Surveillance et recherche environnementales

Tendances temporelles des contaminants dans les œufs des oiseaux de mer de l’Arctique

Chef du projet

Birgit Braune, Environnement et Changement Climatique Canada (EC), Centre national de la recherche faunique, Université Carleton, Ottawa
Tél. : (613) 998-6694; téléc. : (613) 998-0458; Courriel : birgit.braune@ec.gc.ca

Équipe du projet

A. Idrissi, G. Savard, R. Letcher, P. Smith, G. Gilchrist, A. Black, Environnement et Changement Climatique Canada/Sciences et technologie (S-T), Ottawa; KM. Mallory; Département de biologie, Université Acadia, Wolfville; K. Elliot, Université McGill, Montréal

Durée du projet : continu


Sommaire du projet (2016-2017)

Depuis 1975, on surveille les concentrations de contaminants dans les œufs d’oiseaux de mer recueillis sur l’île Prince Leopold, dans l’Extrême‑Arctique canadien. Ce programme de recherche est désormais le plus ancien programme en activité de surveillance des contaminants dans les œufs d’oiseaux de mer dans le Nord circumpolaire. Un échantillonnage d’œufs de Guillemots de Brünnich a été lancé en 1993 à l’île Coats dans le nord de la baie d’Hudson, à des fins de comparaison. On a ainsi documenté la baisse des concentrations de la plupart des composés organochlorés traditionnels, par exemple les biphényles polychlorés (BPC) ou le dichloro‑diphényl‑trichloroéthane (DDT), ainsi que des dioxines et des furannes, tandis que les concentrations de contaminants tels que les carboxylates perfluorés et le mercure étaient en augmentation. Toutefois, il est possible que ces tendances de concentrations de contaminants soient en cours d’évolution en raison du changement climatique et des variations des régimes alimentaires des oiseaux qui en découlent. Tout au long de l’année 2015, on a étudié les relations entre le changement climatique et les tendances en matière de concentration de contaminants dans les œufs d’oiseaux de mer sur l’île Prince Leopold. La surveillance annuelle des œufs d’oiseaux de mer, Guillemots de Brünnich et Fulmars boréaux, sur l’île Prince Leopold et sur l’île Coats a permis d’améliorer l’efficacité statistique des séries chronologiques existantes. Cependant, bien que les priorités et le plan stratégique du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord prévoient la poursuite d’un échantillonnage annuel au sein des deux colonies, le Comité de cogestion des aires protégées de Sulukvait a manifesté son inquiétude concernant ce projet de recherche sur l’île Prince Leopold. En réaction, Environnement et Changement climatique Canada a intensifié sa communication sur la pertinence et l’importance des données et des renseignements produits par ce programme de terrain.

 


Synopsis (2015-16)

Résumé

Les contaminants dans les œufs d’oiseaux de mer de l’Arctique font l’objet d’une surveillance, car ils constituent un indice de la contamination des écosystèmes marins de l’Arctique. On recueille des œufs de guillemots de Brünnich et de fulmars boréaux à l’île Prince Leopold, dans l’Extrême-Arctique canadien, depuis 1975 et assure une surveillance des œufs de guillemots de Brünnich à l’île Coats, dans le nord de la baie d’Hudson, depuis 1993. Les différences dans les concentrations de contaminants dans les œufs de guillemots de Brünnich de l’île Coats et à proximité de l’île Digges laissent entendre que les résultats pour ces deux colonies pourraient ne pas être totalement interchangeables. Les concentrations de mercure total dans les œufs de guillemots de Brünnich et de fulmars boréaux sur l’île Prince Leopold ont augmenté durant les années 1970 et 1980, et plafonnent actuellement. Les changements climatiques semblent avoir un effet léger, mais notable, sur les concentrations de contaminants des œufs d’oiseaux de mer. Les concentrations de contaminants organochlorés dans les œufs d’oiseaux de mer de l’Arctique ont augmenté en harmonie avec les conditions d’oscillation nord-atlantique et arctique estivales de plus en plus positives, ce qui laisse présager une hausse des concentrations de contaminants dans les œufs des oiseaux de mer si ces conditions se font plus prévalentes dans l’avenir. Voilà qui pourrait entraîner des conséquences importantes pour l’interprétation future des tendances temporelles liées aux contaminants en tant que mesure de l’efficacité des ententes internationales portant sur la réduction des émissions.

Messages clés 

  • Les différences dans les concentrations de contaminants dans les œufs de guillemots de Brünnich de l’île Coats et à proximité de l’île Digges laissent entendre que les résultats pour ces deux colonies pourraient ne pas être totalement interchangeables.
  • Les concentrations de mercure total dans les œufs de guillemots de Brünnich et de fulmars boréaux sur l’île Prince Leopold ont augmenté durant les années 1970 et 1980, et plafonnent actuellement.
  • Les changements climatiques semblent avoir un effet interannuel léger, mais notable, sur les concentrations de contaminants des œufs d’oiseaux de mer.
  • Voilà qui pourrait entraîner des conséquences importantes pour l’interprétation future des tendances temporelles liées aux contaminants en tant que mesure de l’efficacité des ententes internationales portant sur la réduction des émissions.

 


Synopsis (2014-15)

Résumé

On surveille les concentrations de contaminants dans les œufs des oiseaux marins en Arctique à titre d’indice de contamination des écosystèmes marins de l’Arctique. On recueille des œufs de guillemots de Brünnich et de fulmars boréaux à l’île Prince Leopold, dans l’Extrême-Arctique canadien, depuis 1975 et assure une surveillance des œufs de guillemots de Brünnich à l’île Coats, dans le nord de la baie d’Hudson, depuis 1993. Depuis 1995, les concentrations d’organochlorés hérités du passé diminuent dans les œufs des guillemots de Brünnich et des fulmars boréaux de l’île Prince Leopold et il en va de même pour les quantités de naphtalènes polychlorés (NPC) présentes dans les œufs des guillemots de Brünnich de l’île Prince Leopold. En revanche, les concentrations de mercure total ont augmenté, et les niveaux de polybromodiphényléthers (PBDE) ont augmenté entre 1975 et 2003 dans les œufs des guillemots et des fulmars, pour ensuite diminuer rapidement. Les concentrations de certains composés perfluorés dans les œufs des guillemots et des fulmars ont également diminué au cours des dernières années. Les oiseaux marins de l’Arctique restent de bons indicateurs des changements dans l’exposition aux contaminants au sein des écosystèmes marins de l’Arctique.

Messages clés

  • Les concentrations d’organochlorés hérités du passé ont diminué depuis 1975 dans les œufs de deux espèces d’oiseaux marins de l’Arctique, le guillemot de Brünnich et le fulmar boréal, à l’île Prince Leopold.
  • Entre 1975 et 2014, les concentrations de NPC ont également diminué dans les œufs des guillemots de Brünnich de l’île Prince Leopold.
  • Les quantités de PBDE ont augmenté entre 1975 et 2003 dans les œufs des guillemots et des fulmars, pour ensuite diminuer rapidement.
  • Les concentrations de certains composés perfluorés dans les œufs des guillemots et des fulmars ont également diminué au cours des dernières années.

 


 

Synopsis (2013-2014)

Résumé

On surveille les concentrations de contaminants dans les œufs des oiseaux de mer en Arctique comme indice de contamination des écosystèmes marins de l’Arctique. On recueille des œufs de trois espèces d’oiseaux de mer (guillemot de Brünnich, fulmar boréal et mouette tridactyle) à l’île Prince Leopold, dans le Haut-Arctique canadien, depuis 1975. À des fins de comparaison, on surveille également les concentrations de contaminants dans les œufs de guillemots de Brünnich à l’île Coats, dans le nord de la baie d’Hudson, depuis 1993, ainsi que chez deux autres espèces (guillemot à miroir et goéland bourgmestre) à l’île Prince Leopold. On a noté une différence significative entre les concentrations de mercure total dans les œufs enregistrées chez les cinq espèces surveillées ayant nidifié à l’île Prince Leopold en 2013, les plus fortes concentrations ayant été mesurées dans les œufs de goélands bourgmestres, et les plus faibles, dans les œufs de mouettes tridactyles. Les concentrations de dioxines (PCDD) et de furanes (PCDF) ont diminué dans les œufs des guillemots de Brünnich et des fulmars à l’île Prince Leopold depuis 1975, tandis que les concentrations de mercure total ont augmenté.

Messages clés

  • Les concentrations de dioxines et de furanes ont diminué depuis 1975 dans les œufs de deux espèces d’oiseaux de mer de l’Arctique, le guillemot de Brünnich et le fulmar boréal, à l’île Prince Leopold.
  • Les concentrations de mercure total (Hg) ont augmenté de manière significative depuis 1975 dans les œufs de ces mêmes deux espèces à l’île Prince Leopold, de fortes hausses ayant été enregistrées dans les années 1970 et 1980.
  • On a noté des différences interspécifiques significatives en ce qui concerne les concentrations de mercure total dans les œufs de cinq espèces ayant nidifié à l’île Prince Leopold en 2013, les plus fortes concentrations ayant été mesurées dans les œufs de goélands bourgmestres, et les plus faibles, dans les œufs de mouettes tridactyles

Photo : B. Braune

Photo : B. Braune

Photo : G. Gilchrist (EC)

Photo : G. Gilchrist (EC)


Synopsis (2012-2013) 

Les contaminants dans les oeufs d’oiseaux de mer de l’Arctique font l’objet d’une surveillance, car ils constituent un indice de la contamination des écosystèmes marins de l’Arctique. Des oeufs de trois espèces d’oiseaux de mer (Guillemot de Brünnich, Fulmar boréal et Mouette tridactyle) ont été recueillis sur l’île Prince Leopold, dans l’Extrême Arctique canadien, depuis 1975. À des fins de comparaison, nous surveillons aussi les oeufs de Guillemot de Brünnich sur l’île Coats, dans le nord de la baie d’Hudson, depuis 1993. Dans le but d’étudier la variation interannuelle des séries de données sur les tendances temporelles, nous avons effectué, depuis 2005, des collectes annuelles d’oeufs de deux espèces d’oiseaux de mer (Guillemot de Brünnich et Fulmar boréal) sur l’île Prince Leopold. Les concentrations de la plupart des organochlorés légués du passé (p. ex. les BPC, le DDE) ainsi que celles des dioxines (les PCDD) et des furanes (les PCDF) détectées dans les deux espèces de l’île Prince Leopold ont diminué depuis 1975, alors que les concentrations de mercure total et d’acides perfluorocarboxyliques ont augmenté. Les concentrations des polybromodiphényléthers (PBDE), un groupe de produits ignifuges bromés, ont augmenté de 1975 à 2003 et semblent maintenant être en train de diminuer chez les deux espèces.

Messages clés

  • Les concentrations d’organochlorés légués du passé (p. ex. les BPC, le DDT, les chlordanes, les chlorobenzènes) ainsi que les concentrations de dioxines et de furanes ont diminué depuis 1975 dans les oeufs de deux espèces d’oiseaux de mer de l’Arctique, le Guillemot de Brünnich et le Fulmar boréal, sur l’île Prince Leopold.
  • Les concentrations de mercure total (Hg) et des carboxylates perfluorés (PBDE) ont considérablement augmenté depuis 1975 dans les oeufs de ces deux espèces d’oiseaux de mer de l’Arctique, dans l’île Prince Leopold.
  • Les concentrations des polybromodiphényléthers (PBDE), un groupe de produits ignifuges bromés, ont augmenté de 1975 à 2003 et semblent maintenant être en train de diminuer chez les deux espèces.

Photo : B. Braune

Photo : B. Braune

Photo : B. Braune

Photo : B. Braune

 

Photo : B. Braune (EC)

Photo : B. Braune

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Étude horizontale de la sensibilité écosystémique à la bioaccumulation de méthylmercure dans les eaux douces de l’Arctique

Directeurs du projet  

John Chételat, Environnement Canada (EC), Ottawa, Ontario
Tél. : 613-91-9835, courriel : john.chetelat@ec.gc.ca                 

Murray Richardson, Université Carleton, Ottawa, Ontario

Tél. : 613-520-2600 poste 2574; courriel : murray_richardson@carleton.ca

Équipe de projet

Holger Hintelmann, Université Trent; Gwyneth MacMillan, Marc Amyot, Université de Montréal; Doug Crump, EC; Jamal Shirley, Institut de recherche du Nunavut; Steven Lonsdale, Iqaluit; Derek Muir, EC; Günter Köck, Académie des sciences de l’Autriche; Paul Drevnick, Université du Michigan

Régions nordiques visées par l’étude : Canada’s Arctic Regions

Durée du projet : 2012-2015


Synopsis (2014-15)

Résumé

Le mercure (Hg) est l’un des contaminants prioritaires du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord (PLCN) en raison de sa prévalence dans l’Arctique et des fortes concentrations observées dans certains aliments traditionnels. Le principal objectif du projet est d’étudier l’incidence du climat sur la bioaccumulation du méthylmercure (MeHg) dans les lacs de l’Arctique. Le protocole d’étude prévoyait la comparaison de la bioaccumulation du MeHg dans trois régions situées le long d’un gradient latitudinal, et ce dans des types d’écosystèmes l’Arctique canadien qui sont régulés par le climat, à savoir la taïga subarctique (Kuujjuaraapik, 2012) et le désert polaire (Resolute Bay, 2014). On a étudié des aspects clés de la bioaccumulation du MeHg – la biodisponibilité du MeHg dans les réseaux trophiques benthiques ainsi que le taux de croissance des organismes – de même que l’incidence des caractéristiques des bassins hydrographiques sur le transport du Hg et du carbone organique vers les lacs. Les résultats préliminaires obtenus laissent supposer que le climat pourrait avoir un effet marqué sur la sensibilité au Hg des écosystèmes des lacs du Nord, et cela par l’intermédiaire de processus s’opérant dans les bassins hydrographiques, de l’hydrologie des lacs et des facteurs limitant la croissance des poissons.

Messages clés

·         Plus le degré de latitude sur le gradient des lacs étudiés était faible, plus les concentrations de mercure dans les eaux lacustres diminuaient.

·         On a observé une corrélation négative entre les concentrations de Hg dans l’eau et la période de rétention de l’eau, ce qui reflète l’importance de la taille du bassin hydrographique, de la morphométrie du lac et du climat régional (écoulement annuel moyen).

·         Il existe un lien entre les concentrations moyennes de MeHg dans les muscles des ombles de fontaine et des ombles chevaliers dulcicoles et les concentrations de MeHg dans l’eau et l’âge des poissons. La faible croissance et l’âge plus avancé des ombles chevaliers ont eu pour effet d’augmenter les concentrations de MeHg, et ce même chez les individus vivant dans les lacs dont l’exposition au MeHg est faible.


 

Sommaire du projet (2013-2014)

Résumé

Le mercure est un contaminant prioritaire dans le cadre du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord (PLCN) en raison de son caractère répandu dans l’Arctique et des fortes concentrations de cet élément présentes chez certaines espèces traditionnellement utilisées à des fins alimentaires. Le principal objectif du présent projet est d’examiner l’incidence du climat sur la bioaccumulation du méthylmercure (MeHg) dans les lacs de l’Arctique. Le protocole d’étude prévoyait la comparaison de la bioaccumulation du MeHg dans trois régions situées le long d’un gradient latitudinal dans des types d’écosystèmes régulés par le climat, dans l’Arctique canadien, à savoir la taïga subarctique (Kuujjuaraapik), la toundra arctique (Iqaluit) et le désert polaire (Resolute Bay). Pendant la deuxième année du projet (2013-2014), on a travaillé en partenariat avec l’Institut de recherche du Nunavut pour mener à bien un programme de terrain à Iqaluit. On a étudié des aspects clés de la bioaccumulation du MeHg – la biodisponibilité du MeHg dans les réseaux trophiques benthiques ainsi que le taux de croissance des organismes – de même que l’incidence des caractéristiques des bassins hydrographiques sur le transport du mercure et du carbone organique vers les lacs. Les résultats préliminaires obtenus laissent supposer que le climat pourrait avoir un effet marqué sur la sensibilité des écosystèmes au mercure dans les lacs du Nord, cela par l’intermédiaire de processus en jeu dans les bassins hydrographiques, de l’hydrologie des lacs et des facteurs limitant la croissance des poissons. On comparera les renseignements sur le cycle du mercure dans les lacs de la région subarctique et de la toundra avec les données sur les lacs dans le désert polaire étudiés en 2014 afin de valider l’analyse de l’incidence du climat sur la bioaccumulation du MeHg dans les réseaux trophiques aquatiques de l’est de l’Arctique.

Messages clés

  • Le carbone organique dissous était un facteur important pour expliquer les différences entre les concentrations de mercure total dans les eaux de surface étudiées dans la taïga subarctique (Kuujjuaraapik) et ces concentrations dans les eaux de surface étudiées dans la toundra arctique (Iqaluit), mais pas pour expliquer les différences au sein de chaque région étudiée.
  • Les concentrations de MeHg dans les eaux de surface sont en forte corrélation positive avec les concentrations de mercure total (HgT), ce qui suppose une forte régulation de l’approvisionnement en mercure inorganique.
  • Les concentrations de HgT et de MeHg dans les eaux de surface décroissaient de manière logarithmique en fonction du temps de séjour dans le lac, ce qui semble indiquer que la transformation du HgT et du MeHg dans les lacs pourrait réduire les concentrations ambiantes de ces produits.
  • Les concentrations de MeHg biodisponible dans les sédiments (mesurées à partir du gradient de diffusion dans des échantillonneurs sur couche mince) étaient, en moyenne, similaires dans les régions subarctiques et arctiques étudiées.
  • Les concentrations de MeHg dans la colonne d’eau expliquaient la moitié de la variation de la bioaccumulation de MeHg dans le zooplancton des lacs subarctiques et arctiques.
  • Chez des ombles chevaliers provenant de lacs de l’Arctique, on a mesuré des concentrations de HgT similaires ou supérieures à celles enregistrées chez des ombles de fontaine provenant de lacs subarctiques exposés à des concentrations de MeHg plus fortes dans l’eau.

 

Le mercure est l’un des contaminants prioritaires du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord (PLCN) en raison de sa prévalence dans l’Arctique et des fortes concentrations observées dans certains aliments traditionnels. Le principal objectif du présent projet est d’étudier l’incidence du climat sur la bioaccumulation du méthylmercure (MeHg) dans les lacs de l’Arctique. Le plan d’étude comprend une comparaison entre la bioaccumulation de MeHg dans trois zones d’étude représentant différents types d’écosystèmes de l’Arctique canadien, notamment la taïga subarctique (à Kuujjuarapik), la toundra arctique (à Iqaluit) et le désert polaire (à Resolute Bay). À partir de travaux menés à Kuujjuarapik en 2012, des travaux sur le terrain seront menés dans les sites représentant la toundra, à proximité d’Iqaluit. Dans chaque plan d’eau, nous examinerons les principaux aspects de la bioaccumulation du MeHg, dont la biodisponibilité du MeHg dans les réseaux trophiques benthiques et les taux de croissance des organismes, et la façon dont les caractéristiques des bassins versants influent sur le transport du Hg et du carbone organique vers les lacs. Pour ce faire, nous collaborerons avec des organismes locaux de chaque zone d’étude (p. ex. Institut de recherche du Nunavut, association des chasseurs et des trappeurs d’Amarok) aux travaux sur le terrain, et nous fournirons à ces organismes des données sur les concentrations de mercure chez les poissons locaux. De plus, nous mettrons au point un modèle conceptuel des processus qui ont une incidence sur l’exposition au MeHg des poissons d’eau douce de l’Arctique. Ces renseignements sont essentiels pour comprendre comment les changements climatiques influent sur les tendances temporelles et géographiques de la bioaccumulation du Hg chez les poissons surveillés dans le cadre du PLCN.

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Synopsis (2012-2013) 

Le mercure est un contaminant d’intérêt prioritaire du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord en raison de sa prévalence dans l’Arctique et de sa teneur élevée dans certaines espèces constituant des aliments traditionnels. Le principal objectif du projet est d’étudier la façon dont le climat joue sur la bioaccumulation de méthylmercure (MeHg) dans les lacs de l’Arctique. Le plan d’étude prévoit une comparaison de la bioaccumulation de MeHg dans trois zones situées le long d’un gradient latitudinal dans des types d’écosystème à climat défini de l’Arctique canadien, plus précisément la taïga subarctique (Kuujjuaraapik), la toundra arctique (Iqaluit ) et le désert polaire (Resolute Bay). Durant la première année du projet, nous avons travaillé en partenariat avec la Sakkuq Landholding Corporation pour réaliser un programme sur le terrain à Kuujjuaraapik (Nunavik). Nous avons étudié des aspects clés de la bioaccumulation de MeHg, soit la biodisponibilité du MeHg dans les réseaux trophiques du milieu benthique et le taux de croissance des organismes, de même que la façon dont les caractéristiques du bassin versant influent sur le transport du mercure et du carbone organique vers les lacs. Nos résultats préliminaires montrent que les processus à l’oeuvre dans le bassin versant, l’apport en MeHg dans les réseaux trophiques, le transfert trophique, la taxonomie des invertébrés et le taux de croissance contribuent à la bioaccumulation de MeHg dans les lacs subarctiques. Au cours des deux prochaines années, nous comparerons la caractérisation détaillée du cycle du mercure dans ces systèmes avec celle de sites situés sous plus haute latitude afin de cerner l’influence du climat sur la bioaccumulation de MeHg dans les réseaux alimentaires aquatiques de l’Arctique de l’Est.

