Hiver 2017

Expérience du Service des incendies d’Ottawa sur le réseau à large bande de sécurité publique : des premiers intervenants protégés, connectés et pleinement conscients

Par Gerry Doucette et le capitaine Dave Matschke

Par la froide journée du 22 novembre 2016, une équipe d’intervention pour les matières dangereuses a enfilé son équipement de protection pour prélever des échantillons et identifier une épaisse poudre blanche trouvée dans une mallette suspecte, à proximité du Centre communautaire John G. Mlacak, à Ottawa.

Heureusement, ce n’était qu’une simulation conçue pour mettre à l’essai une nouvelle technologie utilisée par les pompiers dans le cadre d’interventions.

Les premiers intervenants comme les policiers, les pompiers et les paramédics doivent être connectés, protégés et posséder une connaissance complète de la situation, surtout quand ils répondent à des appels de service impliquant du danger. L’amélioration de l’interopérabilité est une priorité clé pour la communauté de sécurité publique et, parmi les options visant à combler ce besoin, on explore la possibilité de développer des réseaux à large bande dédiés pour la sécurité publique (RLBSP), soit des réseaux mobiles sans fil à haute vitesse conçus pour améliorer la communication entre les premiers intervenants et le personnel responsable de la gestion d’urgences.

Le Centre de recherches sur les communications Canada (CRC) a établi un centre d’essai et d’évaluation des recherches sur l’interopérabilité des communications (CIRTEC) en collaboration avec le Centre des sciences pour la sécurité de Recherche et développe- ment pour la défense Canada (RDDC CSS) et Sécurité publique Canada (SP) pour faire progresser ce travail. Le CIRTEC offre un environnement d’essai de quatrième génération (4G) faisant appel à la technologie d’évolution à long terme (LTE) utilisant des communications spécialisées pour améliorer l’exécution des opérations de gestion des urgences.

Pour approfondir cette capacité et améliorer les technologies pertinentes, RDDC CSS a travaillé en partenariat avec le Service des incendies d’Ottawa (SIO) pour créer l’expérience du SIO sur le réseau à large bande de sécurité publique, qui faisait appel à un scénario réaliste pour démontrer les avantages de la technologie des RLBSP et pour en apprendre davantage au sujet des besoins technologiques à venir des premiers intervenants en leur posant directement la question. Avec l’aide du chef du SIO Gerry Pingitore, Joe Fournier, gestionnaire du portefeuille des technologies sans fil de RDDC CSS, International Safety Research et l’équipe technique du CRC ont travaillé avec des clients du SIO pour élaborer un scénario de plusieurs étapes portant sur les matières dangereuses.

L’hypothèse de travail du scénario était que l’équipe du SIO devenait le premier intervenant principal après que la police ait déterminé que la mallette ne contenait ni explosifs ni sources d’énergie. Des observateurs du Service de police d’Ottawa et du Service paramédic d’Ottawa étaient sur place pour observer l’expérience, manipuler les appareils et voir comment ils sont utilisés, et formuler des commentaires.

Les pompiers ont pu utiliser des tablettes informatiques et des appareils portatifs établies par le CIRTEC pour partager en direct de l’information concernant la scène, la mallette suspecte et son contenu, et ce par transmissions vidéo, de la voix et de données. De plus, ils ont pu interagir avec l’équipe des matières dangereuses, avec d’autres experts en la matière et avec l’équipe de commandement. Les intervenants ont signalé que, grâce à l’expertise de Joe Fournier et au réseau à large bande spécialisé fourni par l’équipe du CRC, ils ont profité de :

  • Communications vidéo et vocales constantes et de haute qualité, ce qui a amélioré l’intervention globale dans des situations où les communications sont habituellement floues ou inefficaces;
  • Communications vidéo en temps réel, ce qui a permis l’envoi et la réception de renseignements détaillés sur la scène de l’intervention et la prise de mesures appropriées pendant que les intervenants étaient dans la « zone chaude », près de la mallette suspecte;
  • Communications vocales et vidéo sécurisées et en temps réel au sein des services de police, des incendies et des paramédics pour améliorer la connaissance de la situation générale;
  • La connexion au réseau LTE d’un appareil de suivi de la condition physique pour démontrer de quelle façon la surveillance à distance des signes vitaux peut améliorer la santé et la sécurité des premiers intervenants;
  • La capacité pour les experts scientifiques de commander, à distance, le détecteur de matières dangereuses pour procéder à des analyses complexes et identifier les substances suspectes en temps réel.

