Kevin Desroches

Géologue
Ressources naturelles Canada

Apprenez comment se prépare une sortie en mer pour aller étudier le plateau continental atlantique et ce qui est mis à contribution pour recueillir des données sismiques depuis la poupe du navire.

Transcription

J’ai toujours vraiment adoré prendre la mer, et ce, même avant d’avoir pensé au médicament que je devais prendre pour éviter d’avoir le mal de mer. J’appréciais donc la mer même lorsque j’étais malade. Je me suis toujours amusé énormément sur la mer.

Au début, nous procédions à l’étude théorique afin d’examiner les endroits qui pourraient faire partie d’une revendication canadienne dans l’Arctique et dans l’Atlantique. Au fur et à mesure que le projet a évolué, mes connaissances de géologue m’ont aidé et j’ai vraiment trouvé ma niche. C’est ainsi que j’en suis venu à réaliser certains travaux scientifiques.

Au début des travaux, il faut, pendant 2 ou 3 jours, procéder au déploiement de l’équipement. Nous devons donc travailler avec une flûte sismique d’une longueur de 3 ou 4, voire même 5 kilomètres, qui ressemble à une sorte de tuyau d’arrosage mou et gonflé que vous traînez derrière le navire, immédiatement sous la surface de l’eau, tandis que tous nos appareils d’écoute y sont fixés. Il faut environ de 12 à 16 heures pour sortir et équilibrer cet équipement. Et lorsque le processus se met en branle, si tout finit par bien aller, tout se déroule comme sur des roulettes. Toutes les 15 ou 20 secondes, vous entendez un coup et un autre et ainsi de suite. Et chaque fois que vous entendez un coup, un signal sonore est émis et enregistré. Il y a des gens qui coupent les lignes. Dans les laboratoires informatiques, des personnes surveillent les données au fur et à mesure qu’elles entrent. Il faut surveiller les niveaux de bruit et observer les niveaux de fréquence pour s’assurer que tout fonctionne comme il se doit.

Dans l’Arctique, personne ne faisait la même chose que nous sur le Louis. Cet équipement sismique a été mis au point ici, dans cet édifice, par des gens d’ici, avant d’être adopté par d’autres pays. Les Norvégiens utilisent maintenant un système tout à fait identique sur leurs navires de recherche océanographique.

Il m’est arrivé de dire à mes amis : « Je viens d’agrandir légèrement notre pays aujourd’hui. Et vous, qu’avez-vous fait? » La sensation est agréable. Le fait que notre travail ait consisté à étendre légèrement notre souveraineté est, en réalité, passablement excitant.

Ce projet m’a permis, entre autres, de mettre plus à profit mes connaissances scientifiques. Lorsque je suis arrivé, je travaillais plutôt comme technicien. Cependant, mes périples en mer et la collecte de données scientifiques m’ont permis, à mon retour, de participer au traitement des données sismiques. Maintenant, je m’affaire vraiment à étudier l’histoire stratigraphique de la marge et à rédiger des documents scientifiques. C’est vraiment captivant. C’est une chose que je n’avais jamais faite et que je n’avais jamais vraiment cru avoir l’occasion de faire.

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