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Messages clés

  • Dans ce paysage subarctique, la morphométrie du bassin versant est un solide prédicteur de la chimie de l’eau et de l’accumulation de MeHg dans l’eau des lacs et dans le biote.
  • La concentration de MeHg biodisponible dans les sédiments (mesurée au moyen d’échantillons spécialisés) suggère que les sites à l’étude n’ont pas tous la même capacité à transformer le mercure en méthylmercure.
  • Certains invertébrés aquatiques, comme la Daphnia (communément appelée puce d’eau douce), qui se nourrissent par filtration, peuvent bioaccumuler de fortes concentrations de MeHg.
  • La concentration totale de mercure dans les tissus musculaires de l’omble de fontaine dépend de la position trophique du poisson et de l’apport de MeHg vers le réseau trophique. Les concentrations relevées étaient inférieures à la valeur recommandée par Santé Canada pour la consommation humaine, qui se situe à 0,5 g g-1 poids humide.
  • La teneur en ARN des tissus musculaires de l’omble de fontaine diminue avec la taille du poisson, ce qui indique un taux de croissance plus lent chez les gros poissons. La teneur en ARN servira à comparer le taux de croissance des poissons des régions arctiques à l’étude dans les prochaines années du projet

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Effets du réchauffement climatique sur la dynamique du mercure dans les lacs de l’Extrême-Arctique

Directeur du projet

Paul Drevnick, Université du Québec

Tél. : 734-763 6280; courriel : drevnick@umich.edu

Équipe du projet

Karista Hudelson, Institut national de la recherche scientifique – Centre Eau Terre Environnement (INRS-ETE); Joeffrey Okalik, Collège de l’Arctique du Nunavut; Debbie Iqaluk, Resolute Bay; Derek Muir, Environnement Canada (EC); Günter Köck, Académie des sciences de l’Autriche et Université d’Innsbruck

Régions nordiques visées par l’étude : Canada’s Arctic

Durée du projet : 2013-2015


Synopsis (2014-15)

Résumé

Le mercure (Hg) émis dans l’atmosphère résulte de l’activité humaine, et ce, principalement dans les régions tempérées, et il est transporté par les vents dominants jusqu’en Arctique. Dans les lacs (et d’autres écosystèmes aquatiques), les microbes transforment le Hg en méthylmercure (MeHg), lequel s’accumule dans les réseaux trophiques, entraînant ainsi des concentrations élevées chez les poissons. La consommation de poissons contaminés est la principale source d’exposition au Hg chez les humains et les animaux sauvages, et s’avère néfaste pour leur santé. Dans le cadre d’un programme de surveillance de l’omble parrainé par le Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord (PLCN), on a recueilli des ombles chevaliers (Salvelinus alpinus) dulcicoles dans des lacs près de Resolute Bay, au Nunavut, et ce, sur une base annuelle et pendant plus de 15 ans. Seule espèce de poisson vivant dans les lacs arctiques qui sont perturbés par les contaminants atmosphériques, les ombles chevaliers constituent de bons indicateurs des changements dans les apports atmosphériques de Hg. Les concentrations de Hg chez les ombles de différents lacs reflètent les apports atmosphériques, et dépassent souvent la valeur que Santé Canada considère comme étant sans danger dans l’optique d’une consommation à des fins de subsistance. Au cours de la période d’échantillonnage, il n’y a eu ni augmentation, ni diminution constante. On a cependant noté qu’un déclin aurait pu s’amorcer après 2015. Il est intéressant de noter que les concentrations de Hg chez les ombles ont tendance à suivre les fluctuations interannuelles de la température de l’air pendant l’été, un phénomène que l’on a aussi observé dans le sud-ouest du Groenland. La présente étude visait principalement à élucider le lien entre le Hg et la température. Selon les résultats préliminaires obtenus dans le cadre des activités de surveillance des lacs, la température fait augmenter la production de MeHg dans les sédiments, et on peut donc supposer que cet effet entraîne un accroissement des concentrations de MeHg dans les sédiments, chez les insectes vivant dans les sédiments (chironomes) et chez les ombles se nourrissant de ces insectes. De 2013 à 2015, on a étudié de manière intensive la température de l’eau et la dynamique du MeHg dans quatre lacs près de Resolute Bay. La bonne mise en œuvre des travaux sur le terrain dépend de l’aide des membres de la collectivité de Resolute Bay. Nous jumellerons les résultats de la présente étude aux données tirées de la surveillance des ombles chevaliers dans un modèle de bioaccumulation, et ce, afin de mieux comprendre et prévoir l’incidence des sources changeantes de Hg et des changements climatiques sur l’accumulation de Hg, ainsi que les risques connexes pour la santé des écosystèmes au fil du temps.

Messages clés

·         On a installé des enregistreurs de données sur la température à différentes profondeurs dans quatre lacs (Char, Meretta, Resolute et Small) près de Resolute Bay, au Nunavut.

·         Par rapport au passé, la saison des eaux libres à ces lacs est plus longue, et les températures sont plus élevées pendant cette période.

·         On effectue des recherches afin de comprendre les effets du réchauffement de l’eau sur la méthylation nette du Hg et sur la bioaccumulation du MeHg dans les réseaux trophiques lacustres – y compris chez les poissons.

·         Bien que les travaux sur le terrain à exécuter dans le cadre de ce projet soient terminés, on a réinstallé des enregistreurs de données sur la température dans les lacs afin de poursuivre la collecte de données. De plus, on continue d’effectuer des analyses en laboratoire.

 


 

Sommaire du projet (2013-2014)

Résumé

Le mercure (Hg) est émis dans l’atmosphère par les activités humaines, principalement dans les régions tempérées, et il est transporté par les vents dominants jusqu’en Arctique. Dans les lacs (et d’autres écosystèmes aquatiques), les microorganismes transforment le Hg en méthylmercure (MeHg), lequel se bioaccumule dans les réseaux trophiques, ce qui peut entraîner la présence de concentrations élevées chez les poissons. La consommation de poissons contaminés peut constituer une source importante de Hg pour les humains et les espèces sauvages, et elle est néfaste pour la santé. Dans le cadre d’un programme de surveillance de l’omble parrainé par le Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord, on a recueilli des ombles chevaliers (Salvelinus alpinus) confinés aux eaux intérieures dans des lacs près de Resolute Bay, au Nunavut, sur une base annuelle pendant plus de 15 ans. Ces ombles sont de bons indicateurs des fluctuations des apports de Hg en provenance de l’atmosphère. Les concentrations de Hg dans les ombles des différents lacs reflètent les apports atmosphériques, et dépassent souvent la valeur que Santé Canada considère comme sans danger dans l’optique d’une consommation à des fins de subsistance. Sur la période d’échantillonnage, on n’a noté aucune hausse ou baisse constante au fil du temps, ce qui indique peut-être que les apports atmosphériques se stabilisent avec le temps. Il est intéressant de noter que les concentrations de Hg chez les ombles ont tendance à suivre les fluctuations interannuelles de la température de l’air pendant l’été, un phénomène que l’on a aussi observé dans le sud-ouest du Groenland. La présente étude visait principalement à élucider le lien entre le Hg et la température. Selon les résultats préliminaires provenant des lacs ayant fait l’objet d’une surveillance, la température fait augmenter la production de MeHg dans les sédiments, et on peut donc supposer que cet effet entraîne un accroissement des concentrations de MeHg dans les sédiments, chez les insectes vivant dans les sédiments (chironomes) et chez les ombles se nourrissant de ces insectes. De 2013 à 2015, on a étudié de manière intensive la température de l’eau et la dynamique du MeHg dans quatre lacs près de Resolute Bay. Les travaux sur le terrain dépendent de l’aide des membres de la collectivité de Resolute Bay. On soumettra les résultats de cette étude et les données de surveillance des ombles à un modèle de la bioaccumulation à des fins de couplage, cela pour mieux comprendre et prédire l’effet des variations des sources de Hg ainsi que du changement climatique sur l’accumulation de Hg et sur les risques connexes pour la santé des écosystèmes au fil du temps.

 

Messages clés

  • On a installé des enregistreurs de données sur la température à diverses profondeurs dans quatre lacs (Char, Meretta, Resolute, Small) près de Resolute Bay, au Nunavut.
  • Par rapport au passé, la saison des eaux libres à ces lacs est plus longue, et les températures sont plus élevées pendant cette période.
  • On effectue des recherches pour comprendre les effets du réchauffement de l’eau sur la méthylation nette du Hg et sur la bioaccumulation du MeHg dans les réseaux trophiques lacustres – y compris chez les poissons.
  • La cueillette de données et les analyses en laboratoire sont en cours.

 

Le mercure (Hg) est rejeté dans l’atmosphère par les activités humaines et transporté vers l’Arctique par les vents dominants. Dans les lacs (et d’autres écosystèmes aquatiques), les microbes transforment le Hg en méthylmercure (MeHg), lequel s’accumule dans les réseaux trophiques, entraînant ainsi des concentrations élevées chez les poissons. La consommation de poissons contaminés peut constituer une source de Hg chez les êtres humains et la faune. Pendant plus de 15 ans, nous avons recueilli annuellement des ombles chevaliers (Salvelinus alpinus) confinés dans des lacs à proximité de Resolute Bay, au Nunavut. En tant que seule espèce de poisson vivant dans les lacs arctiques, qui sont perturbés par les contaminants atmosphériques, les ombles chevaliers constituent de bons indicateurs des changements des apports atmosphériques de Hg. Les concentrations de Hg chez les ombles chevaliers vivant dans des lacs reflètent les apports atmosphériques et peuvent dépasser celles jugées sécuritaires par Santé Canada pour la consommation de subsistance. Au cours de la période d’échantillonnage, il n’y a eu ni augmentation ni diminution constante, ce qui révèle peut‑être une stabilisation des apports atmosphériques au fil du temps.

Dans le cadre de la présente étude, nous mettrons l’accent sur la compréhension des relations entre le Hg et la température. Nous disposons de données préliminaires provenant de nos travaux de surveillance dans les lacs, qui indiquent que la hausse des températures accroît la production de MeHg dans les sédiments. Nous émettons donc l’hypothèse voulant que cet effet augmente les concentrations de MeHg dans les sédiments, chez les insectes qui vivent dans les sédiments et chez les ombles chevaliers qui se nourrissent de ces insectes. Au cours de 2013‑2014, nous étudierons la température de l’eau et la dynamique du MeHg dans quatre lacs à proximité de Resolute Bay. Les travaux sur le terrain dépendront de l’aide obtenue auprès des résidents de cette collectivité. Nous jumellerons les résultats de la présente étude aux données tirées de la surveillance des ombles chevaliers dans un modèle de bioaccumulation afin de mieux comprendre et prévoir l’incidence des sources changeantes de Hg et des changements climatiques sur l’accumulation de Hg ainsi que les risques connexes pour la santé des écosystèmes au fil du temps.

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Programme de surveillance des contaminants dans le caribou de l’Arctique

Chef du projet

Mary Gamberg, Gamberg Consulting, Whitehorse, Yukon
tél. : (867) 334-3360; Courriel :mary.gamberg@gmail.com

Équipe du projet

Mike Suitor and Martin Kienzler, Gouvernement de Yukon; Brett Elkin, Gouvernement des Territoires de Nord-Ouest; Mitch Campbell, Departement de l’Environnement, Gouvernement de Nunavut; Organization des chasseurs et trappeurs de Arviat; Organisation des chasseurs et trappeurs de Amarok; Daryl Hedman, Gouvernement de Manitoba; Xiaowa Wang and Derek Muir, Environment and Climate Change Canada

Durée du projet : continu


Sommaire du projet (2016-2017)

On mesurera les concentrations de contaminants chez le caribou de l’Arctique canadien afin de déterminer si ces populations sont toujours en bonne santé sur ce plan, si elles continuent donc à représenter un choix alimentaire sûr pour les populations humaines du Nord et si ces concentrations évoluent au fil du temps. Des études antérieures ont montré que les concentrations en cadmium et en mercure dans les foies des caribous du Nord circumpolaire étaient plus importantes que chez les animaux domestiques élevés pour la consommation alimentaire, ce qui a déclenché un avis sanitaire des Yukon Health and Social Services. Le projet prévoit de surveiller annuellement deux troupeaux de caribous : « Porcupine » au Yukon et « Qamanirjuaq » au Nunavut. Lors de l’année qui vient, c’est‑à‑dire en 2016‑2017, on surveillera deux troupeaux supplémentaires : « île de Baffin » et « Ahiak ». On prélèvera des tissus de reins de vingt caribous pour y détecter 34 éléments, dont l’arsenic, le cadmium, le plomb et le mercure, et en déterminer les concentrations. On effectuera également des prélèvements sur les foies des animaux pour détecter un composé bromé et deux composés fluorés ayant été trouvés dans le passé chez le caribou et en déterminer les concentrations. La surveillance des populations dans l’est et l’ouest de l’Arctique permettra une meilleure appréhension de la répartition des contaminants dans l’Arctique et de la variabilité des charges de contaminants entre les troupeaux.

 


Synopsis (2015-2016)

Résumé

Ce projet vise à étudier les concentrations de contaminants chez les caribous de l’Arctique canadien afin de déterminer si ces populations demeurent en santé (en ce qui concerne les niveaux de contaminants), si cette ressource alimentaire importante continue d’être une source de nourriture saine et sécuritaire pour les résidants du Nord, et si les concentrations de contaminants évoluent au fil du temps. En 2015-2016, des échantillons ont été prélevés sur 18 caribous de Pocupine, 19 de Qamanirjuaq, 13 de Dolphin-et-Union et 20 de Bluenose East. Leur analyse n’était pas terminée au moment où le présent rapport a été rédigé. Les résultats concernant les échantillons recueillis en 2014-2015 chez les caribous de Qamanirjuaq et de Beverly sont fournis dans le présent rapport. L’âge était en corrélation positive avec les concentrations de cadmium et de zinc présentes dans les reins chez les deux hardes. Dans la harde de Beverly, les vaches présentaient de plus fortes concentrations de cadmium et de plomb dans leurs reins que les taureaux, alors que dans la harde de Qamanirjuaq, les concentrations d’arsenic, de cadmium et de mercure dans les reins étaient plus élevées chez les vaches que chez les taureaux. Ces éléments toxiques tendaient à être plus abondants chez les vaches que chez les taureaux, probablement en raison du volume relativement plus élevé de prise alimentaire (et donc de consommation d’éléments toxiques), en raison de leur plus petite taille et des besoins énergétiques plus importants découlant de la mise bas et de la lactation. Les tendances temporelles n’ont pas pu faire l’objet d’une évaluation au sein de la harde de Beverly en raison de données antérieures insuffisantes. Les concentrations de contaminants dans la harde de caribous de Qamanirjuaq semblent stables. Les tissus de la moelle osseuse et du cerveau prélevés sur les caribous de Qamanirjuaq ne présentent pas de niveaux élevés de contaminants et demeurent un choix d’aliment traditionnel santé. La concentration de la plupart des éléments mesurés dans les reins des caribous ne constituait pas une préoccupation sur le plan de la toxicologie, bien que les concentrations de mercure et de cadmium dans les reins puissent être préoccupantes pour la santé humaine, selon la quantité d’organes consommée. Le ministère de la Santé du Yukon a conseillé aux citoyens de limiter la quantité de rognons et de foie provenant de caribous du Yukon qu’ils consomment; la quantité maximale recommandée varie selon la harde (p. ex., au maximum 32 rognons de caribous de la harde de la Porcupine par année). L’avis de santé publique confirme que les concentrations de métaux lourds sont faibles dans la viande (les muscles) des caribous et que celle-ci demeure un aliment sain.

Messages clés

  • La concentration de la plupart des éléments mesurés dans les tissus de caribou ne constitue pas une préoccupation, bien que les concentrations de mercure et de cadmium dans les reins puissent être préoccupantes pour la santé humaine, selon la quantité d’organes consommée.
  • La viande (les muscles) des caribous n’accumule pas de grandes concentrations de contaminants et constitue donc un aliment sain.
  • Les concentrations de contaminants dans la harde de caribous de Qamanirjuaq semblent stables.
  • Les tissus de la moelle osseuse et du cerveau prélevés sur les caribous de Qamanirjuaq ne présentent pas de niveaux élevés de contaminants et demeurent un choix d’aliment traditionnel santé.
  • Dans le cadre de ce programme, on continuera de surveiller les hardes de caribous de Porcupine et de Qamanirjuaq sur une base annuelle, et ce, afin de s’assurer que cette source alimentaire traditionnelle demeure saine et de mieux comprendre la dynamique des contaminants (en particulier du mercure) dans l’écosystème.

 


Synopsis (2014-15)

Résumé

Ce projet vise à étudier les concentrations de contaminants chez les caribous de l’Arctique canadien afin de déterminer si ces populations demeurent en santé (en ce qui concerne les niveaux de contaminants), si cette ressource alimentaire importante continue d’être une source de nourriture saine et sécuritaire pour les résidents du Nord, et si les concentrations de contaminants évoluent au fil du temps. En 2014-2015, des échantillons ont été prélevés sur 2 caribous de la harde de la Porcupine et sur 21 caribous de la harde de Qamanirjuaq. Leur analyse n’était pas terminée au moment où le présent rapport a été rédigé. Les résultats concernant les échantillons recueillis en 2013-2014 chez les caribous de la Porcupine et de Qamanirjuaq sont fournis dans le présent rapport. On a observé chez les caribous des deux hardes une corrélation positive entre l’âge et les concentrations de cadmium et de zinc présentes dans les reins, ainsi qu’une corrélation négative entre l’âge et les concentrations de mercure chez la harde de la Porcupine. Les concentrations de plomb dans les reins des caribous de la harde de la Porcupine diminuent avec le temps, cette baisse découlant potentiellement de l’utilisation décroissante de l’essence au plomb au Canada depuis les deux dernières décennies. Les concentrations de sélénium dans les reins chez les caribous de Qamanirjuaq augmentent avec le temps, mais les niveaux atteints ne suscitent pas de préoccupations sur le plan toxicologique. Le fait que le domaine vital de cette harde se situe à proximité de l’océan pourrait avoir une incidence considérable sur les dynamiques de certains éléments au sein de cet écosystème. Les concentrations de la plupart des éléments mesurés n’étaient pas préoccupantes d’un point de vue toxicologique, et ce même si les concentrations de mercure et de cadmium dans les reins pourraient être préoccupantes dans une certaine mesure pour la santé humaine, selon la quantité de ces organes qui est consommée. Le ministère de la Santé du Yukon a conseillé aux citoyens de limiter la quantité de rognons et de foie provenant de caribous du Yukon qu’ils consomment; la quantité maximale recommandée varie selon la harde (p. ex. au maximum 32 rognons de caribous de la harde de la Porcupine par année). L’avis de santé publique confirme que les concentrations de métaux lourds sont faibles dans la viande (les muscles) des caribous et que cette dernière demeure un aliment sain.

Messages clés

  • La concentration de la plupart des éléments mesurés dans les tissus de caribous ne constitue pas une préoccupation, bien que les concentrations de mercure et de cadmium dans les reins puissent être préoccupantes pour la santé humaine, selon la quantité d’organes consommée. La viande (les muscles) des caribous n’accumule pas de grandes concentrations de contaminants et constitue donc un aliment sain.
  • Il semble que les concentrations de plomb chez les caribous de la Porcupine diminuent avec le temps, et ce potentiellement en raison des mesures de contrôle des émissions qui sont mises en place.
  • Dans le cadre de ce programme, on continuera de surveiller les hardes de caribous de la Porcupine et de Qamanirjuaq sur une base annuelle, et ce afin de s’assurer que cette source alimentaire traditionnelle demeure saine et de mieux comprendre la dynamique des contaminants (en particulier du mercure) dans l’écosystème.

 


Synopsis (2013-2014)

Résumé

Dans ce projet, on étudie les concentrations de contaminants chez les caribous de l’Arctique canadien afin de caractériser la charge de contaminants présente chez ces animaux, de déterminer si cette ressource alimentaire importante continue d’être une source de nourriture saine pour les habitants du Nord, et de voir si les concentrations de contaminants évoluent au fil du temps. En 2013-2014, des échantillons ont été prélevés sur 20 caribous de la harde de la Porcupine et 4 caribous de la harde de Qamanirjuaq. L’analyse des échantillons n’était pas terminée au moment où le présent rapport a été rédigé. Les échantillons recueillis dans la harde de Qamanirjuaq en 2012-2013 ont été analysés, et les résultats obtenus sont exposés dans le présent rapport. Les concentrations de cadmium, de mercure, de sélénium et de zinc dans les reins étaient en corrélation positive avec l’âge chez les caribous de la harde de Qamanirjuaq échantillonnés en 2012. On n’a noté de différence selon le sexe pour aucun des éléments analysés, ce qui contraste avec le fait que l’on avait enregistré des concentrations significativement plus élevées d’arsenic, de cadmium et de mercure chez les femelles lors des prélèvements effectués antérieurement dans cette harde à l’automne. Cela laisse supposer un transfert transplacentaire des femelles gravides à leurs fœtus au printemps. Il n’a pas été possible de procéder à une analyse des tendances temporelles à partir des données du printemps 2012 parce que des données n’ont été recueillies au printemps que sur deux années (2010 et 2012). On peut seulement conclure que les concentrations de plomb dans les reins étaient plus basses en 2012, tandis que les concentrations de sélénium et de zinc étaient plus élevées. Dans tous les cas, les différences d’une année à l’autre étaient faibles, et elles ne sont vraisemblablement pas significatives, d’un point de vue biologique. Les concentrations de la plupart des éléments mesurés n’étaient pas préoccupantes, d’un point de vue toxicologique, même si les concentrations de mercure et de cadmium dans les reins pourraient être préoccupantes dans une certaine mesure pour la santé humaine, selon la quantité de ces organes qui est consommée. Le ministère de la Santé du Yukon a conseillé aux citoyens de limiter la quantité de rognons et de foie provenant de caribous du Yukon qu’ils consomment; la quantité maximale recommandée varie selon la harde (p. ex., au maximum 32 rognons de caribous de la harde de la Porcupine par année). L’avis sanitaire confirme que les concentrations de métaux lourds sont très faibles dans la viande (muscles) de caribou, et que cette source de nourriture demeure un choix alimentaire sain.

Messages clés

  • Certains éléments indiquent que le cadmium et le mercure sont transférés de la femelle gravide au fœtus avant la naissance du petit. En raison de ce phénomène, les concentrations sont dans une certaine mesure plus faibles chez les femelles que chez les mâles au printemps.
  • On continuera de surveiller les hardes de caribous de la Porcupine et de Qamanirjuaq sur une base annuelle dans le cadre de ce programme, cela afin de s’assurer que cette source alimentaire traditionnelle demeure saine, et de mieux comprendre la dynamique des contaminants (en particulier du mercure) dans l’écosystème.

 


Synopsis (2012-2013) 

Résumé

Le projet a pour but d’établir les concentrations de contaminants chez le caribou de l’Arctique canadien afin de déterminer si les populations restent saines (du point de vue des charges de contaminants), si ces importantes ressources demeurent des aliments sûrs et sains pour les résidents du Nord et si les concentrations de contaminants varient au fil du temps. En 2012-2013, on a prélevé des échantillons sur 20 caribous de la harde de Porcupine et sur 20 caribous de la harde de Qamanirjuaq. Les échantillons provenant de la harde de Qamanirjuaq ont été prélevés au printemps et n’avaient pas encore été analysés au moment de rédiger le présent rapport. La concentration d’arsenic et de plomb a diminué de manière significative au fil du temps dans les reins des caribous de la harde de Porcupine, bien que la diminution absolue soit légère, peut-être en raison de la capacité accrue des laboratoires de détecter de petites quantités de ces éléments, avec plus de précision et d’exactitude, plutôt qu’en raison d’une réelle diminution chez le caribou au fil du temps. Chez ces caribous, la concentration de plomb dans les reins peut aussi s’expliquer par la réduction de l’utilisation de l’essence sans plomb après l’interdiction de l’essence au plomb au Canada en 1990. Bien qu’on n’ait pas relevé de tendance générale à la hausse ou à la baisse en ce qui concerne d’autres éléments d’intérêt (cadmium, cuivre, mercure, sélénium, zinc), on a souvent relevé une variation interannuelle de concentration, ce qui est particulièrement intéressant dans le cas du mercure, puisque cette variation peut constituer un indice pour cerner les causes possibles de la présence de ces éléments dans les tissus du caribou. La variation interannuelle observée dans la concentration de mercure chez les caribous de la harde de Porcupine semble plutôt cyclique et dépend probablement des schémas de dépôt atmosphérique du Hg et des conditions environnementales locales qui se répercutent sur la concentration de Hg dans le fourrage d’hiver, facteurs qui se conjuguent à la disponibilité du fourrage et à sa sélection par les caribous. Le moment de la feuillaison printanière qui marque le passage à des fourrages contenant moins de mercure joue, et des changements climatiques pourraient donc avoir une incidence. La concentration de la majorité des éléments mesurés dans les échantillons prélevés chez des caribous de la harde de Porcupine ne soulève pas de préoccupations sur le plan toxicologique, bien que les concentrations de mercure et de cadmium dans les reins puissent être préoccupantes pour la santé humaine, selon la quantité d’organes consommée. Santé Yukon conseille de réduire la consommation de rein et de foie de caribou du Yukon, la quantité maximale recommandée variant selon la harde (p. ex., 32 reins par an dans le cas de la harde de Porcupine). L’avis de santé publique confirme que les métaux lourds sont présents en très faibles quantités dans la viande (muscle) du caribou et que le caribou demeure un bon aliment pour la santé.

