Santé

Les piqûres d’abeilles

Question :

Est-ce des piqures d’abeilles à repétition créent une carence en vitamine C chez un individu apiculteur (il travaille avec beaucoup d’abeilles) ? Si oui, 1-comment évaluer la carence en vit. C ? 2-comment compenser la carence vit. C

Réponse :

Je n’ai jamais entendu dire que les piqûres d’abeilles pouvaient causer une carence en vitamine C et je n’ai jamais trouvé d’information dans les livres à cet effet. Par contre, j’ai entendu dire que l’absorption d’une dose importante de vitamine C pouvait atténuer les effets d’une piqûre d’abeille.

- Robert Anderson

 


 

Fièvre

Question :

Un garçon qui se sent malade se touche le front pour vérifier s’il fait de la fièvre. Pourra-t-il déterminer s’il en fait ou non? Pourquoi?

Réponse :

Cette question est intéressante. Ce scénario décrit parfaitement ce qu’on appelle la perception de la fièvre par le toucher, c’est-à-dire le fait qu’une personne constate que le front d’une autre personne est chaud au toucher. Cette sensation de chaleur signifie qu’il y a une différence réelle de température entre la personne fiévreuse et la main de la tierce personne. Toutefois, cette sensation de chaleur au toucher se produit également lorsque la tierce personne a les mains froides et touche le front de la personne fébrile (ou fiévreuse). La température ressentie semble alors normale, bien qu’elle soit plus chaude que celle de sa main.

Donc, dans le présent scénario décrivant un garçon fiévreux se touchant le front, la main du garçon, qui fait partie intégrante de son corps au même titre que son front, devrait percevoir la même température (c.-à-d. ni chaude, ni froide), tout phénomène confondu. Cette hypothèse n’est pas forcément réaliste compte tenu de la façon dont la fièvre se déclare. En fait, la température est régulée par une partie de l’encéphale appelée hypothalamus. Lorsqu’une personne est atteinte d’une infection virale, bactérienne ou fongique (mycose), l’hypothalamus augmente la température corporelle centrale de manière à combattre l’infection. L’élévation de la température est induite par 1) l’augmentation de la vitesse de métabolisme, produisant ainsi plus de chaleur et 2) par la vasoconstriction (rétrécissement des vaisseaux sanguins) dans les membres (c.-à-d. les bras et les jambes) de façon à contenir la perte de chaleur au niveau de ces membres. Par conséquent, le corps demeure chaud, mais les membres sont plus froids. Dans le cas présent, comme les mains du garçon sont froides et que son front est plutôt chaud, celui-ci peut sentir au toucher que son front est assez chaud.

 


 

Tabagisme

Question :

J’ai 60 ans et je fume un paquet de cigarettes par jour depuis l’âge de 14 ans. Je suis en très bonne santé comme en témoignent les examens que je passe presque chaque mois depuis les dix dernières années. Je ne présente aucun des symptômes que les gens associent habituellement avec le tabagisme. Je parais plus jeune que la plupart des personnes de mon âge (ce n’est qu’au cours de la dernière année que j’ai commencé à avoir des cheveux gris). Je ne tousse pas. Ma femme est une joggeuse et j’avais l’habitude de l’accompagner. Je courais la distance avec elle, mais j’ai abandonné parce qu’elle était trop lente à mon goût. La seule explication à laquelle je peux penser, même si elle peut paraître tirée par les cheveux, est que j’ai quitté l’Angleterre pour immigrer au Canada. C’est bien connu qu’en dehors de l’Amérique du Nord, tout le monde fume et vit plus longtemps que nous. Si ce qui précède est juste, une question s’impose : en quoi faisons-nous fausse route?

Réponse :

En réalité, les statistiques sont un peu différentes de ce que vous suggérez.

Selon le plus récent rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (http://www.who.int/tobacco/global_report/2011/fr/index.html), les taux de tabagisme varient grandement d’un pays à l’autre (3 % à 55 %) en 2009. Le Canada fait partie des pays qui enregistrent un faible taux d’usage quotidien du tabac, soit 14 %, les États-Unis et le Royaume-Uni suivant de près avec 16 %.

Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques, le Canada se classe parmi les dix premiers pays au monde pour ce qui est de l’espérance de vie. Le Royaume-Uni figure parmi les vingt premiers, et les États-Unis occupent la  26e place. Par conséquent, on s’attend à ce que les Canadiens nés cette année vivent plus longtemps que les personnes nées dans la plupart des autres pays. La recherche démontre également que les fumeurs canadiens ont une espérance de vie de sept (mâles) à dix (femelles) ans inférieure à celle de l’ensemble de la population (Baliunas D, et coll., Mortalité et années potentielles de vie perdues en raison du tabagisme au Canada en 2002 : Conclusions tirées dans l’optique de la prévention et des politiques – Maladies chroniques au Canada, vol. 27, no 4, 2007, p. 154-162.)

Même si des facteurs comme le style de vie (p. ex. le tabagisme), les facteurs génétiques ou l’accès à des soins de santé peuvent expliquer les différences individuelles dans la condition physique, le bien-être et l’espérance de vie, il n’en demeure pas moins que, chaque année, cent Canadiens meurent d’une maladie liée au tabagisme telle que le cancer, les maladies cardiovasculaires et les maladies respiratoires ( http://www.hc-sc.gc.ca/hc-ps/tobac-tabac/legislation/label-etiquette/mortal-fra.php). Ainsi, le tabagisme cause plus de décès chez les Canadiens que l’hypertension artérielle, le surpoids ou l’obésité, ou encore l’inactivité physique.

