Automne 2015

Collaboration avec la Direction des sciences et de la technologie du département de la Sécurité intérieure des États-Unis sur les défis communs en matière de sûreté et de sécurité publique

Par : Bruno Hardy-Chartrand

Le 13 septembre 2006, le collège Dawson de Montréal était le théâtre d’une fusillade. Une étudiante a été tuée et de nombreuses personnes ont été gravement blessées avant que les forces policières arrivent sur les lieux et que le tireur se suicide. Bon nombre des témoins ont, sans aucun doute, été traumatisés et ont dû attendre pendant des heures qu’on les interroge.

Le Centre des sciences pour la sécurité de Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC CSS) joue un rôle important pour gérer les accords internationaux en matière de sciences et technologie (S et T) pour la sûreté et la sécurité publique. L’Accord entre le gouvernement du Canada et le gouvernement des États-Unis d’Amérique sur la collaboration en sciences et technologies en vue de la protection des infrastructures essentielles et de la sécurité transfrontalière (CIPABS) conclu en 2004 a notamment pavé la voie à une collaboration entre les partenaires canadiens et américains dans des domaines d’intérêt mutuel.

En vertu du CIPABS, des projets ont été mis en oeuvre dans le cadre de partenariats conclus entre un certain nombre de ministères et d’organismes fédéraux. Ces projets sont liés aux domaines suivants : la protection des infrastructures essentielles; les menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires; la salubrité des aliments; les premiers intervenants; et les technologies de sécurité frontalière.

« Ces projets réunissent d’éminents experts provenant du secteur de la S et T et de celui de la sécurité et la sûreté publique à l’échelle du système d’innovation, a indiqué M. Fortin, sous-ministre adjoint (Sciences et technologie) du ministère de la Défense nationale (MDN), chef de la direction (CD) de RDDC et directeur du volet canadien de l’entente. Le fait de tirer parti de ces compétences pour développer des solutions communes à des problèmes communs est essentiel pour protéger le Canada et les États-Unis. »

Afin de soutenir la mise en oeuvre de cet Accord, RDDC CSS et la Direction des sciences et de la technologie du département de la Sécurité intérieure organisent, à tour de rôle, des réunions bilatérales de l’exécutif. Ces réunions permettent aux principaux représentants de chaque organisme de faire le point sur ce qui a été accompli au cours de l’année écoulée, de discuter du plan de travail pour l’année à venir et de recevoir l’orientation stratégique. Au fil des ans, le CIPABS a permis de développer de nombreuses compétences importantes et d’acquérir des connaissances inestimables.

INTEROPÉRABILITÉ TRANSFRONTALIÈRE

Par exemple, la mise en oeuvre de la série d’expériences Canada-États-Unis de renforcement de la résilience (CAUSE) soutient les principes de l’initiative et du plan d’action Par-delà la frontière (PDF) mis sur pied en 2011 par les États-Unis et le Canada, et elle cadre spécifiquement avec les objectifs du plan du groupe de travail sur l’interopérabilité des communications co-dirigé par Sécurité publique Canada et le département de la sécurité intérieure des États-Unis. Ces objectifs consistent à développer et à faciliter  une interopérabilité multijuridictionnelle et transfrontalière afin d’harmoniser les efforts de communication d’urgence binationale.

Un aspect fondamental de ces expériences a été l’harmonisation du Système interorganisationnel de connaissance de la situation (SICS) du Canada avec le système intégré d’alerte et d’avertissement public des États-Unis afin de permettre le partage d’alertes, d’avertissements et de renseignements sur les incidents entre les deux pays de façon à améliorer la connaissance de la situation et la coordination. L’expérience la plus récente, effectuée en novembre 2015, a misé sur l’engagement des bénévoles numériques pour tirer parti du contenu des médias sociaux, ainsi que sur des technologies de radio mobile terrestre (RMT) et d’évolution à long terme (LTE) à large bande de 700 mégahertz (MHz) pour la sécurité publique afin d’assurer les communications d’urgence. Les partenaires travaillent déjà à la quatrième version, CAUSE IV, qui aura lieu en avril 2016.

La contribution du Canada aux expériences CAUSE III et CAUSE IV est financée par Sécurité publique Canada.