Messages clés

  • Les concentrations de la plupart des éléments mesurés dans les tissus de caribou ne sont pas préoccupantes, bien que celles du mercure et du cadmium dans les reins puissent l’être pour la santé humaine, selon la quantité d’organes consommée. La viande (les muscles) des caribous n’accumule pas de grandes concentrations de contaminants et constitue donc un aliment sain.
  • Les concentrations de plomb au sein de la harde de la Porcupine et de la harde Qamanirjuaq sont à la baisse, ce qui est sans doute attribuable aux réductions du plomb dans l’environnement résultant de l’élimination de l’essence au plomb au Canada.
  • À long terme, les concentrations de mercure chez le caribou de la Porcupine sont stables, mais subissent des variations cycliques. D’autres études sont nécessaires pour déterminer les causes de ces variations ainsi que la dynamique du mercure dans la chaîne alimentaire du caribou.

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Interactions hôte-parasite-mercure dans les oiseaux marins

Chef du projet : Grant Gilchrist Environment Canada, Carleton University, 1125 Colonel By Drive, Raven Road, Ottawa, Ontario
Phone (613) 998 7364
Grant.gilchrist@ec.gc.ca

Équipe du projet :

  • Mark Forbes, Jennifer Provencher, Carleton University, Ottawa,
  • Birgit Braune, Environment Canada,
  • Mark Mallory, Acadia University

Régions nordiques visées par l’étude : Nunavut

Durée du projet : 2013-2014


Sommaire du projet (2013-2014)

Résumé

Les sources naturelles de mercure (Hg) ont peu changé depuis les 150 dernières années, mais les sources anthropiques ont connu un accroissement considérable avec l’industrialisation. À cause des courants atmosphériques et océaniques, le Hg libéré dans les régions développées se dépose dans les régions nordiques de l’Amérique du Nord. Comme le Hg est connu pour être une neurotoxine ayant une incidence sur la survie et sur le développement, il pourrait avoir des effets néfastes sur les espèces sauvages de ces régions. Les espèces d’oiseaux marins du Nord canadien sont particulièrement préoccupantes, de ce point de vue, non seulement parce que ce sont des indicateurs écosystémiques, mais parce qu’ils constituent une importante source de nourriture prélevée dans la nature pour de nombreux habitants du Nord. En collaboration avec des associations de chasseurs et de trappeurs du Nunavut (à Cape Dorset, Coral Habour et Sanikiluaq), on a prélevé des échantillons chez des eiders à duvet (Somateria mollissima) en vue d’analyses parasitologiques et du dosage du mercure. On n’a relevé aucune variation interannuelle des concentrations de Hg dans les muscles de la poitrine des sujets prélevés à un même site; par contre, les concentrations de Hg étaient significativement différentes d’un site d’échantillonnage à l’autre. On a également mesuré les concentrations de Hg dans le sang des femelles en âge de se reproduire au sein d’une colonie d’eiders nidifiant dans le nord de la baie d’Hudson. À partir d’échantillons antérieurs prélevés dans la même colonie en 1997-1998, on a constaté que les concentrations de Hg dans le sang des eiders femelles étaient significativement plus basses en 2013 que dans les échantillons des années 1990. D’autres analyses approfondies concernant les interactions entre les parasites gastro‑intestinaux et le Hg de même que le lien de celles-ci avec l’état des eiders à leur arrivée et leur reproduction sont en cours.

 

Messages clés

  • Les concentrations de Hg dans les tissus des eiders étaient inférieures aux valeurs préoccupantes pour la santé des oiseaux à tous les sites d’échantillonnage, toutes les années où des échantillons ont été prélevés.
  • On n’a relevé aucune variation interannuelle des concentrations de Hg dans les muscles de la poitrine des eiders à duvet prélevés en 2011 et en 2012 à Cape Dorset, au Nunavut; par contre, les concentrations de Hg dans les muscles de la poitrine étaient différentes d’un site d’échantillonnage à l’autre, ce qui laisse supposer que des facteurs distincts pourraient déterminer les concentrations de Hg chez les eiders selon l’endroit où ils se trouvent, dans leur aire de répartition géographique.
  • Les concentrations de mercure mesurées dans le sang des eiders en 2013 étaient significativement plus faibles que celles enregistrées dans les années 1990.

 

L’Eider à duvet de la sous-espèces borealis (Somateria mollissima borealis) fait l’objet d’une chasse importante partout dans le Nord. L’équipe de recherche travaille actuellement avec des collectivités nordiques à mieux comprendre comment la pollution (les contaminants), la maladie (le choléra aviaire) et la prédation (l’incidence des ours sur les colonies) influent sur la dynamique des populations d’Eiders à duvet. La présente étude vise entre autres à comprendre la santé de l’espèce en fonction de la présence de parasites et des charges de mercure. À titre d’exemple, on a noté que des vers parasites dans les intestins peuvent influer sur l’absorption des métaux lourds et perturber la faune, en particulier les espèces d’oiseaux de mer. Le premier objectif du projet sera d’utiliser les individus déjà recueillis pour en évaluer les parasites afin d’étudier comment les métaux lourds et les parasites interagissent au sein d’un hôte aviaire (effet sur la santé de l’hôte, la reproduction et la dynamique des populations). Les Eiders à duvet constituent un modèle d’étude pratique parce que de grandes quantités d’individus peuvent être échantillonnées facilement par le biais de collaborations avec des collectivités nordiques au cours de la période de chasse annuelle. Le deuxième objectif du projet sera d’évaluer les concentrations de mercure chez cette espèce. Les concentrations de mercure sont à la hausse chez plusieurs populations sauvages de l’Arctique et, même si ces concentrations ont été évaluées chez les Eiders à duvet par le passé, peu de travaux récents ont été réalisés depuis les années 1980 et 1990. Les concentrations actuelles et les tendances globales seront évaluées afin de déterminer le niveau d’exposition des êtres humains au mercure lors de la consommation de cet aliment traditionnel. À ce jour, 260 individus ont déjà été recueillis en collaboration avec les associations des chasseurs et des trappeurs de Cape Dorset, de Coral Harbour et de Sanikiluaq, au Nunavut. Ces oiseaux formeront la base de l’étude proposée.

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Surveillance des changements environnementaux et de l’exposition aux contaminants dans l’Arctique canadien au moyen de la microchimie des otolithes

Chef du projet:

Dr. Norman Halden, University of Manitoba, Winnipeg, MB.
Tel: (204) 474-7248
E-mail: nm_halden@umanitoba.ca

Dr. Feiyue Wang, Department of Environment and Geography, and Department of Chemistry, University of Manitoba, Winnipeg, MB
Tel: (204) 474-6250,
E-mail: wangf@ms.umanitoba.ca

Équipe du projet :

  • Zhe Song, University of Manitoba

Régions nordiques visées par l’étude : Canada’s Arctic

Durée du projet : 2013-2014


Sommaire du projet (2013-2014)

Nous proposons de récupérer les données sur la contamination par des métaux et sur les comportements migratoires et alimentaires emmagasinées chaque année dans les cercles de croissance des otolithes (pierres situées dans l’oreille) de diverses espèces de poissons de l’Arctique canadien. Les métaux qui seront étudiés sont, entre autres, le mercure, le plomb, le cuivre et le zinc. La principale question que nous nous posons est : comment les concentrations de ces métaux chez les poissons varient-elles en réponse aux changements dans les sources de contaminants dans un contexte de changements climatiques? La microchimie des otolithes permet d’obtenir des données chronologiques simultanément pour les concentrations de contaminants et le cycle biologique d’un poisson individuel à une échelle variant de quelques années à des décennies. Une telle analyse permet d’obtenir des données qui éclairent la prise de décisions au sujet de l’utilisation des terres et des bassins versants ainsi que des renseignements sur la santé et la salubrité alimentaire dans l’Arctique canadien. Tous les échantillons d’otolithes sont recueillis par la collectivité locale, et un vaste processus de consultation sera mené au sein de la collectivité pour obtenir ses observations quant aux changements environnementaux dans les bassins versants étudiés. Une telle collaboration nous a déjà permis de rassembler plusieurs collections d’otolithes archivées, lesquelles seront élargies pour couvrir d’autres régions de l’Arctique.

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Analyse de l’accumulation des polluants organiques persistants dans la morue polaire dans la mer de Beaufort à l’aide d’échantillonnages tirés de l’évaluation environnementale régionale de Beaufort

Chef du projet :

Brendan Hickie, Environmental & Resource Studies Program, Trent University
1600 West Bank Drive, Peterborough ON
Tel:: 705-748-1011 ext 7623
E-mail: bhickie@trentu.ca

Gary A. Stern, Arctic Ecosystem Health, Department of Fisheries and Oceans
501 University Crescent, Winnipeg, MB, Canada,
Tel: (204) 984-6761
E-mail: Gary.Stern@dfo-mpo.gc.ca

Régions nordiques visées par l’étude : Canada’s Arctic

Durée du projet : 2013-2014


Sommaire du projet (2013-2014)

Résumé

Il est largement admis que la morue polaire est une espèce clé au sein des réseaux trophiques marins de l’Arctique puisqu’elle constitue un important axe de transfert de l’énergie – et, donc, des contaminants – des organismes planctoniques vers les espèces des niveaux trophiques supérieurs, notamment les mammifères marins et les oiseaux de mer dont les peuples du Nord se nourrissent. Malgré cela, il existe peu de données caractérisant les concentrations de contaminants dans la morue polaire et les facteurs qui régissent leur accumulation. On mesure les concentrations de polluants organiques persistants (POP) hérités du passé et de contaminants organiques plus récents dans un vaste échantillon de morues (n = 60) provenant de zones côtières et extracôtières de la mer de Beaufort; cela permettra de caractériser les effets de la taille, de l’âge et de la teneur en lipides. Les analyses ont été retardées par la fermeture du laboratoire d’analyse des contaminants de Pêches et Océans Canada à Winnipeg; elles sont en train d’être réalisées par l’intermédiaire d’Environnement Canada. D’ici la fin de 2014, on aura terminé l’analyse des polychlorobiphényles (PCB), des pesticides organochlorés (POC), des produits ignifuges bromés (PIB) et des pesticides actuellement utilisés (PAU).                       

 

Messages clés

  • On est en train de doser les PCB, les PIB, les POC et les PAU dans 60 échantillons de morue polaire provenant de la mer de Beaufort. Cela permettra de déterminer si les concentrations de ces produits chimiques varient en fonction du lieu (zones côtières par rapport aux zones extracôtières), de l’âge et de la taille, et de la teneur en lipides.
  • Ces travaux de recherche combleront une grave lacune dans les données en permettant de mieux caractériser la bioaccumulation de ces produits chimiques chez les bélugas et les phoques annelés de la région.

 

Les polluants organiques persistants (POP) tels que les PCB, le DDT et d’autres pesticides organochlorés pénètrent dans les écosystèmes arctiques par les courants océaniques et les cours d’eau ainsi que par le biais du transport atmosphérique à longue distance et du dépôt subséquent de polluants. Une fois dans l’Arctique, nombre de ces produits chimiques s’accumulent dans les réseaux trophiques, entraînant ainsi des concentrations élevées chez les phoques annelés et les bélugas. L’étude de l’accumulation des POP dans les réseaux trophiques marins et chez la morue polaire est essentielle à l’établissement d’un lien entre les charges de contaminants dans l’environnement arctique et l’exposition des êtres humains à ces polluants. Ce présent projet mesurera les concentrations de POP chez les morues polaires recueillies en 2012 dans un certain nombre de sites de la mer de Beaufort afin d’aider à répondre à plusieurs questions de recherche. Par exemple, est-ce que les concentrations de POP varient selon le site d’échantillonnage (sites côtiers et sites extracôtiers) et selon la taille ou l’âge des poissons? Les concentrations de POP ont‑elles changé chez les morues polaires depuis leur dernière mesure dans la région, en 1997-1998? Dans l’ensemble, le présent projet aidera à comprendre les facteurs influant sur l’accumulation des POP dans les espèces consommées par les habitants du Nord ainsi que la façon dont les concentrations de contaminants réagissent aux efforts internationaux visant à restreindre l’utilisation de produits chimiques qui se retrouvent dans le biote de l’Arctique.

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Surveillance des contaminants atmosphériques dans le Nord : mesures des polluants organiques

Chef du projet: 

Hayley Hung, Direction générale des sciences et de la technologie, Environnement Canada (EC), tél. : (416) 739-5944, téléc. : (416) 739-4281, courriel : hayley.hung@ec.gc.ca

Équipe du projet :

Yong Yu, Mahiba Shoeib, Alexandra Steffen, Derek Muir, Camilla Teixeira, Liisa Jantunen, Fiona Wong, Nick Alexandrou, and Helena Dryfhout-Clark, Environnement et Changement Climatique Canada; Ed Sverko, Enzo equipe responsable des essais analytiques du Laboratoire national des essais environnementaux, Environnement et Changement Climatique Canada and Climate Change Canada; Phil Fellin, Henrik Li, Charles Geen, AirZOne One Ltd.; Pat Roach, Affaires Autochtones et du Nord Canada, Whitehorse; Frank Wania, Université de Toronto Scarborough; Laboratoire d'analyse organique, Environnement et Changement Climatique Canada; Personnel du laboratoire de veille atmosphérique mondiale d’Alert, Environnement et Changement Climatique Canada; Bob Van Dijken,  Conseil des Premières nations du Yukon, YK; Laberge Environmental Services, Whitehorse, YK; Derek Cooke, Ta’än Kwach’än Council, YK

Durée du projet : continu


Sommaire du projet (2016-2017)

L’atmosphère est la principale voie par laquelle les contaminants organiques pénètrent dans les écosystèmes de l’Arctique. Le présent projet, qui fait partie d’un programme de surveillance continue lancé en 1992, porte donc sur la mesure de ces contaminants dans l’air de l’Arctique. En 2016‑2017, on poursuivra l’échantillonnage hebdomadaire et le dépistage des produits chimiques émergents sur le site de référence d’Alert au Nunavut. Au cours de l’année à venir, on effectuera un dépistage supplémentaire des produits ignifuges organophosphorés et des composés de musc synthétique. En outre, dans l’ouest de l’Arctique canadien, le projet continuera les mesures à Little Fox Lake, au Yukon, afin d’évaluer l’influence des sources de contaminants transpacifiques et asiatiques. On aura recours, pour ce faire, à un échantillonneur passif à circulation continue spécialement conçu pour être utilisé dans un environnement froid, en fonctionnement depuis août 2011. La mesure de la quantité de polluants organiques dans l’air arctique au fil du temps permettra de déterminer la tendance décroissante, croissante ou stable de leur concentration atmosphérique, leur provenance et les conditions météorologiques ayant une incidence sur leur transport vers l’Arctique. Les résultats de ces travaux favoriseront, en conséquence, l’évaluation des risques relatifs à de nouveaux contaminants ainsi que les essais de modèles atmosphériques expliquant les déplacements des contaminants. On pourra également avoir recours à ces données pour servir de base à des politiques nationales en matière d’émissions, ainsi que dans le cadre de la négociation et de l’évaluation de l’efficacité d’ententes internationales portant sur la limitation de ces substances. 


Synopsis (2015-2016)

Résumé

L’atmosphère est la voie par laquelle les polluants organiques atteignent le plus rapidement les régions éloignées de l’Arctique. Ce projet est un programme de surveillance continue qui mesure les contaminants dans l’air arctique depuis 1992. La mesure de la quantité de polluants organiques présente dans l’air en Arctique au fil du temps permettra de déterminer si les concentrations atmosphériques de ces produits décroissent, augmentent ou demeurent stables dans le temps; d’où proviennent ces substances chimiques; quelle quantité est générée par quelle région; quelles conditions météorologiques ont une incidence sur le déplacement des contaminants vers l’Arctique. Les résultats de ce projet en cours sont utilisés pour négocier des ententes internationales en matière de lutte contre ces contaminants, pour évaluer l’efficacité de celles-ci, et pour tester des modèles de l’atmosphère qui expliquent le déplacement des contaminants depuis les sources dans le Sud jusqu’en Arctique. En 2015-2016, on a poursuivi le prélèvement hebdomadaire d’échantillons au site de référence d’Alert au Nunavut, mais seulement un échantillon hebdomadaire sur quatre a été analysé de manière courante et à des fins de détermination des tendances. Les autres échantillons ont été soumis à une procédure d’extraction, puis ont été archivés en vue de l’examen ultérieur et du dosage des nouveaux produits chimiques prioritaires. À partir de 2006, nous avons élargi le programme pour étudier dans l’atmosphère de l’Arctique canadien, à Alert, les nouveaux produits chimiques, tels que les pesticides d’usage courant, les produits ignifuges bromés et les composés perfluoroalkyles et polyfluoroalkyles utilisés comme antitaches. Les tendances temporelles mesurées des composés perfluoroalkyles et polyfluoroalkyles à Alert reflètent l’élimination progressive des produits apparentés à l’acide perfluorooctane sulfonique en Amérique du Nord et en Europe, ainsi que la production et l’utilisation continuelles d’alcools fluorotélomériques. Un échantillonneur passif à circulation continue spécialement conçu pour être utilisé dans un environnement froid est installé au lac Little Fox, au Yukon, depuis août 2011. Des activités d’échantillonnage sont menées sur une base continue et permanente à ce site.

Messages clés

  • Des produits chimiques utilisés comme antitaches ont été fréquemment détectés dans l’air à Alert.
  • Les concentrations de certains produits chimiques utilisés comme antitaches qui ont été progressivement éliminés en Amérique du Nord et en Europe sont en déclin dans l’air arctique.
  • Les concentrations de certains produits chimiques utilisés comme antitaches augmentent au fil du temps parce qu’ils sont encore produits ou utilisés.
  • Les produits chimiques utilisés comme antitaches qui tendent à bien se dissoudre dans l’eau semblent être transportés vers l’Arctique principalement par des courants océaniques, et ont été transférés à l’atmosphère par les vagues ou l’explosion de bulles.
  • Les produits chimiques utilisés comme antitaches qui ne se dissolvent pas aussi bien dans l’eau semblent être transportés vers l’Arctique sur de longues distances par des courants aériens et sont dispersés depuis la neige et l’océan pendant les saisons chaudes.

 


Synopsis (2014-2015)

Résumé

L’atmosphère est la principale voie par laquelle les contaminants organiques pénètrent dans les écosystèmes de l’Arctique. Le projet vise à mesurer ces contaminants dans l’air de l’Arctique. Il s’inscrit dans un programme continu de surveillance lancé en 1992. La mesure de la quantité de polluants organiques présente dans l’air de l’Arctique au fil du temps permettra de déterminer si les concentrations atmosphériques de ces produits décroissent, augmentent ou demeurent stables avec le temps; d’où proviennent ces substances chimiques; quelle quantité est générée par quelle région; quelles conditions météorologiques ont une incidence sur le déplacement des contaminants vers l’Arctique. Les résultats sont utilisés en vue de négocier les accords internationaux de lutte contre les contaminants et d’en évaluer l’efficacité, et à faire l’essai de modèles atmosphériques qui expliquent le déplacement des contaminants à partir de points d’origine situés au sud de l’Arctique. En 2014-2015, on a poursuivi le prélèvement hebdomadaire d’échantillons au site de référence d’Alert au Nunavut, mais seulement un échantillon hebdomadaire sur quatre a été analysé de manière courante et à des fins de détermination des tendances. Les autres échantillons ont été soumis à une procédure d’extraction, puis archivés aux fins de l’examen ultérieur d’épisodes notables de transport et du dosage des nouveaux produits chimiques prioritaires. À partir de décembre 2005, nous avons élargi la portée du programme afin d’étudier dans l’atmosphère de l’Arctique canadien, à Alert, les nouveaux produits chimiques, tels que les pesticides d’usage courant, les produits ignifuges bromés et les composés perfluorés utilisés comme antitaches. Un échantillonneur passif à circulation continue spécialement conçu pour être utilisé dans un environnement froid est installé au lac Little Fox, au Yukon, depuis août 2011. Des activités d’échantillonnage sont menées sur une base continue et permanente à ce site.

Messages clés

  • Entre août 2011 et décembre 2014, on a décelé la présence de plusieurs nouveaux produits ignifuges bromés dans les échantillons prélevés au lac Little Fox, au Yukon.
  • On a détecté pour la première fois dans l’air de l’Arctique des produits ignifuges chlorés, soit du dechlorane 602 et 604. Du dechlorane 602 a été observé dans >75 % de tous les échantillons prélevés au lac Little Fox, au Yukon, alors que la présence de dechlorane 604 n’a été décelée que depuis 2014.
  • Une analyse de fonction de la contribution de source potentielle (FCSP) a révélé que les produits ignifuges et les contaminants organochlorés présents dans le lac Little Fox pendant les saisons chaudes pourraient potentiellement provenir du nord du Canada, du Pacifique et de l’Asie de l’Est, alors qu’au cours des saisons froides les produits chimiques dérivaient essentiellement du Pacifique et qu’ils étaient sujets au transport atmosphérique à grande distance (TAGD).
  • On a constaté que les concentrations de paraffines chlorées à chaîne courte (PCCC) mesurées dans l’air d’Alert en 2011 étaient plus élevées que celles observées en 1994-1995 et que le profil unique des congénères pourrait être composé de différentes sources.

Synopsis (2013-2014)

Résumé

L’atmosphère est la principale voie par laquelle les contaminants organiques pénètrent dans les écosystèmes de l’Arctique. Le présent projet vise à mesurer ces contaminants dans l’air en Arctique. Il fait partie d’un programme de surveillance continue lancé en 1992. La mesure de la quantité de polluants organiques présente dans l’air en Arctique au fil du temps permettra de déterminer si les concentrations atmosphériques de ces produits décroissent, augmentent ou demeurent stables dans le temps; d’où proviennent ces substances chimiques; quelle quantité est générée par quelle région; quelles conditions météorologiques ont une incidence sur le déplacement des contaminants vers l’Arctique. Les résultats de ce projet en cours sont utilisés pour négocier des ententes internationales en matière de lutte contre ces contaminants, pour évaluer l’efficacité de celles-ci, et pour tester des modèles de l’atmosphère qui expliquent le déplacement des contaminants depuis les sources dans le Sud jusqu’en Arctique. Cette année, on a poursuivi le prélèvement hebdomadaire d’échantillons au site de référence d’Alert, au Nunavut, mais seulement un échantillon hebdomadaire sur quatre a été analysé de manière courante à des fins de détermination des tendances. Les autres échantillons ont été soumis à une procédure d’extraction, puis ont été archivés en vue de l’examen ultérieur d’épisodes notables de transport et du dosage des nouveaux produits chimiques prioritaires. Depuis décembre 2005, on a élargi le programme afin de dépister les nouveaux produits chimiques, comme les pesticides actuellement utilisés, les produits ignifuges bromés et les composés perfluorés associés aux produits antitaches, dans l’air arctique à Alert. Un échantillonneur passif à circulation continue spécialement conçu pour être utilisé dans un environnement froid est installé au lac Little Fox, au Yukon, depuis août 2011.

Messages clés

  • Les précurseurs de perfluorooctanesulfonate (PFOS) sont en déclin ou stables dans l’air arctique à Alert, au Nunavut, ce qui reflète l’abandon graduel, sur une base volontaire, de la production de PFOS, d’acide perfluorooctanoïque et de produits apparentés au PFOS par le plus gros fabricant de ces produits, 3M, depuis 2000.
  • On a noté une tendance à la hausse des concentrations atmosphériques d’alcools fluorotélomériques (FTOH), qui sont des précurseurs de perfluoroalkylcarboxylates (PFCA), et qui n’étaient pas réglementés au moment des mesures.
  • On a fréquemment détecté trois produits ignifuges bromés, c’est-à-dire de l’éther d’allyle et de 2,4,6-tribromophényle (EAT), du pentabromotoluène (PBT) et du 1,2-bis(2,4,6-tribromophénoxy)éthane (BTBPE), ainsi que du déchlorane 604 (DP604) dans l’air au lac Little Fox, au Yukon.