Pour obtenir des renseignements et des conseils pour cesser de fumer, visitez le site Web de Santé Canada à l’adresse suivante : http://www.hc-sc.gc.ca/hc-ps/tobac-tabac/quit-cesser/index-fra.php

 


 

Maladie

Question :

Quelle est la maladie la plus dangereuse et infectieuse?

Réponse :

Il s’agit d’une bonne question. La réponse dépend de nombreux facteurs, comme votre âge, l’endroit où vous vivez dans le monde, les activités que vous exercez chaque jour, et le fait que vous ayez été vacciné ou non contre une maladie en particulier. Les maladies infectieuses (également connues sous le nom de « maladies transmissibles ») sont contagieuses, ce qui signifie qu’elles se propagent d’une personne à l’autre. Bon nombre d’entre elles sont évitables grâce aux vaccins, au lavage des mains, aux pratiques sexuelles sans risque, au refus d’échanger un objet (comme un verre) avec une personne malade et à l’adoption de comportements sains pour favoriser votre immunité.

Nous avons tous probablement eu une maladie transmissible. Par exemple, le rhume et la grippe sont des maladies transmissibles bien connues qui peuvent se transmettre par un contact physique avec une personne infectée. La transmission peut se faire en touchant ou en embrassant la personne, ou par de petites gouttelettes dans l’air quand quelqu’un tousse ou éternue. De plus, les maladies transmissibles peuvent se propager par l’échange d’un objet qu’une personne infectée a utilisé; par exemple, la méningite peut se transmettre lorsque vous partagez un breuvage, une cigarette ou une brosse à dents avec quelqu’un qui est infecté, ou le pied d’athlète peut se transmettre si vous partagez un bain ou une douche avec une personne infectée. Les autres maladies transmissibles courantes sont les maladies transmises sexuellement qui peuvent se propager par des contacts sexuels avec une personne infectée.

Dans l’ensemble, l’Organisation mondiale de la santé rapporte que les maladies infectieuses suivantes sont responsables de 50 % des décès prématurés à l’échelle mondiale : la pneumonie, la tuberculose, la maladie diarrhéique, la malaria, la rougeole et le VIH/sida. Toutefois, une grande majorité de ces décès se produisent dans les pays en développement où les vaccins ne sont pas courants et où il manque souvent de traitements efficaces. De plus, les pays en développement font souvent face à des problèmes liés à la consommation d’eau non potable et à une mauvaise hygiène. C’est pourquoi votre emplacement géographique dans le monde est un déterminant majeur des maladies dont vous avez le plus de risques de contracter et si elles sont mortelles.

Au Canada, les statistiques sont plutôt différentes. Selon Statistique Canada, les seules maladies transmissibles qui sont identifiées dans les 10 principales causes de décès en 2008 sont la pneumonie et la grippe; on rapporte qu’elles comptent pour un peu plus de 2 % de toutes les causes de décès au Canada (5 386 personnes par année). Bien entendu, le cancer et la cardiopathie sont les deux principales causes de décès et sont responsables d’un beaucoup plus grand nombre de décès, mais ces maladies ne sont généralement pas transmissibles. Il est important de prendre note que votre état de santé et votre âge jouent pour beaucoup dans la façon dont vous réagissez aux maladies transmissibles comme la pneumonie et la grippe. Souvent, les personnes qui en meurent sont âgées ou ont des maladies préexistantes. De plus, l’Association pour la microbiologie médicale et l’infectiologie indique que l’une des maladies les plus mortelles est la tuberculose, qui suit de près le sida – deux maladies transmissibles. Environ le tiers de la population mondiale est infectée par la tuberculose. En fait, cette maladie est en hausse au Canada et partout dans le monde. Toutefois, le taux de mortalité est considérablement bas au Canada comparativement à celui de maladies telles que la pneumonie et la grippe. Bien que la tuberculose soit une maladie mortelle, elle est également traitable si elle est diagnostiquée et si les traitements sont disponibles et/ou abordables où vous vivez.

Les maladies transmissibles sont infectieuses et peuvent être dangereuses. Comme on le dit souvent : le meilleur remède est la prévention!

- Jennifer Lapum

 


 

Corrélation entre des troubles de santé

Question :

Une hypothèse qui a récemment attiré mon attention est qu'il peut y avoir un lien entre l'autisme, la schizophrénie, le trouble obsessionnel-compulsif et les maladies auto-immunes : ils pourraient tous être des expressions divergentes de l’infection de la mère par un virus inoffensif, ce qui affecterait profondément le développement du fœtus avant qu'il puisse développer une immunité. Donc, avec cela à l'esprit, j'ai quelques questions : 1. Je suis un amateur de science. Je pense que j'ai retenu l’hypothèse précédente à partir de la revue Discover. Êtes-vous au courant de recherches réelles qui démontreraient que ce soit une voie prometteuse, un cul de sac ou tout autre chose? 2. Si cette idée est tant soit peu valable, une prédiction que nous pourrions faire et qui est vérifiable est qu'il devrait y avoir une corrélation directe entre des troubles mentaux, des troubles des fonctions immunitaires et des troubles endocriniens. Êtes-vous au courant d'études qui ont été ou sont effectuées dans ce sens? {Divulgation complète : Je suis un diabétique insulinodépendant. L'année dernière, depuis le diagnostic, j'ai (pour l’anecdote) remarqué chez moi un vaste changement touchant une variété de fonctions mentales, allant de l'humeur à la clarté de la rationalité. C’est suffisant pour se poser des questions!}

Réponse :

Bien que l'autisme, la schizophrénie, le trouble obsessionnel-compulsif et les maladies auto-immunes systémiques soient tous les troubles distincts, le lien commun entre toutes ces maladies est peut-être leur origine multifactorielle où des facteurs génétiques et environnementaux sont impliqués.

