Santé humaine

Évaluation des interactions entre les contaminants et les nutriments alimentaires dans l’enquête sur la santé des Inuits : Nunavut, Nunatsiavut et Inuvialuit.

Chef du projet : Laurie Chan, Center for Advanced Research in Environmental Genomics, University of Ottawa
Tel : (613) 562-5800 ext 6349, Fax: (613) 562-5385
Email : laurie.chan@uottawa.ca

Équipe du projet :

  • Brian Laird, University of Ottawa ;
  • Kue Young, University of Toronto ;
  • Geraldine Osborne et Maureen Baikie, Office of the Chief Medical Officer of Health, Government of Nunavut ;
  • Sharon Edmunds-Potvin, Nunavut Tunngavik Inc.;
  • Eric Dewailly et Pierre Ayotte, Université Laval ;
  • Chris Furgal et Amanda Boyd, Trent University

Régions nordiques visées par l’étude : Nunavut, Nunatsiavut and Inuvialuit

Durée du projet : 2011-2014


Sommaire du projet (2013-2014)

L'Enquête sur la santé des Inuits (ESI) est une étude approfondie qui, pour la première fois, brosse un tableau et fournit des données de base sur l'état de santé des Inuits de l'ensemble du Nord. Ce projet, axé sur les concentrations de contaminants chez les humains et dans les aliments traditionnels, est un volet de l’Enquête sur la santé des Inuits. En 2013-2014, les travaux seront axés sur 1) l’analyse des données sur la relation entre l’exposition aux contaminants, les maladies chroniques et la sécurité alimentaire; 2) une enquête de suivi sur la réponse aux messages de santé et sur la perception des risques des résidents de trois communautés du Nunavut; 3) l’élaboration d’une plateforme commune de partage/d’analyse des données de l’ESI et des données recueillies au Nunavik et au Groenland; 4) une consultation et des communications de suivi avec le comité directeur national de l’ESI. Les résultats décrivant la charge corporelle et l’apport alimentaire estimé de contaminants ont été communiqués à chacun des trois comités directeurs régionaux en 2011 et les résultats/messages clés ont été présentés dans des rapports communautaires et publiés dans les trois régions en 2012. Il s’agira de la dernière année du projet. Les résultats de l'étude permettront de disposer de renseignements utiles pour aider les spécialistes de la santé et les décideurs à l'échelle régionale, provinciale, territoriale, nationale et internationale à élaborer des politiques sur la salubrité de l'environnement de même que pour aider les Inuits à faire des choix éclairés quant à leur régime alimentaire.

Synopsis (2012-2013) 

Cette évaluation des interactions entre les contaminants et les nutriments alimentaires effectuée dans le cadre de l’Enquête sur la santé des Inuits vise à intégrer la recherche sur les contaminants dans le contexte plus large d’une étude scientifique sur la santé menée au Nunavut, au Nunatsiavut et dans la région désignée des Inuvialuit en 2007 et 2008. Ce rapport présente les principaux résultats en ce qui concerne : 1) les liens entre l’activité estérasique de la paraoxonase (PON1), un élément important des lipoprotéines de haute densité (HDL), l’ingestion d’aliments traditionnels et les charges corporelles de contaminants, 2) les activités de communications des résultats concernant les contaminants et 3) l’état d’avancement de l’étude sur la perception du risque menée au Nunavut. L’activité du gène PON1 et les concentrations de métaux ont été mesurées dans des échantillons sanguins prélevés chez 2172 participants en santé. On a également évalué diverses variables sociodémographiques, anthropométriques et du style de vie. On a étudié les associations entre l’activité du gène PON1, les concentrations de métaux dans le sang, l’âge, le sexe, l’indice de masse corporelle (IMC) et les habitudes de vie (p. ex., tabagisme et consommation d’alcool) au moyen de la régression linéaire multiple. L’activité du gène PON1 a été associée positivement à la concentration de Se dans le sang et les acides gras n-3 dans les globules rouges, mais a été associée négativement à la concentration de Cd dans le sang. Aucune association n’a été observée entre l’activité du gène PON1 les concentrations de Hg ou de Pb dans le sang. Nos résultats donnent à penser que l’activité du gène PON1 est modulée par l’exposition aux métaux et que les nourritures traditionnelles des Inuits peuvent être bénéfiques pour la santé puisqu’elles rehaussent l’activité du gène PON1 grâce à la consommation de Se et d’acides gras n-3. Ces résultats soulignent l’importance de tenir compte des avantages nutritionnels des aliments traditionnels dans l’établissement des avis sur la consommation alimentaire visant à limiter l’absorption de contaminants. Les principaux résultats/messages émanant de cette étude ont été présentés dans trois rapports régionaux publiés et diffusés en juin 2012, et un avis alimentaire a été émis au Nunavut. On a évalué le niveau de perception des contaminants en interviewant 545 participants dans trois collectivités du Nunavut en février et mars 2013. Les résultats de l’étude permettront de disposer de renseignements utiles pour aider les spécialistes de la santé et les décideurs à l’échelle régionale, provinciale, territoriale, nationale et internationale à élaborer des politiques sur la salubrité de l’environnement de même que pour aider les Inuits à faire des choix éclairés quant à leur régime alimentaire.

Messages clés

  • Les aliments traditionnels contiennent de nombreux nutriments essentiels qui peuvent réduire le risque de maladies chroniques.
  • De façon générale, les avantages liés à la consommation d’aliments traditionnels sont plus importants que les risques associés à l’exposition aux contaminants.
  • Les femmes inuites en âge de procréer au Nunavut qui pourraient devenir enceintes, qui songent à avoir un enfant ou qui sont enceintes devraient éviter de consommé du foie de phoque annelé en raison de sa forte teneur en mercure. Par contre, la viande de phoque annelé constitue un excellent choix pour la santé.
  • Le tabagisme est un grave problème pour de nombreuses raisons, notamment les fumeurs sont


Synopsis (2011-2012) :

Résumé
L'évaluation des interactions entre les contaminants et les nutriments alimentaires effectuée dans le cadre de l'Enquête sur la santé des Inuits vise à intégrer la recherche sur les contaminants dans le contexte plus large d'une étude scientifique sur la santé menée au Nunavut, au Nunatsiavut et dans la région désignée des Inuvialuit en 2007 et 2008. Ce rapport présente les principaux résultats en ce qui concerne : 1) les aliments traditionnels qui constituent des sources d'exposition aux contaminants; 2) le pourcentage de participants chez qui les valeurs de l'apport nutritionnel de référence (ANR) et les valeurs toxicologiques de référence (VTR) ont été atteintes; 3) les mesures permettant de maximiser l'absorption de nutriments tout en réduisant au minimum l'exposition aux contaminants. L'apport nutritionnel estimé en mercure (Hg), en sélénium (Se) et en acides gras polyinsaturés (AGPI), y compris l'acide eicosapentanoïque (AEP) et l'acide docosahexanoïque (ADH), a été corrélé de manière significative aux concentrations respectives de ces substances observées dans les échantillons de sang recueillis chez les participants à l'étude. L'exposition moyenne au mercure (7,9 μg/kg/semaine) dépasse la VTR de 5,0 μg/kg/semaine, et 35 % de la population se trouve au dela de ce seuil. Les apports moyens d'AEP et d'ADH correspondaient aux cibles recommandées par le régime alimentaire, et l'apport moyen de sélénium était situé à l'intérieur de la fourchette acceptable d'apports par voie orale. Comme les apports estimés de chacun de ces nutriments sont fortement corrélés à l'exposition au mercure estimée, les efforts visant à réduire l'exposition au mercure doivent tenir compte des bienfaits généraux des aliments traditionnels et être conçus de façon à prévenir les effets néfastes concomitants sur l'état nutritionnel des Inuit.

Messages clés

  • Les types d'aliments traditionnels consommés varient entre les trois régions participantes.
  • Les degrés d'exposition et les principaux facteurs contributifs aux apports en mercure et en nutriments diffèrent aussi entre les régions.
  • Les concentrations de mercure, de sélénium, d'AEP et d'ADH dans le sang ont été corrélées à l'apport alimentaire estimé.
  • Les conseils en matière d'alimentation visant à réduire l'apport en contaminants doivent tenir compte des répercussions sur l'apport en nutriments.
  • La substitution du foie de phoque annelé par de la viande du même animal constitue l'une des stratégies susceptibles de réduire l'apport en mercure sans avoir d'effet néfaste sur l'apport en nutriments.

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Étude sur une cohorte d’enfants du Nunavik : suivi en fin d’adolescence

Chef du projet : Gina Muckle, Centre de recherche du CHU de Québec; Université Laval
Email : Gina.Muckle@crchul.ulaval.ca

Équipe du projet :

  • Joseph L Jacobson et Sandra W. Jacobson, Wayne State University ;
  • Éric Dewailly, Centre de Recherche du Centre Hospitalier Universitaire de Québec ;
  • Pierre Ayotte, CR-CHU et INSPQ;
  • Richard Bélanger, CRCHUQ, Université Laval ;
  • Pierrich Plusquellec, CRCHUQ, Université de Sherbrooke

Régions nordiques visées par l’étude : Nunavik

Durée du projet : 2011-2014


Sommaire du projet (2013-2014)

L'exposition prénatale aux biphényles polychlorés (BPC) et au mercure a été associée à des effets sur le développement cognitif et la croissance des enfants. Les Inuits du Nunavik sont exposés à ces polluants environnementaux qui s'accumulent dans les poissons et les mammifères marins. Toutefois, la consommation de poissons et de mammifères marins permet également d'absorber des substances nutritives, par exemple des acides gras oméga-3, qui accélèrent le développement du cerveau en bas âge. Quatre études ont été menées au Nunavik au cours des 20 dernières années pour examiner l'exposition prénatale à partir d'échantillons de sang ombilical, les effets sur des nourrissons jusqu'à l'âge de 12 mois et les effets sur des enfants d'âge préscolaire. En 2010, l'équipe de projet a terminé le suivi de 294 enfants âgés de 11 ans et, au cours des années 2010 et 2011, la plupart des données à leur sujet ont été analysées. À l'automne 2011, les résultats de l'étude ont été soumis la population du Nunavik et des recommandations en matière de santé publique ont été présentés au directeur de la santé publique du Nunavik. L'année dernière, l'équipe de projet a entrepris le suivi de la cohorte à l'adolescence et, au cours de la présente année, elle continuera ses travaux et recrutera 66 adolescents supplémentaires.

Synopsis (2012-2013) 

L’exposition prénatale aux biphényles polychlorés (BPC) et au mercure a été associée à des effets sur la croissance et le développement cognitif des enfants. Les Inuits du Nunavik comptent parmi les populations les plus exposées à ces polluants environnementaux en raison du fait qu’ils consomment des poissons et des mammifères marins qui accumulent ces polluants dans leurs tissus. Toutefois, les poissons et les mammifères marins fournissent aussi des nutriments tels que les acides gras oméga-3, lesquels favorisent le développement du cerveau en bas âge. Au cours des 20 dernières années, nous avons mené quatre études au Nunavik : surveillance de l’exposition prénatale à l’aide d’échantillons de sang de cordon, et effets sur les nourrissons de 12 mois et moins et sur les enfants d’âge préscolaire. En 2010, nous avons achevé le suivi de 294 enfants de 11 ans et, en 2010 et en 2011, nous avons analysé la plupart des données relatives à ces enfants. À l’automne 2011, les résultats de l’étude ont été présentés à la population du Nunavik et des recommandations en matière de santé publique ont été formulées par le directeur de la santé publique du Nunavik. Un résumé des résultats d’études et des recommandations en matière de santé publique est publié à l’adresse suivante : http://www . rrsss17.gouv.qc.ca. En 2011–2012, nous avons mené à bonne fin le transfert des connaissances, communiqué les résultats finals de l’étude à la population et aux parties intéressées du Nunavik et achevé l’analyse des données concernant les enfants de 11 ans. En 20122013, nous avons amorcé le suivi de la cohorte à l’adolescence. Nous avons mis à l’essai de façon préalable, et avec succès, les procédures de recherche, avons choisi les tests et instruments et avons recruté et soumis à des tests 61 adolescents âgés de 16 à 19 ans vivant dans des communautés situées sur les côtes de la baie d’Ungava. Pour 20132014, nous proposons de poursuivre ces travaux et de recruter 66 autres adolescents dans les communautés établies le long des côtes de la baie d’Hudson.