CONTRE-MESURES CHIMIQUES ET BIOLOGIQUES

Le laboratoire mobile récepteur tous risques (niveau de biosécurité-2) est aussi un très bon exemple d’innovation développée par l’entremise du CIPABS. La Direction des sciences et de la technologie du département de la Sécurité intérieure et RDDC ont collaboré à la conception, à la construction et à la démonstration initiale d’une unité mobile destinée à recevoir, manipuler et entreposer des matières présentant une combinaison de menaces. Ce laboratoire d’analyse tous risques a été déployé à l’occasion des Jeux d’hiver de Vancouver 2010, et continue d’être disponible pour la formation et pour appuyer les opérations de sécurité des grands événements planifiés. Il s’agit aussi d’un outil important pour l’arsenal d’intervention contre le virus Ebola dont dispose l’Agence de la santé publique du Canada. Le Canada a déployé un modèle moderne et mis à niveau de ce laboratoire au Sierra Leone en réponse à l’épidémie d’Ebola.

Il y a aussi l’exemple du Jack Rabbit II, développé par la Direction des sciences et de la technologie du département de la Sécurité intérieure et Transports Canada, qui consiste à faire des tests sur des déversements de produits chimiques de plusieurs tonnes afin d’améliorer la modélisation prédictive, de mieux guider les intervenants et les planificateurs d’urgence, et de contribuer aux stratégies en matière de sécurité industrielle, de sûreté, de réduction des risques et d’atténuation. Cette démarche représentait aussi un effort du groupe de travail PDF sur la sécurité de la santé visant à améliorer et à partager les capacités de modélisation, les résultats et les données concernant les risques liés à un danger naturel, à un incident chimique, biologique, radio-nucléaire et explosif ou à des armes de destruction massive.

LES DISCUSSIONS BILATÉRALES SONT DES OUTILS ESSENTIELS DU CIPABS

Les réunions bilatérales entre RDDC et la Direction des sciences et de la technologie du département de la Sécurité intérieure sont importantes puisqu’au cours de celles-ci des experts de chaque organisation explorent les défis de sûreté et de sécurité communs et, surtout, discutent des façons dont ils peuvent les surmonter ensemble.

La réunion de l’an dernier, qui s’est tenue le 4 février 2014 à Washington, était organisée par la Direction des sciences et de la technologie du département de la Sécurité intérieure. Elle a surtout consisté à tenir des discussions stratégiques sur le cycle des affaires et la programmation conjointe, tout en soulignant le besoin d’insister davantage sur des enjeux comme la cybersécurité, l’interopérabilité et la sûreté des transports. Cette année, RDDC a accueilli le 18 novembre à Ottawa ses partenaires américains dirigés par Reginald Brothers, sous-secrétaire de la Direction des sciences et de la technologie du département de la Sécurité intérieure et directeur américain de l’accord.

« Cette réunion bilatérale est un rendez-vous important qui nous permet de rencontrer notre allié pour examiner des défis communs en matière de sécurité et de sûreté publique, et surtout de discuter de la façon dont nous allons travailler ensemble pour les relever, a déclaré M. Fortin. Les projets et les activités qui ressortent de cette collaboration jouent un rôle essentiel pour élaborer des solutions S et T visant à améliorer la sécurité et la sûreté des Canadiens et des Américains.

« La réunion bilatérale de cette année a montré à quel point les priorités stratégiques respectives de la Direction des sciences et de la technologie du département de la Sécurité intérieure et de RDDC concordent pour ce qui est des solutions en matière de recherche et développement. Nos homologues canadiens sont   des alliés essentiels lorsque nous examinons nos préoccupations transfrontalières, ainsi que les menaces émergentes au-delà de nos frontières, a affirmé Mr. Brothers. Cette année, nous avons eu d’excellentes discussions sur des sujets comme la lutte contre l’extrémisme violent, l’architecture de la sécurité frontalière, la lutte contre les véhicules aériens sans pilote et l’évaluation des risques et des menaces. Nous nous sommes également entendus sur l’importance de collaborer dans de nouveaux secteurs comme la connaissance de la situation dans la région arctique. »

« Les séances de travail ont été très productives, a fait savoir Mark Williamson, directeur général, RDDC CSS et superviseur canadien de l’accord. Les constats qui en ont résulté, jumelés aux conseils des dirigeants, seront précieux pour élaborer un plan de travail détaillé pour 2016. »

« Je tiens à remercier M. Fortin pour son hospitalité, et je suis impatient de continuer à collaborer avec RDDC et à renforcer notre partenariat », a précisé M. Brothers.

Le CIPABS et un certain nombre d’autres accords internationaux sont administrés par RDDC CSS pour le compte du ministère de la Défense nationale afin d’assurer une collaboration S et T pour soutenir les priorités communes en matière de sûreté et de sécurité publique.

Bruno Hardy-Chartrand est conseiller pour le programme international de la Section des politiques et de la planification de RDDC CSS.