Comme pour l'autisme, une croyance populaire répandue désigne la vaccination comme déclencheur environnemental possible, mais il n’y a pas de preuve épidémiologique du rôle que jouerait le vaccin associé rougeole-oreillons-rubéole. Certaines études suggèrent que le principal déclencheur de l'autisme peut être gestationnel et une carence en vitamine D pendant la petite enfance, mais il n'exclut pas une prédisposition génétique.

La schizophrénie est un trouble complexe ayant de multiples facteurs génétiques et environnementaux. Les vulnérabilités constitutionnelles congénitales impliquées dans la schizophrénie comprennent à la fois des éléments hérités et acquis (événements affectant le développement neurologique du fœtus et des facteurs stressants prénataux et postnataux tels que les traumatismes cérébraux). De même, les maladies auto-immunes systémiques sont liées à des facteurs génétiques et environnementaux multiples (par exemple, des virus) qui entraînent le dérèglement de la fonction immunitaire, ce qui se manifeste comme une autoréactivité pathologique conduisant à la pathologie auto-immune. Le trouble obsessionnel-compulsif, un trouble psychiatrique, est peut-être déclenché par des facteurs génétiques, neurologiques (anomalies cérébrales et diminution des niveaux de sérotonine) et des facteurs environnementaux(infections).

Ainsi, comme pour la première question, l'infection par un virus pourrait constituer un déclencheur environnemental dans certaines maladies auto-immunes, mais d'autres types de facteurs peuvent être en jeu dans des maladies comme l'autisme, le trouble obsessionnel-compulsif et la schizophrénie. Quant à la deuxième question, il existe un axe neurologique-immunitaire-endocrinien dans le système corporel qui pourrait influer sur une variété de maladies d'origine immunologique et métabolique et d'autres ordres, mais les déclencheurs et les résultats sont susceptibles d'être spécifiques à la maladie en question.

- Azad K. Kaushik


 


 

Boissons énergisantes

Question :

Les boissons énergisantes donnent-elles réellement de l’énergie ou sont-elles juste nocives pour la santé?

Réponse :

Les boissons énergisantes sont des boissons qui contiennent de la caféine, des édulcorants caloriques et non caloriques ainsi que d’autres ingrédients, dont des acides aminés, des vitamines, des minéraux et des herbes. Il est important de faire la différence entre les boissons énergisantes et les boissons pour sportifs, qui sont surtout consommées pour rétablir les quantités de liquides et d’électrolytes après des périodes prolongées ou intenses d’activité physique.

Bien que les boissons énergisantes peuvent contenir jusqu’à 110 kcal par tasse, la caféine est le principal ingrédient responsable de l’effet stimulant de ces boissons. La quantité de caféine dans les boissons énergisantes caféinées a récemment été limitée à 180 mg par contenant. Pour vous donner une idée, cette limite correspond à de 1 à 2 tasses de café préparé. Santé Canada recommande une dose maximale de 400 mg de caféine par jour pour un adulte en santé, alors que d’autres experts suggèrent de réduire cette quantité à 200 mg par jour. La consommation d’une quantité excessive de caféine peut causer de l’insomnie, de la nervosité, de l’agitation, des maux d’estomac, des nausées, un rythme cardiaque irrégulier et de l’anxiété.

Les boissons énergisantes peuvent aussi contenir de la vitamine B, des minéraux, des acides aminés ou des herbes. Bien que ces ingrédients semblent inoffensifs, comme dans le cas de la vitamine B, les quantités contenues dans ces boissons peuvent grandement dépasser les niveaux recommandés. Les effets de certains de ces autres ingrédients ajoutés ont été étudiés dans le cadre de projets de recherche sur divers marqueurs de santé; toutefois, les essais sont de courte durée ou menés en vase clos, séparément des autres ingrédients de la boisson énergisante. On ne connaît donc pas les répercussions à long terme de ces ingrédients sur votre santé. De plus, il est difficile d’extrapoler les résultats à tous les consommateurs, y compris les enfants et ceux qui peuvent consommer plus d'une portion par jour pendant de longues périodes. Qui plus est, les herbes naturelles et les ingrédients ajoutés dans les boissons énergisantes peuvent interagir avec certains médicaments et compléments. Si vous prenez des médicaments ou des compléments, assurez-vous de consulter votre médecin de premier recours avant de consommer ces boissons pour éviter tout effet néfaste sur votre santé.

Quand elles sont consommées avec modération et dans les limites recommandées, les boissons énergisantes ne présentent aucun danger pour les adultes en santé, mais il ne faut pas croire qu’elles contribuent à une saine alimentation. Les boissons énergisantes et la caféine ne sont pas des éléments essentiels d’une saine alimentation. De plus, elles ne devraient jamais remplacer un repas, être prises pour s’hydrater après une séance d’exercices, ou être mélangées à de l’alcool. Elles ne sont pas recommandées pour les femmes enceintes ou qui allaitent, les personnes sensibles aux effets de la caféine, les enfants et les adolescents. 

- Nick Bellissimo

 


 

Sources de vitamine D

Question :

Quelles sont les bonnes sources de vitamine D durant les mois d’hiver?

Réponse :

La vitamine D est souvent appelée la vitamine « soleil », car la peau est capable de la synthétiser avec une exposition adéquate aux rayons du soleil. Toutefois, en raison de l’association connue entre exposition au soleil et cancer de la peau, de nombreux organismes de santé recommandent d’appliquer de la crème solaire avant de s’aventurer sous le soleil d’été. Bien que cette crème réduise les risques de développer certains cancers de la peau, elle empêche complètement la peau de produire de la vitamine D. Pour ceux qui vivent dans les latitudes nordiques, la synthèse de la vitamine D durant les mois d’hiver est insuffisante. Pour ces raisons, la vitamine D doit provenir de sources alimentaires et les compléments jouent un rôle de plus en plus important pour maintenir les niveaux de vitamine D appropriés. La forme active de la vitamine D dans le sang est la 25-hydroxyvitamine D et le sang doit en contenir un minimum de 50 nmol/L.