Messages clés

  • La première campagne de collecte de données (du 25 janvier au 22 février 2013) a eu lieu à Kuujjuaq, où nous avons réussi à recueillir les données de 61 participants.
  • Nous avons obtenu un soutien additionnel de la part des organismes du Nunavik suivants : Comité de la nutrition et de la santé du Nunavik, Conseil de l’Administration régionale Kativik, Conseil circumpolaire inuit (bureau du Canada), conseil municipal de Kuujjuaq, conseil d’administration de la Régie régionale de la santé et des services sociaux Nunavik, Centre de santé Tulattavik (directrice).
  • Les Instituts de recherche en santé du Canada nous ont accordé une subvention additionnelle pour les activités de recherche prévues en 2012–2013.


Synopsis (2011-2012) :

L'exposition prénatale aux biphényles polychlorés (BPC) et au mercure a été associée à des effets sur le développement cognitif et la croissance des enfants. Les Inuit du Nunavik comptent parmi les populations les plus exposées à ces polluants environnementaux, qui s'accumulent dans les poissons et les mammifères marins. Toutefois, la consommation de poissons et de mammifères marins permet également d'absorber des substances nutritives, par exemple des acides gras omega 3, qui accélèrent le développement du cerveau en bas âge. Nous avons procédé à trois études au Nunavik au cours des 18 dernières années pour examiner l'exposition prénatale à partir d'échantillons de sang ombilical, les effets sur des nourrissons jusqu'à l'âge de 12 mois et les effets sur des enfants d'âge préscolaire (5 ans). En 2010, nous avons complété un suivi auprès de 294 enfants d'âge scolaire (11 ans). Au cours de 2010 2011, nous avons analysé la plupart des données relatives à ce groupe d'âge, et avons présenté les résultats à un groupe de travail dont faisaient partie le directeur de la santé publique du Nunavik, des membres du Comité de la nutrition et de la santé du Nunavik et des chercheurs. De plus, nous avons élaboré des messages et un plan de communication pour faire connaître les résultats de l'étude au Nunavik. Durant l'année 2011 2012, nous avons terminé les activités de transfert des connaissances, communiqué les résultats de l'étude à la population et aux parties intéressées du Nunavik et terminé l'analyse des données relatives au groupe des 11 ans.

Messages clés

  • Après un an d'activités intensives de transfert des connaissances, la compagne de communication, qui visait à présenter les résultats de l'étude de la cohorte du Nunavik, s'est tenue la semaine du 3 octobre 2011.
  • La diffusion des résultats de l'étude et des recommandations de santé publique auprès de la population du Nunavik s'est effectuée de diverses façons : assemblées publiques, émissions de radio, sites Web, lettre postée à chaque participant de l'étude, affiches, feuillets de documentation en langage clair, communiqué de presse et enregistrement de cinq vidéos YouTube.
  • Le suivi effectué à l'âge de 11 ans a fait progresser notre compréhension des domaines touchés par l'exposition aux BPC, au mercure et au plomb, en plus d'avoir apporté un nouvel éclairage sur les effets bénéfiques à long terme des acides gras omega 3

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Contaminants environnementaux, stress et comportement : analyse statistique d’Inuits en fin d’adolescence de l’Étude sur une cohorte d’enfants du Nunavik, et d’Inuits adultes de l’Enquête sur la santé des Inuits

Responsable(s) du projet :

Pierrich Plusquellec, Ph. D, Centre de recherche de l’institut universitaire en santé mentale de Montréal, Tél. : 514-251-4000, poste 3250, Téléc. : 514-251-7968

Courriel : pierrich.plusquellec@umontreal.ca

Équipe de projet :

Gina Muckle, Ph. D., Éric Dewailly, MD, Ph. D., Pierre Ayotte, Ph. D., Centre de recherche du CHUQ, Université Laval; Sonia Lupien, Ph. D., Centre de recherche IUSMM, Université de Montréal

Régions nordiques visées par l’étude : Nunavik

Durée du projet : 2012-2015


2014-15

Résumé :

L’exposition prénatale au plomb, aux BPC et au mercure a été associée à des troubles du comportement chez les enfants. Dans le cadre des trois plus récentes études de cohorte que nous avons menées au Nunavik (enfants de 1 an, de 5 ans et de 11 ans), nous avons évalué des indicateurs de comportement à chaque stade de développement et relevé des effets subtils du plomb sur l’attention, l’activité et l’impulsivité, ainsi que des BPC sur les réactions affectives. Tout en continuant d’étudier l’association entre les contaminants de l’environnement et ces indicateurs de comportement, nous nous sommes également intéressés aux réactions affectives, en particulier le stress. Notre attention s’est portée sur le système d’adaptation au stress en raison des résultats d’études scientifiques récentes indiquant que l’exposition aux contaminants environnementaux peut perturber le système endocrinien et, par conséquent, affecter le comportement. De plus, l’adolescence est une période durant laquelle les perturbations hormonales causées par les contaminants environnementaux deviennent manifestes et le développement affectif est particulièrement à risque. Enfin, le stress est un facteur de risque important tant pour les niveaux d’attention, d’activité et d’impulsivité que pour divers troubles physiques et mentaux chez les adolescents. Au cours des deux dernières années (de 2012 à 2014), nous avons recueilli des données sur le stress (niveaux de cortisol dans des échantillons de salive, n=132, et de cheveux, n=99) et sur les aspects du comportement (analyse d’enregistrements vidéo, n=77) à partir de l’étude de suivi auprès d’adolescents de 17 ans dirigée par Gina Muckle. Une base de données a été créée, vérifiée et est actuellement fusionnée avec l’ensemble des données de Gina Muckle. Les résultats ont montré une forte variabilité d’une personne à l’autre ainsi que des associations entre les effets physiologiques du stress et les indicateurs de comportement. De plus, les travaux sur l’association entre les contaminants environnementaux se sont poursuivis avec des données recueillies pour les enfants de 5 ans et l’information provenant de l’Enquête sur la santé des Inuits.

Messages clés :

  • Il est possible de recueillir des données de bioindicateurs pour l’évaluation du système d’adaptation au stress. La variabilité interindividuelle quant à la valeur de ces bioindicateurs en indique la pertinence pour la population inuite.
  • La variabilité interindividuelle dans la valeur des aspects du comportement à la suite du codage des comportements observés dans les enregistrements vidéo indique que le recours à cette méthode pour évaluer l’attention, l’activité et la réactivité affective chez les adolescents inuits demeure pertinent.
  • Des analyses descriptives des bioindicateurs de stress et des indicateurs de comportement permettent de croire à une association entre les deux.
  • Des analyses des données provenant de l’information recueillie pour les enfants de 5 ans ont montré que les enfants sont plus susceptibles de subir les effets de substances neurotoxiques comme les BPC au cours de certaines périodes de développement postnatal.
  • Des analyses de données provenant de l’Enquête sur la santé des Inuits donnent à penser que le stress chronique pourrait être associé à l’exposition à des contaminants environnementaux, en particulier chez les Inuits adultes âgés entre 25 et 54 ans.

Sommaire du projet (2013-2014)

L'exposition prénatale au plomb, aux biphényles polychlorés (BCP) et au mercure a été associée à un déficit d'ordre comportemental chez les enfants. Dans le cadre des trois plus récentes études de cohorte menées au Nunavik (enfants de un an, cinq ans et onze ans), l'équipe de projet a évalué le développement comportemental des enfants et relevé des effets subtils du plomb sur l'attention, l'activité et l'impulsivité, ainsi que des BCP sur les réactions affectives. Pour l'année 2013-2014, l'équipe de projet propose une étude complémentaire au suivi principal des enfants à dix-sept ans. L'adolescence est une longue période au cours de laquelle les perturbations hormonales causées par les contaminants environnementaux deviennent manifestes et où le développement affectif est particulièrement à risque. Le projet met l'accent sur l'évaluation des données d'observation sur l'attention, l'activité et la réactivité émotionnelle, car un lien étroit a été établi entre ces données et l'exposition aux contaminants environnementaux. Qui plus est, l'équipe de projet se concentrera sur l'évaluation du système endocrinien d'adaptation au stress. L’accent a été mis sur le système d’adaptation au stress en raison des résultats d’études scientifiques récentes indiquant que l’exposition aux contaminants environnementaux peut perturber le système endocrinien et, par conséquent, affecter le comportement. Enfin, l'analyse des données de l'Enquête sur la santé des Inuits a été incluse dans ce projet, dans le but de documenter les liens entre les contaminants environnementaux et un indice physiologique du stress chronique.

Synopsis (2012-2013) 

L’exposition prénatale au plomb, aux biphényles polychlorés (BPC) et au mercure a été associée à des troubles du comportement chez les enfants. Dans le cadre des trois dernières études de cohortes que nous avons menées au Nunavik (sujets âgés de 1 an, de 5 ans et de 11 ans), nous avons évalué le développement sur le plan du comportement et constaté des effets discrets du plomb sur le niveau d’attention, d’activité et d’impulsivité, mais aussi des effets des BPC sur le plan affectif. Pour l’année 2012-2013, nous avons proposé une étude qui complèterait l’étude principale de suivi des enfants ayant atteint l’âge de 17 ans proposée par G. Muckle. L’adolescence est une période où les mécanismes de perturbation hormonale causée par les contaminants de l’environnement deviennent manifestes et où le développement affectif est particulièrement à risque. Notre projet consiste à évaluer les données d’observation relative à l’attention, à l’activité et à la réactivité émotionnelle issues du codage des comportements enregistrés sur bandes-vidéo, car un lien étroit a été établi entre les comportements étudiés et l’exposition aux contaminants de l’environnement. Il consiste également à évaluer le système endocrinien d’adaptation au stress en déterminant, à l’aide d’un questionnaire d’autoévaluation et d’échantillons de salive et de cheveux, les taux de glucocorticoïdes réactionnels des sujets après une séance de tests et en état de stress chronique. L’accent a été mis sur le système d’adaptation au stress en raison des résultats d’études scientifiques récentes indiquant que l’exposition aux contaminants de l’environnement peut perturber le système endocrinien et, par conséquent, affecter le comportement. Étant donné que la collecte de données auprès des adolescents inuits de 17 ans a été effectuée au cours de l’hiver 2013 et que l’analyse des observations comportementales ainsi que des taux de contaminants environnementaux et de glucocorticoïdes est toujours en cours, les résultats concernant ces participants ne sont pas encore accessibles. Nous poursuivons néanmoins notre analyse des cohortes d’enfants. Chez les enfants de 11 ans, les résultats indiquent que l’exposition postnatale au plomb était encore associée à un niveau élevé d’activité et d’inattention, et que l’exposition prénatale aux BPC était encore liée à une augmentation du nombre d’affects négatifs observés au moment de la prise de sang. Nous avons en outre commencé l’analyse des données de l’Enquête de santé auprès des Inuits du Nunavik à laquelle ont participé des Inuits adultes. Les résultats préliminaires laissent croire à l’existence de relations significatives entre une exposition accrue à trois métaux toxiques (plomb, mercure et cadmium) ou à huit polluants organiques persistants (PCB 153, p,p’-DDE, trans-nonachlore, oxychlordane, PBDE 47, PFOS, PCP et toxaphène) et la charge allostatique, un indicateur validé de stress chronique. Ces résultats révèlent que l’exposition aux contaminants environnementaux peut déclencher un stress chronique entraînant des effets comportementaux et psychologiques, conformément à l’hypothèse posée.

Messages clés

  • Les relations mises en évidence entre les contaminants environnementaux et le développement sur le plan du comportement sont de nature sous-clinique, ce qui signifie que les effets n’altèrent pas le fonctionnement au quotidien des enfants inuits, mais ils empêchent l’expression du plein potentiel de développement de ces enfants sur le plan comportemental. Ces relations néfastes étaient encore mesurables à l’âge de 11 ans.
  • Chez les Inuits adultes, les résultats préliminaires semblent indiquer qu’une exposition accrue à trois métaux toxiques (plomb, mercure et cadmium) ou à huit polluants organiques persistants (PCB 153, p,p’-DDE, trans-nonachlore, oxychlordane, PBDE 47, PFOS, PCP et toxaphène) peut être associée de façon significative à l’état de stress chronique.
  • La collecte de données dans le cadre de l’étude en cours a commencé en février 2013 et, jusqu’ici, nous avons obtenu la participation de 58 adolescents de 17 ans du Nunavik.