 


Les défis du bilinguisme dans le cadre de l’utilisation des réseaux sociaux pour la gestion d’urgences

Par : Suzanne Waldman

Quelle forme prendrait une présence bilingue efficace dans les réseaux sociaux pour les responsables de la gestion d’urgences au Canada? RDDC CSS mène depuis trois ans un projet d’investissements ciblés sous l’égide du Programme canadien pour la sûreté et la sécurité (PCSS) afin d’améliorer les capacités canadiennes en matière d’utilisation des médias sociaux dans la gestion d’urgences (MSGU). L’étape ultime du projet, un séminaire sur le bilinguisme dans l’approche MSGU, s’est déroulée les 25  et 26 août à Québec, et a attiré des participants du gouvernement, des organisations non gouvernementales et des professionnels de la communication.

« C’était formidable d’avoir tous les ordres de  gouvernements à cette occasion, a indiqué Guylaine Maltais, consultante en communications d’urgence. Tout le monde a compris à quel point l’utilisation des MSGU est pertinente et permettrait de rapporter des idées au bureau. »

Comme les participants ont pu le constater, l’utilisation des MSGU pose des défis supplémentaires dans des contextes bilingues. Pour transmettre rapidement l’information, les organismes qui gèrent des urgences doivent cibler le principal groupe linguistique dans les réseaux sociaux. Les autres groupes pourraient être tenus provisoirement à l’écart, le temps que les organismes   effectuent les traductions nécessaires.

Les MSGU permettent aussi de cerner une meilleure connaissance de la situation, soit de ce qui se passe dans une collectivité confrontée à une urgence, en observant les flux d’information sur les réseaux sociaux créés par les membres de la collectivité. Ce n’est pas évident d’établir la signification et la validité des messages informels et abrégés qui circulent dans les réseaux sociaux, et encore moins dans un contexte bilingue.

« Ça peut être difficile de comprendre les gazouillis dans notre propre langue--alors vous pouvez imaginer la difficulté dans une autre langue, a fait remarquer Sandra Dion, coordonnatrice des projets de médias sociaux pour la Ville de Québec.

Pour les villes qui font face à une urgence, une Équipe canadienne  virtuelle de soutien opérationnel (CanVOST) peut les aider à extraire la connaissance de la situation d’un flux important dans les réseaux sociaux. CanVOST est un groupe de bénévoles numériques pouvant être sollicités pour filtrer et identifier les flux dans les réseaux sociaux, et en extraire de l’information essentielle pour les gestionnaires d’urgence. Mme Dion a  parlé de la nouvelle page Facebook bilingue de CanVOST et indiqué que l’organisme espère recruter de nouveaux bénévoles partout au Canada.

« Mais CanVOST ne compte que deux membres bilingues, de sorte que si une urgence survenait au Québec, nous aurions de la difficulté à la gérer, a fait remarquer Mme Maltais, qui est également membre de CanVOST. Mais nous pouvons compter sur le soutien des Volontaires internationaux en soutien opérationnel virtuel (VISOV), l’équipe francophone internationale de bénévoles numériques, a-t-elle ajouté. »

Étant donné que l’utilisation des MSGU est un nouveau domaine, c’est utile pour les spécialistes de discuter et de comparer continuellement les expériences et les pratiques exemplaires, sur Twitter par exemple.

« C’est important de s’impliquer dans les MSGU avant qu’une urgence ne survienne », a indiqué Mme Maltais, qui a précisé que bien que le Canada anglais bénéficie de la conversation internationale sur Twitter à propos du mot-clic #SMEM, pour le Canada français, c’est beaucoup plus difficile d’entretenir son propre dialogue sur le mot-clic français #MSGU.

Malgré ces défis particuliers, les participants ont indiqué que les obstacles pour les MSGU sont communs à tout le Canada.

« Le principal obstacle est le changement de culture nécessaire dans la gestion d’urgences pour que l’utilisation des MSGU puisse s’épanouir, a précisé Kate Kaminska, Analyste de la recherche à RDDC CSS. Jusqu’à tout récemment, la communication d’urgences obligeait de nombreux paliers d’autorité à approuver chaque message pour en assurer l’uniformité et l’exactitude. Mais pour que les organismes aient une présence constructive dans les réseaux sociaux, ils doivent être prêts à avoir des communications rapides et flexibles de façon à pouvoir répondre aux questions et à prendre part à des dialogues vitaux.

« Les villes sont en transition pour ce qui est de la communication d’urgences, a déclaré Mme Dion. Cette conversation ne sera plus nécessaire dans 20 ans. »

Pour l’instant, des directives et des outils, dans les deux langues officielles, pour aider à mettre en place l’utilisation des MSGU partout au Canada, de même que des occasions de partager les expériences qui y sont liées dans le cadre de communautés de pratique permettraient d’éviter que chaque municipalité ait à réinventer la roue.