« Ce réseau spécialisé de transmission de données permettra aux premiers intervenants d’utiliser plusieurs nouvelles voies pour les données afin d’accroître considérablement la connaissance de la situation et faciliter l’exercice des fonctions de commandement et de contrôle dans des situations d’urgence de toutes les envergures, explique le chef Gerry Pingitore. La capacité d’utiliser et de mettre en commun des données et des renseignements de façon instantanée et fluide, que ces éléments aient été recueillis avant l’incident ou sur la scène, aidera aussi les premiers intervenants à rester en sécurité en plus d’être une amélioration substantielle par rapport aux capacités existantes. Les efforts déployés par RDDC CSS pour développer cette capacité à l’intention de toutes les organisations d’intervention, y compris l’environnement d’essai du CIRTEC, sont un grand pas vers la pleine utilisation de cette nouvelle capacité. »

Suivant l’expérience, les intervenants ont suggéré un examen plus approfondi des éléments suivants : les besoins liés aux facteurs humains comme l’ergonomie et la conception de l’interface utilisateur; l’utilisation d’aéronefs sans pilote pour évaluer la scène; les appareils portatifs; et la capacité pour les agents responsables du commandement et de la sécurité de surveiller l’emplacement du personnel par géomarquage.

On s’attend à ce que les résultats de l’expérience appuient l’amélioration du réseau et des appareils connexes ainsi que de leur utilisation dans le cadre des activités des premiers intervenants.

Gerry Doucette, un ancien sergent du Service de police d’Ottawa, occupe les fonctions de gestionnaire de portefeuille – Police et application de la loi à RDDC CSS. Dave Matschke est capitaine au Service des incendies d’Ottawa.


Un projet mis sur pied à l’Î.-P.-É. afin de créer une politique pour des collectivités sécuritaires et résilientes

Par Suzanne Waldman et Amy MacFarlane

En janvier 2017, un groupe d’experts enthousiastes des Maritimes et d’Ottawa se sont réunis à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard (UPEI) pour discuter de la façon dont on peut faire en sorte que les collectivités canadiennes continuent de prospérer dans un monde de plus en plus complexe et évoluant rapidement. Ces experts ont participé à un atelier dont l’objectif était de lancer le projet de sécurité, de résilience et de bien-être communautaires pour l’Île-du Prince-Édouard (Î.-P.-É.). L’atelier, organisé par le centre de recherches communautaires et en santé de l’UPEI, a été financé par le Programme canadien pour la sûreté et la sécurité.

« Le soutien pour l’élaboration de politiques fondées sur des preuves est une priorité au Canada, explique Mark Williamson, Ph. D. et directeur général du Centre des sciences pour la sécurité de Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC CSS). Il s’agit d’utiliser la science et les données pour trouver des solutions aux problèmes, surtout aux problèmes hors de l’ordinaire ou particulièrement difficiles à résoudre en raison de leurs caractéristiques diverses, incomplètes, contradictoires, évolutives et invisibles. »

Le projet de sécurité, de résilience et de bien-être communautaires a été lancé en 2016 pour élaborer des stratégies pour la création d’une politique reposant sur des preuves et susceptibles de répondre aux difficultés quotidiennes que vivent les collectivités tout en haussant leur capacité de résister à des crises inattendues.

Comme le souligne le gestionnaire de projet Sheldon Dickie, de RDDC CSS, « une politique reposant sur des preuves exige que l’on compose avec tous les flux de données qui nous entourent pour veiller à ce qu’on se penche sur les bons problèmes et à ce que les résultats des décisions relatives à l’exécution des politiques et programmes fassent l’objet d’un suivi. »

Pour faire en sorte que les participants adoptent ce modèle de pensée, cinq experts ont décrit la façon dont les données peuvent être utilisées pour prévoir la manière dont les collectivités deviennent vulnérables à des événements soudains et graduels.