 


Synopsis (2012-2013) 

Résumé

L’atmosphère est le chemin le plus rapide emprunté par les contaminants organiques pour pénétrer dans les écosystèmes de l’Arctique. Le projet porte sur la mesure de ces contaminants dans l’air de l’Arctique. Il fait partie d’un programme continu de surveillance qui a débuté en 1992. La mesure des quantités et des types de contaminants exige la collecte de volumes importants d’air au moyen de filtres. Les échantillons filtrés sont ensuite analysés en laboratoire. Les résultats de ce projet en cours servent à négocier des accords internationaux de lutte contre les contaminants et à en évaluer l’efficacité, ainsi qu’à faire l’essai de modèles atmosphériques qui expliquent le déplacement des contaminants à partir de points d’origine situés au sud de l’Arctique. À cette étape du projet, on continue à prélever des échantillons toutes les semaines au site de référence d’Alert, au Nunavut, mais seulement un échantillon hebdomadaire sur quatre fait l’objet d’une analyse de routine afin d’établir une tendance. Les échantillons restants ont été extraits et conservés en vue d’études futures portant sur des épisodes importants de transport de polluants et sur les nouveaux produits chimiques prioritaires. À partir de décembre 2005, nous avons élargi le programme pour étudier dans l’atmosphère de l’Arctique canadien, à Alert, les nouveaux produits chimiques, tels que les pesticides d’usage courant, les produits ignifuges bromés et les composés perfluorés utilisés comme antitaches. La surveillance des polluants organiques de l’atmosphère a repris au lac Little Fox, au Yukon, en août 2011, à l’aide d’un échantillonneur d’air à écoulement continu.

Messages clés

  • La diminution de la concentration atmosphérique du lindane mesurée à Alert s’est accélérée après le retrait de l’homologation du produit au Canada, suivi de son interdiction à l’échelle mondiale.
  • Jusqu’à la fin de 2009, la plupart des pesticides organochlorés interdits affichent une tendance à la baisse constante.
  • L’analyse comparative sur place menée sur une année entre le nouvel échantillonneur d’air à écoulement continu et l’échantillonneur d’air à très grand volume à Alert révèle que le premier offre un moyen fiable et rentable de mesurer les contaminants organiques semi-volatils dans les environnements ambiants à très faibles concentrations, comme dans l’Arctique.

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Composés aromatiques polycycliques, ignifugeants et autres polluants organiques persistants dans l’air et dans l’eau de l’archipel canadien

Directrice du projet

Liisa M. Jantunen, Environnement Canada (EC), Egbert, Ontario

Tél. : 705-458-3318; courriel : liisa.jantunen@ec.gc.ca

Équipe du projet

Mahiba Shoeib, Hayley Hung, Nick Alexandrou et l’équipe du Laboratoire d’analyse des composés organiques

EC; Gary Stern, Monica Pucko et Alexis Burt, Université du Manitoba; Brendan Hickie, Université Trent; Fiona Wong, Université de Stockholm

Régions nordiques visées par l’étude : Canada’s Arctic

Durée du projet : 2013-2015


Synopsis (2014-15)

Résumé

L’Arctique est pollué par les pesticides organochlorés hérités du passé et par les pesticides d’usage courant qui s’y sont accumulés par l’entremise du transport atmosphérique et des courants océaniques. Les expéditions de recherche menées entre 1993 et 2013 ont permis d’identifier des tendances temporelles et les mécanismes de circulation entre l’air et l’eau des pesticides organochlorés et des pesticides d’usage courant. Les composés observés dans l’air et l’eau sont le trans- et le cis-chlordane (TC, CC), le trans- et le cis-nonachlore (TN, CN), l’heptachlore exo-époxide, la dieldrine, la toxaphène, le chlortal-diméthyl, l’endosulfan et métabolite sulfate d’endosulfane, le chlorthalonil, les chlorpyrifos et la trifluraline. Des traces de pentachloronitrobenzène (quintozène) et de son métabolite du sol, le pentachloroanisole, ont également été relevées dans l’air. Les concentrations de la plupart des pesticides organochlorés ont diminué dans les eaux de surface, alors que les concentrations de certains pesticides d’usage courant ont augmenté (endosulfan-I, chlorthalonil et trifluraline) ou n’ont pas beaucoup varié (chlorpyrifos et chlortal-diméthyl). Par ailleurs, les concentrations de la majorité des composés chimiques dans l’air ont diminué. Les fractions de composés de chlordane, soit le TC/(TC + CC) et le TC(TC +CC + TN), ont diminué dans l’eau et l’air alors que les composés CC/(TC + CC +TN) et le TN(TC + CC + TN) ont augmenté, ce qui porte à croire que le TC labile a été éliminé de façon sélective au fil du temps ou que les sources de chlordane ont changé. Les ratios d’eau/fugacité dans l’air témoignent d’une volatilisation nette (FR > 1,0) d’un état d’équilibre (FR s’éloignant peu de 1,0) pour la majorité des pesticides organochlorés, mais d’un dépôt net (FR < 1,0) pour la toxaphène. On a relevé un dépôt net de l’endosulfan-I dans le cadre de toutes les expéditions, alors que la direction de l’échange net variait pour les autres pesticides d’usage courant. La compréhension des processus qui sous-tendent l’échange surface-air facilite l’interprétation de l’exposition environnementale et l’évaluation de l’efficacité de protocoles internationaux, et permet de mieux comprendre l’évolution dans l’environnement des produits chimiques nouveaux et émergents.

 

Messages clés

·         Les concentrations dans les eaux de surfaces de l’Arctique des pesticides qui ne sont plus d’usage ont diminué entre 1993 et 2013. On compte parmi ces pesticides différents composés, dont l’hexachlorocyclohexane, le chlordane, heptachlore exo-époxide, le chlortal-diméthyl et la toxaphène.

·         Entre 1999 et 2013, on a observé dans les eaux de surface de l’archipel canadien une augmentation des concentrations de certains pesticides d’usage courant, dont l’endosulfan, le chlorthalonil et la trifluraline, alors que les concentrations d’autres composés, comme le chlorpyrifos et le chlortal-diméthyl, ont très peu varié.

·         Les quantités dans l’air de la plupart des pesticides organochlorés interdits ont diminué entre 1993 et 2013.

·         Les quantités de la plupart des pesticides d’usage courant présents dans l’air ont diminué entre 1999 et 2013.

 


 

Sommaire du projet (2013-2014)

Résumé

En septembre 2013, on a recueilli des échantillons d’air et d’eau dans l’archipel canadien par l’intermédiaire d’ArcticNet, cela afin d’y mesurer les concentrations de polluants organiques persistants (POP), dont des pesticides organochlorés (POC) frappés d’interdiction, des pesticides actuellement utilisés (PAU) et des produits ignifuges (de manière plus précise, les produits ignifuges à base d’organophosphates [PIOP]). On a évalué les tendances temporelles relatives à ces composés puisque les concentrations de POC dans l’air et dans l’eau de l’archipel canadien sont mesurées par notre groupe depuis 1992, et les concentrations de PAU, depuis 1999; de plus, des échantillons d’air remontant jusqu’en 2007 ont été pris dans les archives pour l’analyse des tendances relatives aux PIOP. Les concentrations de POC dans l’air et dans l’eau continuent de décliner et s’approchent des limites de détection; cette tendance a également été observée à d’autres sites de surveillance atmosphérique en Arctique. De manière générale, les PAU sont demeurés constants dans l’air et dans l’eau, sauf le dacthal, dont les concentrations décroissent. Les analyses visaient aussi à dépister et à mesurer le dicofol dans les échantillons d’air et d’eau; il s’agit là d’un composé important puisqu’il est en cours d’examen dans le cadre de la Convention de Stockholm sur les POP, mais on manque de données sur sa présence dans l’environnement arctique. Ces mesures des PIOP dans l’air sont les premières à être effectuées dans l’Arctique canadien, et les mesures des PIOP dans l’eau sont les premières à être publiées pour l’Arctique dans son entier. Les concentrations de PIOP sont très élevées par rapport à celles des autres composés analysés, et elles sont des dizaines de fois plus grandes que celles des produits ignifuges bromés. Les PIOP dans l’air arctique sont assez variés; il n’a donc pas été possible de dégager des tendances spatiales ou temporelles, mais on a enregistré des concentrations plus faibles dans les échantillons d’air prélevés à Alert que dans les échantillons provenant du centre et du sud de l’archipel.

Messages clés

  • On a mesuré des concentrations élevées de produits ignifuges et de plastifiants à base d’organophosphates (PIOP) dans les échantillons d’air, d’eau et de zooplancton prélevés dans l’archipel canadien.
  • Il s’agit des premières concentrations de produits ignifuges à base d’organophosphates signalées dans les eaux arctiques et dans l’air de l’Arctique canadien.
  • Les concentrations de PIOP dans l’air, dans l’eau et dans le zooplancton sont des dizaines de fois plus élevées que celles de produits ignifuges bromés, y compris les polybromodiphényléthers (PBDE).
  • Les concentrations de pesticides organochlorés frappés d’interdiction continuent de décliner dans l’air et dans l’eau.
  • Les concentrations de pesticides actuellement utilisés sont demeurées constantes, sauf celles de dacthal, qui décroissent.

 

L’Arctique est de plus en plus touché par les polluants organiques persistants (POP) en raison de la hausse du trafic maritime dans le passage du Nord-Ouest, du transport lié à l’industrie pétrolière et gazière croissante et du transport continu par voie aérienne et océanique. Le présent projet déterminera comment les POP et d’autres composés émergents sont transportés dans l’Arctique et établira leur devenir dans cet environnement et la façon dont ils pénètrent dans le réseau trophique. Ces objectifs seront atteints grâce à un échantillonnage coordonné des particules dans l’air et dans l’eau dans l’archipel canadien, mené en collaboration avec le programme ArcticNet, à bord du NGCC Amundsen.

En plus de rendre compte des concentrations des composés nouveaux/émergents, nous proposons de continuer à surveiller, dans l’air et l’eau de l’archipel canadien, les tendances temporelles des concentrations des pesticides organochlorés et d’usage courant. Les résultats de la présente recherche, conjointement à ceux d’études antérieures, permettront d’évaluer les changements dans la contamination atmosphérique et aquatique de l’archipel canadien au fil des ans. Cela est particulièrement important pour comprendre les effets des mesures de contrôle canadiennes et internationales sur les émissions de composés chimiques et pour déterminer l’effet des changements climatiques rapides sur les transports.

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Tendances temporelles et spatiales des contaminants organiques et métalliques anciens et nouveaux, ou à l’état de trace, chez les ours polaires canadiens

Chef du projet

Robert Letcher, Scientifique de recherche supérieur, Laboratoire de recherche sur les contaminants organiques (LRCO), Division de la Écotoxicologie et santé faunique, Centre national de la recherche faunique, Environnement et Changement Climatique Canada, Université Carleton,Ottawa, ON
Tél: 613-998-6696, Téléc.: 613-998-0458; Courriel: robert.letcher@ec.gc.ca

Équipe du projet

Mr. Markus Dyck, Departement de l’Environnement, Gouvernement de Nunavut, Igloolik, NU; DrAaron T. Fisk, professeur agrégé, Institut des grands lacs sur la recherche environnementale, Université de Windsor, Windsor, ON; Dr. Abde Idrissi, Division de la Écotoxicologie et santé faunique – Section de services laboratoires, Environnement et Changement Climatique Canada, Ottawa, ON; Dr. Eva Kruemmel, Conseil circumpolaire inuit (CCI), Ottawa, ON; Dr. Ed Sverko,Laboratoire national des essais environmentaux(LNEE), Environnement et Changement Climatique Canada, Burlington, ON

Durée du projet : continu


Sommaire du projet (2016-2017)

L’ours blanc est le prédateur de niveau trophique supérieur de l’écosystème et du réseau alimentaire marins de l’Arctique. Le projet, qui a débuté en 2007 et qui se poursuit en 2016‑2017, vise à évaluer, sur une base annuelle ou bisannuelle, les tendances et les variations à long terme des concentrations de polluants chez les ours blancs de deux sous‑populations au sud et à l’ouest de la baie d’Hudson au Nunavut. Au cours de l’année de surveillance 2016‑2017 : on supervisera le suivi de POP hérités du passé, c’est‑à‑dire les biphényles polychlorés (BPC), les chlordanes et le dichloro‑diphényl‑trichloroéthane (DDT); on générera des données pour 273 contaminants individuels répertoriés comme prioritaires par le Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord; on analysera deux sous‑ensembles d’échantillons, l’un de 2007 ayant été stocké et l’autre de 2016‑2017, pour mesurer les concentrations en naphtalènes polychlorés (PCN) et, afin de mieux mettre en évidence les tendances temporelles, on déterminera la variance due à des variables confusionnelles des concentrations en polluants organiques persistants (POP) en recueillant, pour les ours polaires faisant l’objet d’un prélèvement, des données relatives à l’âge, au sexe, à la condition physique, à l’heure du prélèvement, à la teneur en matières grasses, au régime alimentaire et à la structure du réseau alimentaire. Les personnes vivant dans le Nord sont des partenaires indispensables du projet puisqu’elles mènent une chasse annuelle aux ours blancs dans le cadre de laquelle elles fournissent les échantillons tissulaires permettant d’effectuer cette surveillance des concentrations en POP et en mercure.


Synopsis (2015-16)

Résumé

L'ours blanc (Ursus maritimus) est le superprédateur de l'écosystème et du réseau alimentaire marins de l'Arctique. Le projet, qui a débuté en 2007 et qui s'est poursuivi en 2015-2016, évalue sur une base annuelle ou bisannuelle les tendances et les variations temporales à long terme qui caractérisent les polluants organiques persistants (POP) prioritaires (anciens et émergents) du Plan de lutte contre les contaminants dans le Nord (PLCN) et que l'on retrouve dans les tissus des ours blancs des sous-populations du sud et de l'ouest de la baie d'Hudson (Nunavut). Pour les nouveaux polluants organiques persistants qui sont actuellement bannis ou réglementés (p. ex. en vertu du traité de la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants), y compris les tétra-bromodiphényléthers au octa-bromodiphényléthers (PBDE), les deux sous-populations ont affiché des tendances à la baisse de la somme des concentrations (∑) de PBDE de 2009 à 2014. Bien que quantifiable en quelques ppb (poids lipide) jusqu'en 2013, l'hexabromocyclododécane (HBCDD) n'était pas détectable dans les échantillons de graisse d'ours en 2013 ou en 2014. Au cours de la période de 2007 à 2015, les concentrations de SPFO et d'∑APFC (poids humide) étaient invariablement élevées (ppm ou niveaux supérieurs), sans tendance à la hausse ou à la baisse évidente. Des paraffines chlorées à chaîne courte (PCCC) se trouvaient dans les échantillons de graisse prélevés en 2014 à des niveaux de ∑PCCC moyens de concentrations en ppm élevées. L'hexachlorobutadiène (HCBD), le β-endosulfane, le sulfate d'endosulfane, le pentachlorophénol (PCP), le pentachloroanisole (PCA) et le dicofol (somme des isomères et o,p'- et p,p') étaient systématiquement non détectés. Comme dans les années précédentes, les polluants organiques persistants anciens (c.‑à-d. les BPC, les chlordanes (CHL), les dichlorodiphényltrichloréthanes (DDT) et les chlorobenzènes (CIBz) se sont maintenus à des concentrations similaires, quoique les concentrations de ∑BPC et de ∑CHL (ppm poids lipide) sont demeurées aux niveaux supérieurs comparativement à tous les autres polluants organiques persistants mesurés. Les concentrations de mercure total (poids humide) dans le foie sont également demeurées inchangées de 2002 à 2015. Afin d'identifier plus clairement les tendances temporelles, on évalue les variations des concentrations des polluants organiques persistants en fonction de facteurs tels que l'âge, le sexe, l'état corporel, le moment de la collecte des données, la teneur en lipides, l'alimentation et la structure du réseau trophique (par l'intermédiaire des ratios d'isotopes stables du carbone et de l'azote et des profils d'acides gras). En plus d'évaluer les tendances temporelles relatives aux ours de la baie d'Hudson, ces données servent à informer les Autochtones et les résidants du Nord ainsi que les collectivités du Nord au sujet des niveaux de polluants organiques persistants et des répercussions des niveaux de contaminants dans la faune marine sur les aliments prélevés dans la nature importants d'un point de vue culturel et traditionnel.

Messages clés

  • En 2014, pour les ours de l'ouest de la baie d'Husdon, en général, les niveaux moyens de ∑BPC, de ∑DDT, de ∑CHL, de ∑-HCH, de ∑-HCH et de ∑ClBz (dans la graisse) étaient similaires à ceux des échantillons remontant à 2001. Les concentrations de ∑BPC et de ∑CHL sont demeurées élevées en ppm (poids lipide).
  • Les tendances des concentrations moyennes de ∑PBDE (dans la graisse) ont augmenté entre 1991 et la fin des années 2000 pour les ours de l'ouest de la baie d'Hudson, puis ont affiché une tendance à la baisse de 2010 à 2014. Les tendances temporelles ont été semblables pour les ours du sud de la baie d'Hudson (période de 2007-2008 à 2014), bien que la sous-population du sud ait maintenu des niveaux de ∑PBDE invariablement supérieurs à ceux de la population de l'ouest.
  • Le HBCCD se retrouvait invariablement à de faibles concentrations moyennes en ppm dans la graisse des ours de l'ouest de la baie d'Hudson au cours des années 2001 à 2013, et on peut en dire autant pour la période de 2007-2008 à 2013 pour les ours du sud de la baie d'Hudson. Toutefois, en 2014, on n'a pas détecté d'HBCCD dans tous les échantillons prélevés sur les ours.
  • Au cours de la période de 2007 à 2015, les concentrations moyennes d'APFA (poids humide) dans le foie étaient invariablement composées surtout de SPFO et d'∑APFC (faibles concentrations d'APFO, mais essentiellement des APFC C9, C10 et C11. Le SPFO se retrouvait invariablement en concentrations plus élevées que les ∑APFC, et le SPFO était invariablement détecté à des niveaux de ppm, mais à des niveaux plus élevés chez les ours du sud de la baie d'Hudson par rapport à ceux de l'ouest de la baie d'Hudson. Il n'y avait aucune tendance à la hausse ou à la baisse évidente relativement aux ∑APFC et au SPFO pour les deux sous-populations au cours de la période de 2007 à 2015.
  • Dans le foie des ours provenant des deux sous-populations, les concentrations moyennes de mercure total (poids humide) entre 2002 et 2015 ont été constantes, et légèrement supérieures chez les ours de l'ouest par rapport à ceux du sud de la baie d'Hudson.

 


Synopsis (2014-15)

Résumé

L’ours blanc (Ursus maritimus) est le super prédateur de l’écosystème et du réseau alimentaire marins de l’Arctique. Le projet, qui a débuté en 2007 et qui s’est poursuivi en 2014, vise à évaluer sur une base annuelle ou bisannuelle les tendances et les variations temporales à long terme qui caractérisent les polluants organiques persistants (POP) prioritaires du Plan de lutte contre les contaminants dans le Nord (PLCN) et que l’on retrouve dans les tissus des ours blancs de deux sous-populations au sud et à l’ouest de la baie d’Hudson (Nunavut). Pour ce qui est des POP actuellement interdits ou réglementés (p. ex. en vertu de la Convention de Stockholm sur les POP), l’analyse des échantillons de tissus adipeux des ours du sud et de l’ouest de la baie d’Hudson que l’on a prélevés annuellement entre 2007 et 2014 n’a révélé aucun changement dans les tendances temporelles. Dans le cas des ours du sud de la baie d’Hudson, au cours de la période allant de 1991 à 2014 par rapport à celle qui va de 2007 à 2014, les concentrations observées de dichlorodiphényltrichloroéthane (SDDT) et d’alpha-hexachlorocyclohexane (a-HCH) étaient plus faibles, et celles de polybromodiphényléthers (SPCB) (SPBDE) (tétra-à-octa; aucun bromodiphényléthers-209 [BDE-209] détectés) et de b-HCH étaient plus élevées. Depuis 2009, les concentrations de SPBDE semblent avoir diminué pour les deux sous-populations d’ours. Lors d’une analyse récente des échantillons des tissus adipeux des ours, aucune trace d’hexabromocyclododécane (HBCD), de β-endosulfan ou de sulfate d’endosulfan n’été détectée, et ce pour tous les échantillons examinés, alors que l’on a détecté la présence d’α-endosulfan et de plusieurs produits ignifuges à base d’organophosphates à une certaine fréquence, mais à de faibles concentrations en partie par milliard (ppm). On a récemment observé de faibles concentrations en ppm d’hexabromocyclododécane (HBCD) et de déchlorane Plus (DP) 602 et 603 alors que les niveaux de brominobiphényle-153 (BB-153) étaient comparables à ceux des SPBDE. Entre 2007 et 2013, les quantités de perfluorooctanesulfonate (PFOS) et de perfluoroalkylcarboxylates (SPFCA) mesurées dans le foie étaient constamment élevées et se situaient entre 500 et 2 500 ng·g-1 poids frais (pf) (seuls les niveaux de Sbiphényle polychloré [BPC] et de chlordane [SCHL] étaient plus élevés). Si ces concentrations étaient plus élevées chez les ours du sud que chez ceux de l’ouest, il semble qu’elles ne diminuent ni n’augmentent chez les deux sous-populations. On a relevé des concentrations moyennes de paraffines chlorées à chaîne courte (SPCCC) dans des échantillons de tissus adipeux prélevés récemment (entre 2012 et 2014), lesquelles se situaient entre 160 et 500 ng·g-1 pf. Les quantités de naphtalènes polychlorés (SNPC) mesurées dans les échantillons de 2014 se situaient entre 18 et 27 ng·g-1 pf, et ce pour les ours de l’ouest et du sud de la baie d’Hudson. D’autres échantillons de foie prélevés en 2013-2014 présentaient de faibles concentrations en ppm de perfluorobutanesulfonamide (FBSA), d’acides carboxyliques perfluorés (ACPF) et d& rsquo;acide sulfonique d’éthylcyclohexane
 perfluoro-4 (PFEtCHxS). Afin d’identifier plus clairement les tendances temporelles, on évalue les variations des concentrations des POP qui sont dues à des facteurs de confusion, et ce à l’aide des données recueillies sur l’âge, le sexe, l’état corporel, le moment de la collecte des données, la teneur en lipides, l’alimentation et le réseau trophique (p. ex. les ratios d’isotopes stables du carbone et de l’azote). Les habitants du Nord sont des partenaires indispensables du projet puisqu’ils mènent une chasse aux ours blancs sur une base annuelle et qu’ils fournissent ainsi des échantillons tissulaires aux fins de la surveillance des contaminants.