La vitamine D est essentielle pour aider le corps à absorber le calcium pour le maintien de dents et d’os solides et pour prévenir le développement de l’ostéoporose et d’autres maladies osseuses. De plus, de nouvelles données montrent qu’il y aurait des bienfaits à la prise de vitamine D pour les personnes souffrant de diabète, de cardiopathies et de certains cancers.

La dose recommandée de vitamine D est de 600 UI/jour chez la plupart des adultes âgés de 1 à 70 ans et de 800 UI/jour chez les personnes plus âgées. Ces recommandations sont établies en fonction d’une exposition minimale aux rayons du soleil. De plus, la prise d’un complément quotidien de 400 UI de vitamine D par jour est recommandée chez les personnes âgées de 50 ans et plus. Vos besoins en vitamine D sont peut-être plus élevés, c’est pourquoi il est toujours préférable de consulter votre médecin de premier recours ou un diététiste agréé.

Bien que le Guide alimentaire canadien soit un excellent moyen de répondre à nos besoins nutritionnels, il peut être plus difficile de combler ses besoins en vitamine D uniquement par l’alimentation. En fait, les seules sources alimentaires naturelles de vitamine D sont les jaunes d’œuf et les poissons gras. Pour cette raison, le Canada ajoute de la vitamine D dans de nombreux aliments de consommation courante, comme le lait de vache et les produits laitiers ainsi que certaines margarines, certaines boissons de soja et certains jus de fruits.

- Nick Bellissimo

 


 

Système de gratification du cerveau

Question :

Pourquoi le cerveau humain fait subir aux personnes des dangers (drogues, malbouffe, obsession pour un jeu vidéo, etc.) même si c’est mauvais pour la survie alors que la survie est ce dont recherchent les animaux?

Réponse :

Lorsqu’un stimulus comme de la nourriture ou un partenaire potentiel se présente, l’aire tegmentale ventrale du cerveau augmente la dopamine dans le nucleus accumbens. Ces deux structures sont situées près du centre même du cerveau. La libération de dopamine favorise le comportement déclencheur, ce qui accroît les probabilités que cela se reproduise à l’avenir. Les chercheurs croient que c’est ainsi que de nombreux comportements sont appris, en vue de survivre, notamment l’alimentation et la reproduction.

Mais votre question se rapporte à une incohérence apparente. Si le cerveau humain a évolué afin de promouvoir la survie, qu’en est-il des comportements qui vont à l’encontre de ce principe?

Si l’on considère que le système de gratification du cerveau est chargé raisonnablement du renforcement des comportements liés à la survie (p. ex. alimentation, reproduction), il peut aussi être stimulé par des comportements qui ne présentent aucun intérêt à la survie. Par exemple, Anne Blood et Robert Zatorre (2001) de l’université McGill University ont eu recours à la neuroimagerie pour montrer que la musique stimule le même circuit de gratification que celui de l’alimentation et de la reproduction (consultez également Koelsch, 2014). Fondés sur ces données, les chercheurs font valoir que l’écoute de musique est renforcée par le système de gratification de la même façon que l’alimentation et la reproduction. Quoique je connaisse moins bien les travaux réalisés sur l’obsession des jeux vidéo, les chercheurs croient que les jeux stimulent le système de gratification permettant de renforcer le jeu. On peut percevoir les jeux vidéo comme une façon de stimuler artificiellement le système de gratification du cerveau.

Cela nous amène à la question de la consommation de drogues. Tout comme c’est le cas pour la musique, l’alimentation et la reproduction, de nombreuses drogues toxicomagènes (p. ex. amphétamine et cocaïne) stimulent le système de gratification du cerveau et favorisent la réutilisation de la substance en dépit des risques pour la santé et le bien-être.

En résumé : les comportements qui stimulent le système de gratification du cerveau entraînent une grande quantité de dopamine dans le nucleus accumbens, ce qui favorise la répétition de ce comportement ayant stimulé le système de gratification en tout premier lieu. Attendu que vous portez un jugement sur les différentes façons de stimuler le système de gratification, le du cerveau prend une position plus neutre : toutes les stimulations se ressemblent.

- Randall Jamieson

 


 

Le diabète

Question :

J’ai deux questions sur le diabète, car mon ami a reçu un diagnostic de diabète de type 1 il y a quelques mois. 1. Quels problèmes (s’il y en a) peut causer l’utilisation d’une lancette pour recueillir le sang, surtout dans des pays en développement comme l’Afrique et l’Inde? 2. Des équipes des technologies et de recherche ont-elles trouvé un moyen de mesurer la glycémie sans devoir pénétrer la peau pour recueillir du sang?

Réponse :

1. Les nouvelles technologies sont très sécuritaires. En fait, les dispositifs sont à usage unique. C’est-à-dire qu’ils ne servent qu’une seule fois et par conséquent les risques d’infections, dû à un usage multiple sont complètement éliminés. Ces mêmes dispositifs arborent un ressort qui fait entrer l’aiguille immédiatement après avoir piqué. Ainsi, les risques d’une piqure accidentelle sont, encore une fois, évités. Finalement, les aiguilles utilisées ont été raccourcie au minimum (4mm) afin de minimiser la pénétration au niveau de la peau. Tu peux alors rassurer ta copine que l’usage des languettes et d’un dispositif pour piquer et récupérer le sang afin de mesurer la glycémie sont très sécuritaires. Malheureusement, je ne suis pas au fait des technologies actuellement utilisées en Afrique et en Inde.

