautés microbiennes du delta, notre recherche porte sur la caractérisation de la structure et de l’activité des microbes associés au cycle du méthane dans l’eau et les sédiments de divers lacs, afin de distinguer le cycle du méthane dans ce système complexe. Comme nous le savons tous, la hausse de la température a de graves répercussions dans le Nord. Notre recherche permettra de mieux comprendre le rôle du méthane dans le delta.

 Kimberley et Mitchell prélèvent des échantillons d’eau et de sédiments sous la glace du lac au cours de leur campagne de relevés en hélicoptère avant le déglacement de 23 lacs situés dans le delta.

Kimberley et Mitchell prélèvent des échantillons d’eau et de sédiments sous la glace du lac au cours de leur campagne de relevés en hélicoptère avant le déglacement de 23 lacs situés dans le delta.

Le fait d’avoir été choisie comme adjointe à la recherche dans l’Arctique représente un pas de plus vers mon objectif qui consiste à faire carrière en sciences. J’ai bon espoir de revenir l’été prochain et de réaliser mon propre projet de recherche comme étudiante de cycle supérieur. J’ai toujours eu une passion pour la recherche et les sciences, mais mon parcours pour arriver jusqu’ici n’a pas toujours été facile. Il faut beaucoup de travail acharné et de motivation pour réaliser ses plus grandes ambitions. Le meilleur conseil que je puisse donner aux jeunes femmes et aux populations autochtones qui souhaitent faire carrière dans les domaines des STIM est de suivre leurs passions avec confiance et, surtout, de ne jamais abandonner! Nous sommes tous confrontés à nos propres défis qui peuvent ressembler à des obstacles, mais le résultat en vaut bien la peine. Le monde est vaste et plein de nombreuses possibilités. Une carrière en sciences est l’une d’elles!

 Vue aérienne du delta du Mackenzie (à gauche). Mitchell prélevant des échantillons d’eau pendant la campagne héliportée de relevés en eau libre dans 43 lacs (à droite).

Vue aérienne du delta du Mackenzie (à gauche). Mitchell prélevant des échantillons d’eau pendant la campagne héliportée de relevés en eau libre dans 43 lacs (à droite).

Kim (à gauche) et sa étudiante d’été Gwich'in (à droite) sur le terrain.

Kim (à gauche) et sa étudiante d’été Gwich'in (à droite) sur le terrain.

 

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Katelynn Martin, étudiante participant au Programme fédéral d’expérience de travail étudiant (PFETE) auprès de Ressources naturelles Canada.

Katelynn Martin est étudiante de troisième année à l’Université d’Ottawa, où elle poursuit un baccalauréat ès arts en géographie avec une mineure en géomatique et en analyse spatiale. Cet été, par le biais du PFETE, elle occupe un poste de technicienne en toponymie à NRCan et participe au projet « Habilitation des Autochtones du Nord canadien au moyen de la technologie géospatiale » de l’initiative « Alliance carrière 360 : Inspirer les jeunes filles à faire carrière en STGM/Intégration des Autochtones ».

J’ai toujours été une personne créative et curieuse de nature. Pour une raison quelconque, lorsque j’étais jeune, je croyais que ces deux qualités pouvaient uniquement être mises à profit dans le cadre d’une activité artistique. Lors de ma deuxième année d’université, j’ai compris que j’avais complètement tort.

La géographie et la géomatique m’ont fait découvrir un univers dont j’ignorais l’existence; je me suis sentie extrêmement chanceuse d’y avoir accès. Non seulement je retrouvais tout ce qui me plaisait en une seule discipline, mais je devais également relever le défi d’utiliser de multiples compétences et de revêtir plusieurs chapeaux du même coup. J’ai découvert que mon domaine de spécialisation me permettait de concilier mon intérêt pour le monde physique à celui pour le monde des humains. Au cours d’une même journée, je pouvais acquérir des connaissances sur les glaciers et l’activité humaine, tout en découvrant l’environnementalisme et en apprenant à dessiner des cartes. Au-delà de cela, mes différentes expériences et affectations me permettaient d’apprendre comment intégrer mon côté artistique et créatif à cet autre aspect de ma personnalité qui me pousse à faire preuve de sens critique et à avoir le souci du détail. Par le passé, j’ai toujours fait beaucoup d’efforts pour dissocier ces deux aspects de ma personnalité; désormais, je travaille dans un domaine qui non seulement m’encourage à les conjuguer, mais l’exige. La leçon la plus précieuse que j’ai tirée de mon expérience dans le domaine de la géographie et des SIG est de ne jamais établir de distinction entre ces deux mondes.