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Détermination des interactions entre les contaminants et les nutriments dans le cadre d’une étude d’intervention sur la santé des enfants inuits au Nunavik : communication des résultats

Chef du projet : Huguette Turgeon O ’Brien, Université Laval, Québec City
E-mail :huguette.turgeon-obrien@fsaa.ulaval.ca

Équipe du projet :

  • Julie Lauzière et Annie Bédard, Université Laval ;
  • Pierre Ayotte, (CHUQ).

Régions nordiques visées par l’étude : Nunavik

Durée du projet : 2011-2014


Sommaire du projet (2013-2014)

Cette étude, réalisée dans le cadre d'un projet plus large appelé Programme de nutrition dans les centres de la petite enfance du Nunavik, a comme principal objectif de documenter les interactions entre les contaminants et les nutriments chez les enfants inuits du Nunavik d'âges préscolaires. De 2006 à 2010, 245 enfants ont été recruté s au total et 110 d'entre eux ont été revus au cours d'une visite de suivi une année plus tard. Lors des deux visites, on a mesuré les taux de métaux lourds et de polluants organiques persistants, les apports alimentaires et l'état nutritionnel. Les enfants qui mangeaient des aliments traditionnels avaient consommé une quantité nettement plus élevée de protéines, d'acides gras oméga-3 et de plusieurs vitamines et minéraux que ceux qui n'en mangeaient pas. Treize pour cent des participants présentaient des valeurs égales ou supérieures à la valeur-guide relative à la teneur sanguine pour le méthylmercure, ou dépassaient le niveau de préoccupation en ce qui concerne les biphényles polychlorés (BPC). De plus, 64,5 % des enfants présentaient une faible concentration sanguine de vitamine D et 50 % d'entre eux souffraient d'une carence en fer. Une association inverse a été observée entre le bilan en fer des enfants et les niveaux de plombémie. La consommation de produits à base de tomates et un apport adéquat en calcium offrent une protection contre l'exposition au mercure et au plomb, respectivement. En 2013-2014, l'équipe de projet achèvera l'élaboration d'un plan de communication en collaboration avec le Comité de la nutrition et de la santé du Nunavik (CNSN). Les principaux résultats seront communiqués aux publics cibles, notamment les parents et les travailleurs de première ligne.


Synopsis (2011-2012) :

Résumé
Les enfants sont particulièrement vulnérables à l'exposition aux substances toxiques, car leurs organes et leur système nerveux sont encore en développement. En outre, leur état nutritionnel peut être faible. Divers nutriments et composants alimentaires peuvent toutefois les protéger contre les effets indésirables des contaminants sur la santé. La présente étude a été réalisée dans le cadre du Programme de nutrition dans les centres de la petite enfance du Nunavik. Les concentrations sanguines de contaminants, les apports alimentaires et l'état nutritionnel des enfants participants ont été mesurés au moment du recrutement et douze mois plus tard. La collecte de données (de 2006 à 2010) est maintenant terminée, et l'analyse statistique est en cours. Au total, 245 enfants ont participé à cette étude (âge moyen : 25,1 ± 9,8 mois), et 110 d'entre eux ont été revus au cours d'une visite de suivi. Les substances suivantes : mercure, plomb, BPC 153, BDE-47, PFOS et PFOA ont été détectés chez 97,5 % à 100 % des sujets. L'exposition au mercure, au p,p'-DDE et au toxaphène Parlar 26 avait grandement augmenté entre le recrutement et la visite de suivi de l'année suivante, mais les concentrations étaient tout de même conformes aux tendances à la baisse observées dans d'autres études réalisées auprès d'habitants du Nunavik de divers groupes d'âge. Par contre, l'exposition au BDE-47 a considérablement diminué au cours de cette période. Néanmoins, ces concentrations sont plus élevées que celles qui ont été observées chez les Nunavimmiuts adultes et chez bon nombre d'enfants et d'adolescents à l'échelle planétaire. La présente étude sur les interactions entre les contaminants et les nutriments fournira à la communauté scientifique, aux autorités de santé publique et aux Nunavimmiuts des renseignements essentiels sur les tendances, les apports alimentaires, l'état nutritionnel et l'exposition aux contaminants des enfants inuits ainsi que sur les risques et les avantages de l'utilisation des aliments traditionnels à l'âge préscolaire dans le contexte d'un régime alimentaire sain.

Messages clés

  • Entre 2006 et 2010, 245 enfants nunavimmiuts d'âge préscolaire ont été recrutés dans l'ensemble du Nunavik, et 110 d'entre eux ont été revus dans le cadre d'une visite de suivi, un an après le recrutement (soit 53 % des enfants recrutés de 2006 à 2009).
  • Les concentrations de mercure, de p,p'-DDE et de toxaphène Parlar 26 détectées dans le sang des sujets ont considérablement augmenté entre l'année de recrutement et la visite de suivi effectuée un an plus tard, mais ces concentrations sont tout de même conformes aux tendances à la baisse observées au sein des populations du Nunavik.
  • Par contre, les concentrations d'un « contaminant émergent », soit le BDE-47, ont considérablement diminué au cours de cette période de un an. Néanmoins, ces concentrations sont plus élevées que celles qui ont été observées chez les Nunavimmiuts adultes et chez bon nombre d'enfants et d'adolescents à l'échelle planétaire.
  • Nos résultats précédents indiquent aussi que, pour la même consommation d'aliments traditionnels, la consommation de produits à base de tomate et un apport adéquat en calcium pourraient réduire l'exposition au mercure et au plomb, respectivement. Ces résultats offrent des renseignements essentiels sur les risques et les avantages de la consommation d'aliments traditionnels dans le contexte d'un régime alimentaire sain.

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Surveillance des concentrations de polluants environnementaux dans le sang maternel au Nunavik : analyse évolutive des tendances et évaluation du programme visant l’omble chevalier

Chef du projet : Eric Dewailly, Centre de Recherche du Centre Hospitalier Universitaire de Québec (CR-CHU); Département de médecine sociale et préventive de l’Université Laval.
E-mail : eric.dewailly@crchul.ulaval.ca

Équipe du projet:

  • Serge Déry, Nunavik Regional Board of Health and Social Services ;
  • Pierre Ayotte, CR-CHU and INSPQ ;
  • Renée Dallaireand Gina Muckle, CR-CHU.

Régions nordiques visées par l’étude : Nunavik

Durée du projet : 2011-2014


Sommaire du projet (2013-2014)

Les Inuits sont exposés à une vaste gamme de contaminants environnementaux par l'entremise de leur régime alimentaire traditionnel, qui comprend d'importantes quantités de poissons et de mammifères marins. Au cours des vingt dernières années, l'exposition des Inuits du Nunavik aux polluants organiques persistants (POP) et à d'autres métaux lourds a fait l'objet d'une surveillance dans le cadre de plusieurs études. Au cours des deux dernières décennies, on a observé une tendance à la baisse au Nunavik en ce qui concerne l'exposition humaine à la plupart des POP. Depuis 1997, la majorité des données de biosurveillance proviennent de la baie d'Hudson et il manque de données sur les tendances temporelles pour la population de la baie d'Ungava. De plus, de nouveaux contaminants ont maintenant intégré la chaîne alimentaire de l'Arctique et on sait peu de choses au sujet de leur charge corporelle. Par opposition, l'exposition au mercure semble plus stable, mais elle demeure une menace pour la santé publique, de nouvelles données du Nunavik confirmant que l'exposition au mercure au cours de la période prénatale nuit au développement du cerveau de l'enfant à naître. La Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik (RRSSSN) a suggéré la publication de nouveaux avis sur les aliments à l'intention des femmes en âge de procréer leur recommandant d'éviter de manger de la viande de béluga. De surcroît, en septembre 2011, dans certains villages de la baie d'Hudson, le Centre de santé Inuulitsivik, en collaboration avec la RRSSSN, a lancé un programme visant à fournir gratuitement de l'omble de l'Arctique aux femmes enceintes afin de réduire leur exposition au mercure et améliorer leur état nutritionnel. L'efficacité de ce programme n'a toujours pas été évaluée. Les activités de biosurveillance se poursuivront au Nunavik dans le cadre de ce projet de recherche dans le but 1) d'élargir la biosurveillance aux femmes enceintes de la région de la baie d'Ungava en ce qui concerne une liste restreinte de POP, de métaux lourds et de nutriments essentiels; 2) d'évaluer l'exposition aux nouveaux contaminants environnementaux dont des concentrations accrues ont été observées à l'échelle mondiale dans des échantillons prélevés sur des espèces sauvages et des humains; 3) d'amorcer l'évaluation de l'efficacité du programme visant l'omble de l'Arctique pour ce qui est de la diminution de l'exposition au mercure chez les femmes enceintes de la région de la baie d'Hudson.

Synopsis (2012-2013) 

Des études antérieures menées au début des années 1990 au Nunavik ont permis de constater que la population inuite était exposée à une vaste gamme de contaminants environnementaux par le biais de ses aliments traditionnels. On pense notamment à divers métaux et aux polluants organiques persistants (POP). Malheureusement, il est ressorti d’autres études que l’exposition prénatale au mercure et à certains POP était également liée à la croissance et à divers effets sur le développement cognitif des enfants. Par conséquent, il semble essentiel d’entreprendre des activités de surveillance pour 1) s’assurer que l’exposition des mères inuites à ces contaminants ne dépasse pas les valeurs limites recommandées par Santé Canada et 2) faciliter la mise en oeuvre de programmes de prévention à cet égard. Au cours des 20 dernières années, les niveaux de contaminants présents dans le sang des Inuites enceintes ont été mesurés lors de deux enquêtes sur la santé, l’une réalisée en 1992 et l’autre en 2004. Le projet actuel visait à élargir la surveillance des tendances temporelles concernant les contaminants environnementaux présents dans le sang des mères, et ce, de manière à couvrir une période de 20 ans (1992-2012). Cette année, nous avons terminé le recrutement de 95 femmes enceintes et commencé l’analyse des données. Les résultats préliminaires donnent à penser que les concentrations de métaux toxiques et de la plupart des POP (y compris les BPC, les pesticides chlorés, le sulfonate de perfluorooctane et les polybromobiphényléthers) dans le sang maternel ont diminué de façon marquée au cours des deux dernières décennies. Seul le PBDE153 semble avoir connu une augmentation importante au cours des huit dernières années.

Messages clés

  • Les concentrations de plomb, de mercure et de plusieurs POP traditionnels présentes dans le sang des Inuites enceintes semblent avoir diminué de façon importante au cours des 20 dernières années.
  • L’exposition au PBDE 153 a augmenté entre 2004 et 2012.
  • Peu de mères inuites semblent avoir entendu parler de la campagne de communication de l’Étude sur une cohorte d’enfants du Nunavik et des recommandations alimentaires connexes à l’intention des femmes enceintes.

Synopsis (2011-2012) :

Résumé
Les Inuit sont exposés à une vaste gamme de contaminants environnementaux par l'entremise de leur régime alimentaire traditionnel, qui comprend d'importantes quantités de poissons et de mammifères marins. Au cours des vingt dernières années, l'exposition des Inuit du Nunavik aux polluants organiques persistants et à d'autres métaux lourds a fait l'objet d'une surveillance dans le cadre de plusieurs études. Depuis la fin des années 1990, les études réalisées ont été centrées sur les effets de l'exposition aux biphényles polychlorés, aux pesticides chlorés, au mercure et au plomb sur la santé des habitants du Nunavik. Dans le cadre du présent projet, on propose de reprendre les activités de biosurveillance au Nunavik dans le but : 1) de comparer les niveaux d'exposition actuels à ceux qu'on observait il y a dix à vingt ans d'après nos derniers relevés; 2) d'évaluer l'exposition aux contaminants environnementaux émergents pour lesquels l'augmentation des concentrations dans les échantillons recueillis chez les espèces sauvages et les humains a été signalée à l'échelle de la planète; 3) de surveiller les effets de l'exposition aux contaminants sur la santé des nouveau nes. Les résultats de nos analyses de sang provenant de mères au Nunavik offrent une mise à jour des tendances géographiques de l'exposition ainsi que de l'information indiquant si les niveaux d'exposition à différentes classes de contaminants augmentent, diminuent ou demeurent stables au sein des populations du Nord. Ils fournissent aussi des renseignements sur l'efficacité des programmes d'intervention mis en oeuvre à la suite des relevés précédents. Au cours de l'exercice 2011-2012, ces activités ont été réalisées dans le cadre d'un projet pilote.