Messages clés

  • En 2014, chez les ours de l’ouest de la baie d’Hudson, les concentrations de SPCB, de SDDT, de SCHL, de a-HCH, b-HCH et de chlorobenzène (SCBz) étaient similaires à celles observées en 2001. Les concentrations en ppm de SBPC et de SCHL sont demeurées à des niveaux élevés.
  • Depuis 2009, les concentrations de S4PBDE semblent avoir diminué chez les ours du sud (2007-2008 à 2014) et ceux de l’ouest (2001-2002 à 2014) de la baie d’Hudson; par contre, elles sont restées plus élevées chez la sous-population du sud que chez celles de l’ouest.
  • On a observé des concentrations moyennes de SPCCC dans les tissus adipeux se situant entre 160 et 500 ng·g-1 pf, et des concentrations de SNPC se situant entre 18 et 27 ng·g-1 pf chez tous les ours de la baie d’Hudson, alors que les concentrations en ppm d’HBCD et de DP 602 et 603 étaient faibles récemment, qu’aucune trace de BDE-209 n’a pu être détectée et que les niveaux de BB-153 étaient comparables à ceux des SPBDE.
  • Aucune trace d’HBCD, d’α-endosulfan, de β-endosulfan et de sulfate d’endosulfan ou de tout autres produits ignifuges bromés n’a été détectée dans l’ensemble des échantillons prélevés sur les ours de la baie d’Hudson chassés en 2014, ou précédemment en 2013.
  • Entre 2007 et 2013, les concentrations de PFOS et de SPFCA mesurées dans le foie étaient constamment élevées et se situaient entre 500 et 2 500 ng·g-1 pf. Si ces concentrations étaient plus élevées chez les ours du sud que chez ceux de l’ouest, il semble qu’elles ne diminuent, ni n’augmentent chez les deux sous-populations.
  • Chez les deux sous-populations, en comparaison aux années précédentes, en 2014, les concentrations de mercure total (THg) semblaient être en croissance dans le foie.

 


 

Sommaire du projet (2013-2014)

Résumé

L’ours blanc (Ursus maritimus) est le prédateur qui occupe le sommet de la chaîne alimentaire au sein de l’écosystème marin arctique. On a surveillé les concentrations de contaminants hérités du passé et d’apparition récente, ainsi que les nouveaux polluants organiques persistants (POP) ciblés découverts dans le foie ou la graisse d’ours blancs échantillonnés en 2013 dans les deux zones de gestion territoriales du sud et de l’ouest de la baie d’Hudson, au Nunavut. En 2013, chez les ours blancs de l’ouest de la baie d’Hudson, les concentrations de

SPCB, de SDDT, de SCHL, de a-HCH, de b-HCH et de SClBz étaient en général similaires à celles mesurées dans les échantillons datant de 2001. Depuis 2001 et jusqu’en 2013, les concentrations de SPCB et de SCHL sont demeurées invariablement élevées, à des valeurs de 2 000 à 9 000 ng·g-1 lipides. Les concentrations de S4PBDE semblent être restées stables chez les ours du sud (période de 2007-2008 à 2013) et de l’ouest (période de 2001-2002 à 2013) de la baie d’Hudson. Contrairement aux années précédentes, le BDE-209 était quantifiable dans la graisse des ours du sud (1,9 à 29 ng·g-1 lipides) et de l’ouest (1,6 à 20 ng·g-1 lipides) de la baie d’Hudson, et représentait jusqu’à 10 % de la concentration totale de SPBDE. Chez les deux sous-populations, comparativement aux années antérieures, en 2013, les concentrations de mercure total semblaient être en croissance dans le foie. Sur les 24 PCCC présentes dans les échantillons de graisse d’ours blancs de la baie d’Hudson prélevés en 2012, 17 étaient quantifiables, et la concentration moyenne de SPCCC était de 493 ± 343pg·g-1 lipides. On n’a détecté d’HCBD, d’α-endosulfan, de β-endosulfan et de sulfate d’endosulfan dans aucun des échantillons de graisse prélevés chez des ours blancs de la baie d’Hudson en 2013. En 2013, on a donc observé que la réglementation internationale a une certaine efficacité puisque les concentrations de POP hérités du passé et connus (c’est‑à‑dire les PBDE) n’augmentent pas, en général, chez les ours blancs de la baie d’Hudson, par rapport à leurs concentrations antérieures. Cependant, les POP plus récents qui ne sont pas encore réglementés, comme le BDE-209 et les PCCC, sont présents et pourraient être en hausse.

Messages clés

  • En 2013, chez les ours blancs de la baie d’Hudson, les concentrations de SPCB, de SDDT, de SCHL, de a-HCH, de b-HCH et de SClBz étaient en général similaires à celles mesurées dans les échantillons datant de 2001. Les concentrations de SPCB et de SCHL sont demeurées invariablement élevées, en parties par million.
  • D’après la comparaison des valeurs enregistrées à divers moments, les concentrations de S4PBDE semblent être restées stables chez les ours du sud (période de 2007-2008 à 2013) et de l’ouest (période de 2001-2002 à 2013) de la baie d’Hudson; par contre, les concentrations de S4PBDE ont toujours été plus grandes dans la population du sud que dans la population de l’ouest.
  • Alors que ce n’était pas le cas en 2011 et en 2012, le BDE-209 était quantifiable dans la graisse des ours du sud (1,9 à 29 ng·g-1 lipides) et de l’ouest (1,6 à 20 ng·g-1 lipides) de la baie d’Hudson, et représentait jusqu’à 10 % de la concentration totale de SPBDE.
  • Chez les deux sous-populations, comparativement aux années antérieures, en 2013, les concentrations de mercure total semblaient être en croissance dans le foie.
  • Sur les 24 PCCC présentes dans les échantillons de graisse d’ours blancs de la baie d’Hudson prélevés en 2012, 17 étaient quantifiables, et la concentration moyenne de SPCCC était de 493 ± 343 pg·g-1 lipides.
  • On n’a détecté d’HCBD, d’α-endosulfan, de β-endosulfan et de sulfate d’endosulfan dans aucun des échantillons de graisse prélevés chez des ours blancs de la baie d’Hudson en 2013.

Synopsis (2012-2013) 

L’ours blanc (Ursus maritimus) est le superprédateur de l’écosystème et du réseau alimentaire marins de l’Arctique. Les contaminants anciens et émergents, ainsi que les nouveaux polluants organiques persistants (POP) découverts dans le foie ou la graisse d’ours blancs abattus en 2012 et 2013, font l’objet d’une surveillance dans deux zones de gestion territoriale du sud et de l’ouest de la baie d’Hudson, au Nunavut. Cette surveillance est continue; elle est axée sur les tendances temporelles à long terme d’une année à l’autre. En 2011, pour les ours de l’ouest de la baie d’Hudson, la SBPC, la SDDT, la SCHL et la SClBz, ainsi que les niveaux de a-HCH et de b-HCH, étaient en général semblables à ceux relevés dans les échantillons prélevés en 2007. En d’autres termes, en 2011, les SPCB et les SCHL (en ppm) ont continué d’être élevées, la SClBz est demeurée entre 200 à 400 ng g-1 (poids des lipides [pl]), la SDDT et le niveau de a-HCH ont continué à diminuer, et le niveau de b-HCH a continué à suivre une tendance à la hausse. D’après des comparaisons temporelles de deux points et de trois points à partir de 2001-2002, la S4PBDEs chez les ours du sud de la baie d’Hudson semble avoir diminué. Dans le cas des ours de l’ouest de la baie, la S4PBDE est demeurée à peu près inchangée. Notre analyse des échantillons de graisse prélevés en 2011 chez des ours de la baie d’Hudson a révélé que le BDE209 et 18 PIB de remplacement sans PBDE étaient presque complètement non décelables. En général, les niveaux de PFOS chez les ours du sud et de l’ouest de la baie d’Hudson semblent avoir diminué en 2011 par rapport à 2007-2008. Nous avons actuellement conclu que la réglementation internationale est efficace car les niveaux de POP (c.àd. PBDE et PFOS) anciens et émergents continuent de ne pas augmenter ou semblent en baisse chez les ours blancs de la baie d’Hudson et d’autres sous-populations canadiennes par rapport aux niveaux historiques.


Messages clés

  • En 2011, les SPCB, les SDDT, les SCHL, les SClBz et les concentrations de aHCH et de bHCH chez les ours de l’ouest de la baie d’Hudson étaient semblables à celles chez les échantillons prélevés en 2007.
  • En 2011, la SPCB et la SCHL (en ppm) sont demeurées à des niveaux élevés, la SClBz est demeurée entre 200 à 400 ng g-1 pl, la SDDT et le niveau de aHCH ont continué de diminuer, alors que le niveau de b-HCH a continué à suivre une tendance à la hausse.
  • D’après des comparaisons temporelles de deux points (2011 et 2007-2008), la S4PBDE chez les ours du sud de la baie d’Hudson semble avoir diminué, alors que chez les ours de l’ouest de la baie, elle demeure à peu près inchangée.
  • En général, les niveaux de PFOS chez les ours du sud et de l’ouest de la baie d’Hudson semblent avoir diminué en 2011 par rapport à 2007-2008.

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Tendances spatiales et à long terme des contaminants organiques persistants et des métaux dans le touladi et la lotte des Territoires du Nord-Ouest

Chefs du projet

Marlene S. Evans, Environnement et Changement Climatique Canada, Saskatoon, SK
Tél. : 306-975-5310, Téléc. : 306-975-5143, Courriel : marlene.evans@ec.gc.ca

Derek Muir, Environnement et Changement Climatique Canada, Burlington, ON
Tél. : 905-319-6921; téléc. : 905-336-6430; Courriel : derek.muir@ec.gc.ca

Équipe du projet

Rosy Bjornson, and Diane Giroux , Akaitcho Territory Government, Fort Resolution, NT; Sonya Almond, Mike Tollis, Lutsel K’e Dene First Nation, Lutsel K’e, NT; George Low and Mike Low, Programme autochtone de gestion des ressources aquatiques et oceaniques, Hay River, NT; Jessica Jumbo, Trout Lake, NT; Xinhua Zhu, Pêches et Océans Canada, Winnipeg, MB; Jonathan Keating, Environnement et Changement Climatique Canada, Saskatoon, SK; Xiaowa Wang, Environnement et Changement Climatique Canada, Burlington, ON

Durée du projet : continu


Sommaire du projet (2016-2017)

Cette étude fait partie du programme de surveillance de base du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord, dont l’objectif global consiste à mesurer les tendances en matière de concentrations en contaminants chez les animaux jouant un rôle important dans les régimes alimentaires traditionnels. L’étude porte sur le touladi et la lotte pêchés dans le Grand lac des Esclaves, dans les Territoires du Nord-Ouest. On se procurera les touladis auprès de pêcheurs locaux pratiquant la pêche vivrière à Lutsel K’e sur le bras oriental du Grand lac des Esclaves et auprès de pêcheurs pratiquant une pêche commerciale à partir de Hay River sur le bassin occidental du lac, tandis que les lottes seront obtenues auprès de pêcheurs commerciaux à Fort Resolution sur le delta de la rivière des Esclaves. Ces pêcheurs captureront, pour chacun de ces lieux, vingt poissons qui feront l’objet d’analyses chimiques portant essentiellement sur les tendances des concentrations en mercure et en métaux. Bien que l’on ne prévoie pas, cette année, d’analyser les poissons pour déterminer les concentrations en contaminants organiques, les tissus seront stockés pour de possibles analyses à une date ultérieure. Les résultats seront synthétisés et présentés dans des articles scientifiques. Le projet comprendra au moins une visite coordonnée de la région du Grand lac des Esclaves pour discuter des résultats de l’étude, pour, éventuellement, effectuer un échantillonnage à partir du lac et mettre en œuvre la formation correspondante, enfin pour se pencher sur l’élargissement des partenariats locaux.


Synopsis (2015-16)

Résumé

Cette étude du Grand lac des Esclaves contribue au volet de surveillance des tendances du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord en étudiant les tendances liées aux contaminants chez les espèces de poisson importantes dans l’alimentation traditionnelle. En 2015, des touladis provenant de la région de Hay River (bassin ouest) et de Lutsel K’e (bras de l’est); des lottes en provenance de Fort Resolution, situées sur le delta du lac des Esclaves, ont fait l’objet d’une surveillance. Les poissons ont été analysés pour déceler la présence de mercure, de métaux et de polluants organiques persistants. En outre, dans le cadre d’autres programmes, nous avons étudié le grand brochet à Fort Resolution et la lotte à Lutsel K’e afin de découvrir les tendances en matière de mercure. Les concentrations de mercure demeurent relativement faibles chez ces poissons, et les tendances à la hausse relatives au mercure précédemment signalées se sont tempérées. Les concentrations de polluants organiques persistants sont en déclin, en particulier celles du ΣDDT et du ΣHCH pour les espèces comme les endroits, et celles de ΣPCB pour les poissons du bassin de l’ouest. Nous avons livré une présentation sur nos études à l’assemblée générale de l’Akaitcho et publié un article scientifique synthétisant nos études sur les sédiments et les réseaux trophiques au milieu des années 1990 dans le Journal of Great Lakes Research. Nous continuons à travailler avec Fort Resolution à son étude sur les prises d’eau et contribuons aux études connexes menées par d’autres chercheurs et collectivités, entre autres sur les tendances relatives au mercure dans les lacs du Deh coh et le Grand lac de l’ours.

Messages clés

  • Les concentrations de mercure demeurent relativement faibles (moyenne inférieure à 0,5 µg/g) chez le touladi, la lotte et le grand brochet.
  • Il y a quelques années, les concentrations de mercure semblaient à la hausse chez le touladi et la lotte, mais ces dernières années, on a moins de raisons de conclure à une augmentation sur le plan temporel.
  • Les concentrations de polluants organiques persistants sont en déclin, en particulier chez les poissons du bassin de l’ouest.

 


Synopsis (2014-15)

Résumé

Notre projet consiste à étudier les tendances des concentrations de polluants qui sont présents chez la lotte du bassin ouest du Grand lac des Esclaves (zone de pêche domestique de la région de Resolution Bay), le touladi (zone de pêche commerciale) et le touladi du bras de l’est du Grand lac des Esclaves (zone de pêche commerciale de la Première Nation Lutsel K’e). En 2014, nous avons procédé à une analyse des concentrations de mercure et d’autres métaux chez ces poissons, ainsi qu’à une analyse de variables biologiques, comme la longueur, le poids, l’âge, le pourcentage d’eau, les parasites, les isotopes de carbone et d’azote, lesquelles faciliteront l’évaluation de l’état de santé des poissons et des différences dans les concentrations de contaminants en ce qui concerne les espèces, les lieux et le moment de l’échantillonnage. Bien qu’elles ne s’inscrivaient pas dans le programme de surveillance du Plan de lutte contre les contaminants dans le Nord (PLCN), nous avons poursuivi notre étude sur les grands brochets à Fort Resolution et celle sur la lotte à Lutsel K’e. Si de façon générale les concentrations de mercure ont continué d’augmenter, les concentrations moyennes sont demeurées en deçà des recommandations fixées pour la vente commerciale. Nous avons également décelé des signes de déclin des concentrations de nombreux polluants organiques persistants (POP), le taux de déclin du bassin ouest étant supérieur à celui observé dans le bras de l’est. Nous collaborons avec les responsables du Programme de surveillance et d’évaluation de l’Arctique (PSEA) afin de caractériser les tendances associées aux POP. Nous poursuivons nos activités visant à évaluer les concentrations de mercure chez les poissons des plus petits lacs du Dehcho, ces derniers provenant des lacs Cli, Fish, Tathlina et Trout. Notre échantillonnage au lac Trout comptait dix dorés jaunes de taille normale et dix autres de petite taille. Nous sommes également allés à Fort Resolution où nous avons utilisé la prise d’eau domestique afin de recueillir des données sur la qualité de l’eau tout au long de l’année à Resolution Bay et d’assurer un suivi des cycles saisonniers de production.

Messages clés

  • Si les concentrations de mercure chez les poissons du Grand lac des Esclaves continuent d’augmenter, les taux de croissance sont faibles et les concentrations moyennes de mercure chez les touladis et les lottes demeurent en deçà des recommandations fixées pour la vente commerciale.
  • Les concentrations de mercure étaient plus élevées chez les poissons prédateurs des plus petits lacs du Dehcho et étaient en moyenne comparables ou supérieures aux recommandations fixées pour la vente commerciale.
  • Nous avons également décelé des signes de déclin des concentrations de nombreux POP au cours des trois dernières décennies, le taux de déclin étant potentiellement supérieur dans le bassin ouest, là où la période de rétention est plus courte, et le taux de sédimentation plus élevé que dans le bras de l’est.
  • Les activités de surveillance de la qualité de l’eau menées à la prise d’eau de Fort Resolution, si elles se poursuivent, pourraient faciliter l’étude de la relation entre les cycles de production annuels et les tendances relatives aux concentrations de mercure dans la région de Resolution Bay.

 


 

Synopsis (2013-2014)

Résumé

Cette étude, menée au Grand lac des Esclaves, porte sur les tendances temporelles relatives au mercure et aux polluants organiques persistants (POP) chez les touladis provenant de la pêche pratiquée à des fins commerciales dans le bassin ouest et de la pêche pratiquée à des fins domestiques par la collectivité de Lutsel K’e dans le bras est. On a surveillé les lottes issues de la pêche pratiquée à des fins domestiques à Fort Resolution, à l’embouchure de la rivière des Esclaves. On a aussi prélevé des grands brochets à Fort Resolution de même que des lottes dans la collectivité de Lutsel K’e, cela pour y surveiller les tendances relatives au mercure. On a relevé des tendances à la hausse significatives pour le mercure chez les touladis et les lottes, mais pas chez les grands brochets : les concentrations moyennes de mercure pour une espèce, une année et un lieu donnés sont largement inférieures à 0,5 µg·g-1, qui est la recommandation fixée pour la vente des espèces commerciales de poissons. On a contribué à l’évaluation du mercure dans le Rapport de l’évaluation des contaminants dans l’Arctique canadien (RÉCAC) et à des articles de synthèse. En ce qui concerne les POP et le Grand lac des Esclaves, on a contribué à l’évaluation des POP dans le cadre du Programme de surveillance et d’évaluation de l’Arctique par l’examen des tendances et de la puissance statistique des ensembles de données dont on disposait. La concentration de bien des POP est en déclin; c’est chez les poissons du bassin ouest, particulièrement les lottes, que ces tendances sont le plus évidentes. On a continué de travailler avec George Low dans le cadre du programme d’évaluation du mercure dans de petits lacs de la région de Fort Simpson, en lien avec le Programme autochtone de gestion des ressources aquatiques et océaniques (PAGRAO) de Deh Cho; les concentrations de mercure y sont plus élevées que dans le Grand lac des Esclaves, et certains éléments indiquent des hausses au fil du temps. Les interactions avec les collectivités demeurent importantes; on peut citer la participation à l’atelier du PAGRAO et au programme de surveillance de l’eau d’approvisionnement de Fort Resolution. On a contribué à une étude du mercure et des radionucléides chez les touladis du lac Stark (près de la collectivité de Lutsel K’e) et on a prélevé des carottes de sédiments dans l’ouest du Grand lac des Esclaves, dans le lac Stark et dans le lac Kasika en mars 2014.

Messages clés

  • On enregistre une tendance à la hausse du mercure chez les lottes et les touladis du Grand lac des Esclaves, même si les concentrations moyennes demeurent inférieures à la recommandation fixée pour la vente des espèces commerciales de poissons (0,5 µg·g-1).
  • Les contaminants organiques persistants sont présents en concentrations relativement faibles chez les touladis (filet) et les lottes (foie); les concentrations de ces substances sont plus élevées dans le foie de lotte que dans le filet de touladi. De manière générale, les concentrations de contaminants sont plus fortes chez les poissons du bras est.
  • On note des signes de déclin des concentrations de nombreux POP au fil du temps, en particulier dans le foie de lotte. C’est chez les touladis du bassin ouest et du bras est que ces baisses ont été observées surtout.
  • Les concentrations de mercure sont plus élevées chez les poissons prédateurs des petits lacs à l’ouest du Grand lac des Esclaves, et certains éléments indiquent des tendances à la hausse au fil du temps.

 


Synopsis (2012-2013) 

Résumé

Notre étude examine les tendances temporelles du mercure et des contaminants organochlorés persistants chez le touladi et la lotte dans le Grand lac des Esclaves. L’étude porte sur deux zones qui diffèrent quant à la limnologie générale, l’écologie halieutique et les sources de contamination. Le bassin ouest, sur lequel la rivière des Esclaves influe fortement, fait partie d’une zone productive où l’on pratique la pêche commerciale. Le bras est, où les apports atmosphériques directs seraient la plus importante source de contamination, constitue une région moins productive où l’on pratique seulement une pêche locale et sportive. Des touladis ont été capturés à Hay River (bassin ouest) et à Lutsel K’e (bras est), et des lottes, à Fort Resolution (bassin ouest), grâce à des fonds provenant du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord (PLCN). D’autres fonds ont permis de poursuivre la surveillance de la lotte à Lutsel K’e et du grand brochet (pour le mercure seulement) à Fort Resolution. Les données issues des activités de surveillance officielles par le PLCN (lancées en 1998), à laquelle ont été ajoutées des données supplémentaires provenant d’études antérieures, alimentent nos bases de données. Cellesci sont en train de devenir suffisamment efficaces pour déceler les tendances statistiques, notamment dans le cas du mercure. Les concentrations de mercure montrent des tendances significatives à la hausse chez le touladi et la lotte, mais non chez le grand brochet. Les concentrations moyennes de mercure pour une espèce, une année et un emplacement donnés sont bien inférieures à la ligne directrice de 0,5 g/g visant les poissons destinés à la vente commerciale. Parmi les contaminants organiques persistants légués du passé, les tendances les plus à la baisse ont été observées pour les concentrations de HCH et de DDT; d’autres tendances sont plus faibles et ne concordent pas avec les espèces et l’emplacement. Les concentrations de CBz pourraient montrer une tendance à la hausse chez le touladi.

Messages clés

  • Les concentrations de mercure des spécimens de touladi (filet) et de lotte (filet) capturés dans le bassin ouest et le bras est connaissent une tendance significative à la hausse. Les concentrations moyennes de mercure demeurent inférieures à 0,5 g/g, à l’exception de dépassements occasionnels chez les poissons de grande taille.
  • Chez le grand brochet, qui fait actuellement l’objet d’une surveillance à Resolution Bay dans le cadre du Programme de surveillance des effets cumulatifs, on n’observe pas de tendance à la hausse. Les concentrations moyennes de mercure demeurent inférieures à 0,5 µg/g, à l’exception de dépassements occasionnels chez les poissons de grande taille.
  • Chez des spécimens de touladi (filet) et de lotte (foie) capturés dans le bassin ouest et le bras est du Grand lac des Esclaves, on constate que les concentrations de HCH et de DDT affichent les plus fortes tendances à la baisse parmi les concentrations de contaminants organiques persistants légués du passé.
  • Les concentrations de PCB, de chlordane et de dieldrine connaissent une tendance significative à la baisse chez le touladi du bassin ouest, mais non chez le touladi du bras est. Dans le bras est, cependant, on n’observe pas de tendance à la baisse des concentrations de dieldrine chez la lotte.
  • On observe un déclin général des concentrations de CBz chez la lotte et une hausse générale chez le touladi; cependant, les tendances ne sont significatives que pour le touladi du bassin ouest et la lotte du bras est. 