Je travaille actuellement à Ressources naturelles Canada (RNCan) à titre de technicienne en toponymie, au sein de la Commission de toponymie du Canada (CTC). Avant d’obtenir ce poste à RNCan, je n’avais jamais entendu parler de toponymie. En tant qu’étudiante en géographie, j’étais déçue d’apprendre que mon établissement d’enseignement n’offrait aucun cours de toponymie. En même temps, j’étais heureuse de découvrir un nouveau domaine qui faisait partie de mon champ d’intérêt général, soit la géographie.

Mon travail à titre d’étudiante technicienne en toponymie auprès de la CTC consiste à déceler et à analyser les écarts de données toponymiques à l’aide de SIG. En ce moment, je travaille sur trois fichiers de données toponymiques concernant des réserves des Premières Nations et j’utilise le logiciel QGIS pour lier les points de coordonnées des réserves avec les polygones qui leur sont associés. En bref, le but de cette analyse est de cibler tous les écarts et de déterminer leur cause exacte. Ce type de travail est réellement intéressant si vous aimez utiliser les SIG en vue de résoudre des problèmes. En ce qui me concerne, je trouve ce travail à la fois monotone et complexe... dans le bon sens du terme. J’ai hâte d’en apprendre davantage grâce à mes collègues et d’améliorer mes compétences en analyse de données et en utilisation des SIG.

J’aime les STGM pour plusieurs raisons, notamment parce que c’est un domaine qui évolue de façon constante et rapide, ce qui lui confère un caractère à la fois intéressant et stimulant. De la science du bâtiment aux SIG en passant par la kinésiologie, les STGM englobent une multitude de disciplines; c’est un domaine où les nouvelles idées, les innovations et la modernisation sont les bienvenues. Dans le même ordre d’idées, j’aime les SIG, car c’est un outil qui permet de progresser vers l’avenir, tout en contribuant à résoudre les mystères du passé et les épidémies du présent.

Le conseil que je pourrais donner aux gens qui étudient dans le domaine des STGM est de toujours vous mettre au défi. Mettez-vous au défi dans vos études, mettez vos professeurs au défi et remettez en question ce que vous pensez être capable ou incapable de réaliser. Mettez-vous au défi de poser des questions et de découvrir de nouveaux horizons.

Si vous souhaitez découvrir une autre perspective, je vous propose cet article intéressant sur le parcours d’une femme dans le domaine des SIG :

http://www.citylab.com/design/2016/03/meet-the-extraordinary-women-making-maps-today/475656/ (en anglais seulement)

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Article rédigé par un collaborateur invité : Allison Dykstra, candidate à la maîtrise ès sciences à l’Université du Nouveau-Brunswick

Allison Dykstra est candidate à la maîtrise ès sciences de l’Université du Nouveau-Brunswick à Fredericton. Avec l’appui l’Institut de recherche Aurora  situé à Inuvik, dans les T.N.-O., et sous la supervision du Dr Joseph Culp, Allison mène des travaux de recherche sur l’île Banks, dans l’ouest de l’Arctique. Apprenez-en plus sur le travail d’Allison sur le terrain et lisez ses conseils à l’intention des jeunes personnes qui souhaiteraient tenter leur chance dans ce domaine.

La recherche sur le terrain dans le domaine de l’environnement ne convient pas à tout le monde, mais je conseillerais à tout le monde de l’essayer. Cela suppose que vous passerez de longues journées à braver le froid et à subir des piqûres d’insectes et des coups de soleil, souvent de façon simultanée. Cependant, cela pourrait également être l’une des expériences les plus enrichissantes de votre vie et vous permettre de rencontrer des gens extraordinaires.

Je suis actuellement étudiante à la maîtrise à l’Université du Nouveau-Brunswick et j’étudie les effets des glissements du pergélisol dus au dégel sur les communautés aquatiques d’invertébrés et d’algues. Avant cela, j’ai effectué des travaux de recherche sur la restauration de marais salés ainsi qu’en foresterie et en entomologie. Il va sans dire que ces champs d’intérêt comportent chacun leur lot de défis et de récompenses.