Messages clés
Bien que ces résultats aient été obtenus dans le cadre d'un projet pilote mené à petite échelle, les mesures issues de l'analyse de sang provenant de mères au Nunavik en 2011 indiquent que :

  • les concentrations de contaminants organiques ont continué à diminuer ou sont demeurées inchangées ;
  • les concentrations de plomb ont aussi diminué ;
  • les concentrations d'acides gras trans sont très faibles ;
  • les concentrations d'acides gras oméga-3 ont augmenté, tout comme les concentrations de sélénium ;
  • l'exposition au mercure demeure très élevée.

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Aliments traditionnels et santé cardiovasculaire au Nunavik : étude de l’équilibre complexe entre le sélénium et les contaminants environnementaux

Chef du projet: Pierre Ayotte, Department of Social and Preventive Medicine, Université Laval, Centre de recherche du CHU de Québec, et Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).
E-mail : pierre.ayotte@inspq.qc.ca

Équipe du projet :

  • Mélanie Lemire, Université Laval; Laurie Chan et Brian Laird, University of Ottawa, Department of Biology ;
  • Éric Dewailly, Professor, Université Laval ;
  • Pierre Dumas, INSPQ ;
  • Michael Kwan, Nunavik Research Center (NRC)

Régions nordiques visées par l’étude : Nunavik

Durée du projet : 2012-2014


Sommaire du projet (2013-2014)

Le sélénium (Se) est un élément essentiel que l'on retrouve en quantité importante dans le régime marin traditionnel des Inuits. L'exposition de ces derniers au sélénium est parmi les plus élevées au monde. En ce qui concerne les populations qui se nourrissent de poissons et de mammifères marins, une quantité croissante de données probantes donnent à penser qu'un apport élevé en sélénium pourrait jouer un rôle dans l'atténuation de certains des effets négatifs de l'exposition au méthylmercure (MeHg). Cependant, au sein d'autres populations, les concentrations élevées de sélénium ont récemment été associées avec le diabète et l'hypertension. En plus de la concentration de sélénium dans le sang, plusieurs autres indicateurs ont été relevés et ceux-ci pourraient favoriser la caractérisation du taux de sélénium. L'équipe de recherche se penchera sur les liens entre ces nouveaux indicateurs du taux de sélénium et les problèmes de santé émergents chez les Inuit adultes, comme le diabète et les cardiopathies, en tenant compte des interactions possibles avec le mercure et d'autres contaminants environnementaux. L'équipe de recherche déterminera aussi les formes de sélénium et de mercure présentes dans les différents aliments traditionnels. Ces données très précieuses amélioreront notre capacité à évaluer les risques et les avantages de la consommation de sélénium et du régime marin traditionnel de cette population.

Synopsis (2012-2013) 

Le sélénium (Se) est un élément essentiel très abondant dans l’alimentation traditionnelle, de source marine, des Inuits. Les Inuits figurent parmi les populations les plus exposées à cet élément au monde. Dans les populations qui se nourrissent de poissons et de mammifères marins, de plus en plus de données tendent à indiquer qu’un grand apport en sélénium pourrait atténuer certains effets néfastes de l’exposition au méthylmercure (MeHg). Cependant, dans d’autres populations, des concentrations plasmatiques élevées de sélénium ont été récemment associées au diabète de type 2, à l’hypercholestérolémie et à l’hypertension. Outre la concentration plasmatique de sélénium, qui constitue le biomarqueur le plus usuel du statut à l’égard du sélénium, plusieurs autres biomarqueurs (p. ex. les sélénoprotéines et de petites molécules contenant du sélénium, notamment la sélénonéine) qui pourraient aider à mieux caractériser le statut à l’égard du sélénium ont été identifiés. Nous étudierons les relations entre ces nouveaux biomarqueurs et les problèmes de santé qui commencent à apparaître chez les Inuits adultes (p. ex. le diabète et les maladies cardiovasculaires) en tenant compte des interactions possibles avec le mercure et d’autres contaminants environnementaux. Nous recenserons également les formes de sélénium et de mercure présentes dans divers aliments traditionnels et déterminerons dans quelle mesure ils sont bioaccessibles. Ces données très attendues nous permettront de mieux évaluer les risques et les bienfaits associés à l’apport en sélénium et à l’alimentation marine traditionnelle des Inuits.

Messages clés

  • Les concentrations totales de mercure sont très élevées dans la viande de béluga, le foie de phoque et le touladi.
  • Le foie de phoque, le mattaaq de béluga et les oeufs de chabots sont exceptionnellement riches en sélénium.
  • La bioaccessibilité du mercure varie considérablement d’un aliment traditionnel à l’autre.
  • La spéciation du sélénium et du mercure dans les échantillons de plasma d’Inuits adultes et d’aliments traditionnels est en cours.

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Quantification de l’effet des transitions alimentaires provisoires et permanentes dans le Nord sur l’exposition humaine aux polluants organiques persistants

Chefs de projet :

Frank Wania, Département des sciences physiques et environnementales, Université de Toronto, Scarborough, Tél. : (416) 287-7225; Courriel : frank.wania@utoronto.ca

Meredith Curren, Santé Canada, Bureau de la surveillance des produits chimiques, Division de la biosurveillance de la population, Ottawa Tél. : (613) 941-3570; Courriel : meredith.curren@hc-sc.gc.ca

Équipe de projet :

Mélanie Lemire, CHU de Quebec Research Centre, Quebec; James Armitage, University of Toronto Scarborough, Toronto; Laurie Chan, University of Ottawa, Ottawa

Durée de projet : 2012 au présent


Sommaire du projet (2016-2017)

L’objectif global de ce projet de recherche est de quantifier l’effet d’un changement de régime alimentaire sur l’exposition humaine aux polluants organiques persistants (POP) et au mercure. Un élément clé du projet repose sur l’application de modèles de simulation informatisée permettant de faire une estimation de l’apport et de l’accumulation de contaminants chez les humains. Les expériences font ressortir à ce jour un principal facteur d’incertitude dans le modèle d’exposition aux POP en ce qui a trait à la fiabilité des mesures estimées de l’apport alimentaire, plus particulièrement pour les aliments traditionnels. Toutefois, étant donné que la cinétique d’élimination du méthylmercure (MeHg) chez l’humain se fait relativement vite et est bien comprise, un modèle de bioaccumulation MeHg pourrait être appliqué aux données disponibles sur la biosurveillance touchant les humains et l’alimentation pour évaluer les écarts possibles (p. ex. « rappel » ou « récence ») dans les mesures estimées d’apport alimentaire. Il s’agira d’un exercice de collaboration et d’un processus itératif impliquant les autorités sanitaires des territoires, les organisations autochtones et les membres des collectivités du Nord. La première tâche consistera à élaborer et à mettre en œuvre des outils d’évaluation de l’exposition au mercure « conviviaux » et accessibles, suivie par une plus grande diffusion et utilisation de la part du public. Outre le fait que ces outils permettront de fournir des données pour les évaluations touchant l’exposition au MeHg et à d’autres contaminants (p. ex. POP), on espère qu’ils permettront aussi de mieux comprendre les problèmes liés à l’exposition aux contaminants dans les collectivités.


Synopsis (2015-2016)

Résumé

Dans les régions industrialisées ou éloignées, l'alimentation influe fortement sur l'exposition humaine aux polluants organiques persistants. Les aliments que nous mangeons et l'origine de ces aliments sont les principaux déterminants de la charge corporelle et des risques associés à l'exposition chronique à de tels composés. Il est bien connu que la contamination aux polluants organiques persistants varie d'un aliment à l'autre. En raison de ces écarts dans les niveaux de contaminants, l'alimentation peut influencer l'exposition aux contaminants. Nous avons étudié l'effet des transitions alimentaires sur l'exposition humaine aux polluants organiques persistants à l'aide de scénarios d'ajustements provisoires (p. ex. si une femme enceinte exclut temporairement de son alimentation les aliments réputés les plus contaminés) et de changements plus graduels et permanents (p. ex. des collectivités remplacent graduellement leur alimentation traditionnelle à base de viande d'animaux chassés localement par une alimentation comprenant davantage d'aliments importés). Nous avons mis au point une série de modèles de simulation informatique qui permettent de déterminer, quantitativement, dans quelle mesure de tels changements peuvent influer sur l'exposition aux contaminants. Les applications vont de l'étude du délaissement graduel des aliments traditionnels du Nord par l'ensemble d'une population à l'examen d'ajustements temporaires individuels du régime alimentaire durant l'âge de procréation. L'année dernière, nos conclusions principales ont été que 1) la capacité à déterminer les effets des transitions alimentaires à long terme dans le Nord canadien sur les tendances observées quant à l'exposition humaine aux polluants organiques persistants varie grandement selon la qualité des données sur les tendances dans la composition alimentaire; 2) les transitions alimentaires à court terme peuvent exercer une influence appréciable sur l'apport en polluants organiques persistants et en nutriments essentiels chez les populations arctiques sensibles, et 3) les méthodes traditionnelles de préparation des aliments peuvent modifier considérablement les concentrations de polluants organiques persistants dans ces produits alimentaires particuliers.

Messages clés

  • Le dilemme alimentaire dans l'Arctique découle de la conciliation entre les avantages nutritionnels et l'apport en contaminants provenant des aliments traditionnels issus des mammifères marins.
  • La réduction temporaire de la consommation d'aliments issus des mammifères marins ne réduit pas l'exposition aux BPC et diminue l'apport en sélénium et autres nutriments;
  • La pertinence de diminuer de la consommation d'aliments issus des mammifères marins durant l'âge de procréation dépend de la consommation de référence.
  • De manière générale, certains processus traditionnels de préparation de la graisse de béluga (vieillissement, rôtissage) réduisent la teneur en certains nutriments et contaminants : acides gras polyinsaturés, sélénium, mercure et polluants organiques persistants ionogènes.
  • Les processus traditionnels de préparation de la graisse de béluga peuvent aussi introduire des contaminants environnementaux qui ne sont pas présents dans les tissus (hydrocarbures aromatiques polycycliques).
  • Tout dépendant des changements touchant les contaminants et les nutriments, la graisse interne vieillie (uqsuq) constitue l'aliment traditionnel issu de la graisse de béluga pour lequel la consommation d'acides gras polyinsaturés peut être maximisée tout en réduisant l'apport en contaminants environnementaux (mercure et polluants organiques persistants ionogènes). Toutefois, la teneur en sélénium est considérablement réduite dans l'uqsuq.

Synopsis (2014-2015)

Résumé

L'alimentation influe fortement sur l'exposition humaine aux polluants organiques persistants (POP), tant dans les régions industrialisées qu'éloignées. La nature et l'origine des aliments que nous mangeons sont des déterminants clés de la charge corporelle et des risques associés à l'exposition chronique à ces composés. Il est généralement admis que les aliments ne sont pas tous également contaminés par les POP. Un changement de régime alimentaire peut donc avoir une incidence sur l'exposition aux contaminants. Nous avons étudié l'effet des transitions alimentaires sur l'exposition humaine aux POP à l'aide de scénarios d'ajustements provisoires (p. ex. si une femme enceinte exclut temporairement de son alimentation les aliments réputés plus contaminés) et de changements plus graduels et permanents (p. ex. des collectivités remplacent graduellement leur alimentation traditionnelle à base de viande d'animaux chassés localement par une alimentation comprenant davantage d'aliments importés). Nous avons mis au point, par simulation informatique, une série de modèles de bioaccumulation dans la chaîne alimentaire qui permettent de déterminer quantitativement la mesure dans laquelle des changements alimentaires peuvent influer sur l'exposition aux contaminants. Les applications vont de l'étude du délaissement graduel des aliments traditionnels du Nord par l'ensemble d'une population à l'examen d'ajustements temporaires individuels du régime alimentaire durant l'âge de procréation. L'année dernière, nos conclusions principales ont été que 1) la détermination de l'impact des transitions alimentaires à long terme dans le Nord canadien sur les tendances observées quant à l'exposition humaine aux POP varie grandement selon la qualité ‒ actuellement déficiente ‒ des données sur les tendances dans la composition alimentaire; 2) les transitions alimentaires à court terme peuvent exercer une influence appréciable sur l'apport de POP et de nutriments essentiels chez les populations arctiques sensibles, et 3) les méthodes traditionnelles de préparation des aliments peuvent modifier considérablement les concentrations de POP dans ces produits alimentaires particuliers.