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Tendances à long terme des concentrations de contaminants organiques halogénés et de métaux chez le touladi de deux lacs du Yukon : le lac Kusawa et le lac Laberge

Chef du projet: 

Gary A. Stern, Centre des sciences d'observation de la Terre, Université de Manitoba, Winnipeg
Tél: (204) 474-9084;Courriel: Gary.stern@umanitoba.ca

Équipe du projet: 

Pat Roach, Affaires Autochtones et du Nord Canada; Mary Gamberg, Gamberg Consulting, Whitehorse; Bob van Dijken, Conseil des Premieres Nations du Yukon, Whitehorse; Programme des ressources renouvelables, Collège de Yukon; Centre des sciences d'observation de la Terre, Université du Manitoba

Durée du projet : continu


Sommaire du projet (2016-2017)

L'objectif de ce projet consiste à maintenir à jour les données sur les concentrations en contaminants chez le touladi de deux lacs du Yukon, les lacs Laberge et Kusawa. Le projet vise également à poursuivre l'évaluation des tendances temporelles en matière de substances bioaccumulables afin de déterminer si les concentrations de contaminants chez les poissons diminuent ou augmentent au fil du temps. Ces résultats permettront de mieux comprendre la santé des populations de poissons et l'exposition des populations humaines de l'Arctique qui les consomment dans le cadre de leur régime alimentaire traditionnel. On évaluera notamment les concentrations en métaux à l'état de traces, par exemple le mercure, le sélénium et l'arsenic, en contaminants organochlorés, par exemple les biphényles polychlorés (BPC), le dichloro‑diphényl‑trichloroéthane (DDT) et le toxaphène, en une sélection de produits chimiques actuellement utilisés par l'industrie, par exemple les agents ignifuges bromés, et en composés organiques fluorés. Ces résultats contribueront à vérifier l'efficacité des contrôles internationaux.


Synopsis (2015-2016)

Résumé

Des contaminants organohalogénés (pesticides organochlorés, biphényles polychlorés, produits ignifuges bromés et composés organiques fluorés) et des métaux lourds (Hg, Se et As) ont été dosés dans des échantillons de muscle de touladis capturés dans deux lacs du Yukon, soit les lacs Kusawa et Laberge. La série chronologique des teneurs en métaux lourds du muscle de ces touladis s'étend sur 22 ans, 19 et 17 moments d'échantillonnage, respectivement. Les niveaux de mercure moyens de tous les ensembles de données pour l'échantillon du lac Laberge étaient de 0,47 ± 0,21 (n=202), tandis que le niveau de mercure moyen de tous les échantillons du lac Kusawa était de 0,37 ± 0,22 (n=164) g g-1, respectivement. Dans les deux lacs, les niveaux se situent sous le niveau recommandé dans les directives, qui est de 0,50 g g-1 pour la vente commerciale. Au cours des 22 dernières années, aucune tendance significative n'a été observée dans le lac Laberge. Dans le lac Kusuwa, après une chute importante des concentrations de mercure corrigées en fonction de la longueur dans les muscles de truites du lac en 2001, aucune tendance significative n'a été observée. La concentration moyenne actuelle de mercure corrigée en fonction de la longueur pour la truite dans le lac Kusawa est maintenant à son niveau le plus élevé depuis 1999.

Messages clés

  • La série chronologique des concentrations de métaux lourds (mercure, sélénium et arsenic) dans le muscle de touladis des lacs Laberge et Kusawa s'étend sur 22 ans, et est constituée de 19 dates d'échantillonnage pour le lac Laberge et de 17 pour le lac Kusawa.
  • Pour l'ensemble des données, la concentration moyenne de mercure est de 0,47 ± 0,21 (n=202) au lac Laberge et de 0,37 ± 0,22 (n=164) g g-1, au lac Kusawa, respectivement. Dans les deux lacs, les niveaux se situent sous le niveau recommandé dans les directives, qui est de 0,50 g g-1 pour la vente commerciale.
  • Au cours des 22 dernières années, aucune tendance significative n'a été observée dans le lac Laberge.
  • Dans le lac Kusuwa, après une chute importante des concentrations de mercure corrigées en fonction de la longueur dans les muscles de truites du lac en 2001, aucune tendance significative n'a été observée. La concentration moyenne actuelle de mercure corrigée en fonction de la longueur est maintenant à son niveau le plus élevé depuis 1999.

 


Synopsis (2014-15)

Résumé

Nous avons analysé des échantillons de muscles de touladis prélevés dans deux lacs du Yukon, soit le lac Kusawa et le lac Laberge, afin d'en déterminer la teneur en divers contaminants organohalogénés et en métaux lourds. La série chronologique des concentrations de métaux lourds dans ces échantillons de muscles des touladis s'étend sur 21 ans; il y a eu durant cette période 18 prélèvements au lac Laberge et 16 au lac Kusawa. Pour l'ensemble des données, la concentration moyenne de mercure (Hg) est de 0,47 ± 0,21 (n=182) au lac Laberge et de 0,37 ± 0,23 (n=154) mg g-1 au lac Kusawa. Ainsi, dans les deux lacs, les concentrations sont inférieures à la limite de 0,50 mg g-1 qui est recommandée pour la vente commerciale de poisson. Aucune tendance significative n'a été observée en ce qui concerne les concentrations de Hg corrigées en fonction de la longueur chez les touladis du lac Laberge et du lac Kusawa, et ce au cours des 21 et 15 dernières années, respectivement. Comme on l'a observé pour le Hg, suivant un déclin rapide, les concentrations d'organochlorés (CO) ajustées en fonction des lipides semblent avoir recommencé à augmenter autour de 2003-2004. On a noté une variation significative dans les échantillons prélevés au lac Laberge, ce qui fait qu'aucune tendance temporelle n'a été décelée.
 
Messages clés

  • À l'heure actuelle, la série chronologique des concentrations de métaux lourds (Hg, Se et As) dans les muscles des touladis des lacs Laberge et Kusawa s'étend sur 21 ans; il y a eu durant cette période 18 prélèvements au lac Laberge et 16 au lac Kusawa.
  • Pour l'ensemble des données, la concentration moyenne de Hg est de 0,47 ± 0,21 (n=182) au lac Laberge et de 0,37 ± 0,23 (n=154) mg-g-1 au lac Kusawa. Dans les deux lacs, les concentrations sont tout juste inférieures à la limite de 0,50mg-g-1 qui est recommandée pour la vente commerciale de poisson.
  • Au cours des 19 dernières années, aucune tendance significative n'a été observée en ce qui concerne les concentrations de Hg chez les touladis du lac Laberge.
  • Aucune tendance significative n'a été observée en ce qui concerne les concentrations de Hg corrigées en fonction de la longueur chez les touladis du lac Laberge et du lac Kusawa, et ce au cours des 21 et 15 dernières années, respectivement.
  • Comme dans le cas du mercure, après un déclin rapide, les concentrations de CO ajustées en fonction des lipides semblent avoir recommencé à augmenter autour de 2003-2004. On a noté une variation significative dans les échantillons prélevés au lac Laberge, ce qui fait qu'aucune tendance temporelle n'a été décelée.

 


Synopsis (2013-2014)

Résumé

Des échantillons de muscles de touladis prélevés dans deux lacs du Yukon, le lac Kusawa et le lac Laberge, ont été analysés pour en déterminer la teneur en divers contaminants organohalogénés (CO/PCB/PIB/COF[1]) et en métaux lourds (Hg/Se/As). À l'heure actuelle, les données sur les tendances temporelles relatives aux métaux lourds dans les muscles des touladis des lacs Laberge et Kusawa couvrent une période de 20 ans, et on a prélevé des échantillons à 17 et à 15 moments, respectivement, dans ces lacs. Selon les ensembles de données entiers, les concentrations moyennes de mercure dans les échantillons du lac Laberge et du lac Kusawa sont de 0,48 ± 0,22 (n = 162) et de 0,38 ± 0,23 (n = 144) mg g‑1, respectivement. Dans les deux lacs, les concentrations sont inférieures à la recommandation de 0,50 mg g-1 fixée pour la vente des espèces commerciales de poissons. Aucune tendance significative n'a été observée en ce qui concerne les concentrations de mercure chez les touladis du lac Laberge au cours des 19 dernières années. Dans le lac Kusuwa, après une baisse significative de la concentration moyenne de mercure dans les muscles de touladi ajustée en fonction de la longueur des sujets en 2001, les concentrations ont augmenté de manière constante jusqu'en 2007, chuté en 2008, et elles sont maintenant de nouveau en hausse. La concentration moyenne de mercure dans les muscles de touladi ajustée en fonction de la longueur des sujets est actuellement à sa valeur la plus élevée depuis 1999. Comme dans le cas du mercure, après un déclin rapide, les concentrations de CO ajustées en fonction des lipides semblent avoir recommencé à augmenter autour de 2003-2004. On note une variabilité significative dans le cas des échantillons prélevés dans le lac Laberge et, par conséquent, aucune tendance temporelle ne se dégage.

Messages clés

  • À l'heure actuelle, les données sur les tendances temporelles relatives aux métaux lourds (mercure, sélénium et arsenic) dans les touladis des lacs Laberge et Kusawa couvrent une période de 20 ans, et on a prélevé des échantillons à 17 et à 15 moments, respectivement, dans ces lacs.
  • Selon les ensembles de données entiers, les concentrations moyennes de mercure dans les échantillons du lac Laberge et du lac Kusawa sont de 0,48 ± 0,22 (n = 162) et de 0,38 ± 0,23 (n = 144) mg g‑1, respectivement. Dans les deux lacs, les concentrations sont inférieures à la recommandation de 0,50 mg g-1 fixée pour la vente des espèces commerciales de poissons.
  • Aucune tendance significative n'a été observée en ce qui concerne les concentrations de mercure chez les touladis du lac Laberge au cours des 19 dernières années.
  • Dans le lac Kusuwa, après une baisse significative de la concentration moyenne de mercure dans les muscles de touladi ajustée en fonction de la longueur des sujets en 2001, les concentrations ont augmenté de manière constante jusqu'en 2007, chuté en 2008, et elles sont maintenant de nouveau en hausse. La concentration moyenne de mercure dans les muscles de touladi ajustée en fonction de la longueur des sujets est actuellement à sa valeur la plus élevée depuis 1999.
  • Comme dans le cas du mercure, après un déclin rapide, les concentrations de CO ajustées en fonction des lipides semblent avoir recommencé à augmenter autour de 2003-2004. On note une variabilité significative dans le cas des échantillons prélevés dans le lac Laberge et, par conséquent, aucune tendance temporelle ne se dégage.

[1]Contaminants organohalogénés/polychlorobiphényles/produits ignifuges bromés/composés organofluorés
 


Synopsis (2012-2013) 

Résumé

Nous avons analysé un éventail de contaminants organohalogénés (pesticides organochlorés, biphényles polychlorés, produits ignifuges bromés et composés organiques fluorés) et de métaux lourds (Hg, Se et As) dans des échantillons de muscle de touladis qui ont été capturés dans les lacs Kusawa et Laberge, au Yukon. La série chronologique des concentrations de métaux lourds dans ces échantillons s'étend sur 19 ans et est constituée de 16 dates d'échantillonnage pour le lac Laberge et de 14 dates pour le lac Kusawa. Pour l'ensemble des données, la concentration moyenne de Hg est de 0,49 ± 0,22 mg g-1 (n = 154) dans le lac Laberge et de 0,39 ± 0,24 mg g-1 (n = 133) dans le lac Kusawa. Dans les deux lacs, la concentration est inférieure à celle recommandée dans les directives, qui est de 0,50 mg g-1 pour la vente commerciale. Au cours des 19 dernières années, aucune tendance significative des concentrations de Hg dans les touladis du lac Laberge n'a été observée. Quant au lac Kusuwa, on y a signalé une baisse significative des concentrations moyennes de Hg corrigées en fonction de la longueur dans les muscles des touladis en 2001, qui a été suivie d'une augmentation constante de ces concentrations jusqu'en 2007. Les concentrations ont ensuite baissé en 2008, puis ont recommencé à augmenter. La concentration moyenne actuelle de Hg corrigée en fonction de la longueur est maintenant à son niveau le plus élevé depuis 1999. Comme on l'a observé pour le mercure, les concentrations d'organochlorés corrigées en fonction de la teneur en lipide ont recommencé à augmenter vers 2003- 2004, après une baisse rapide. On a noté une variation significative dans les échantillons du lac Laberge, ce qui fait qu'aucune tendance temporelle n'a été décelée.

Messages clés

  • La série chronologique des teneurs en métaux lourds du muscle des touladis s'étend sur 19 ans et est constituée de 16 dates d'échantillonnage pour le lac Laberge et de 14 pour le lac Kusawa.
  • Pour l'ensemble des données, la concentration moyenne de Hg est de 0,49 ± 0,22 mg g-1 (n = 154) dans le lac Laberge et de 0,39 ± 0,24 mg g-1 (n = 133) dans le lac Kusawa. Dans les deux lacs, la concentration se situe immédiatement sous le niveau recommandé dans les directives, qui est de 0,50 mg g-1 pour la vente commerciale.
  • Au cours des 19 dernières années, aucune tendance significative des concentrations de Hg dans les touladis du lac Laberge n'a été observée.
  • Quant au lac Kusuwa, on y a signalé une baisse significative des concentrations moyennes de Hg corrigées en fonction de la longueur dans les muscles des touladis en 2001, qui a été suivie d'une augmentation constante de ces concentrations jusqu'en 2007. Les concentrations ont ensuite baissé en 2008, puis ont recommencé à augmenter. La concentration moyenne actuelle de Hg corrigée en fonction de la longueur est maintenant à son niveau le plus élevé depuis 1999.
  • Comme on l'a observé pour le mercure, les concentrations d'organochlorés corrigées en fonction de la teneur en lipide ont recommencé à augmenter vers 2003-2004, après une baisse rapide. On a noté une variation significative dans les échantillons du lac Laberge, ce qui fait qu'aucune tendance temporelle n'a été décelée.

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Tendances temporelles des polluants organiques persistants et des métaux dans les phoques annelés de l’Arctique canadien

Chefs du projet:

Derek Muir, Direction de la recherche sur les contaminants aquatiques, Environnement et Changement Climatique Canada
Tél: 905-319-6921; Téléc.: 905-336-6430; Courriel: derek.muir@ec.gc.ca

Magali Houde, Direction de la recherche sur les contaminants aquatiques, Environnement et Changement Climatique Canada
Tél: 514-496-6774; Téléc.: 514-496-7398; Courriel: magali.houde @ec gc.ca

Équipe du projet:

Chasseurs et trappeurs de Resolute Bay; Chasseurs et trappeurs de Sachs Harbour, Chasseurs et trappeurs de Arviat; Tom Sheldon, Rodd Laing, and Katie Winters, Direction de l’Environnement, Gouvernement de Nunatsiavut; Xiaowa Wang, Amila De Silva, Jane Kirk, DRCA, Environnement et Changement Climatique Canada (ECCC), Burlington, ON; Mélanie Douville, Direction de la recherche sur les contaminants aquatiques, Environnement et Changement Climatique Canada, Montreal, QC; Camilla Teixeira, Mary Williamson, Amy Sett, Environnement et Changement Climatique Canada (ECCC), Burlington, ON; Steve Ferguson and Brent Young, Pêches et Océans Canada (DFO), Winnipeg, MB

Durée du projet : continu


Sommaire du projet (2016-2017)

Ce projet vise : 1) à déterminer l’évolution, au fil du temps, des concentrations de contaminants hérités du passé, comme le mercure, les biphényles polychlorés (BPC) ou d’autres polluants organiques persistants (POP), chez les populations de phoques annelés de l’Arctique canadien et 2) à étudier la présence de nouvelles substances chimiques préoccupantes et à examiner les tendances y afférentes. On effectue actuellement, et on continuera de superviser, dans le cadre de ce projet, un échantillonnage annuel à Sachs Harbour (une région désignée des Inuvialuit), à Resolute et à Arviat (au Nunavut) et à Nain (au Nunatsiavut) conduit par les chasseurs locaux et coordonné par les associations des chasseurs et des trappeurs (ACT) dans chaque communauté. On fournit aux ACT des trousses d’échantillonnage, des instructions et le financement nécessaire correspondant aux coûts de coordination et d’administration. Les chasseurs notent les données biologiques de chaque animal et sont payés pour chaque trousse remplie. On analyse des échantillons de graisse de phoque prélevés sur des femelles et des jeunes afin de déterminer les tendances des concentrations de POP traditionnels et émergents, par exemple les substances chimiques bromées et fluorées ou les pesticides. On analyse les concentrations en mercure et en autres métaux lourds sur des échantillons de foies de phoques mâles et femelles. Enfin, on analyse des échantillons de muscles pour déterminer les concentrations en mercure et en isotopes stables du carbone et de l’azote en vue d’évaluer le régime alimentaire des phoques. En 2016‑2017, le projet poursuivra l’analyse des échantillons pour déterminer, outre les concentrations en POP hérités du passé et en substances organiques émergentes, celles de mercure et de métaux lourds. Les échantillons sont conservés, et continueront de l’être, pour d’éventuelles futures études sur les contaminants. Les mesures annuelles des contaminants ont montré que les phoques étaient de très bons indicateurs de l’évolution des utilisations et de la production de substances chimiques largement intégrées dans les produits de consommation et les produits industriels.


Synopsis (2015-2016)

Résumé

Ce projet a pour but de déterminer les changements quant aux concentrations d’anciens contaminants, comme les BPC et d’autres polluants organiques persistants (POP), et le mercure, chez les phoques annelés. Tout l’échantillonnage est effectué avec l’aide de comités de chasseurs et de trappeurs dans chacune des collectivités visées, auxquelles on remet des trousses d’échantillonnage et des instructions à cet égard. L’effort d’échantillonnage mené en 2015 a remporté un grand succès sur l’ensemble des quatre sites : Sachs Harbour, Resolute, Arviat et Nain. Au cours de la dernière année, nous avons évalué précisément les tendances spatiales et temporelles des naphtalènes polychlorés et des produits ignifuges bromés dans le pannicule adipeux de phoques recueillis entre 1998 et 2014 dans la partie centrale de l’archipel (principalement à Resolute), la baie d’Hudson (Arviat et Inukjuaq) et la région du sud de la mer de Beaufort (Sachs Harbour, Ulukhaktuk), ainsi que des substances perfluoroalkyliques dans des échantillons de foie. Les concentrations de sulfonate de perfluorooctane (SPFO) ont baissé chez les phoques de Sachs Harbour (2011-2014), mais augmenté dans l’ouest de la baie d’Hudson au cours de la même période et sont demeurées stables dans le détroit de Lancaster. Les niveaux de naphtalènes polychlorés variaient de 1 à 6 ng/g en poids lipide entre les différents emplacements et ont diminué chez les phoques de 2011 à 2014. Les résultats liés aux produits ignifuges indiquaient que les concentrations de ΣPBDE les plus élevées se retrouvaient chez les phoques de Nain, d’Inukjuaq et d’Arviat et les plus faibles niveaux, chez les phoques du détroit de Lancaster. Une forte tendance à la baisse des PBDE depuis 2008 a été observée chez les phoques de l’est de l’île de Baffin. Il s’est également avéré que les concentrations dans le pannicule adipeux des nouveaux produits ignifuges bromés, le bis-(tribromophénoxy)-éthane(BTBPE) et l’hexabromocyclododécane (HBCDD), avaient considérablement augmenté sur plusieurs sites au cours de la dernière décennie. Les augmentations de certains produits ignifuges chez les phoques annelés et les concentrations de composés perfluoroalkyles et polyfluoroalkyles (PFAS) portent à croire à leurs apports continus dans l’environnement arctique canadien.

Messages clés

  • Les naphtalènes polychlorés (NPC) sont des contaminants plus importants chez les phoques que ce que l’on avait déterminé initialement, selon les nouveaux résultats employant des techniques d’analyse améliorées.
  • Les concentrations de NPC dans le pannicule adipeux des phoques annelés ont diminué pendant la période de 2011 à 2014.
  • Les concentrations de produits ignifuges existants et nouveaux sont à la hausse chez certaines populations de phoques annelés.
  • Les concentrations de SPFO ont décliné au cours des dernières années à Sachs Harbour, mais semblent à la hausse chez les phoques de l’ouest de la baie d’Hudson.

 


Synopsis (2014-15)

Résumé

Ce projet a pour but de caractériser les variations des concentrations de contaminants qui sont présents chez les phoques annelés et hérités du passé, comme les polluants organiques persistants (POP) et le mercure. Dans chacune des collectivités visées, toutes les activités d’échantillonnage sont effectuées avec l’aide des comités de chasseurs et de trappeurs auxquels on remet des trousses d’échantillonnage ainsi que des directives. En 2014, des échantillons ont été recueillis par les chasseurs des collectivités d’Arviat, de Nain, de Resolute et de Sachs Harbour. Les mesures chimiques ont été combinées aux résultats d’années antérieures, notamment des échantillons prélevés à partir des années 1970, et ce, afin d’examiner les tendances au fil du temps et les différences géographiques. Depuis le milieu des années 2000, les concentrations de mercure et de cadmium sont en déclin dans toutes les régions, sauf à Nain; l’endroit ayant fait l’objet d’échantillonnages restreints, il est encore trop tôt pour déceler des tendances. Le déclin des concentrations de mercure concorde avec nos observations des échantillons de muscles. Il n’était cependant pas facile à déceler au cours des années précédentes en raison de l’importante variabilité observée d’une année à une autre. Les concentrations de POP hérités du passé dans le petit lard de phoque continuent de diminuer considérablement chez les phoques annelés de la baie d’Hudson et des régions du détroit de Lancaster. Toutefois, les échantillons prélevés dans la mer de Beaufort révèlent que les concentrations chez les individus de cette région ont tendance à diminuer lentement et de façon non significative.

Messages clés

  • Depuis le milieu des années 2000, les concentrations de mercure et de cadmium dans les muscles et dans le foie des phoques ont diminué dans trois des quatre régions ayant fait l’objet d’activités d’échantillonnage.
  • Les concentrations de POP continuent de diminuer considérablement chez les phoques annelés de la baie d’Hudson et du détroit de Lancaster. Toutefois, les échantillons prélevés dans la mer de Beaufort révèlent que les concentrations chez les individus de cette région ont tendance à diminuer beaucoup plus lentement.

 


 

Synopsis (2013-2014)

Résumé

L’objectif de ce projet est de caractériser les variations des concentrations de contaminants hérités du passé, comme les polychlorobiphényles (PCB) et d’autres polluants organiques persistants (POP), ainsi que de mercure chez les phoques annelés. Le prélèvement des échantillons est entièrement fait avec l’aide des comités de chasseurs et de trappeurs de chaque collectivité ayant reçu des trousses d’échantillonnage et des instructions connexes. En 2013, des échantillons ont été recueillis pas les chasseurs des collectivités de Nain, de Resolute et de Sachs Harbour. Les mesures des produits chimiques ont été combinées avec les résultats obtenus d’années précédentes, y compris les résultats d’analyse d’échantillons archivés prélevés dans les années 1970, cela fin d’examiner les tendances temporelles et les différences géographiques. Les concentrations moyennes de mercure dans les muscles des phoques ont diminué à Arviat, à Resolute et à Sachs Harbour depuis le milieu des années 2000, mais elles sont demeurées à peu près constantes à Nain. Les concentrations de POP hérités du passé dans le petit lard de phoque ont en général décliné, mais à des degrés divers selon le lieu. Pour la plupart des POP hérités du passé, les baisses les plus rapides ont été enregistrées dans la baie d’Hudson, et les plus lentes, à Sachs Harbour. Les concentrations de composés fluorés ont également diminué chez les phoques d’Arviat et de Resolute, mais elles ont continué à augmenter lentement à Sachs Harbour.

Messages clés

  • Les concentrations de mercure dans les muscles des phoques ont décliné à trois des quatre régions d’échantillonnage depuis le milieu des années 2000.
  • Les concentrations de composés fluorés ont connu une baisse chez les phoques d’Arviat et de Resolute, mais elles ont continué à augmenter lentement à Sachs Harbour.