Éboulement causé par le dégel du pergélisol à l’île Banks, dans les T.N.-O. Le sol, qui était précédemment gelé, a dégelé et s’est effondré, pour ensuite se déverser dans la rivière.

Éboulement causé par le dégel du pergélisol à l’île Banks, dans les T.N.-O. Le sol, qui était précédemment gelé, a dégelé et s’est effondré, pour ensuite se déverser dans la rivière.

Mon expérience m’a enseigné que les deux principaux défis auxquels vous êtes confrontés lorsque vous faites de la recherche sur le terrain sont la météo et l’attitude. Il arrive, bien que rarement, que les gens vous sous-estiment parce que vous êtes une femme ou encore parce que vous êtes une personne calme; vous n’avez qu’à leur démontrer qu’ils ont tort. Toutefois, n’hésitez pas à demander de l’aide. Il n’y a rien de mal à obtenir de l’aide lorsque vous en avez besoin, particulièrement lorsque vous êtes sur le terrain.

Allison (à gauche) et sa partenaire de canoé, Sarah Beattie de Parcs Canada, se préparent à partir en expédition pour la journée.

Allison (à gauche) et sa partenaire de canoé, Sarah Beattie de Parcs Canada, se préparent à partir en expédition pour la journée.

 

J’ai mentionné un peu plus tôt que les gens que vous rencontrez peuvent faire en sorte que votre expérience sur le terrain soit exceptionnelle ou l’inverse, il en va de même pour votre influence sur leur expérience. Le fait de pouvoir rire avec vos collègues, malgré le vent et la pluie, revêt une importance PRIMORDIALE.

Allison et un autre membre de l’équipe retiennent la tente qui abrite la cuisine par un vent de 30 à 40 km/h, tandis que d’autres coéquipiers réparent un mât brisé de l’autre côté de la tente.

Allison et un autre membre de l’équipe retiennent la tente qui abrite la cuisine par un vent de 30 à 40 km/h, tandis que d’autres coéquipiers réparent un mât brisé de l’autre côté de la tente.

Photo : Sally Esau, Parcs Canada

L’autre principal attrait du travail sur le terrain porte sur tout ce que vous avez l’occasion de voir et de faire. Le travail de recherche vous offre la possibilité de parcourir le monde et de vous rendre dans les régions les plus éloignées du globe; c’est une expérience tout à fait hors du commun.

Site archéologique Head Hill, où les Inuvaluits chassaient le bœuf musqué et dépeçaient les animaux. L’atmosphère qui y règne est exceptionnelle.

Site archéologique Head Hill, où les Inuvaluits chassaient le bœuf musqué et dépeçaient les animaux. L’atmosphère qui y règne est exceptionnelle.

Enfin, vous enrichissez vos connaissances dans une foule de domaines et apprenez à faire des liens entre les différents constats établis sur le terrain. Sur l’un des sites où j’ai récemment prélevé des échantillons de pergélisol, le glissement survenu à la suite du dégel avait créé un écoulement très boueux vers la rivière principale. Cette boue, que l’on dit très riche en nutriments, abritait plus d’invertébrés que les autres sites où nous avions prélevé des échantillons. Cette augmentation de la population d’invertébrés a donné lieu à la présence d’une population de poissons plus abondante et mieux alimentée à l’embouchure du ruisseau. L’abondance de poissons explique certainement la présence d’un goéland qui survolait constamment la partie peu profonde de la rivière, en aval de l’embouchure, puisque je n’avais pas vu ces oiseaux ailleurs. À mes yeux, c’est tout à fait incroyable d’être en mesure de voir ce goéland et d’éventuellement établir un lien entre son comportement et le dégel du pergélisol; c’est notamment pour cette raison que j’adore la recherche environnementale sur le terrain. Si vous avez un jour l’occasion de prendre part à des activités de recherche sur le terrain, allez-y, gardez l’esprit ouvert, et je suis certaine que vous aurez envie de recommencer.

L’île Banks nous a réservé une météo spectaculaire et nous a offert des vues époustouflantes de la rivière Thomsen.

L’île Banks nous a réservé une météo spectaculaire et nous a offert des vues époustouflantes de la rivière Thomsen.

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