2. Il n’existe pas encore de technologie accessible au public qui ne pénètre pas la peau afin de mesurer la glycémie. Comme le mot le dit : gly (glucose) et cémie (sang) ou traduit du grec glukus, « doux », et haima = « sang ». Il faut donc un échantillon de sang pour faire cette mesure. Nous pourrions penser à une technologie comme pour mesurer la saturation en oxygène qui utilise des longueurs d’ondes, mais rien à signaler à ce sujet. Par contre, certains percées technologiques pourraient bientôt changer la donne. Prenons l’exemple des lentilles cornéennes créées par la compagnie Google X Lab qui mesure la glycémie en temps réel et qui envoie une alerte en cas d’hyperglycémie! Cette technologie n’a toutefois pas encore percé le marché, c’est une projet pilote ambitieux.

3. Au Québec, nous avons le Réseau de recherche en santé CardioMétabolique, Diabète et Obésité (CMDO, www.rrcmdo.ca) et au Canada, il y a l’Association Canadienne du Diabète  (http://www.diabetes.ca/ ) où tu pourras suivre la recherche sur le diabète et poser toutes tes questions. N’hésites surtout pas!

- Lucien Junior Bergeron

 


 

Phytoandrogènes

Question :

Je vis à Kelowna et je fais la cueillette forestière de certains aliments que je consomme. Je me préoccupe de ma santé et je fais régulièrement de l’exercice. J’évite de consommer des xénoœstrogènes et des phytoœstrogènes autant que possible, car je m’entraîne en vue d’augmenter ma masse musculaire et je tiens à rester un homme! J’essaie d’accroître mes taux d’androgènes le plus possible et, pour y arriver, je n’ai recours qu’à des méthodes naturelles. J’ai lu dans de nombreuses sources que le pollen de pin renfermerait un large éventail de phytoandrogènes ainsi qu’une variété de vitamines, de minéraux, d’acides aminés, etc. La médecine traditionnelle chinoise et ayurvédique a apparemment recours depuis des milliers d’années au pollen de pin comme superaliment et comme supplément pour accroître les taux d’hormones masculines. Stephen Harrod Buhner a écrit un livre intéressant sur le sujet; je vous donne le titre au cas où vous voudriez le consulter : « The Natural Testosterone Plan for Sexual Health and energy ». Voici les questions que j’aimerais vous poser : Les phytoandrogènes sont-ils vraiment présents dans le pollen de pin? Si c’est le cas, ce pollen est‑il biodisponible lorsqu’il est ingéré? Et s’il est généralement reconnu qu’il y a une surabondance de xénoœstrogènes et de phytoœstrogènes dans notre environnement/alimentation, pourquoi y a‑t‑il si peu de recherche sur les phytoandrogènes?

Réponse :

Les phytoandrogènes appartiennent à un grand groupe de composés appelés les phytohormones. Tout comme les hormones du corps humain, ces substances chimiques sont produites par les plantes et servent à réguler les activités végétales, notamment dans des processus comme la production de sucre par la photosynthèse ou le développement de graines et de pollen.

De par leur fonction, les phytoandrogènes sont similaires aux hormones androgènes chez l’être humain. Les androgènes sont considérées comme les hormones sexuelles « masculines », mais en réalité, elles sont produites par les deux sexes (bien que les hommes en produisent normalement davantage). De même, il existe des composés que l’on appelle les phytoœstrogènes, qui sont similaires aux œstrogènes, les hormones sexuelles « féminines ».

Ces composés ont fait l’objet d’un grand nombre d’études visant à mieux comprendre leurs répercussions sur la biologie humaine. Une recherche rapide (et non exhaustive) sur les phytoœstrogènes dans les publications universitaires a donné comme résultat plus de 1 000 publications revues par les pairs. Les phytoandrogènes ont certes fait l’objet d’un nombre moins élevé de travaux de recherche, mais une recherche rigoureuse permet tout de même de trouver certains faits sur le sujet.

Pour commencer, j’aimerais donner suite à certaines préoccupations concernant les phytoœstrogènes. Vous n’êtes pas en danger de subir une « féminisation » par la consommation d’œstrogènes dans votre alimentation. En 2010, on a publié une étude examinant les résultats de 15 études expérimentales différentes en vue de déterminer quel était l’effet des phytoœstrogènes (en particulier les composés que l’on appelle les isoflavones) chez les hommes. Ces études ont toutes révélé que, chez des hommes en santé, les phytoœstrogènes n’avaient eu aucun effet sur les caractéristiques masculines, y compris la numération des spermatozoïdes et les taux de testostérone. En fait, dans de nombreux pays asiatiques, l’alimentation, qui est riche en soja, renferme des taux d’isoflavones nettement plus élevés qu’en Amérique du Nord, et cela n’a aucune répercussion négative sur les caractéristiques masculines. Il ressort de certaines recherches que les phytoœstrogènes pourraient modifier les taux de testostérone chez les hommes atteints d’un cancer de la prostate, et d’autres recherches laissent croire que l’équilibre hormonal pourrait effectivement être perturbé chez les hommes atteints d’un cancer de la prostate, lesquels seraient alors plus « sensibles » à une modification de leurs taux de testostérone par l’alimentation. Les préoccupations liées à l’apparition de caractéristiques féminines sont souvent signalées depuis la publication d’articles sur le phénomène d’inversion de sexe de certains poissons peuplant les rivières (à titre d’exemple). Il ne faut pas oublier que les études sur les cas d’inversion de sexe chez les poissons et les amphibiens ne permettent pas de faire des comparaisons directes avec les humains. En fait, chez bon nombre de ces espèces, l’inversion de sexe peut survenir lorsqu’il y a un déséquilibre entre le nombre d’individus mâles et femelles dans un secteur. De toute évidence, ce n’est pas le cas chez les populations humaines! Nous pouvons supposer que, chez ces animaux, la régulation de l’équilibre hormonal ne s’effectue pas de la même façon que chez les humains.