  1. Kevin Quigley, expert de l’infrastructure et enseignant à l’Université Dalhousie, a décrit le travail qu’il a accompli pour veiller à ce que la réglementation gouvernementale limite la possibilité que des événements de type « cygne noir » ne se produisent. Un cygne noir est un événement peu probable, mais lourd de conséquences très difficile à prévoir et auquel il est très ardu de se préparer.
  2. Adam Fenech, directeur du laboratoire sur le climat de l’UPEI, a discuté de la manière dont le laboratoire cartographie l’érosion du sol due au climat sur le littoral de l’Î.-P.-É., un événement qui évolue lentement et qui pourrait autre- ment passer inaperçu.
  3. Les experts ont aussi discuté de la manière dont les conditions de référence des collectivités peuvent être évaluées pour que les incidences subtiles des politiques et d’autres circonstances puissent être observées et planifiées. James Randall, directeur des études sur l’Î.-P.-É., de l’UPEI, a présenté en détail une manière d’évaluer le bien-être de la collectivité à l’aide de séances de communication narrative.
  4. Colleen Cameron, une experte de l’auto-évaluation communautaire, a détaillé une manière d’évaluer le bien-être d’une collectivité en menant des sondages sur le sentiment de bien-être des gens.
  5. Enfin, Suzanne Waldman a expliqué en quoi la capacité d’une collectivité de se relever d’une catastrophe brusque peut être évaluée à l’aide d’une combinaison de données démographiques et de compréhension qualitative des liens existants entre les membres de la collectivité.

Par la suite, les participants ont discuté des solutions permettant d’accéder à des données susceptibles d’éclairer le processus décisionnel et d’intégrer des données au processus. « Un écosystème de données et d’analyses permettra aux décideurs de l’Î.-P.-É. et aux citoyens eux-mêmes d’acquérir une compréhension approfondie de leur environnement », explique Fraser Moffatt, un analyste de RDDC CSS travaillant sur le projet. M. Moffatt a laissé entendre que, dans le cadre du projet, la province peut être un « laboratoire » pour la création de nouvelles façons d’utiliser, de transmettre et de visualiser des données pour les décideurs et le public.

Les cartes seront particulièrement importantes pour donner vie aux données sur l’Î.-P.-É. « Des outils de cartographie et de visualisation de pointe peuvent contribuer à lever le voile sur des écarts de capacité et de résilience au niveau de la collectivité avant que ces écarts ne deviennent des problèmes », souligne M. Moffatt, un expert des systèmes d’information géographique (SIG).

Enfin, les participants à l’atelier se sont penchés sur la manière dont on peut veiller à ce que la politique reposant sur des preuves tienne aussi compte des valeurs uniques des collectivités qu’elle doit servir. Les valeurs varient d’un endroit à l’autre, selon les perceptions qu’ont les gens de leurs responsabilités les uns envers les autres et pour l’avenir, et selon les attentes que les gens nourrissent vers leurs gouvernements.

Comme Aaron Campbell, directeur de la sécurité publique de l’Î.-P.-É., l’a mentionné, « la façon de créer des politiques axées sur la production des résultats optimaux et acceptables aux yeux de diverses collectivités est une question encore sans réponse. Les politiques fondées sur des preuves les plus intelligentes seront rejetées par les collectivités si elles ne tiennent pas compte des valeurs sociales. »

Les participants ont confirmé que le projet arrivait à un moment opportun compte tenu de la complexité de l’élaboration de politiques dans le monde d’aujourd’hui. Amy MacFarlane, organisatrice d’ateliers et professeure adjointe au sein de la faculté d’études commerciales de l’UPEI, mentionne que « l’atelier a démontré que les collectivités accordent une grande importance à la nécessité que les politiques soient fondées sur des preuves et sur des valeurs communes. »

Juergen Krause, doyen de la faculté d’études commerciales et directeur du centre de recherches communautaires et en santé de l’UPEI, a confirmé que « l’occasion de participer au projet a été un grand honneur pour les programmes de l’UPEI, qui accorde une grande importance à la prise de décisions éclairées par des preuves. »

Amy MacFarlane, CPA, CA, est professeure adjointe à la faculté d’études commerciales de l’UPEI. Suzanne Waldman prépare actuellement un deuxième doctorat en études des communications. Elle travaille avec RDDC CSS dans le cadre du Programme fédéral d’expérience de travail étudiant et mène des recherches sur les enjeux associés au risque et à la résilience.