Comme l’a fait remarquer Mme Dion, « nos besoins sont les mêmes, que nous soyons francophones ou anglophones ».

Suzanne Waldman prépare actuellement un deuxième doctorat en études de la communication. Elle travaille avec RDDC CSS dans le cadre du Programme fédéral d’expérience de travail étudiant et mène une recherche sur l’utilisation des réseaux sociaux dans la gestion d’urgences.

 


Consolidation des données nationales sur les incendies pour sauver des vies et économiser de l’argent

Par : Suzanne Waldman

Les pratiques et les règlements en matière de sécurité-incendie varient largement à l’échelle du Canada, mais à ce jour, il n’y a aucun moyen de comparer leurs effets afin de voir ceux qui fonctionnent le mieux ou le moins. Les pratiques et les règlements exemplaires en sécurité-incendie d’une province ont peu de chance de faire surface afin d’être adoptés par d’autres provinces. En outre, il est difficile d’éliminer les pratiques et les règlements qui sont coûteux et inefficaces.

Pour ces raisons, le chef du service des incendies de Surrey et professeur d’université Len Garis est enchanté d’aider à constituer la première Base de données nationale sur les incendies (BDNI) du Canada. La BDNI est un projet pilote financé dans le cadre du Programme canadien pour la sûreté et la sécurité (PCSS), un programme fédéral dirigé par le Centre des sciences pour la sécurité de Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC CSS), en partenariat avec Sécurité publique Canada (SP). M. Garis dirige le projet en partenariat avec l’Association canadienne des chefs de pompiers et le Conseil canadien des directeurs provinciaux et des commissaires des incendies, sous la surveillance de SP, dont le rôle est d’assurer la gestion des livrables du projet et de veiller à ce que les produits de recherches qui en découlent soient conforment aux attentes des contribuables en ce qui a trait à la qualité des produits et leur rapport coût-bénéfice.

« En ce moment, il est impossible de brosser un tableau national des incendies parce que les renseignements sont cloisonnés dans des bases de données provinciales ou territoriales, explique M. Garis. Il n’y a aucun bassin à grande échelle de connaissances fondées sur des preuves pour appuyer la prise de décisions concernant les services des incendies et les mesures de sécurité, ou de comparer les résultats des politiques liées aux incendies entre les compétences juridiques. »

C’est cette lacune que le PCSS et ses partenaires ont l’intention de combler avec la BDNI, qui regroupera les renseignements sur les incendies de partout au pays. La base de données ira même au-delà des incendies, puisque Statistique Canada – qui intervient pour traiter les données sur les incendies – prévoit de lier aux données sur la santé, aux données démographiques et aux données  sur le crime à l’échelle nationale. M. Garis prévoit que ces liens révéleront des éléments cruciaux indiquant quelle est la corrélation entre les incendies et certains facteurs sociaux et communautaires.

Stéphanie Durand, championne du projet et directrice générale, Politiques et relations avec les intervenants du Secteur de la gestion des urgences et des programmes de SP, est ravie de la valeur des données et du fait qu’il s’agit d’une recherche de pointe. « Ce type d’analyse intersectorielle de pointe donnera certainement lieu à des améliorations dans la sécurité publique des Canadiens, aussi bien en raison des connaissances qu’elle apportera aux premiers intervenants que des éléments de preuve qu’elle fournira aux décideurs. »

LES DONNÉES NATIONALES SUR LES INCENDIES RÉVÈLENT DES NOTIONS QUI POURRAIENT SAUVER DES VIES

À titre d’exemple frappant, un regroupement ponctuel antérieur des données sur les incendies, réalisé en 2005 par le Conseil national de recherches, a révélé que les immeubles qui avaient pris feu en Ontario étaient deux fois plus susceptibles d’avoir des détecteurs de fumée fonctionnels qu’en Alberta. M. Garis aimerait avoir davantage d’aperçu sur ces types de divergences afin qu’elles révèlent comment les interventions en sécurité-incendie pourraient être peaufinées et ciblées.

À une étape ultérieure du projet, le PCSS financera d’autres travaux de recherche visant à répondre aux questions des chefs des services des incendies, des directeurs provinciaux et des commissaires aux incendies. Les questions que les données de la BDNI pourraient aider à résoudre incluent celles portant sur la façon dont les codes du bâtiment et les politiques d’inspection régionales réussissent à prévenir les incendies, sur l’incidence des normes du bâtiment et des matériaux sur les taux de mortalité lors d’incendies, et les répercussions sur la santé des pompiers des divers types d’incendies combattus.