Messages clés

  • Les transitions alimentaires générationnelles à grande échelle dans les communautés autochtones du Nord jouent un rôle important dans la diminution temporelle de la charge corporelle des POP observée et contribuent à la variabilité intra et interpopulationnelle.
  • Les associations entre les concentrations de POP et des variables démographiques comme le sexe et l'âge des espèces consommées traditionnellement peuvent guider les choix alimentaires dans le Nord; par exemple, suggérer aux personnes vulnérables aux effets toxiques des POP de limiter leur consommation d'animaux mâles âgés, chez lesquels les plus fortes concentrations de POP sont couramment observées parmi les populations fauniques.
  • L'intégration de quelques nouveaux modèles d'espèces utilisées dans l'alimentation traditionnelle (p. ex. béluga, narval, caribou, bernache du Canada) à notre cadre de bioaccumulation dans la chaîne alimentaire nous a permis d'estimer les expositions aux POP de femmes ayant participé aux études de biosurveillance maternelle dans deux collectivités nordiques (île de Baffin et Inuvik). L'exactitude de nos prévisions variait largement d'une étude à l'autre et indiquait que l'efficacité du modèle était directement liée à la qualité des données de biosurveillance et des enquêtes sur l'alimentation, en particulier les estimations des taux d'absorption d'aliments traditionnels.
  • Notre modèle actualisé nous donne maintenant la possibilité de calculer les taux d'absorption quotidienne de plusieurs groupes de nutriments essentiels (minéraux, vitamines et acides gras polyinsaturés) avec la consommation d'aliments traditionnels. Nos calculs initiaux permettent d'évaluer l'incidence des transitions alimentaires à court terme (p. ex. durant la grossesse et l'allaitement) sur les POP et l'absorption de nutriments selon des scénarios théoriques de remplacement des aliments traditionnels consommés par les populations autochtones de l'Arctique canadien.
  • Les résultats initiaux de notre étude sur le terrain et en laboratoire de l'influence de la préparation alimentaire sur les taux de contaminants et de nutriments dans le petit lard de béluga consommé comme aliment traditionnel indiquent que des méthodes différentes peuvent influer largement sur les concentrations de POP dans les aliments consommés.

Synopsis (2013-2014)

Résumé

Dans les régions industrialisées ou éloignées, l'alimentation influe fortement sur l'exposition humaine aux polluants organiques persistants (POP). Les aliments que nous mangeons et leur provenance sont d'importants déterminants de la charge corporelle et des risques associés à une exposition chronique à de tels composés. Il est généralement admis que les aliments ne sont pas tous également contaminés par les POP. Par conséquent, il est possible de varier l'exposition aux contaminants en modifiant l'alimentation. Nous avons donc étudié l'effet de transitions alimentaires sur l'exposition humaine aux POP à l'aide de scénarios d'ajustements provisoires (p. ex. si une femme enceinte écarte temporairement de son alimentation les aliments réputés plus contaminés) et de changements plus graduels et permanents (p. ex. si des communautés remplacent graduellement leur alimentation traditionnelle à base de viande d'animaux chassés localement par une alimentation qui comprend davantage d'aliments importés). Nous avons mis au point une série de modèles de simulation informatique qui permettent de déterminer, quantitativement, dans quelle mesure de tels changements peuvent influer sur l'exposition aux contaminants. Ces modèles ont été appliqués à l'échelle de la population, dans le contexte de l'abandon des aliments traditionnels en général, ainsi qu'à des communautés autochtones précises de l'Arctique, toujours dans le but d'étudier l'incidence de différentes variables démographiques relatives aux espèces sauvages (p. ex. âge, sexe, durée de vie) sur l'exposition humaine prévue associée à la consommation d'aliments traditionnels. Les modèles ont en outre été appliqués à des populations vivant sous un climat tempéré et respectant les avis relatifs à la consommation d'aliments contaminés par des POP. D'après nos principaux résultats, (1) l'abandon à long terme des aliments traditionnels d'une génération à l'autre dans le Nord canadien a considérablement influé sur les tendances observées en matière d'exposition humaine aux POP et (2) les personnes qui consomment des aliments traditionnels et qui sont plus vulnérables aux effets toxiques des POP (c.-à-d. les femmes enceintes ou qui allaitent) pourraient consommer de préférence de jeunes animaux femelles en période d'activité reproductrice, car ceux‑ci présentent habituellement des niveaux inférieurs de contamination. Par ailleurs, selon nos études préliminaires sur des populations de régions tempérées, les transitions alimentaires de courte durée auraient un effet négligeable sur les concentrations de POP, surtout s'il s'agit de composés possédant une longue demi-vie d'élimination chez l'être humain.

Messages clés

  • Les transitions alimentaires à grande échelle d'une génération à l'autre dans les communautés autochtones du Nord jouent un rôle important dans la diminution temporelle de la charge corporelle des POP observée et contribuent à la variabilité intra et interpopulationnelle.
  • L'intégration de plusieurs nouveaux modèles concernant d'autres espèces faisant partie de l'alimentation traditionnelle (p. ex. baleine boréale, béluga, narval, caribou) dans notre cadre général de bioaccumulation des POP dans la chaîne trophique a rendu possible une représentation plus globale des régimes alimentaires traditionnels courants chez les Autochtones. De plus, les évaluations initiales du rendement du modèle élargi, réalisées au moyen de données de biosurveillance chez des Autochtones (principalement des Inuits et des Dénés ou des Métis) de deux communautés nordiques (île de Baffin et Inuvik), ont donné des résultats prometteurs.
  • Les associations entre les concentrations de POP et certaines variables démographiques, comme le sexe et l'âge des espèces consommées traditionnellement, peuvent aider à guider les choix alimentaires dans le Nord; par exemple, on pourrait recommander aux personnes vulnérables aux effets toxiques des POP de limiter leur consommation d'animaux mâles âgés, car ces derniers possèdent couramment les plus hautes concentrations de POP parmi les populations fauniques.
  • Lorsque nous supposons des périodes d'observance réalistes (c.-à-d. seulement pendant la grossesse et l'allaitement, soit une période d'un an et demi), les recommandations en matière d'alimentation des mères sont en grande partie inefficaces pour réduire l'exposition prénatale et postnatale aux POP dont la demi-vie d'élimination est exceptionnellement longue chez l'être humain.

Synopsis (2012-2013) 

Résumé

Dans les régions industrialisées ou éloignées, l'alimentation influe fortement sur l'exposition humaine aux polluants organiques persistants (POP). Les aliments que nous mangeons et leur provenance sont d'importants déterminants de la charge corporelle et des risques associés à une exposition chronique à de tels composés. Il est généralement admis que les aliments ne sont pas tous également contaminés par les POP. Par conséquent, il est possible de varier l'exposition aux contaminants en modifiant l'alimentation. Nous avons donc étudié l'effet de transitions alimentaires sur l'exposition humaine aux POP à l'aide de scénarios d'ajustements provisoires (p. ex. si une femme enceinte écarte temporairement de son alimentation les aliments réputés plus contaminés) et de changements plus graduels et permanents (p. ex. si des communautés remplacent graduellement leur alimentation traditionnelle à base de viande d'animaux chassés localement par une alimentation qui comprend davantage d'aliments importés). Nous avons mis au point une série de modèles de simulation informatique qui permettent de déterminer, quantitativement, dans quelle mesure de tels changements peuvent influer sur l'exposition aux contaminants. Ces modèles ont été appliqués à des communautés autochtones de l'Arctique, dans le contexte de l'abandon des aliments traditionnels à l'échelle de la population, et à des populations vivant sous un climat tempéré et respectant temporairement les avis relatifs à la consommation d'aliments contaminés par des POP. D'après nos principaux résultats, l'abandon des aliments traditionnels dans le Nord canadien a considérablement influé sur les tendances observées en matière d'exposition humaine aux POP. Cependant, les premières études menées dans une population vivant plus au sud semblent indiquer que les transitions alimentaires de courte durée pourraient avoir un effet négligeable sur les concentrations de POP, surtout s'il s'agit de composés possédant une longue demivie d'élimination.

Messages clés

  • Les transitions alimentaires à grande échelle dans les communautés autochtones du Nord jouent un rôle important dans la diminution temporelle de la charge corporelle des POP observée et contribuent à la variabilité intra- et interpopulationnelle.
  • Lorsque nous supposons des périodes d'observance réalistes (c.àd. seulement pendant la grossesse et l'allaitement, soit pendant une période d'un an et demi), les recommandations en matière d'alimentation chez les mères sont en grande partie inefficaces pour réduire l'exposition prénatale et postnatale aux POP dont la demivie d'élimination est exceptionnellement longue.
  • L'échantillonnage de biosurveillance permettant de comparer d'une année à l'autre les concentrations environnementales maximales de POP en Arctique est un paramètre très important lorsqu'il s'agit de dégager les tendances de la charge corporelle en fonction de l'âge dans les populations humaines et fauniques du Nord; les effets liés au sexe contribuent eux aussi à la variabilité de ces relations, tandis que les différences sur le plan de la durée de vie ont un rôle plus limité au moment de déterminer les tendances de la charge corporelle en fonction de l'âge.
  • Dans notre cadre actuel de modélisation de l'exposition humaine dans le Nord, nous incorporons plusieurs nouveaux modèles de bioaccumulation des POP dans la chaîne trophique (p. ex. baleine boréale, béluga, caribou) afin de représenter de façon plus globale les régimes alimentaires traditionnels courants des Autochtones.

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Élaboration de valeurs-guides relatives à la concentration sanguine des polluants organiques persistants dans l’Arctique canadien

Responsable(s) du projet :

Laurie H.M. Chan, professeure et titulaire de la chaire de recherche du Canada en toxicologie et santé environnementale, Centre de recherche avancée en génomique environnementale, Université d’Ottawa, Tél. : 613-562-5800, poste 6349, Téléc. : 613­562-5385

Courriel : laurie.chan@uottawa.ca

Équipe de projet :

Andy Nong, Bureau des sciences de la santé environnementale et de la recherche, Santé Canada; Mark Feeley, Bureau d’innocuité des produits chimiques, Santé Canada; Annie St-Amand, Section de la biosurveillance nationale, Santé Canada; Kavita Singh, étudiante au doctorat, Université d’Ottawa

Résumé :

L’Enquête sur la santé des Inuits adultes (2007-2008) a permis de recueillir des données sur les niveaux sanguins de métaux lourds et de polluants organiques persistants chez des participants du Nord canadien. Les risques d’exposition aux contaminants pour la population peuvent être évalués au moyen d’équivalents de biosurveillance, qui sont les doses internes correspondantes des normes de référence d’apport maximal recommandé. Ce projet vise à établir de nouveaux équivalents de biosurveillance pour le chlordane, la toxaphène et les biphényles polychlorés ainsi qu’à étudier l’utilisation de ces équivalents pour évaluer les données de biosurveillance recueillies dans le Nord canadien. Durant l’exercice 2014-2015, l’information nécessaire pour déterminer les équivalents de biosurveillance a été réunie par une étude documentaire. Des organismes comme Santé Canada, l’Environmental Protection Agency et des autorités européennes proposent plusieurs normes de référence. Une stratégie de modélisation pharmacocinétique ainsi que d’établissement des paramètres pharmacocinétiques nécessaires pour modéliser le comportement des contaminants internes sur la base de l’absorption, de la distribution, du métabolisme et de l’excrétion ont aussi été établis. Les travaux de la première année du projet serviront à réaliser une modélisation pharmacocinétique à un c ompartiment au cours de la deuxième année.

Messages clés :

·         Les équivalents de biosurveillance sont les doses internes correspondantes des normes de référence d’apport et peuvent servir à évaluer les risques d’exposition aux contaminants pour la population.

·         Il n’existe pas actuellement d’équivalents de biosurveillance pour le chlordane, la toxaphène et les biphényles polychlorés. Ce projet a donc pour but d’élaborer des équivalents de biosurveillance pour ces contaminants et de les utiliser pour interpréter les données de biosurveillance de l’Enquête sur la santé des Inuits et de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé.

·         Diverses organisations ont établi des normes de référence sur l’absorption orale pour le chlordane technique, le toxaphène technique et altéré ainsi que les biphényles polychlorés (de type dioxine ou non, mélanges commerciaux, totaux). Ces valeurs ou la dose sans effet nocif observé/dose minimale avec effet nocif observé serviront de points de départ pour la dérivation des équivalents de biosurveillance.