Investir dans le dépistage précoce : Communauté des maladies émergentes et zoonotiques (CMEZ)

Par Harry Gardiner

La détection des maladies infectieuses chez les animaux de ferme et d’autres espèces susceptibles de poser un risque pour la santé humaine n’est pas une tâche facile, mais un projet scientifique mis sur pied pour accomplir cette tâche a connu plusieurs succès depuis sa mise en œuvre il y a douze mois.

La Communauté des maladies émergentes et zoonotiques (CMEZ) est un réseau virtuel regroupant l’expertise pluridisciplinaire d’un groupe de professionnels et permettant la collecte de données à l’aide d’une technologie de traitement automatisé de l’information. Cette technologie, connue sous le nom d’intégration de connaissances à l’aide de renseignements Web (ICRW), fait partie de la plateforme du Réseau canadien de renseignements sur la santé publique (RCRSP).

La technologie d’ICRW surveille les sources d’information publiques des quatre coins du monde et emploie une approche d’exploration de texte pour recueillir des données susceptibles d’indiquer la présence de maladies émergentes et de zoonoses. Les signaux ainsi produits sont analysés par des professionnels de la surveillance. Tous les signaux que l’on estime être liés à des maladies infectieuses émergentes et à des zoonoses sont transmis le plus rapidement possible aux organisations et aux personnes pertinentes.

En bref, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a établi un partenariat avec le RCRSP et elle utilise sa technologie d’ICRW pour surveiller les maladies à l’échelle mondiale en se servant des renseignements accessibles sur le Web. La création de ces outils a été appuyée pendant plusieurs années par le Programme canadien pour la sûreté et la sécurité et un de ses programmes précurseurs, l’Initiative de recherche et de technologie chimiques, biologiques, radiologiques-nucléaires et explosives.

Pourquoi a-t-on mis sur pied la CMEZ?

La CMEZ est un réseau virtuel relevant du Système canadien de surveillance de la santé animale. Elle a été créée pour renforcer la surveillance zoosanitaire au Canada et pour soutenir les capacités du Canada en matière de préparation aux situations d’urgence et d’intervention d’urgence, et ce, dans tous les cas de découverte de zoonoses. Par la collecte de renseignements ainsi que par la production et la distribution de bulletins de renseignements en temps voulu, le Canada souhaite se placer en bonne position pour prévoir, gérer et atténuer les maladies susceptibles de menacer ses ressources sociales, économiques, environnementales et animales.

La CMEZ, qui est dirigé par l’ACIA et l’Agence de la santé publique du Canada en partenariat avec 13 organisations, a été lancé le 1 avril 2016. Depuis sa mise en place, la CMEZ a transmis plus de cinquante bulletins de renseignements portant sur des maladies. Les sujets de ces rapports vont de la grippe aviaire au virus Zika.

Collaboration avec des communautés d’experts

La CMEZ doit son succès aux forts liens existant entre ses partenaires et les parties intéressées des domaines de la santé animale, de la santé humaine et de la salubrité de l’environnement ainsi qu’à la contribution de chacun d’eux. La Communauté encourage les experts de chacune de ces communautés à :

  • Participer activement au groupe de réseautage de la CMEZ;
  • Profiter des méthodes de dépistage précoce des maladies émergentes et des zoonoses de la CMEZ;
  • Contribuer aux activités de la CMEZ en qualité d’analystes afin d’étendre les champs d’expertise de la CMEZ et d’élargir sa capacité d’analyse.

À l’échelle internationale, l’initiative a reçu de nombreuses demandes de la part d’organisations souhaitant améliorer leurs capacités d’alerte précoce.