 


Synopsis (2012-2013) 

Le présent projet a pour but de déterminer, chez le phoque annelé, les changements de concentrations de mercure et d’anciens contaminants, comme les BPC et d’autres polluants organiques persistants (POP). Tout l’échantillonnage est effectué avec l’aide de comités de chasseurs et de trappeurs dans chacune des collectivités visées, auxquelles on remet des trousses d’échantillonnage et des instructions à cet égard. En 2012, des échantillons ont été prélevés par des chasseurs dans les collectivités d’Arviat, de Nain, de Resolute et de Sachs Harbour. Des mesures chimiques ont été combinées aux résultats d’années antérieures, incluant des échantillons prélevés à partir des années 1970, pour examiner les tendances au fil du temps et les différences géographiques. Les concentrations de mercure moyennes mesurées dans le foie des phoques en 2012 étaient similaires aux concentrations mesurées au cours des années antérieures. Les concentrations de mercure dans les muscles des phoques ont cependant diminué de manière significative à Arviat et à Resolute depuis le milieu des années 2000. Les tendances des concentrations de produits ignifugeants dans la graisse de phoque ont varié d’un endroit à l’autre; ces concentrations ont diminué à Arviat, mais ont continué d’augmenter à Resolute et à Sachs Harbour. Les composés fluorés ont également diminué dans les échantillons de phoque prélevés à Arviat et à Resolute, mais ont continué d’augmenter lentement à Sachs Harbour.

Messages clés

  • Les concentrations de mercure dans les muscles des phoques ont diminué de manière significative à Arviat et à Resolute depuis le milieu des années 2000.
  • Les tendances varient dans l’Arctique canadien en ce qui concerne les concentrations de composés bromés, de composés fluorés et d’anciens POP tels que les BPC.

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Tendances temporelles et variations spatiales des polluants organiques persistants et des métaux dans l’omble anadrome de l’Arctique canadien

Directeurs du projet

Marlene S. Evans, Environnement Canada (EC), 11, boulevard Innovation, Saskatoon, tél. : 306-975-5310, téléc. : 306-975-5143, courriel : marlene.evans@ec.gc.ca

Derek Muir, EC, 867, chemin Lakeshore, Burlington, tél. : 905-319-6921, téléc. : 905-336-6430, courriel : derek.muir@ec.gc.ca

 

Équipe du projet

Alice Maghakek, Ekaluktutiak, Cambridge Bay, Organisation de chasseurs et de trappeurs; Les Harris, Division de la recherche aquatique de l’Arctique, Pêches et Océans Canada; Donald S. McLennan, Station de recherche du Canada dans l’Extrême-Arctique (SRCEA); Jonathan Keating, EC, Saskatoon; Xiaowa Wang, EC, Burlington

Régions nordiques visées par l’étude : Canada’s Arctic

Durée du projet : 2011-2015


Synopsis (2014-15)

Résumé

L’omble anadrome est un élément important du régime alimentaire de nombreuses collectivités du Nord. Notre étude fournit de l’information sur les concentrations de contaminants présents chez ces poissons, dont elle a permis de confirmer qu’elles étaient faibles, et se concentre désormais sur la surveillance des tendances. En 2014, nous avons publié un article scientifique résumant les connaissances que l’on possède sur l’omble anadrome que pêchent différentes collectivités du Nord canadien, lesquelles portent notamment sur la façon dont varient les concentrations de mercure d’un site à un autre et au fil du temps. Nous avons poursuivi nos recherches sur les tendances des contaminants organiques persistants et observé un déclin dans les concentrations de certains composés à Cambridge Bay et Nain, mais non pas à Pond Inlet où le dossier temporel est limité. En 2014, nous avons décidé de mener notre projet sur l’omble anadrome à un seul site seulement, soit à Cambridge Bay, et de ne plus poursuivre nos recherches sur les contaminants organiques persistants. Marlene a effectué une courte visite à Cambridge Bay afin de discuter du projet et d’examiner les possibilités découlant de la mise sur pied de la SRCEA. Nous avons obtenu des touladis et des ombles par l’entremise de la communauté de pêcheurs de Grenier Lake, endroit où semblent résider les ombles recueillis dans le cadre de cette étude lorsqu’ils ne sont pas en mer. Les Harris nous a fourni des filets d’ombles anadromes pêchés entre 2010 et 2014 dans les rivières Jayco, Lauchlin et Halovik afin que l’on puisse identifier des tendances temporelles et étudier les différences spatiales entre les différents réseaux hydrographiques en ce qui concerne les concentrations de mercure chez l’omble.

Messages clés

·         Les concentrations de mercure sont très faibles chez les ombles anadromes de l’ensemble du Canada.

·         Les concentrations de mercure présentes chez les ombles anadromes de Cambridge Bay ont diminué, ce qui pourrait s’expliquer par la hausse du coefficient de condition et les changements climatiques.

·         Les concentrations des contaminants organiques persistants chez l’omble anadrome sont très faibles en ce qui concerne certains composés, comme le dichlorodiphenyltrichloroethane (DDT), le chlordane (CHL) et l’hexachlorocyclohexane (HCH), dont les quantités tendent à diminuer à long terme.

 


 

Sommaire du projet (2013-2014)

Résumé

À part la surveillance du mercure à Cambridge Bay, l’étude sur les tendances (spatiales et temporelles) relatives aux contaminants chez les ombles chevaliers anadromes en Arctique en est à sa dernière année. L’étude, entreprise en 2004, portait sur des ombles anadromes prélevés dans 18 collectivités et sur des Dolly Varden provenant de 2 collectivités; il s’agissait de mesurer les concentrations de mercure, d’autres métaux et de polluants organiques persistants dans ces poissons. L’objectif global de cette étude consistait à fournir des données actuelles, de haute qualité, à l’appui de l’hypothèse selon laquelle les concentrations de contaminants sont très faibles chez les ombles anadromes, ce qui en fait un bon choix alimentaire pour les membres des collectivités qui souhaitent conserver une alimentation traditionnelle. En 2013, on a recueilli des ombles anadromes à Ekaluktutiak (Cambridge Bay) et à Mittimatalik (Pond Inlet), au Nunavut, et à Nain, au Nunatsiavut, puis on a analysé leur teneur en mercure et en métaux. Les concentrations de mercure continuaient d’être excessivement basses chez les ombles provenant de ces trois lieux, et elles étaient largement inférieures aux recommandations fixées pour la vente. Une tendance à la hausse des concentrations de mercure précédemment qualifiée de significative (quoique faible) à Cambridge Bay perdait son caractère significatif lorsqu’on incluait les données de 2013. Les concentrations de mercure dans les ombles de Nain n’ont dessiné aucune tendance temporelle significative au cours de la période de 1998 à 2013, tandis que l’on a noté une tendance à la baisse significative des concentrations de mercure chez les ombles de Pond Inlet de 2005 à 2013. On a analysé les données relatives aux contaminants organiques persistants pour y déceler des tendances, cela constituant une contribution au prochain rapport du Programme de surveillance et d’évaluation de l’Arctique. Aucune tendance n’était visible en ce qui concerne les 12 composés étudiés à Pond Inlet de 2004 à 2012; l’α- et le γ-HCH ont connu un déclin à Nain au cours de la période de 1998 à 2010; les concentrations de Ʃ-chlordane et de Ʃ-DDT à Cambridge Bay ont aussi connu un déclin de 1987 à 2013. La capacité à détecter les tendances temporelles est gravement restreinte par la courte durée sur laquelle portent les relevés, la plupart des sites ayant été étudiés seulement cinq à sept fois depuis 2004, et les relevés historiques avant 2004 étant limités.

Messages clés

  • Les concentrations de mercure étaient très faibles chez les ombles anadromes (c’est‑à‑dire largement inférieures à la recommandation de 0,5 mg·g-1 fixée pour la vente des espèces commerciales de poissons).
  • On n’a relevé aucune tendance relative aux concentrations de mercure chez les ombles à Cambridge Bay (1977 à 2013) et à Nain (1998 à 2013), tandis qu’à Pond Inlet, les concentrations de mercure dans les ombles ont décrit une tendance à la baisse significative de 2005 à 2013.  
  • Les concentrations de contaminants hérités du passé (DDT, CBz, HCH, chlordane, HCB et PCB) étaient faibles.
  • La détection des tendances temporelles est restreinte par la courte durée sur laquelle portent les relevés et par le nombre d’années (en général cinq à sept) où des poissons ont été analysés.

 

Cette étude examine les tendances des contaminants chez l’omble chevalier anadrome à Ekaluktutiak (Cambridge Bay), à Mittimatalik (Pond Inlet) et à Nain, au Labrador. Les concentrations de contaminants sont faibles chez ce poisson, mais on mène des analyses en raison de l’importance de l’espèce pour les pêches locales et commerciales. L’utilisation à l’échelle mondiale des polluants organiques persistants (POP) tels que les PCB et le DDT diminue. Par conséquent, l’on s’attend à ce que les concentrations chez l’omble chevalier anadrome baissent elles aussi. Les nouveaux contaminants, comme les produits ignifuges et le mercure, de même que les POP, seront étudiés. Au total, 20 poissons seront pêchés dans chaque site, juste avant leur montaison (retour vers les eaux intérieures après s’être nourris en mer), puis congelés entiers en vue d’être expédiés à Saskatoon. Pour remercier les chasseurs qui fourniront les poissons et pour couvrir les frais d’expédition connexes, on leur remet une rétribution. Les données recueillies serviront à diverses fins, notamment à fournir des conseils en matière d’alimentation, à évaluer l’efficacité des accords internationaux limitant l’utilisation et le rejet de contaminants et à comprendre comment le rejet accru de contaminants et les changements climatiques peuvent affecter les voies de transport des contaminants.

Synopsis (2012-2013) 

Nous examinons les tendances des contaminants chez l’omble chevalier anadrome à Ekaluktutiak (Cambridge Bay) et à Mittimatalik (Pond Inlet). Nous étudions ce poisson en raison de son importance pour les pêches de subsistance pratiquées dans la plupart des villages côtiers et pour recueillir des informations à l’appui des avantages d’inclure ce poisson dans les régimes d’aliments traditionnels. Les concentrations de mercure continuent d’être extrêmement faibles chez l’omble aux deux endroits et demeurent bien en deçà des lignes directrices pour la vente commerciale. Il y a une faible tendance à la hausse des concentrations de mercure à Cambridge Bay de 1977 à 2011, mais pas à Pond Inlet, pour lequel le dossier temporel se limite à la période de 2005 à 2011. Les concentrations de contaminants organiques persistants étaient faibles, et aucune tendance n’était évidente pour les données de 2004 à 2011. Des mesures limitées des concentrations de contaminants chez l’omble ont été effectuées aux deux endroits en 1987. Les concentrations de HCH et de DDT étaient considérablement plus faibles chez ces individus au cours de la période récente qu’en 1987, et les concentrations de chlordane et de CBz étaient moins élevées à Cambridge Bay mais non à Pond Inlet. Dans l’ensemble, notre étude a permis d’établir que les concentrations de contaminants chez l’omble chevalier anadrome sont faibles.

Messages clés

  • Les concentrations de mercure chez l’omble chevalier anadrome prélevé sont très faibles, soit bien inférieures à la ligne directrice de 0,5 μg/g pour les poissons destinés à la vente commerciale.
  • Une tendance à la hausse a été constatée pour les concentrations de mercure à Cambridge Bay (1977-2011), mais non à Pond Inlet (2005-2011), où la période de surveillance était plus courte.
  • Les concentrations de contaminants classiques (DDT, CBz, HCH et chlordane) étaient faibles.
  • Les concentrations de la plupart des contaminants organiques classiques chez l’omble chevalier de Cambridge Bay étaient considérablement plus faibles en 2004- 2011 qu’en 1987. À Pond Inlet, seules les concentrations de HCH et de DDT étaient considérablement plus faibles en 1987 qu’en 2005-2011.
  • Les poissons semblent en santé.

Synopsis (2011-2012) :

Résumé
Notre projet de biosurveillance de base examine les tendances des contaminants chez l'ombre chevalier anadrome à Ekaluktutiak (Cambridge Bay), site d'importantes pêches commerciales, et à Mittimatalik (Pond Inlet). Nous étudions l'ombre chevalier anadrome à cause de son importance pour les pêches dans la plupart des collectivités côtières. En 2011, 20 individus anadromes ont été recueillis à Ekaluktutiak et à Mittimatalik et envoyés entiers à Saskatoon. Les analyses des concentrations de mercure présentes chez les ombres chevaliers anadromes prélevés en 2011 sont terminées, tandis que les analyses des contaminants organochlorés persistants sont en cours. Les concentrations de mercure continuent d'être faibles aux deux emplacements et demeurent bien en deçà des lignes directrices pour la vente commerciale. Il y a une faible tendance à la hausse des concentrations de mercure à Cambridge Bay, mais non à Pond Inlet. Les concentrations de contaminants organiques persistants étaient faibles, et aucune tendance n'était évidente pour les données de 2004 à 2010. Lorsque les données pour Cambridge Bay ont été comparées aux mesures prises à la fin des années 1980, la plupart des contaminants étaient présents en concentrations considérablement plus élevées à cette époque, à l'exception de celles des BPC qui n'ont pas changé. Il est cependant possible qu'un plus petit nombre de congénères aient été examinés à la fin des années 1980, ce qui expliquerait qu'il n'y ait pas de tendance. À Pond Inlet, seul l'hexachlorure de benzène (HCH) a montré des signes de déclin depuis la fin des années 1980; à ce moment, les concentrations étaient beaucoup plus faibles à Pond Inlet qu'à Cambridge Bay, à l'exception des concentrations de BPC, qui étaient faibles aux deux endroits.

Messages clés

  • Les concentrations de mercure présentes chez les individus anadromes prélevés en 2011 sont très faibles et sont bien inférieures à la ligne directrice de 0,5 μg/g pour les poissons destinés à la vente commerciale.
  • Une tendance à la hausse a été constatée pour les concentrations de mercure à Cambridge Bay (1991 2011), mais non à Pond Inlet (2005 2010), où la période de surveillance était plus courte.
  • Les concentrations d'anciens contaminants (BPC, DDT, Cbz, HCH, chlordane et toxaphène) étaient faibles.
  • À Cambridge Bay, la concentration de la plupart des contaminants organiques anciens était beaucoup plus faible au cours de la période de 2004 à 2011 qu'en 1987, à l'exception des BPC et du toxaphène. Il est possible qu'un plus grand nombre de congénères de BPC et de toxaphène aient été mesurés en 2004 2010 qu'en 1987. À Pond Inlet, seules les concentrations d'HCH étaient plus faibles en 1987 qu'en 2005 2010. Aucune tendance n'est évidente en ce qui concerne les concentrations d'éther diphénylique polybromé (PBDE) au cours de la période de 2004 (ou de 2005) à 2010 pour les deux collectivités.
  • Les poissons semblaient en santé.

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Tendances temporelles des polluants organiques persistants et du mercure chez l’omble chevalier dulcicole de l’Extrême-Arctique

Chefs du projet:

Derek Muir, Direction de la recherche sur les contaminants aquatiques, Environnement et Changement Climatique Canada, Burlington, ON
Tél: 905-319-6921; Téléc.: 905-336-6430; Courriel: derek.muir@ec.gc.ca

Jane Kirk, Direction de la recherche sur les contaminants aquatiques, Environnement et Changement Climatique Canada, Burlington, ON
Tél: 905-319-6921; Téléc.: 905-336-6430

Günter Köck, Institut des études de montagne interdisciplinaires, Innsbruck, AustriaTél. : +43 1 51581 1271; Téléc. : +43 1 51581 1275; Courriel : guenter.koeck@oeaw.ac.at

Équipe du projet:

Debbie Iqaluk, Resolute Bay; Ben Barst, Universite McGill, Ste. Anne de Bellevue; Ana Cabrerizo, Environnement et Changement Climatique Canada, Burlington; Ed Sverko and Jacques Carrier, Laboratoire national des essais environmentaux (LNEE,, Environnement et Changement Climatique Canada, Burlington; Amy Sett and Mary Williamson, Direction de la recherche sur les contaminants aquatiques, Environnement et Changement Climatique Canada, Burlington

Durée du projet : continu


Sommaire du projet (2016-2017)

Ce projet étudie l’évolution temporelle des concentrations de contaminants dans l’omble de l’Arctique dulcicole des lacs du Nunavut. On mesurera les concentrations de polluants tels que les polluants organiques persistants (POP) et le mercure dans les poissons, que l’on comparera aux données existantes afin de déterminer si elles sont en baisse ou en hausse. Le projet a débuté en 1999 et l’on dispose donc désormais de données sur les tendances à long terme, c’est‑à‑dire sur 15 à 25 ans, en matière de concentrations de POP et de mercure, permettant d’étudier les facteurs influençant les concentrations de contaminants chez l’omble dulcicole, par exemple la durée de la glaciation des lacs, le régime alimentaire et le réchauffement climatique. À ce jour, les analyses sur tous les poissons capturés portent sur les concentrations en mercure et en autres métaux. On a également effectué des analyses sur les concentrations en biphényles polychlorés (BPC) et en autres polluants organiques persistants, notamment les nouveaux contaminants, sur un plus petit nombre de poissons. Les résultats montrent une baisse des concentrations de mercure chez l’omble de l’Arctique dans quatre lacs, soit Amituk, Resolute, North et Char, ainsi qu’une augmentation dans le lac Small. En outre, les concentrations en BPC et en pesticides chlorés sont faibles et ont globalement diminué entre 1992‑1993 et 2014. On poursuivra, en 2016‑2017, l’échantillonnage dans les lacs Amituk, North, Small, Hazen et Resolute, au Nunavut, et les échantillons seront analysés pour déterminer les concentrations en mercure, en multiéléments et en POP. Les résultats du projet continueront d’être transmis annuellement, dans les meilleurs délais, à l’Association des chasseurs et des trappeurs, au hameau de Resolute Bay (Qausuittuq) et au Comité des contaminants du Nunavut.


Synopsis (2015-2016)

Résumé

Cette étude à long terme porte sur les tendances temporelles relatives au mercure et à d’autres éléments traces, de même qu’à des polluants organiques persistants (POP), hérités du passé et d’apparition récente, qui sont présents chez les ombles chevaliers dulcicoles recueillis annuellement dans des lacs près de la collectivité de Resolute Bay, sur l’île Cornwallis (lacs Amituk, Char, North, Small et Resolute), et dans le lac Hazen, dans le parc national Quttinirpaaq, sur l’île d’Ellesmere. En 2015, on est arrivé à recueillir des échantillons d’omble chevalier dans tous les lacs. Les résultats de 2015 font suite aux tendances à la baisse du mercure précédemment observées chez les ombles dans les lacs Amituk, Hazen, North et Resolute. Aucune variation du mercure n’a été observée chez les ombles de Small Lake. Les concentrations de produits ignifuges bromés ont augmenté chez les ombles des quatre lacs, entre le milieu des années 2000 et 2013, bien que les concentrations demeurent plus faibles que celles des polluants organiques persistants anciens, tels que les BPC. Les augmentations de BPC chez les ombles sont incompatibles avec les déclins de BPC observés chez les phoques et les oiseaux de mer se nourrissant près du détroit de Lancaster et montrent que les tendances temporelles dans les environnements d’eau douce doivent être considérées séparément de celles dans l’océan.

Messages clés

  • Les concentrations de mercure chez les ombles chevaliers dulcicoles continuent de décliner lentement depuis 2005 dans cinq des six lacs pour lesquels nous avons des résultats à long terme.
  • Les polluants organiques persistants anciens (BPC, DDT, chlordane) continuent de décliner dans tous les lacs étudiés.
  • Les produits chimiques ignifuges bromés sont généralement à la hausse chez l’omble chevalier dulcicole dans l’ensemble des quatre lacs étudiés.

 


Synopsis (2014-15)

Résumé

Cette étude à long terme porte sur les tendances temporelles relatives au mercure et à d’autres éléments traces, de même qu’à des polluants organiques persistants (POP), hérités du passé et d’apparition récente, qui sont présents chez les ombles chevaliers dulcicoles recueillis annuellement dans des lacs près de la collectivité de Resolute Bay, sur l’île Cornwallis (lacs Amituk, Char, North, Small et Resolute), et dans le lac Hazen, dans le parc national Quttinirpaaq, sur l’île d’Ellesmere. En 2014, on est arrivé à recueillir des échantillons d’omble chevalier dans tous les lacs. Les données assemblées en 2014 ont permis de déceler des tendances à la baisse du mercure chez les ombles chevaliers des lacs Amituk, Hazen, North et Resolute. Aucune variation du mercure n’a été observée chez les ombles de Small Lake. Les concentrations de composés fluorés utilisés dans le téflon et les produits antitaches ont diminué chez les ombles des lacs Hazen, Amituk et Char, le déclin le plus rapide observé étant celui du lac Hazen (- 26 % par année). Ces déclins font contraste aux concentrations croissantes présentes dans l’air de certains précurseurs de ces composés fluorés.

Messages clés

  • Les concentrations de mercure chez les ombles chevaliers confinés aux eaux intérieures ont décliné depuis 2005 dans cinq des six lacs pour lesquels on dispose de résultats à long terme.
  • Les concentrations de composés fluorés ont diminué chez les ombles dulcicoles des lacs isolés des îles Cornwallis et Ellesmere.

 


Sommaire du projet (2013-2014)

Résumé

Cette étude à long terme porte sur les tendances temporelles relatives au mercure et à d’autres éléments traces, de même qu’à des polluants organiques persistants (POP) hérités du passé et d’apparition récente dans des ombles chevaliers confinés aux eaux intérieures recueillis annuellement dans des lacs près de la collectivité de Resolute Bay, sur l’île Cornwallis (lacs Amituk, Char, North, Small et Resolute), et dans le lac Hazen, dans le parc national Quttinirpaaq, sur l’île d’Ellesmere. En 2013, on a réussi à prélever des échantillons d’ombles chevaliers dans tous les lacs, sauf le lac Char. L’ajout des données de 2013 a permis de déceler des tendances à la baisse du mercure dans les ombles chevaliers des lacs Amituk, Char, North et Resolute. On n’a noté aucune variation du mercure chez les ombles du lac Hazen. Les POP hérités du passé continuent de décliner dans les ombles de tous les lacs, sauf le lac Resolute, où les concentrations de PCB, de DDT et de composés apparentés au chlordane demeurent stables, et où les concentrations de toxaphène ont augmenté. Les concentrations des produits de remplacement des produits ignifuges bromés interdits s’accroissent dans les lacs Amituk, Char et Resolute, et on a détecté leur présence pour la première fois dans le lac Hazen.

Messages clés

  • Les concentrations de mercure dans les ombles chevaliers confinés aux eaux intérieures ont décliné depuis 2005 dans cinq des six lacs pour lesquels on dispose de résultats à long terme.
  • Alors que la plupart des POP, comme les hexachlorocyclohexanes, les PCB et le DDT sont en déclin, les concentrations de certains nouveaux produits chimiques ignifuges croissent.

 


Synopsis (2012-2013) 

La présente étude à long terme traite des tendances temporelles du mercure et d’autres éléments en trace ainsi que des polluants organiques persistants (POP), anciens et nouveaux, chez l’omble chevalier dulcicole (confiné aux eaux intérieures). Des échantillons sont recueillis annuellement dans les lacs Amituk, Char et Resolute, près de la collectivité de Resolute Bay, sur l’île Cornwallis, et dans le lac Hazen, dans le parc national du Canada Quttinirpaaq, sur l’île d’Ellesmere. En 2012, nous sommes parvenus à recueillir des échantillons d’omble chevalier dans les quatre lacs. Afin d’évaluer les tendances temporelles, les résultats ont été combinés aux résultats antérieurs obtenus pour les mêmes lacs. Compte tenu des résultats de 2012, nous avons constaté des tendances à la baisse significatives pour ce qui est du mercure chez l’omble chevalier dans les lacs Amituk, Char et Resolute. Aucun changement n’a été observé pour ce qui est du mercure mesuré chez l’omble chevalier du lac Hazen. Les anciens POP sont à la baisse chez l’omble chevalier dans tous les lacs, sauf dans le lac Resolute; en effet, les concentrations de BPC, de DDT et de composés apparentés au chlordane sont demeurées stables, tandis que les concentrations de toxaphène ont augmenté. Les composés remplaçant les ignifugeants bromés qui ont été interdits sont en hausse dans les lacs Amituk, Char et Resolute, mais leurs concentrations sont toujours inférieures aux seuils de détection dans le lac Hazen. De façon générale, les concentrations de composés fluorés mesurées chez l’omble chevalier ont peu varié dans les lacs Char et Hazen, mais un groupe de composés fluorés est présent en concentrations de plus en plus grandes dans le lac Amituk.