·         Une stratégie de modélisation pharmacocinétique hiérarchique sera utilisée pour modéliser le comportement des contaminants dans l’organisme, avec comme point de départ un modèle à un seul compartiment.

·         Les équivalents de biosurveillance serviront à déterminer le pourcentage de la population échantillon qui dépasse les valeurs indicatives recommandées.

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Les éléments nutritifs présents dans les aliments traditionnels assurent-ils une protection contre la toxicité du mercure et les maladies cardiométaboliques? Intégration des données scientifiques de pointe et mobilisation des connaissances pour la santé des Nunavimmiuts

Chef de projet : 

Pierre Ayotte, Ph. D., toxicologue, professeur, Département de médecine sociale et préventive, Université Laval; chercheur scientifique, Axe en santé publique et pratiques optimales en santé, Centre de recherche du CHU de Québec; chef, Laboratoire de dépistage biologique, Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Tél. : (418) 650-5115, poste 4654; Téléc. : 418-654-2148; Courriel : pierre.ayotte@inspq.qc.ca

Équipe de projet :

Mélanie Lemire, Ph.D., professeure adjointe et chaire de recherche Nasivvik, Université Laval,

Québec; Pierre Dumas, B.Sc., Chimiste, INSPQ, Québec; Michel Lucas, Ph.D., professeur adjoint, Université Laval, Québec; Ellen Avard, Ph.D and Michael Kwan, Ph.D., Nunavik Centre de Recherche du Nunavik, Kuujjuaq; Guillaume Massé, Ph.D, professeur adjoint, Université Laval, Takuvik; Abdullah Al Maruf, Ph.D., post-doctorant, Adel Achouba, M.Sc., Nathalie Ouellet, M.Sc., Cynthia Roy, B.Sc., Pierre-Yves Tremblay, M.Sc, Axe en santé des populations et pratiques optimales en santé, Centre de recherche du CHU de Québec, Québec

Durée du projet : 2014 au présent


Sommaire du projet (2016-2017)

Malgré une tendance à la baisse au cours des dernières décennies, l’exposition au méthylmercure (MeHg) au sein de la population inuite du Nunavik se trouve toujours parmi les plus élevées au monde. Les aliments traditionnels provenant de la mer constituent la principale source de cette exposition, mais ils sont aussi exceptionnellement riches en éléments nutritifs comme le sélénium (Se) et les acides gras polyinsaturés oméga-3 (AGPI n-3). Au moyen d’un programme interdisciplinaire incorporant la nutrition, l’épidémiologie, la toxicologie, l’océanographie et une recherche sur la mise en œuvre, ce projet aborde la question complexe des risques et des avantages associés aux aliments traditionnels chez les Inuits du Nunavik, notamment en regard des maladies cardiométaboliques, des interactions du mercure (Hg) et du Se, et de leurs niveaux respectifs de toxicité. En plus de poursuivre l’intégration des données obtenues dans le cadre du programme de 2012 à 2015, l’année qui vient visera à mieux comprendre l’origine de la sélénonéine (un nouveau sélénocomposé récemment détecté dans le sang des Inuits et l’épiderme du béluga) dans la chaîne alimentaire marine de l’Arctique, et l’interaction entre ce composé et le MeHg dans les globules rouges. De plus, la prévalence du diabète sucré de type 2 (DT2) chez les Inuits du Nunavik est faible comparativement à celle de l’ensemble de la population, et beaucoup plus faible que celle que l’on retrouve dans la plupart des populations autochtones. Toutefois, la transition qui s’opère en ce qui a trait au régime alimentaire et au style de vie de la population inuite du Nunavik risque de changer la situation dans un proche avenir. Un nouveau facteur de risque est l’exposition au méthylmercure (MeHg). Par conséquent, il est urgent de déterminer si les biomarqueurs prédictifs de DT2 sont réduits par l’exposition au méthylmercure et par des facteurs de protection dans une alimentation traditionnelle composée d’éléments nutritifs tels le sélénium (Se), les composés de Se et les acides gras polyinsaturés oméga-3 (AGPI n-3). L’intégration de ces données cruciales nous aidera à mieux comprendre les facteurs déterminants du risque de DT2 et de maladies cardiovasculaires dans cette population. En outre, elle permettra d’améliorer notre capacité d’élaborer et de mettre en œuvre des interventions visant à promouvoir les avantages des aliments traditionnels provenant de la mer, tout en réduisant l’exposition au méthylmercure au sein de la population étudiée.


Synopsis (2015-2016)

Résumé

La population inuite du Nunavik est l'une des plus exposées au méthylmercure (MeHg) dans le monde. Les aliments traditionnels provenant des milieux marins sont la principale cause de cette exposition. Ils sont aussi riches en éléments nutritifs comme le sélénium (se) et les acides gras polyinsaturés oméga‑3 (AGPI n-3). Dans le cadre d'un programme multidisciplinaire intégrant nutrition, épidémiologie, toxicologie et recherche sur la mise en œuvre, nous nous penchons sur la question complexe des avantages et des risques que posent les aliments traditionnels pour la population du Nunavik, avec une attention particulière sur les maladies cardiovasculaires et le diabète de type 2. Cette année, nous avons commencé à étudier les liens entre les biomarqueurs de l'exposition au méthylmercure, les niveaux de sélénium et les niveaux d'AGPI n‑3 et les biomarqueurs des effets du diabète de type 2 (niveaux d'adiponectine dans le plasma, chaînes d'acides aminés et acylcarnitines). À la suite de l'identification de la sélénonéine comme principal composant du sélénium présent dans les globules rouges des Inuits et dans le mattaaq de béluga, nous avons pu établir le niveau de sélénonéine dans les globules rouges de tous les participants de l'Enquête sur la santé au Nunavik de 2004. Les résultats montrent que la sélénonéine est un composant du sélénium très présent dans les globules rouges des Nunavimmiut. Nous avons également mesuré les niveaux de sélénonéine dans le mattaaq de béluga au Nunavik et à Arviat (Nunavut) et constaté qu'ils représentent plus de 50 % de la concentration totale de sélénium dans ces aliments issus de la mer. La sélénonéine et le méthylmercure s'accumulent tous deux dans les globules rouges, où la sélénonéine pourrait accélérer la déméthylation, ce qui réduirait l'accumulation de méthylmercure dans les organes cibles. Ces résultats nous aideront à élaborer et à mettre en œuvre des interventions axées sur les avantages des aliments traditionnels issus de l'eau tout en réduisant au minimum la toxicité du méthylmercure dans cette population.

Messages clés

  • La sélénonéine, un dérivé organique du sélénium, représente plus de 50 % de la concentration totale de sélénium dans les échantillons de mattaaq de béluga prélevés au Nunavik et au Nunavut.
  • La sélénonéine est un dérivé du sélénium qu'on retrouve en grande quantité dans les globules rouges des Nunavimmiut.
  • La sélénonéine pourrait accélérer la déméthylation, ce qui réduirait l'accumulation de méthylmercure dans les organes cibles.
  • L'équipe se penche actuellement sur les effets de la sélénonéine sur la toxicité du méthylmercure.

Synopsis (2014-2015)

Résumé

Malgré une tendance temporelle à la baisse au cours des dernières décennies, l’exposition au méthylmercure (MeHg) au sein de la population inuite du Nunavik est encore élevée. Les aliments traditionnels provenant du réseau trophique marin constituent la principale source de cette exposition, mais ils sont aussi riches en éléments nutritifs tels que le sélénium (Se) et les acides gras polyinsaturés oméga-3 (AGPI n-3). Au moyen d’un programme interdisciplinaire incorporant la nutrition, l’épidémiologie, la toxicologie et une recherche sur la mise en œuvre, nous abordons la question complexe des avantages et des risques associés aux aliments traditionnels chez les Inuits du Nunavik, particulièrement en regard des maladies cardiovasculaires et du diabète de type 2 (DT2). Les biomarqueurs précoces de ces maladies, soit les amino‑acides de chaîne ramifiée et les acylcarnitines, ont été mesurés dans le plasma obtenu auprès des participants à l’Enquête sur la santé au Nunavik (ESN) de 2004, ainsi que leurs associations avec des biomarqueurs d’exposition au MeHg. Le statut en Se (taux plasmatiques de protéines contenant du sélénium déterminé dans le projet de l’an dernier) et le statut en AGPI n‑3 sont examinés. En outre, compte tenu des résultats de l’année dernière indiquant que le Se s’accumule de manière disproportionnée dans les cellules sanguines par rapport au plasma des Inuits, nous avons effectué des expériences supplémentaires pour détecter les sélénocomposés présents dans les globules rouges des participants à l’ESN et les aliments traditionnels riches en Se. De la levure génétiquement modifiée a été utilisée pour synthétiser de la sélénonéine, une forme organique dont la présence est avérée dans les aliments marins. Ce critère nous a permis de confirmer que la sélénonéine est le principal composé du sélénium présent dans les globules rouges des Inuits et le muktuk de béluga. Une méthode analytique a été élaborée, et elle est actuellement employée pour mesurer la sélénonéine dans les globules rouges de tous les participants à l’ESN de 2004 et les aliments marins riches en Se. Finalement, des expériences in vitro ont été réalisées pour étudier davantage la biodisponibilité et la spéciation du mercure (Hg) et du Se dans les aliments traditionnels et pour examiner le rôle de protection joué par la sélénométhionine sur la biodisponibilité du Hg à partir d’aliments marins. L’intégration de ces données indispensables va augmenter notre compréhension des déterminants de DT2 et les maladies cardiovasculaires (MCV) dans cette population. En outre, il permettra d’améliorer notre capacité à développer et mettre en œuvre des interventions qui visent à promouvoir les avantages de l’alimentation de marine traditionnelle, tout en minimisant l’exposition au MeHg dans cette population. L’intégration de ces données indispensables améliorera notre capacité d’élaborer et de mettre en œuvre des interventions visant à promouvoir les avantages des aliments traditionnels qui proviennent du réseau trophique marin, tout en réduisant l’exposition au méthylmercure au sein de la population étudiée.

Messages clés

  • On observe des niveaux exceptionnellement élevés de Se dans les globules rouges de la population étudiée, tandis que les taux plasmatiques de celle‑ci sont similaires à ceux de la population canadienne en général.
  • On a déterminé que la sélénonéine, une forme organique de sélénium, était le principal composé du Se présent dans les globules rouges des Inuits.
  • Ce sélénocomposé a également été retrouvé en forte concentration dans des extraits de muktuk de béluga.
  • Le Se a été corrélé positivement avec les hauts niveaux de Hg dans le corégone, les œufs d’eider, le nikku de béluga et le foie de phoque annelé.
  • La sélénométhionine était le principal sélénocomposé que l’on retrouvait dans la plupart des aliments traditionnels digérés enzymatiquement
  • La sélénométhionine diminue parfois la biodisponibilité du Hg in vitro.

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Inuits du lac Melville et du Labrador : Comprendre et prévoir les conséquences sur la santé humaine de l’exposition à des sources locales et éloignées de mercure

Responsable(s) du projet :

Tom Sheldon, directeur de l’Environnement, Gouvernement du Nunatsiavut, Tél. : 709-922-2588, Téléc. : 709-922-1040

Courriel : tom_sheldon@nunatsiavut.com

Équipe de projet :

Elsie Sunderland, Université Harvard, Cambridge (MA); Ryan Calder, Université Harvard, Boston (MA); Rodd Laing, Michele Wood et Marina Biasutti-Brown, gouvernement du Nunatsiavut; Comités consultatifs de la recherche de Rigolet, de North West River et d’Happy Valley-Goose Bay/Mud Lake, Nunatsiavut

Résumé :

Ce projet sur la Santé humaine a pour but de mieux comprendre comment les Inuits du lac Melville peuvent être exposés au méthylmercure (MeHg) dans leurs aliments traditionnels. L’étude comprend deux volets : 1) une enquête sur la fréquence de consommation visant à établir la quantité de poissons, de phoques et d’autres aliments traditionnels issus de l’environnement du lac Melville consommée pendant trois saisons (hiver, printemps au moment de la chasse et automne lors de la prise des glaces), et 2) le prélèvement d’échantillons de cheveux permettant de mesurer l’exposition au mercure. Quelque 1 566 sondages ont été réalisés et 658 échantillons de cheveux ont été prélevés chez des participants inuits des collectivités du lac Melville, de Rigolet, de North West River, de Happy Valley-Goose Bay et de  Mud Lake. Le travail d’enquête et de prélèvement des échantillons a été effectué par 28 assistants de recherche inuits de la localité. La taille des échantillons est importante, les données de l’enquête alimentaire représentant 46 % de la population inuite du lac Melville et l’analyse des échantillons de cheveux, 20 %.