Des renseignements supplémentaires sont affichés sur le site Web du Système canadien de surveillance de la santé animale, dans la section Nos groupes — Communauté des maladies émergentes et zoonotiques.

Harry Gardiner est le coordonnateur et gestionnaire de la CMEZ, Division de la stratégie de la santé des animaux, Direction des sciences de la santé des animaux, Agence canadienne d'inspection des aliments


Profiter des réseaux internationaux pour accéder à des solutions de S et T pour les premiers intervenants

Par Colin Murray

Le Centre des sciences pour la sécurité de Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC CSS) a toujours eu foi dans une approche pratique et collaborative pour identifier les écarts de capacité demandant une correction rapide et pour l’élaboration de solutions. Depuis plus de dix ans, RDDC CSS travaille avec la communauté des premiers intervenants du Canada pour cerner ces écarts et mettre sur pied des solutions relevant des sciences et de la technologie (S et T) afin de répondre aux besoins des policiers, des pompiers et des paramédics.

« Pour que les premiers intervenants puissent effectuer leur travail de manière sécuritaire et efficace, il est essentiel qu’ils possèdent les bons outils et les bonnes connaissances et qu’ils reçoivent des conseils judicieux. Dans de nombreux cas, c’est une question de vie ou de mort », explique John deHooge, chef du service de sécurité incendie d’Halton Hills.

« Nous collaborons avec la communauté des premiers intervenants de différentes façons, mais, depuis peu, nous passons au niveau supérieur grâce à une organisation récemment mise sur pied, l’International Forum to Advance First Responder Innovation, ou, simple- ment, le Forum », mentionne Colin Murray, un directeur de RDDC CSS participant actuellement à un échange avec le groupe des premiers intervenants de la direction des S et T du département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS S&T).

Une riche source de renseignements sur le marché

Le Forum a été créé en 2014 sous le leadership de DHS S&T dans le but de mettre sur pied un mécanisme centralisé, de cerner les écarts de capacité communs aux premiers intervenants à l’échelle internationale, et d’utiliser les outils existants pour concevoir des technologies innovatrices et abord- ables à l’intention des premiers intervenants des quatre coins du monde.

« Le marché mondial des intervenants est mal compris, soutient Dan Cotter, directeur du groupe des premiers intervenants de DHS S&T et président du Forum. Un de nos principaux objectifs est d’approfondir notre connaissance du marché et de promouvoir les occasions qui inciteront l’industrie et le milieu universitaire à arrimer les investissements en S et T aux besoins des premiers intervenants de partout au monde. »

Selon un rapport récemment publié et qui avait été commandé par le Forum, le Canada a dépensé approximativement 16 milliards de dollars en 2014 pour répondre aux besoins de 214 000 premiers intervenants des services de sécurité incendie, de police et paramédics. En plus des données canadiennes, le rapport décrit le marché mondial des premiers intervenants de treize autres pays qui sont aussi membres du Forum. Ces marchés servent 7,5 millions de premiers intervenants de partout dans le monde, et le budget de fonctionne- ment collectif des organisations concernées dépasse les 426 milliards de dollars.

« Le rapport offre des renseignements sur le marché mondial des premiers intervenants d’un niveau inédit et il représente un nouveau modèle de collaboration internationale et de fusion de réseaux qui permettra d’appuyer les premiers intervenants à l’échelle internationale, explique Mark Williamson, Ph. D. et directeur général de RDDC CSS. Nous sommes très fiers de notre collaboration avec DHS S&T et du rôle que nous jouons à titre de membre fondateur et proactif du Forum. »

Approche innovatrice et efficace

Un des aspects innovateurs du Forum est l’ampleur du succès qu’il a obtenu sans qu’un cadre juridique spécialisé n’ait été créé (p. ex. accords ou traités). Le Forum est plutôt un réseau de partenaires consentants dans lequel les décisions sont prises par consensus. Le fait qu’on a délibérément évité toute bureaucratie superflue a allégé le processus décisionnel et permis l’obtention rapide de résultats.