Pour M. Garis, les données permettent d’aller au-delà des « anecdotes » qui motivent souvent les politiques et les pratiques pour se tourner vers les données probantes. « Nous devons remettre en question les valeurs et les croyances relativement à ce qu’on estime être des faits, affirme

M. Garis. Il indique la façon dont son équipe de recherche de l’Université Fraser Valley a utilisé des données provinciales sur les incendies de la Colombie-Britannique (C.-B.) pour mettre à l’épreuve ce que M. Garis appelle des « faussetés » sur les incendies.

Voici certaines des découvertes que M. Garis a déjà faites lors de ses recherches effectuées sur la base de données de la C.-B. et d’autres bases de données :

  • les véhicules à carburant de remplacement qui se trouvent dans les sous-sols d’appartements ne posent aucun risque accru d’incendie par rapport aux véhicules à carburant régulier ;
  • les incendies sur les balcons des logements sont quatre fois plus susceptibles de réduire l’immeuble en cendres que ceux qui se produisent dans les appartements, parce qu’ils ne déclenchent pas les systèmes de détection ;
  • de nouvelles exigences plus strictes imposées aux immeubles de logements, voulant que les sous-sols aient des cloisons coupe-feu entre ceux-ci et les autres parties résidentielles, ne semblent pas avoir eu d’influence sur les taux de mortalité liés aux incendies.

LES CONNAISSANCES ET LES APPROCHES FONDÉES SUR LES PREUVES SONT ESSENTIELLES

La Base de données nationale sur les incendies s’inscrit dans une démarche plus vaste du PCSS, pilotée par M. Garis, qui cherche à promouvoir l’utilisation des connaissances fondées sur les preuves au sein de la communauté des premiers intervenants.

Harold Pothier, le commissaire aux incendies de la Nouvelle-Écosse, fait remarquer que « le Conseil canadien des directeurs provinciaux et des commissaires aux incendies et l’Association canadienne des chefs de pompiers en bénéficieront largement puisqu’ils  pourront utiliser des données à jour qui identifient les questions et les tendances en sécurité-incendie afin d’appuyer le développement de programmes et de règlements en matière de sécurité-incendie et de prévention des incendies, non seulement au sein de leur province respective, mais à l’échelle nationale. »

Un autre effort couronné de succès qui vise à fournir des connaissances fondées sur les preuves à la communauté des premiers intervenants a été le manuel intitulé The Right Decision, récemment écrit par M. Garis en collaboration avec les criminologues Paul Maxim et Darryl Plecas.

Ayant obtenu le soutien du PCSS, le manuel décrit, étape par étape, des stratégies accessibles que les chefs des services des incendies peuvent adopter pour éclairer leurs décisions, par exemple des analyses de la conjoncture et des analyses de rentabilité. The Right Decision a par la suite été adapté pour les chefs de police, puis il s’est vite répandu au rythme de 75 000 exemplaires à l’échelle internationale. M. Garis, et ses coauteurs, grâce à l’appui continu du PCSS, adaptent maintenant le manuel pour les travailleurs des administrations locales.

« La nature des activités fait en sorte que les premiers intervenants ont l’habitude de prendre des décisions intuitives. C’est dû à la vitesse à laquelle ils doivent généralement prendre leurs décisions, affirme M. Garis. » Il soutient que lorsque les chefs des services d’incendie ne sont pas en pleine action, ils devraient adopter une approche plus méthodique ».

Comme l’a mentionné Dave Matschke, ancien gestionnaire du portefeuille des services des incendies de RDDC CSS et officier des services des incendies : « avec la BDNI, nous voulons aider les chefs des premiers intervenants à prendre des décisions éclairées par des recherches et des preuves scientifiques, et contribuer aux stratégies et aux politiques qui répondent vraiment aux besoins des intervenants et des collectivités de partout au Canada. »

L’amélioration du bassin de connaissances pour appuyer la prise de décisions ayant des répercussions sur la sûreté et la sécurité est un objectif central du PCSS. Comme l’a fait remarquer M. Mark Williamson, directeur général de RDDC CSS : « le PCSS est un centre de coordination essentiel de la recherche et de l’innovation sur la scène canadienne de la science et de la technologie, et sa grande priorité consiste à favoriser les solutions pratiques qui peuvent servir à rendre les collectivités canadiennes plus sûres. »

Suzanne Waldman prépare actuellement un deuxième doctorat en études de la communication. Elle travaille avec RDDC CSS dans le cadre du Programme fédéral d’expérience de travail étudiant.

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