Les données des enquêtes sont actuellement analysées pour déterminer dans quelles quantités et à quelles fréquences les Inuits consomment les aliments traditionnels provenant du lac Melville. Les échantillons de cheveux ont été analysés pour déterminer la concentration d’Hg et les résultats individuels ont été transmis par courrier directement aux participants en mai 2015. Les résultats des enquêtes alimentaires sont corroborés au moyen des marqueurs biologiques d’Hg dans les cheveux. Notre équipe de recherche élabore un modèle probabiliste d’exposition humaine basé sur les données des enquêtes alimentaires et les changements prévus dans les concentrations de MeHg dans les aliments traditionnels afin d’estimer les changements à venir dans l’exposition au MeHg et les risques sanitaires pour les Inuits associés à la variabilité climatique et à la crue du cours inférieur du fleuve Churchill. La publication des résultats de l’étude débutera après que les analyses individuelles des concentrations d’Hg auront été transmises aux participants, avec une période offrant amplement de temps pour le suivi et la consultation.

Messages clés :

·        Les Inuits sont préoccupés par la possibilité d’une concentration accrue de méthylmercure (MeHg) dans les aliments provenant du lac Melville en raison du développement hydroélectrique passé et futur sur le fleuve Churchill ainsi que des changements climatiques.

·         Les données sur l’alimentation ont été recueillies durant trois saisons par des Inuits locaux, qui ont interrogé des Inuits des collectivités du lac Melville ‒ Rigolet, North West River, Happy Valley-Goose Bay et Mud Lake ‒ sur les types d’aliments traditionnels consommés, la quantité d’aliments, la fréquence de consommation et le mode de préparation. Les chercheurs inuits ont aussi recueilli des échantillons de cheveux aux fins d’analyse de l’exposition au mercure (Hg).

·         Les données provenant des enquêtes alimentaires ont permis de mieux comprendre quels sont les aliments traditionnels dont il faut surveiller en priorité la teneur en contaminants. Les échantillons de cheveux ont été soumis à des analyses de l’exposition à l’Hg et les résultats sont validés avec ceux des enquêtes alimentaires. Des niveaux de base d’exposition à l’Hg ont été établis pour la collectivité inuite.

·         Cette recherche complète les travaux déjà réalisés dans le domaine environnemental et alimente un modèle d’exposition de la santé humaine destiné à estimer les changements à venir dans les expositions au MeHg et les risques sanitaires pour les Inuits au regard de la variabilité climatique et des crues du cours inférieur du fleuve Churchill.

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Exposition aux contaminants de la chaîne alimentaire au Nunavik : évaluation des tendances spatiales et temporelles parmi les femmes enceintes et mise en œuvre d’une communication efficace sur la santé pour des grossesses saines et des enfants en santé

Chefs de projet

Mélanie Lemire, PhD, professeure adjointe et Chaire Nasivvik, Département de médicine social et présentative, Université Laval; Axe santé publique et pratiques optimales en santé, Centre de recherche du CHU de Québec, Québec
Tel : (418) 525-4444, ext.46535; Courriel : melanie.lemire@crchuq.ulaval.ca

Pierre Ayotte, PhD, Professeur, Département de médecine social et présentative, Université Laval; Axe santé publique et pratiques optimales en santé, Centre de recherche du CHU de Québec; Head, Biomarker laboratory, Institut national de santé publique du Québec (INSPQ)
Tel: (418) 650-5115 ext.4654; Fax: (418) 654-2148; E-mail: pierre.ayotte@inspq.qc.ca

Chris Furgal, Ph.D., professeur adjoint, Programme d’études environnementales autochtones, Centre Nasivvik pour la santé des Inuits et les changements environnementaux, Université Trent
Tel: (705) 748-1011 ext.7953; Fax: (705) 748-1416; E-mail: ChrisFurgal@trentu.ca

Catherine Pirkle, PhD, Professeure assistant, Politique et gestion de la santé
Bureau des études sur la santé publique, Universite de Hawai’i à Manoa
Tel: (808) 956-8748; E-mail: cmpirkle@hawaii.edu

Équipe de projet

Amanda D. Boyd, PhD, Assistant Professor, Washington State University; Gina Muckle, PhD, École de psychologie, Université Laval; Sylvie Ricard, Nunavik Regional Board of Health and Social Services, Quebec; Marie-Josée Gauthier, R.N. and Caroline d’Astous, Nunavik Regional Board of Health and Social Services, Kuujjuaq; Carole Beaulne, Ilagitsuta Family House, Inuulitsivik Health Center, Puvirnituq; Ellen Avard, PhD and Michael Kwan, PhD, Nunavik Research Centre, Kuujjuaq; Suzanne Côté, MSc and Thérèse Adamou, MSc, Centre de recherche du CHU de Québec, Québec.

Duration: 2016 au présent


Sommaire du projet (2016-2017)

Les Inuits sont exposés à une vaste gamme de contaminants environnementaux par l’entremise de leur régime alimentaire traditionnel, qui comprend d’importantes quantités de poissons et de mammifères marins. Malgré une tendance à la baisse découlant en grande partie d’une diminution de la consommation d’aliments traditionnels, l’exposition au mercure (Hg) demeure une question d’actualité, surtout en ce qui concerne les femmes enceintes au Nunavik. Faisant fond sur les recherches effectuées depuis 2011, ce projet d’une durée de trois ans vise à contribuer aux efforts internationaux continus en matière de biosurveillance de l’exposition aux contaminants environnementaux transportés sur de longues distances en étudiant l’exposition des femmes enceintes du Nunavik. Le projet évalue également la compréhension et l’efficacité des recommandations en matière de santé et d’alimentation auprès des femmes enceintes, des fournisseurs de soins et de la population en général. La deuxième année, de nouveaux outils de communication seront élaborés et mis à l’essai, et une évaluation de l’efficacité de ces outils sera réalisée au cours de la troisième année. Ce projet fondé sur des approches interdisciplinaires et intersectorielles jettera les bases en vue de promouvoir la santé des femmes enceintes et des enfants à l’échelle communautaire, régionale (Nunavik) et internationale.

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Tukisinirlungniq : comprendre les risques et les avantages liés à la consommation du béluga à Arviat (Nunavut)

Responsables du projet :

Shirley Tagalik, M. Ed. (directrice communautaire), Centre du mieux-être d’Arviat, Tél. : 867­857-2159

Courriel : tagaliktwo@hotmail.com

Chris Furgal, Ph. D. (codirecteur de la recherche), Programme d’études environnementales autochtones, Centre Nasivvik pour la santé des Inuits et les changements environnementaux, Université Trent, Tél. : 705-748-1011, poste 7953, Téléc. : 705-748-1416

Courriel : ChrisFurgal@trentu.ca

Amanda Boyd, Ph. D. (co-directrice de la recherche), The Edward R. Murrow College of Communication, Washington State University, Tél. : 509-335-7252, Téléc. : 509-335-3772

Courriel : Amanda.Boyd@wsu.edu

Équipe de projet (par ordre alphabétique) :

Sarah Arnold, Parcs et endroits spéciaux, Pêches et chasse au phoque, Rankin Inlet; Laurie Chan, Ph. D., Centre de recherche avancée en génomique environnementale, Université d’Ottawa; Sarah Curley, Centre du mieux-être d’Arviat; Mélanie Lémire, Ph. D., Centre de recherche CHUQ, Université Laval; Gary Stern, Ph. D., Université du Manitoba

Résumé :

Ce projet de recherche vise à accroître notre compréhension des facteurs qui influent sur les choix alimentaires dans les collectivités inuites ainsi que de l’importance que les préoccupations relatives aux contaminants et, au fil du temps, les consignes et les avis sanitaires peuvent avoir sur la consommation des aliments traditionnels. Ce projet pragmatique est codirigé par le Centre du mieux-être d’Arviat, l’Université Trent et la Washington State University. Depuis le début des années 1970, les résidents d’Arviat chassent le béluga, ne consommant que le petit lard (maaqtaq). La viande, qui était autrefois consommée sèche ou fraîche, est aujourd’hui couramment donnée aux chiens ou jetée aux rebuts. Comme d’autres collectivités inuites, Arviat fait face à divers problèmes de sécurité alimentaire et doit trouver des renseignements à jour sur la viabilité et la faisabilité de différents choix alimentaires culturellement acceptables pour sa population. Ce projet propose l’utilisation d’une approche fondée sur des modèles mentaux pour étudier les perceptions actuelles et les erreurs de perception quant à la salubrité du béluga comme aliment traditionnel de la collectivité d’Arviat. En plus de procurer des données actuelles, pour la région, sur les contaminants (mercure ou Hg) et les éléments nutritifs (sélénium ou Se) présents dans le béluga, le projet propose de générer, à l’intention de la population locale, des messages s’appuyant sur des données à jour concernant les effets de la consommation du béluga sur la santé. Ces messages tiendront compte des perceptions et des idées fausses ayant cours actuellement sur l’innocuité du béluga comme aliment traditionnel (bienfaits et risques pour la santé), les concentrations actuelles de mercure et de sélénium dans le béluga, ainsi que les comportements alimentaires actuels et les niveaux d’exposition aux contaminants dans la région. Ce projet présente un intérêt pour d’autres cas similaires dans le Nord, où les répercussions des consignes sanitaires antérieures au sujet des contaminants demeurent inconnues ou dans lesquels plane une incertitude quant aux effets des perceptions relatives aux contaminants sur les comportements alimentaires actuels.

Messages clés :

·         Cette recherche a pour objet d’évaluer les facteurs influant sur les décisions prises localement quant à la consommation de béluga à Arviat.

·         Des sondages ainsi que des entrevues sur les modèles mentaux ont été effectués à Arviat afin de mieux comprendre les perceptions relatives aux contaminants ainsi que les risques et les bienfaits associés à la consommation de béluga.

·         Les concentrations de MeHg, de THg et de Se ont été mesurées chez des bélugas locaux (notamment le maaqtaq, les muscles, le foie et le nikku).

·         Seront communiqués des messages élaborés sur la base des perceptions des résidents d’Arviat quant à la consommation de béluga et sur l’analyse des nutriments et des contaminants trouvés dans les échantillons de béluga.

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Polymorphismes génétiques pour améliorer l’interprétation de données sur l’exposition aux contaminants et les risques liés aux contaminants chez les Inuits

Responsables du projet :

Niladri Basu, professeur agrégé, titulaire de la chaire de recherche du Canada en sciences de l’hygiène du milieu, Centre d’études sur la nutrition et l’environnement des peuples autochtones (CENEPA), Université McGill, St. Anne de Bellevue
Tél. : (514) 398-8642; Courriel : Niladri.basu@mcgill.ca

Laurie H.M. Chan, Ph. D., professeure, directrice du CRAGE, titulaire de la chaire de recherche du Canada en toxicologie et santé environnementale, Université d’Ottawa, Ottawa
Tél. : (613) 562-5800, poste 6349; Courriel : laurie.chan@uottawa.ca

Pierre Ayotte, Ph. D, Unité de recherche en santé publique, Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ);
Tél. : (418) 650-5115, poste 4654, Téléc. : (418) 654-2148; Courriel: pierre.ayotte@crchul.ulaval.ca

Équipe de projet :

Dr. Kami Kandola, sous-administratrice en chef de la santé publique, Région désignée des Inuvialuit (RDI); Dr. Robert Hegele, The Blackburn Cardiovascular Genetics Laboratory, Robart Research Institute, London; Melanie Lemire Ph. D., professeure adjointe, Université Laval.

