Patrick Potter

Géophysicien
Ressources naturelles Canada

Découvrez le travail dans un camp installé sur la glace pour l'étude de réflexion sismique sur la dorsale Alpha, les effets des conditions météorologiques arctiques, et comment on construit un igloo.

Transcription

Il est difficile de décrire la sensation de paix et la beauté robuste de cet endroit. Le travail dans un camp d’observation des glaces permet évidemment de vivre une expérience unique. Je ne l’avais jamais fait auparavant. La vie est magique ici sur la glace.

Lorsque je suis arrivé au camp pour la première fois, il ventait légèrement et je ne m’y étais pas préparé. Je portais mes lunettes et mon chapeau de fourrure et je croyais être prêt. En moins de dix secondes environ, mon nez était gelé, de sorte que je me suis rué vers la tente la plus près pour le réchauffer. Maintenant, dès qu’il fait froid et qu’il vente, je peux sentir mon nez qui me dit : « Souviens-toi de ce moment au camp de glace, mon premier moment au camp. » Ce souvenir est resté gravé dans ma mémoire.

Ma participation au projet de l’UNCLOS consistait à lever la réfraction de la dorsale Alpha qui avait pour but de sonder le sous-sol sous la dorsale afin d’examiner la structure pour déterminer si elle fait vraiment partie de la masse terrestre du Canada.

Il nous est impossible de nous rendre à cet endroit pour examiner les couches sous la surface. Nous devons employer des moyens géophysiques et la réfraction sismique est l’une des meilleures façons de procéder. Cette méthode est comparable à un ultrason, c’est-à-dire que nous envoyons une énergie acoustique sous la surface pour capter le retour d’énergie qui nous informe sur les couches qu’elle vient de parcourir.

L’étape initiale du travail s’est déroulée à la station météorologique d’Eureka. Lorsque les conditions furent appropriées, nous avons entrepris de travailler à partir d’un camp d’observation des glaces situé au nord de l’île d’Ellesmere. Nous disposions de 3 équipes et de 110 instruments à mettre en ligne sur une distance de plus de 100 kilomètres.

Je crois que le souvenir le plus mémorable que j’ai gardé du programme de la dorsale Alpha n’a en réalité rien à voir avec le travail que nous avions à réaliser. Il concerne un événement qui est survenu la toute dernière journée au camp. Nous étions quelques-uns dans une tente, et Tom et Randy, des observateurs de la faune de Grise Fiord, se trouvaient avec nous. Nous bavardions de choses et d’autres, comme la vie dans le Nord. Un moment donné, nous avons demandé à Tom de nous parler des igloos, s’il avait déjà construit un igloo et s’il savait comment construire un igloo. Il s’est emparé d’une scie à main dans la remise et nous a montré comment couper des blocs pour construire un igloo. En deux temps trois mouvements, une douzaine de gars du Sud se sont mis à scier des blocs et Tom a construit un igloo. Nous avons tous passé un certain temps à l’intérieur et ce fut là tout un cadeau de départ avant notre retour à la maison. Il s’agit là d’un souvenir que je garderai précieusement à tout jamais.

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