En ce qui concerne les androgènes, il existe de nombreuses études qui examinent les effets de l’administration d’androgènes d’origine végétale chez les hommes en santé. Vous avez raison lorsque vous dites qu’il existe relativement peu d’études portant sur les androgènes en comparaison au nombre d’études disponibles sur les œstrogènes. Cela s’explique par la découverte relativement récente des androgènes. En 2005, une étude sur une plante appelée Tribulus terrestris a été menée pour déterminer comment la prise de suppléments à base de cette plante influait sur la production de testostérone. Cette plante a été choisie en raison de son usage dans la médecine traditionnelle populaire pour ses effets présumés sur la fonction sexuelle et la force physique chez les hommes. En bref, la consommation de l’extrait de plante (à dose élevée ou faible) n’a pas modifié la production d’androgènes. Une étude menée en 2000 a démontré que le même extrait de plante n’avait eu aucune influence positive sur le développement de la masse musculaire pendant l’entraînement contre résistance. La première étude qui a identifié une substance androgène potentielle d’origine végétale a été publiée en 2007. La plante en question était l’Eucommia ulmoides, ou l’arbre à gutta‑percha. Les résultats de cette étude ont démontré que l’extrait de gutta‑percha pouvait interagir faiblement avec le récepteur androgénique, mais qu’il pouvait également interagir avec le récepteur œstrogénique. Parallèlement, des augmentations importantes de la taille de la prostate ont été observées, ce qui représente évidemment un résultat préoccupant. Les auteurs de l’étude ont conclu que l’extrait n’agissait pas de la même façon que la testostérone produite par le corps humain, mais qu’il modifiait l’action de la testostérone dans l’organisme. Il faudrait mener une étude de suivi importante pour comprendre ce qui explique ces résultats et quelles en seraient les conséquences chez l’humain. Les risques qu’il survienne des conséquences inattendues sont énormes.

Le corps humain peut fonctionner avec un certain taux d’hormones. Le fait d’en ajouter peut avoir des conséquences inattendues graves. En réalité, l’organisme essaie de réguler les taux d’hormones présents dans le corps, et le fait de modifier ces taux par la prise de suppléments peut même se solder par une diminution de la production d’hormones naturelles pour compenser l’excédent. Par exemple, l’utilisation de stéroïdes entraîne une diminution du volume et de la fonction testiculaire, puisque l’organisme tente alors de diminuer la production de testostérone. En bref, bien que les androgènes d’origine végétale existent et qu’ils soient probablement biodisponibles dans une certaine mesure, à moins que vous présentiez une carence liée à un déficit de production d’hormones naturelles, la prise de suppléments n’aura probablement pas les effets souhaités et elle comporte des risques graves comme un risque accru de cancer de la prostate.

- Craig Ayre

 


 

Maladie

Question :

Est-ce qu'une maladie peut en guérir une autre?

Réponse :

Avant de répondre à cette intrigante question, il convient de définir clairement le sens donné au terme « guérison ». La guérison découlant d'un traitement ou d'une intervention chirurgicale quelconque correspond essentiellement à l'élimination d'une maladie ou des symptômes d'une maladie, entraînant ainsi un soulagement chez le patient. Par opposition, la rémission est l'arrêt temporaire des symptômes d'une maladie incurable. Dans le cas des maladies complexes, comme le cancer et les maladies systémiques auto-immunes, il peut être difficile, d'après des analyses statistiques, de faire une distinction entre rémission à long temps et possibilité de guérison. Il est impossible d'envisager la guérison d'une maladie complexe incurable en soi. Il faut plutôt l'examiner dans le contexte de la rémission, temporaire ou à long terme, qui améliore la qualité de vie d'un patient. En fonction des connaissances actuelles, il est raisonnable de présumer que la pathogenèse d'une maladie peut être modulée ou modifiée par une autre maladie, entraînant des résultats positifs ou négatifs en fonction des voies pathologiques synergiques ou antagonistes. Dans certaines situations, cela peut provoquer la rémission d'une maladie en particulier et dans d'autres, exactement le contraire. Toutefois, les effets sont difficiles à prévoir, en raison des divers facteurs génétiques, hormonaux et environnementaux à l'origine de ces situations complexes.

- Azad K. Kaushik

 


 

L’ADN des cheveux

Question :

Je sais que l’ADN contient toute notre information génétique et qu’il est transcrit puis traduit afin de former des protéines. Ceci dit, ma petite sœur est née avec des cheveux naturellement lisses comme des baguettes. Puis, à l’école secondaire, ils ont commencé à friser! Encore huit ans plus tard, ses cheveux sont vraiment frisés, et nous n’en revenons toujours pas. Je sais qu’il est impossible que son ADN ait pu changer, mais peut-être que quelque chose d’autre a changé? 