« Le Forum est un exemple concret du succès que l’on peut atteindre lorsque des partenaires de différents pays travaillent ensemble et partagent les leçons qu’ils ont retenues de leurs expériences, explique Marc Fortin, Ph. D., sous-ministre adjoint (Science et technologie) du ministère de la Défense nationale et chef de la direction de RDDC. L’engagement délibéré qui est encouragé par le Forum peut servir d’élément déterminant en ce qui a trait à la collaboration formelle et informelle et, en fin de compte, avoir un effet concret sur la vie des gens de tous les pays concernés. »

En novembre 2016, RDDC CSS a tenu une réunion de représentants du Forum en marge de la conférence annuelle du Réseau canadien d’étude des risques et dangers, qui a eu lieu à Montréal. Les représentants des États-Unis, du Canada, de l’Australie, de la Finlande, de l’Allemagne, d’Israël, des Pays-Bas, de la Nouvelle-Zélande, de la Suède, du Royaume-Uni et de la Commission européenne ont fait le point sur les efforts déployés par leur pays pour atteindre les objectifs du Forum. Les participants ont mis en commun des renseignements sur les progrès réalisés à ce jour sur les paramètres du Forum et ils ont atteint un consensus au sujet de l’adoption d’une approche plus proactive pour l’engagement des parties intéressées et des premiers intervenants. Cela donnera lieu à une série d’événements régionaux prévus en 2017.

« Le dévouement et la volonté de tous les membres du Forum sont véritablement remarquables et ils permettent d’envisager avec optimisme l’avenir de l’initiative, qui vise à donner une voix beaucoup plus forte aux premiers intervenants », mentionne Dan Cotter, président du Forum, DHS S&T.

Atelier sur la prochaine génération de premiers intervenants

Dans le cadre de son engagement envers le Forum, RDDC CSS a tenu en décembre dernier un atelier sur la prochaine génération de premiers intervenants, qui a rassemblé des experts en matière des opérations des premiers intervenants, des politiques et des sciences, afin d’éclairer les stratégies et les priorités qui seront mises de l’avant en lien avec les futurs investissements à l’appui des capacités des premiers intervenants.

Il y a eu un certain nombre de séances de groupe, ce qui a donné l’occasion de discuter des besoins des organisations d’intervention. La discussion a porté sur trois thèmes principaux : la capacité des opérateurs (notamment la connaissance de la situation, la coordination, la santé et la sécurité, la logistique, la prise en charge des victimes, et la formation et les exercices); les lacunes et les contraintes existantes en matière de technologie qui nuisent à l’efficacité de l’intervention d’urgence; et les priorités clés en matière de développement technologique afin d’améliorer la capacité des opérateurs. Les résultats de ces séances seront intégrés au processus utilisé par le Forum pour cerner les écarts de capacité mondiaux et les classer selon leur degré de priorité. Un partenariat aussi étroit avec les premiers intervenants canadiens donne à RDDC CSS la crédibilité nécessaire pour parler des écarts de capacité des premiers intervenants au niveau international dans le cadre du Forum. En effet, RDDC CSS jouit du soutien en bonne et due forme des associations canadiennes des chefs de police, de pompiers et paramédics.

Au Canada, le Forum a déjà prouvé sa pertinence en ce qui a trait à la mobilisation des investissements pour remédier aux écarts de capacité communs. Par exemple, les données probantes et les connaissances acquises par l’entremise du Forum ont contribué à la prise de décisions liée au partenariat avec l’industrie et aux investissements en matière de solutions à l’un des écarts de capacités mondiaux clés du Forum, à savoir la capacité de connaître l’emplacement des premiers intervenants et leur proximité face aux risques et dangers en temps réel.

« Les premiers intervenants de partout au monde doivent composer avec des réalités similaires tous les jours, explique le chef deHooge. Les efforts collectifs déployés par les membres du Forum afin de cerner des enjeux communs et de favoriser le développement de solutions S et T pour y remédier auront une incidence incroyables. »

Colin Murray est un directeur de RDDC CSS participant actuellement à un échange avec le groupe des premiers intervenants du département de la Sécurité intérieure des États-Unis de même qu’un représentant canadien du Forum.

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