Durée du projet : 2014 au présent


Sommaire du projet (2016-2017)

Ce programme de recherche axé sur la génétique et l’environnement vise à mieux comprendre la façon dont les Inuits métabolisent les contaminants de manière à pouvoir améliorer les évaluations de l’exposition diététique, les biomarqueurs (par exemple, les concentrations de polluants organiques persistants dans le sang) et les liens avec les résultats en matière de santé. Selon la principale hypothèse, l’analyse de polymorphismes génétiques nous permettra de mieux comprendre la relation entre l’exposition diététique et les concentrations sanguines de mercure, de sélénium, de biphényles polychlorés (BPC) et d’autres polluants organiques persistants chez les Inuits. L’ensemble de la recherche se concentre sur deux collectivités éloignées l’une de l’autre (Inuvialuit et Nunavik), pour lesquelles il y a des données épidémiologiques détaillées et un consentement aux fins d’une recherche génétique. À notre connaissance, l’étude sera l’une des premières à explorer les interactions entre les gènes et les contaminants chez les Inuits. Elle comblera ainsi les importants écarts de connaissances dans le domaine. Les constatations seront partagées avec les dirigeants des collectivités concernées, les responsables du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord et le Comité directeur national de l’Enquête sur la santé des Inuits. Les résultats permettront de disposer de renseignements utiles pour aider les spécialistes de la santé et les décideurs à l’échelle régionale, provinciale, territoriale, nationale et internationale à élaborer des politiques sur la salubrité de l’environnement de même que pour aider les Inuits à faire des choix éclairés quant à leur régime alimentaire.


Synopsis (2015-2016)

Résumé

Le projet a pour but de mieux comprendre comment les Inuits sont touchés par les contaminants. Son objectif ultime est de fournir aux décideurs en santé publique les connaissances qui les aideront à déterminer les sous-populations les plus vulnérables et à effectuer des évaluations des risques éclairées et objectives. L’hypothèse principale était que l’analyse des polymorphismes génétiques présents dans des gènes en interaction avec l’environnement qui aident l’organisme à « traiter » les substances toxiques augmenterait la compréhension et l’utilité des biomarqueurs de l’exposition au mercure, aux BPC et à d’autres polluants organiques persistants. Au cours des deux dernières années de financement, nous avons étudié des échantillons préalablement recueillis auprès de quelques membres de la collectivité des Inuvialuits (N= 288) ayant participé à l’Enquête sur la santé des Inuits menée lors de l’Année polaire internationale, en 2007-2008. Les niveaux de contaminants sanguins (mercure, cadmium, plomb, sélénium, DDE, BPC-153) et d’acides gras (ADH/AEP) étaient associés aux polymorphismes génétiques, et ce, considérant les variables pertinentes. Plusieurs polymorphismes semblaient avoir des influences, montrant ainsi que les gènes qui réagissent à l’environnement peuvent avoir une influence sur les niveaux des biomarqueurs associés aux contaminants et aux nutriments. Une étude semblable sur les interactions gènes-environnement est en cours au Nunavik (N=669 participants) à la suite de l’enquête Qanuippitaa de 2004.

Messages clés

  • Quelque 146 polymorphismes génétiques ont été caractérisés chez des membres de la collectivité inuvialuite.

  • Ces polymorphismes découlent de processus biologiques associés au transport et à la métabolisation des contaminants et à la santé cardiovasculaire.

  • La composition de nombreux de ces polymorphismes génétiques différait de celle notée dans d’autres populations (p. ex. Caucasiens et Asiatiques).

  • Certains gènes sont associés à des modifications des concentrations sanguines de mercure, de cadmium, de plomb et d’autres contaminants.


Synopsis (2014-2015)

Résumé :

Notre projet a pour but de mieux comprendre comment les Inuits sont touchés par les contaminants. Son objectif ultime est de fournir aux décideurs en santé publique les connaissances qui les aideront à déterminer les sous-populations les plus vulnérables et à effectuer des évaluations des risques éclairées et objectives. Notre principale hypothèse était que l’analyse des polymorphismes génétiques présents dans des gènes en interaction avec l’environnement qui aident l’organisme à « gérer » les substances toxiques augmentera la compréhension et l’utilité des biomarqueurs de l’exposition au mercure, aux BPC et à d’autres polluants organiques persistants (POP). Au cours de la dernière année, nous avons étudié des échantillons préalablement recueillis auprès de quelques membres de la collectivité des Inuvialuits (N= 288) ayant participé à l’Enquête sur la santé des Inuits menée lors de l’Année polaire internationale, en 2007-2008. Sur les 360 polymorphismes génétiques retenus pour l’étude, 146 ont produit des données utiles aux fins statistiques et proviennent de voies biologiques associées, par exemple, au transport et au métabolisme des contaminants et à la santé cardiovasculaire. La composition de bon nombre des polymorphismes génétiques étudiés différait en comparaison d’autres populations, comme les Caucasiens et les Asiatiques. Plusieurs des gènes étaient associés à des changements significatifs dans les concentrations sanguines de mercure. Les prochaines étapes consisteront à intégrer davantage les données génétiques  à l’information déjà recueillie concernant d’autres contaminants, le mode de vie et le régime alimentaire.

Messages clés :

  • 146 polymorphismes génétiques ont été caractérisés chez des membres de la collectivité des Inuvialuits ayant participé à l’Enquête sur la santé des Inuits menée au cours de l’Année polaire internationale, en 2007-2008.
  • La composition de bon nombre des polymorphismes génétiques différait en comparaison d’autres populations, comme les Caucasiens et les Asiatiques.
  • Des gènes sont associés à des changements dans les concentrations sanguines de mercure.
  • Les prochaines étapes consisteront à analyser plus en profondeur les données génétiques à la lumière de l’information existante concernant d’autres contaminants et paramètres de santé.

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Biosurveillance des contaminants dans le bassin du Mackenzie aux Territoires du Nord-Ouest : étude des liens qui existent entre l’exposition aux contaminants, l’état nutritionnel et les aliments traditionnels

Responsable du projet :

Brian Laird, chargé d'enseignement, École de santé publique et de systèmes de santé, Université de Waterloo
Tél. : (519) 888-4567, poste 32720, Téléc. : (519) 746‑6776; Courriel: brian.laird@uwaterloo.ca

Équipe de projet :

Mylène Ratelle, Rhona Hanning et Shannon Majowicz, École de santé publique et des systèmes de santé, Université de Waterloo; Heidi Swanson et Michael Power, Département de biologie, Université de Waterloo; Ken Stark et Ellen Reyes, Département de kinésiologie, Université de Waterloo; Chris Furgal, Programme d’études environnementales autochtones, Université Trent; Michèle Bouchard, Université de Montréal; Amanda Boyd, The Edward R. Murrow College of Communication, Washington State University; George Low, Premières Nations du Dehcho ; Deborah Simmons, Sahtú Renewable Resources Board

Durée du projet : 2014 au présent


Sommaire du projet (2016-2017)

Les concentrations élevées de mercure observées dans les poissons de plusieurs lacs des régions du Dehcho et du Sahtú, dans la vallée du Mackenzie, ont donné lieu à plusieurs avis selon lesquels les résidants de ces régions devraient restreindre leur consommation de poissons prédateurs provenant de certains lacs. De plus, un avis a été émis concernant la consommation des reins et du foie d’orignal dans certaines parties des Territoires du Nord-Ouest. Par conséquent, une étude de biosurveillance pluriannuelle évalue actuellement l’exposition de collectivités des Premières Nations participantes aux concentrations de contaminants. Afin d’assurer la biosurveillance des contaminants, des échantillons de sang, d’urine et de cheveux humains seront prélevés dans un maximum de cinq collectivités en 2016-2017 et dans six autres collectivités en 2017-2018, en faisant fond sur les travaux déjà réalisés. Ces études évalueront également les perceptions à l’égard des contaminants, les habitudes actuelles en matière de consommation alimentaire, ainsi que les préférences liées aux stratégies de communication. Des messages de santé publique, fondés sur les échantillons recueillis lors de la première année et les résultats des études sur la perception des risques et les communications, seront diffusés à compter de 2016 jusqu’en 2019. Ces travaux comporteront une approche portant sur les risques et les avantages visant à promouvoir le recours aux aliments traditionnels afin d’améliorer la nutrition et la sécurité alimentaire tout en diminuant l’exposition aux contaminants chez les Premières Nations de la vallée du Mackenzie.


Synopsis (2015-2016)

Résumé

Au cours de la première année de ce projet de trois ans, nous avons lancé une recherche en biosurveillance dans une collectivité des Territoires du Nord‑Ouest en plus d'en consulter sept autres de novembre 2015 à février 2016. Faisant fond sur des consultations menées en 2014‑2015, notre équipe de recherche s'est rendue dans la première collectivité participante (Première Nation de Jean Marie River, dans les Territoires du Nord‑Ouest) afin de recueillir des données et des échantillons. Avec l'assistance d'un coordonnateur de recherche local et d'une infirmière, nous avons recueilli des échantillons de sang, d'urine ou de cheveux auprès de 22 participants. Ces derniers ont aussi rempli un questionnaire et deux sondages sur leur alimentation (relevé de 24 h et fréquence de consommation). De plus, notre équipe s'est rendue dans deux collectivités du Sahtu (Déline et Tulita) ainsi que dans cinq collectivités du Dehcho (Première Nation de Hay River, Métis de Hay River, Première Nation de West Point, Kakisa, Trout Lake et Fort Simpson) pour les consulter quant à l'élargissement du projet et à une possible participation en 2016-2017. L'analyse des données recueillies lors de la première année (métaux dans le sang et dans l'urine, polluants organiques persistants dans le sang, mercure dans les cheveux, questionnaires sur l'alimentation) est en cours. Les partenaires régionaux, territoriaux et fédéraux communiqueront les résultats aux collectivités ayant participé à la première année du projet à l'automne 2016.

Messages clés

  • En tout, 22 participants de la Première Nation de Jean Marie River, dans les Territoires du Nord-Ouest, ont fourni des échantillons de cheveux, de sang ou d'urine à des fins d'analyse des contaminants.
  • Des analyses visant à détecter du mercure (cheveux), des métaux et des métalloïdes (cheveux, sang et urine) et des polluants organiques persistants (sang) sont en cours pour les échantillons recueillis au cours de la première année du projet.
  • Les résultats obtenus durant la première année seront communiqués aux collectivités participantes à l'automne 2016.
  • Des consultations ont eu lieu avec les dirigeants et les membres des collectivités de Déline, de Tulita, de Trout Lake, de Hay River, de Kakisa et de Fort Simpson afin de discuter de leur participation au projet de biosurveillance pour 2016-2017.

Synopsis (2014-2015)

Résumé :

Pour ce projet pilote, une enquête alimentaire sur tablette électronique portant sur la caractérisation de la consommation d’aliments traditionnels dans les Territoires du Nord-Ouest a été conçue et évaluée. Cette enquête alimentaire sur support électronique s’appuyait sur un questionnaire concernant la fréquence de consommation réalisé par des scientifiques du CENEPA dans la région du Dehcho dans les années 1990, afin de favoriser la cohérence avec la recherche antérieure. En décembre 2015, notre équipe de recherche s’est rendue dans deux collectivités de la région du Dehcho (Kakisa et Rivière Jean‑Marie), dans les Territoires du Nord-Ouest, pour discuter de la pertinence de l’enquête et des façons de l’améliorer. La plupart des participants des groupes de concertation se sont dits généralement satisfaits de l’enquête, l’interface de la tablette électronique leur semblant intuitive et conviviale. Les groupes de concertation ont formulé des suggestions pour le déroulement de l’enquête, notamment l’ajout de noms plus adaptés localement et la clarification des méthodes de préparation et de cuisson typiques. De plus, les participants ont porté à notre attention plusieurs aliments traditionnels et végétaux qui manquaient dans notre étude (p. ex. wapiti, cerf de Virginie, bison, viorne trilobée, résine d’épicéa, rat root). Enfin, les participants des groupes de concertation ont fourni des détails très utiles sur la disponibilité saisonnière de certains aliments. Cette enquête alimentaire sur support électronique, revue à la lumière de ces informations précieuses, sera incluse dans un projet de biosurveillance des contaminants dans les Territoires du Nord-Ouest prévu pour 2015-2018.

Messages clés :

  • Après consultation lors de l’atelier sur le retour aux aliments traditionnels (août 2014), des participants se montrés très intéressés par la réalisation  d’une étude de biosurveillance dans la région du Dehcho.
  • Des consultations communautaires ont été menées à Kakisa et à Rivière Jean‑Marie, dans les Territoires du Nord-Ouest, en décembre 2014 pour déterminer la forme que pourrait prendre cet éventuel projet de biosurveillance.
  • Une enquête alimentaire sur support électronique a été conçue et évaluée par des groupes de concertation dans la région du Dehcho.
  • Cette enquête alimentaire sera incluse à la recherche de biosurveillance à mettre au point à la lumière du projet pilote.

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