Réponse :

La texture des cheveux (qu’ils soient frisés ou lisses) est une caractéristique physique qui n’est pas directement dictée par les gènes. Tous les types de cheveux sont principalement composés d’une protéine : la kératine. La partie visible de nos cheveux (la tige) n’est pas constituée de matériau vivant. La kératine, comme toutes les autres protéines du corps, est formée d’un petit nombre de composés chimiques appelés acides aminés. Un de ces acides aminés se nomme la cystéine. Lorsque deux cystéines sont près l’une de l’autre, elles peuvent former des liaisons très solides qui les soudent ensemble, ce qui en général fait plier la protéine dont font partie ces cystines. L’épaisseur de la tige du cheveu détermine si ce dernier sera frisé ou non. Un cheveu lisse, c’est un peu comme un boyau d’arrosage rempli d’eau. L’eau qui est dans le boyau le rend épais et difficile à plier; le boyau est donc plus droit qu’un tuyau vide. Pour en revenir aux cheveux, une tige plus épaisse signifie qu’il y a moins de cystéines qui peuvent se lier entre elles, et la protéine de kératine reste droite. À l’opposée, une tige plus mince et aplatie fait plutôt penser à un cordon de téléphone. La tige plus aplatie peut se plier et s’enrouler, ce qui permet à un plus grand nombre de cystéines de se lier entre elles et de former des boucles dans la tige. En fait, la permanente est fondée sur ce principe : on enroule des mèches de cheveux autour d’un bigoudi, et on ajoute un agent chimique pour briser les liens cystéiques à l’intérieur des cheveux. Puis, sans défaire les bigoudis, on neutralise l’agent chimique afin que les cystéines puissent créer de nouvelles liaisons. Comme les cheveux sont enroulés, les cystéines sont plus près les unes des autres et elles forment de nouvelles paires, créant ainsi une courbure permanente dans les cheveux.

La tige du cheveu prend naissance dans un follicule situé dans la peau. Ce follicule est responsable de la croissance, de la texture et de l’épaisseur du cheveu. Alors, qu’est-ce qui détermine que le follicule produira une tige droite ou frisée? Malheureusement, la réponse n’est pas claire. Nous savons que la forme du follicule y est pour quelque chose : un follicule plus rond produira un cheveu plus droit. Les gènes jouent un rôle dans la forme de nos follicules, mais il y a aussi d’autres facteurs qui entrent en ligne de compte. Nous héritons de gènes qui influent sur la formation de follicules aplatis ou ronds. Chacun de nos gènes nous a été transmis par un de nos deux parents. La forme d’un follicule est également influencée par des facteurs environnementaux, notamment par des hormones et certains médicaments. Nous savons depuis quelque temps que les hormones ont un effet sur les cheveux. Des niveaux élevés d’androgènes (comme la testostérone) peuvent faire friser les cheveux ou les faire pousser de façon excessive. L’effet peut aussi être observé chez les femmes, surtout si leur niveau naturel d’œstrogène baisse. En effet, bien que les femmes produisent naturellement moins de testostérone que les hommes, une baisse d’œstrogène peut rendre les effets plus visibles. D’autres hormones et composés ont également un effet sur le follicule, y compris l’acide rétinoïque (provenant de la vitamine A), la vitamine D et les hormones thyroïdiennes. La texture et l’épaisseur de nos cheveux peuvent changer au cours de notre vie, selon les hormones que nous produisons et les diverses conditions auxquelles nous sommes exposés. En fait, les facteurs comme le stress ou la nutrition influent sur la manière dont notre corps travaille, ce qui modifie notre système immunitaire et notre production d’hormones, et donc la croissance et la texture de nos cheveux. Les médicaments qui font varier notre production d’hormones ou qui modulent notre réponse à ces dernières peuvent avoir le même effet. Par exemple, certains médicaments contre le psoriasis peuvent causer l’apparition de cheveux gris. D’un autre côté, l’œstrogène ou certains médicaments qui font repousser les cheveux peuvent les rendre plus foncés. Dans le même ordre d’idées, d’autres médicaments, comme le lithium, peuvent rendre les cheveux plus lisses, tandis que les rétinoïdes (composés chimiques semblables à la vitamine A) peuvent les faire friser.

Bref, ce ne sont pas nos gènes qui changent, mais notre environnement. Comme les follicules de nos cheveux réagissent aux changements causés par les médicaments ou les hormones, ils peuvent modifier la forme de la tige de nos cheveux à mesure qu’ils poussent.

- Craig Ayre

 


 

Traitement contre le virus Ebola

Question :

Pourquoi le plant de tabac a-t-il été utilisé pour développer un vaccin contre le virus Ebola?

Réponse :

Voilà une excellente question! L’idée selon laquelle le tabac puisse être utilisé pour produire une thérapie permettant de sauver des vies peut sembler un peu étrange et futuriste. Cependant, ce type de technologie est en cours de développement depuis des décennies. 

Avant de répondre à la question, j’aimerais d’abord mentionner que la thérapie pour le virus Ebola dont nous avons entendu parler aux nouvelles et qui est faite à partir de tabac n’est pas, en réalité, un vaccin. Il s’agit en fait d’un traitement contribuant à arrêter la reproduction du virus Ebola à l’intérieur du corps humain. Par conséquent, la thérapie ne procurera pas une protection durable contre le virus Ebola comme le ferait un vaccin, mais cette thérapie pourrait aider une personne infectée par le virus Ebola à lutter contre ce virus.

Et maintenant, afin de répondre à votre question, j’ai divisé ma réponse en trois parties : Quel type de médicament est le traitement contre le virus Ebola? Pourquoi utiliser des plants? Pourquoi utiliser le tabac?

Quel type de médicament est le traitement contre le virus Ebola?

Le traitement contre le virus Ebola conçu dans des plants est constitué de protéines spéciales appelées anticorps monoclonaux, qui se fixent au virus Ebola et aident à arrêter sa reproduction. Ce traitement appartient à un type de médicament appelé médicament biologique. Contrairement à de nombreux médicaments traditionnels (comme l’acétaminophène) pouvant être fabriqués dans un laboratoire de chimie, les médicaments biologiques ont des molécules très grandes et très complexes et, jusqu’à présent, nous ne sommes pas capables de les fabriquer par synthèse. Les médicaments biologiques doivent plutôt obligatoirement être fabriqués au moyen de cellules vivantes.

Pour fabriquer un médicament biologique, les scientifiques doivent d’abord avoir recours au génie génétique pour placer l’ADN destiné au médicament biologique dans les cellules de leur choix. Ensuite, ils doivent cultiver une grande quantité de cellules fabriquant le médicament et purifier le médicament issu des cellules. Enfin, le médicament est transformé de façon à ce qu’il soit possible de l’administrer à un patient. Souvent, le médicament est un liquide donné par injection intraveineuse au cours d’une période de temps définie.

Quand des médicaments biologiques ont été mis au point pour la première fois, les cellules bactériennes étaient le type de cellules utilisées. Cependant, les bactéries ne peuvent produire que des médicaments biologiques relativement petits et simples. Par conséquent, au fil du temps, les scientifiques ont aussi appris à utiliser des cellules de mammifères, d’insectes, de levure et même des cellules végétales, qui peuvent produire des médicaments biologiques dont les molécules sont plus grandes et plus complexes. De plus, ces cellules sont souvent altérées de façon à ce qu’elles produisent des médicaments biologiques plus compatibles avec les humains. Ces cellules sont, par conséquent, plus efficaces.

Chacun de ces types de cellules fabriquant des médicaments biologiques possède différents avantages et inconvénients. Et chaque fabricant décidera du type de cellule qu’il utilisera selon le type de médicament qu’il veut produire, la quantité qu’il veut produire et le temps dont il dispose pour mettre au point et produire le médicament. Il est certain qu’il y a toujours d’autres enjeux dont il faut tenir compte, notamment l’expérience du fabricant et les brevets qu’il détient.

Pourquoi utiliser des plants?

L’utilisation de plants pour produire des médicaments biologiques peut offrir des avantages, comme une production de médicaments plus rapide, plus souple et à moindre coût. Les cellules bactériennes et les cellules de mammifères sont cultivées dans des « bioréacteurs », soit d’immenses cuves en acier inoxydable qui doivent être maintenues dans des conditions stériles et soigneusement contrôlées. En comparaison avec la culture de plants dans une serre, il est possible d’imaginer une partie des économies de coûts potentielles et la latitude accrue quant à la quantité de médicaments produits. Le fabricant du traitement contre le virus Ebola est responsable des décisions d’affaires et ces décisions font peut‑être partie des raisons pour lesquelles les plants ont été choisis pour produire le traitement.

Pour utiliser le tabac?

Quand un fabricant a décidé de recourir à un système de production de plants, il doit ensuite choisir les espèces de plant. Ce choix dépend habituellement de plusieurs facteurs. L’espèce utilisée pour le traitement du virus Ebola n’est pas, en réalité, du tabac, mais une espèce appelée Nicotiana benthamiana, qui est étroitement liée au tabac. Cette espèce est souvent choisie parce qu’il est facile de travailler avec elle, de la cultiver et de la produire rapidement pour obtenir en grande quantité un médicament biologique.

- Fiona Cornel


Quelle partie du cerveau contrôle les cellules du corps?

Question :

Y a-t-il une partie distincte du cerveau qui contrôle les cellules? Dans un tel cas, est-ce que le cancer serait le résultat de la mort de cette partie du cerveau ou du fait qu’elle ne peut plus déterminer quand cesser la production de cellules?

Réponse :

C’est une question très intéressante. Le cerveau fait partie du système nerveux central. Il contrôle plusieurs fonctions du corps en envoyant des signaux à des groupes de cellules à l’aide des fibres nerveuses et des hormones. Ces fonctions comprennent le mouvement; l’équilibre; la respiration; et la régulation du rythme cardiaque, de la température corporelle, de la tension artérielle et du fonctionnement des reins. On pense que l’une des zones du cerveau, l’hypothalamus, pourrait contrôler le rythme du vieillissement. Le cerveau est hautement complexe et il accomplit une variété de fonctions. Toutefois, la croissance et la division des cellules sont réglementées par des propriétés inhérentes aux cellules elles-mêmes, aux tissus environnants et aux molécules du sang qui envoient des signaux externes. Le cerveau n’exerce donc pas un contrôle direct sur les cellules, même si la croissance de ces dernières est le résultat d’hormones produites par le cerveau, notamment lors de la puberté. Une cellule qui se divise peut bloquer son propre développement et éviter ainsi de devenir cancéreuse. En d’autres mots, les cellules « savent » habituellement quand et comment cesser de se diviser. De plus, le système immunitaire peut repérer et éliminer des cellules qui se divisent et qui commencent à devenir cancéreuses. Cependant, certaines cellules subissent plusieurs changements anormaux. Les mesures de protection du corps ne sont alors plus efficaces, et le cancer prend naissance.

- Dustin Johnson


Pourquoi le sang est-il bleu dans les veines du poignet?

Question :

Pourquoi le sang est-il bleu dans les veines du poignet?

Réponse :

Merci de cette question. Le corps humain possède des veines de surface qui se trouvent directement sous la peau. On peut les voir facilement à certains endroits du corps. Les veines de surface transportent du sang désoxygéné rouge foncé, mais ces veines semblent être bleues à cause des propriétés d’absorption et de réflexion de la lumière de la peau et des veines. En regardant de près, vous verrez des veines bleues à d’autres endroits de votre corps.

- Dustin Johnson

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