Messages clés

  • Dans trois des quatre lacs étudiés, les concentrations de mercure mesurées chez l’omble chevalier confiné aux eaux intérieures ont diminué depuis 2005.
  • Les concentrations de la plupart des anciens POP, tels que l’hexachlorure de benzène, les BPC et le DDT, sont en déclin, mais les concentrations de certains produits ignifugeants plus récents sont à la hausse.

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Mesures du mercure à Alert et au lac Little Fox

Chef du projet:

Alexandra Steffen, Direction générale des sciences et de la technologie,Recherche sur les processus de la qualité de l'air, Environnement et Changement Climatique Canada, Toronto
Tél: (416) 739-4116; Courriel: Alexandra.Steffen@ec.gc.ca

Équipe du projet:

H. Hung, and G. Stupple, Environnement et Changement Climatique Canada; G. Skelton, Skelton Technical Services; P. Roach, Affaires Autochtones et du Nord Canada; Alert GAW, Environnement et Changement Climatique Canada; G. Lawson and J. Kirk, NWRI/CCIWEnvironnement et Changement Climatique Canada; B. Van Dijken, Conseil des Premieres Nations de Yukon; D. Cooke,Ta’än Kwach’än Council; Laberge Environmental Services; B. Bergquist, Université de Toronto

Durée du projet : continu


Sommaire du projet (2016-2017)

Ce projet examine les concentrations de mercure (Hg) dans l’atmosphère arctique à Alert au Nunavut, et à Little Fox Lake au Yukon. Les principaux objectifs de ce projet consistent à analyser les évolutions des concentrations du mercure au fil du temps et à comprendre son comportement dans l’air. Le mercure est présent dans l’atmosphère soit à l’état gazeux, soit attaché à des particules de poussière. Sous sa forme gazeuse, il peut demeurer longtemps dans l’atmosphère; toutefois, lorsqu’il est attaché à des particules, il est susceptible de se déposer sur une surface, qu’il s’agisse de terre ou d’eau, et de passer dans un écosystème. Cette étude fournira des données sur la quantité de mercure dans l’air, sur la façon dont il a été transporté vers l’Arctique par voie aérienne et sur le pourcentage qui retombe au sol. On aura recours à des modèles mathématiques pour exploiter ces données afin d’établir de futurs scénarios relatifs aux concentrations en mercure dans l’air arctique. Cette recherche nous permettra de mieux comprendre l’influence du changement climatique sur la contamination par le mercure dans l’Arctique, et les répercussions de ce contaminant sur les gens qui vivent dans le Nord. Ces données serviront également de base à des politiques nationales et internationales visant à contrôler les rejets et la dispersion de mercure à l’échelle de la planète.


Synopsis (2015-2016)

Résumé

Le mercure (Hg) est un polluant prioritaire qui demeure préoccupant dans les régions arctiques. L’Arctique reçoit des dépôts de mercure par le transport à grande distance en provenance des régions sources, qui sont pour la plupart en dehors du Canada. Bien que les résultats des mesures des concentrations atmosphériques de mercure prises à Alert, au Nunavut, démontrent une tendance à la baisse (-0,987 % par année sur une période de 13 ans), il s’agit d’un déclin plus lent que celui observé dans les régions plus au sud. En revanche, les concentrations de mercure au lac Little Fox, au Yukon, démontrent une tendance à la hausse (+1,40 % par année, sur une période de huit ans). Il s’agit de la première tendance annuelle à la hausse enregistrée pour le mercure gazeux total (MGT) au Canada. À Alert, le mercure élémentaire gazeux (MEG) continue de connaître une chute saisonnière caractéristique au printemps. En parallèle, les profils saisonniers des espèces de mercure à plus courte durée de vie (mercure gazeux réactif, ou MGR, et mercure lié aux particules ou PHg) ont continué à démontrer un pic de mercure lié aux particules au début du printemps et un pic de MGR à la fin du printemps. Les dépôts les plus élevés de mercure semblent issus de ce pic printanier des concentrations de mercure lié aux particules et de MGR. Une nouvelle méthode employant des isotopes stables est à l’étude afin d’évaluer des façons de mieux comprendre les sources de mercure se retrouvant dans cette région et d’analyser les processus que le mercure subit après son dépôt dans l’Arctique.

Messages clés

  • On recueille des mesures du mercure atmosphérique à Alert, au Nunavut, depuis 1995 et au lac Little Fox, au Yukon, depuis 2007.
  • Les niveaux de mercure élémentaire gazeux à Alert diminuent chaque année depuis 1995 et augmentent chaque année depuis 2007 au lac Little Fox.
  • On rapporte toujours une variabilité saisonnière à Alert et au lac Little Fox.
  • Les données recueillies dans le cadre du programme représenteront la contribution du Canada aux politiques nationales et à l’évaluation de l’efficacité des stratégies nationales et internationales de réduction des émissions de mercure.

 


Synopsis (2014-2015)

Résumé

Le mercure (Hg) est un polluant prioritaire à l’échelle mondiale qui demeure préoccupant dans les régions arctiques. Bien qu’on prévoie une diminution des émissions de mercure au Canada, on prévoit plutôt une hausse des émissions mondiales. Ces données revêtent une grande importance, car 95 % du mercure d’origine humaine accumulé au Canada provient de l’extérieur du pays. L’Arctique est susceptible de recevoir des dépôts de mercure par le transport à grande distance en provenance des régions sources. C’est à Alert, au Nunavut, dans le Haut-Arctique canadien, que l’on a effectué le relevé le plus long des concentrations atmosphériques de mercure en Arctique. L’analyse révèle que la tendance à la baisse des concentrations de mercure est moins marquée dans l’Extrême-Arctique que dans les régions plus au sud. Le mercure élémentaire gazeux (MEG) continue de connaître une chute saisonnière caractéristique au printemps. Les profils saisonniers des espèces de mercure à plus courte durée de vie (mercure gazeux réactif, ou MGR, et mercure lié aux particules ou PHg) ont été étudiés à partir des profils des dépôts de mercure associés aux chutes de neige. Cette analyse a montré que le PHg connaissait un pic au début du printemps, et que le MGR en produisait un à la fin du printemps. On a validé une nouvelle méthode fondée sur l’utilisation d’isotopes stables pour analyser les processus du mercure au printemps. On continue de recueillir des mesures du MEG au lac Little Fox, au Yukon, et les données recueillies montrent une variabilité saisonnière.

Messages clés

  • On recueille des mesures du mercure atmosphérique à Alert, au Nunavut, depuis 1995 et au lac Little Fox, au Yukon, depuis 2007.
  • On effectue des mesures à long terme pour caractériser l’évolution des concentrations au fil du temps, et pour prédire les tendances futures en matière de transport à grande distance du mercure vers ces régions de l’Arctique.
  • On rapporte toujours une variabilité saisonnière à Alert et au lac Little Fox.
  • Les données recueillies dans le cadre du programme représenteront la contribution du Canada à l’évaluation de l’efficacité des stratégies nationales et internationales de réduction des émissions de mercure.

 


Sommaire du projet (2013-2014)

Résumé

Le mercure (Hg) est un polluant prioritaire à l’échelle mondiale, et il demeure préoccupant dans les régions arctiques. C’est à Alert, au Nunavut, dans le Haut-Arctique canadien, que l’on a effectué le relevé le plus long des concentrations atmosphériques de mercure en Arctique. L’analyse révèle que la tendance à la baisse des concentrations de mercure est moins marquée dans le Haut-Arctique que dans les régions plus au sud. Le mercure élémentaire gazeux (MEG) continue de connaître une chute saisonnière caractéristique au printemps. Les profils saisonniers des espèces de mercure à plus courte durée de vie (mercure gazeux réactif, ou MGR, et mercure lié aux particules ou PHg) ont été étudiés à partir des profils des dépôts de mercure associés aux chutes de neige. Cette analyse a montré que le PHg dessinait un pic au début du printemps, et que le MGR en produisait un à la fin du printemps, les plus fortes concentrations de Hg dans la neige ayant été enregistrées à la fin du printemps. On continue de recueillir des mesures du MEG au lac Little Fox, au Yukon, mais il faudra rassembler des données sur un plus grand nombre d’années si l’on veut dégager une tendance valide.

Messages clés

  • On a recueilli des mesures du mercure atmosphérique sur 18 ans à Alert, au Nunavut, et sur 5 ans au lac Little Fox, au Yukon.
  • On effectue des mesures à long terme pour caractériser l’évolution des concentrations au fil du temps et pour prédire les tendances futures en matière de transport à grande distance du mercure vers ces régions de l’Arctique.
  • On a comparé les tendances temporelles de ces données à celles enregistrées à d’autres sites en Arctique, dans des régions subarctiques et aux latitudes moyennes; on a constaté que les concentrations de mercure élémentaire gazeux n’avaient pas autant diminué en Arctique qu’ailleurs.
  • L’analyse du mercure gazeux réactif et du mercure lié aux particules à Alert montre que le mercure lié aux particules est la principale espèce de mercure à courte durée de vie au début du printemps, tandis que le mercure gazeux réactif est l’espèce prédominante à la fin du printemps. Les plus fortes concentrations de Hg dans la neige sont souvent enregistrées en mai.

 


Synopsis (2012-2013) 

Résumé

Le mercure (Hg) est un polluant d’intérêt prioritaire à l’échelle mondiale qui continue de soulever des préoccupations dans les régions arctiques. La plus longue période de collecte de données sur le mercure atmosphérique a été réalisée dans l’Extrême-Arctique canadien, à Alert (Nunavut). L’analyse des tendances révèle que la tendance à la baisse est moins importante dans l’Extrême-Arctique que dans les régions situées plus au sud. On observe toujours une diminution saisonnière distincte du mercure élémentaire gazeux (MEG) au printemps. Les schémas saisonniers des espèces de mercure à vie courte (mercure gazeux réactif, ou MGR, et mercure particulaire, Hgp) ont été analysés avec ceux du mercure déposé lors des chutes de neige. Cette analyse a révélé un pic de Hgp au début du printemps et un pic de MGR à la fin du printemps, et la plus forte concentration de Hg dans la neige a été détectée à la fin du printemps. On continue à mesurer le MEG au Yukon, au lac Little Fox, mais il faudra recueillir des données sur plusieurs années encore pour définir une tendance valable.

Messages clés

  • Le mercure atmosphérique est mesuré depuis 18 ans à Alert, au Nunavut, et depuis 5 ans au lac Little Fox, au Yukon.
  • Les mesures à long terme servent à établir les concentrations au fil du temps et à prédire les tendances futures concernant le transport du mercure sur de longues distances vers ces régions arctiques.
  • Les séries chronologiques de valeurs mesurées ont été comparées à celles d’autres sites des régions arctique, subarctique et de latitude moyenne, et les résultats révèlent que la concentration de MEG a moins diminué dans l’Arctique que plus au sud.
  • L’analyse des mesures du MGR et du Hgp à Alert révèle que le Hgp est l’espèce à courte vie qui prédomine au début du printemps, tandis que le MGR prédomine à la fin du printemps. C’est généralement en mai que la neige contient les plus fortes concentrations de Hg

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Réseau d’échantillonnage atmosphérique passif pour mesurer les polluants organiques et le mercure

Chefs du projet:

Hayley Hung, Direction générale de la  science et de la technologie, Recherche sur les processus de la qualité de l’air, Environment et Changement Climatique Canada, Toronto
Tél: (416) 739-5944; Courriel: Hayley.Hung@ec.gc.ca

Alexandra Steffen, Direction générale de la  science et de la technologie, Recherche sur les processus de la qualité de l’air, Environnement et Changement Climatique Canada, Toronto
Tél: (416) 739-4116; Téléc.: (416) 739-4318; Courriel: Alexandra.Steffen@ec.gc.ca

Equipe du projet

L. Jantunen, F. Wong, T. Harner, G. Stupple, Environnement et Changement Climatique Canada; Pat Roach, Michael Brown, and Meaghan Bennett, Affaires Autochtones et du Nord Canada; Bob Van Dijken, Conseil des Premières Nations du Yukon; Derek Cooke, Ta’än Kwach’än Council; Laboratoire d’analyse des substances organiques, Environnement et Changement Climatique Canada; C. Mitchell and Frank Wania, Université of Toronto; Caterine Pinard, Michael Barrett, Veronique Gilbert, Monica Nashak, Gouvernement Regional Kativik; Donald S. McLennan, Angulalik Pedersen, and Johann Wagner, Savoir polaire Canada; Jamessee Moulton, Karlene Napayok, Département de l’Environnement, Gouvernement de Nunavut;  Erika Hille, William Hurst, Institut de Recherche de Aurora, Collège Aurora; Matthew Seaboyer , Gouvernement des Territoires de Nord-Ouest; Diane Giroux, and Annie Boucher, Gouvernement Territoire Akaitcho; Rosie Bjornson, and Patrick Simon , Deninu Kue First Nation (DKFN); Kara King and Shawn Mckay, Fort Resolution Métis Council; Tausia Lal, Hameau de Fort Resolution; Rodd Laing, and Liz Pijogge , Gouvernement de Nunatsiavut; Tim Heron, Nation Métisse du territoire de Nord-Ouest

Durée du projet : continu


Sommaire du projet (2016-2017)

À l’heure actuelle, il y a peu d’endroits dans l’Arctique canadien où l’on mesure les concentrations des polluants atmosphériques, notamment les polluants organiques persistants (POP) et le mercure. Afin d’augmenter le nombre de sites d’échantillonnage dans le Nord, ce projet supervisera l’élaboration et la mise en œuvre d’une procédure d’échantillonnage passif visant à mesurer les concentrations de ces polluants à plusieurs endroits. L’échantillonnage passif fait référence à la collecte de contaminants atmosphériques à l’aide d’un piège extérieur exempt de pompe. Peu coûteux et ne nécessitant qu’un entretien limité, les échantillonneurs passifs constituent un moyen de surveiller les polluants atmosphériques idéalement adapté au milieu arctique. Dans le Nord, cette méthode permet également de faire participer facilement des étudiants et d’autres personnes que cela intéresse à l’échantillonnage, créant ainsi des possibilités de communication et de formation. En octobre 2014, on a envoyé des échantillonneurs atmosphériques passifs de POP et du matériel d’échantillonnage vers sept sites du Nord afin d’entamer le processus d’échantillonnage atmosphérique. En 2016 2017, on analysera les échantillons de POP recueillis jusqu’ici et on conduira un vaste essai sur le terrain d’un échantillonneur passif de mercure. En outre, un étudiant du Nord travaillera, dans le cadre de ces travaux, à l’intégration des connaissances traditionnelles avec les activités du projet dans la région du Yukon. En l’espace de trois ou quatre ans, ce projet permettra de connaître les concentrations atmosphériques de différents polluants à partir d’un réseau de sites dans le Nord. Les données résultantes aideront les chercheurs à déterminer les voies d’entrée des polluants dans l’Arctique ainsi que l’influence de l’évolution des sources et des paysages sur les mouvements du mercure et des POP dans l’atmosphère et sur leur pénétration dans le milieu arctique.

 


Synopsis (2015-2016)

Résumé

Ce projet vise à mesurer les polluants atmosphériques, dont les polluants organiques persistants (POP) et le mercure, dans différents sites du Nord canadien. Lorsqu’ils entrent dans l’écosystème, les polluants organiques persistants et le mercure peuvent influer sur l’état de santé des résidants du Nord. Actuellement, ces polluants sont mesurés à quelques endroits de l’Arctique canadien. Ils sont transportés dans l’air à partir de régions du sud de l’Arctique. En augmentant le nombre de sites de mesure, on obtiendra un plus grand nombre de données sur l’origine des polluants et sur la manière dont ils évoluent au fil du temps. Afin d’accroître la couverture géographique des contaminants et d’obtenir ainsi une meilleure vue d’ensemble des concentrations de polluants, on utilise des méthodes d’échantillonnage passif. Les échantillonneurs atmosphériques passifs sont peu coûteux, constituent un moyen exigeant peu d’entretien de surveiller les polluants atmosphériques et, par conséquent, sont bien adaptés au milieu arctique. La simplicité de la méthode favorise également la participation d’étudiants et d’autres personnes intéressées au prélèvement d’échantillons, améliore la communication entre l’équipe de projet et les collectivités locales et crée des occasions de formation pour les étudiants du Nord. Le projet recueillera des données sur trois à quatre ans, et permettra de compiler les concentrations atmosphériques de nombreux polluants au sein d’un réseau de sites disséminés dans le Nord. En octobre 2014, on a envoyé des échantillonneurs atmosphériques passifs de polluants organiques persistants et du matériel d’échantillonnage vers sept sites du Nord afin d’entamer le processus d’échantillonnage atmosphérique. On a éprouvé certains problèmes, qui ont retardé les débuts, mais la plupart des sites sont maintenant opérationnels, et nous continuons de travailler à la résolution des problèmes afin de mettre en œuvre l’ensemble des sites. Les essais en laboratoire et les essais initiaux en vue de mettre au point un échantillonneur atmosphérique passif pouvant mesurer le mercure ont été effectués, et un article scientifique faisant état de ce travail a été publié. Les directeurs du projet se sont rendus à Iqaluit (Nunavut), à Whitehorse (Yukon) et à Kuujuaq (Nunavik) afin de discuter avec les comités régionaux des contaminants et les dirigeants des collectivités des plans du choix des sites pour le projet. Ils ont également tenu des activités axées sur la communication et le renforcement des capacités, dont des conférences au Collège de l’Arctique du Nunavut et à l’École Jaanimmarik à Kuujjuaq, ainsi qu’un webinaire au Collège du Yukon.

Messages clés

En 2015-2016, l’équipe du projet a continué de se concentrer sur la coordination des installations des sites d’échantillonnage atmosphérique passif, de même que sur la communication, les consultations et le renforcement des capacités.

  • On a envoyé de l’équipement d’échantillonnage atmosphérique passif à sept différents sites dans l’Arctique et la plupart des stations étaient opérationnelles en octobre 2014.
  • Les directeurs du projet se sont rendus à Iqaluit (Nunavut), à Whitehorse (Yukon) et à Kuujjuaq (Nunavik) afin de discuter avec les comités régionaux des contaminants et les dirigeants des collectivités respectifs des activités scientifiques ainsi que des plans de communication et de sensibilisation liés au projet. Ils ont également tenu des activités axées sur la communication et le renforcement des capacités, dont des conférences au Collège de l’Arctique du Nunavut et à l’École Jaanimmarik à Kuujjuaq, ainsi qu’un webinaire au Collège du Yukon.
  • Les prototypes d’échantillonneurs atmosphériques passifs pouvant mesurer le mercure sont en cours d’essai à Alert (Nunavut) et au lac Little Fox (Yukon) afin de faire la comparaison avec les systèmes d’échantillonnage du mercure automatisés actifs qui s’y trouvent. Une fois qu’ils seront totalement éprouvés, ils seront utilisés sur les sept sites d’échantillonnage atmosphérique passif afin de mesurer les concentrations atmosphériques de mercure.

 


Synopsis (2014-2015)

Résumé

Ce projet vise à mesurer les polluants atmosphériques, dont les polluants organiques persistants (POP) et le mercure, dans différents sites du Nord canadien. Lorsqu’ils entrent dans l’écosystème, les POP et le mercure peuvent influer sur l’état de santé des résidents du Nord. Actuellement, ces polluants sont mesurés à quelques endroits de l’Arctique canadien. Ils sont transportés dans l’air à partir de régions du sud de l’Arctique. En augmentant le nombre de sites de mesure, on obtiendra un plus grand nombre de données sur l’origine des polluants et sur la manière dont ils évoluent au fil du temps. Afin d’accroître la couverture géographique des contaminants et d’obtenir ainsi une meilleure vue d’ensemble des concentrations de polluants, on utilise des méthodes d’échantillonnage passif. Les échantillonneurs passifs de l’air sont peu coûteux, constituent un moyen exigeant peu d’entretien de surveiller les polluants atmosphériques et, par conséquent, sont bien adaptés au milieu arctique. La simplicité de la méthode favorise également la participation d’étudiants et d’autres personnes intéressées à la collecte d’échantillons. Elle améliore aussi la communication entre l’équipe de projet et les collectivités locales, et crée des occasions de formation pour les étudiants du Nord. Le projet s’échelonnera sur trois à quatre ans et permettra de compiler les concentrations atmosphériques de nombreux polluants au sein d’un réseau de sites disséminés dans le Nord. Les données résultantes aideront les chercheurs à identifier les voies d’entrée des polluants dans l’Arctique et à plus long terme, à établir comment les changements dans les sources et les paysages influent sur le déplacement du mercure et des POP dans l’atmosphère et leur entrée dans le milieu arctique. En 2014-2015, on a entrepris une campagne d’échantillonnage atmosphérique en vue de mesurer les POP dans sept différents sites du Nord. Les premiers tests de laboratoire ont été effectués afin de mettre au point un échantillonneur passif de l’air pouvant mesurer le mercure. Les directeurs du projet se sont rendus à Iqaluit (Nunavut), à Whitehorse (Yukon) et à Fort Resolution (Territoires du Nord-Ouest) afin de discuter avec les comités régionaux des contaminants et les dirigeants des collectivités des plans et du choix des sites pour le projet. Ils ont également tenu des activités axées sur la communication et le renforcement des capacités, dont des conférences au Collège de l’Arctique du Nunavut, au Collège du Yukon et à la Deninu School de Fort Resolution.

Messages clés

En 2014-2015, l’équipe du projet s’est concentrée sur la coordination des installations des sites d’échantillonnage atmosphérique passif, de même que sur la communication, les consultations et le renforcement des capacités.

  • On a envoyé de l’équipement d’échantillonnage atmosphérique passif à sept différents sites dans l’Arctique et la plupart des stations étaient opérationnelles en octobre 2014. On a offert de la formation à distance à tous les exploitants de site.
  • Les directeurs du projet se sont rendus à Iqaluit (Nunavut), à Whitehorse (Yukon) et à Fort Resolution (Territoires du Nord-Ouest) afin de discuter avec les comités régionaux des contaminants et les dirigeants des collectivités respectifs des activités scientifiques ainsi que des plans de communication et de sensibilisation liés au projet. Ils ont également tenu des activités axées sur la communication et le renforcement des capacités, élaboré et distribué trois vidéos de formation sur l’installation d’échantillonneurs passifs de l’air permettant de mesurer les POP, et organisé un séminaire à la Deninu School de Fort Resolution.

On a obtenu du financement de la part d’EC dans le cadre d’une entente de subventions et de contributions. Une subvention stratégique du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) a également été allouée à l’Université de Toronto afin qu’elle poursuivre ses essais sur le terrain et en laboratoire sur l’échantillonneur passif de l’air permettant de mesurer le mercure, lequel a été mis au point en 2013-2014 grâce au financement de démarrage du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord (PLCN). Suivant la réalisation de tests approfondis, on installera un échantillonneur du même type dans les sept stations mises sur pied dans le Nord dans le cadre de ce projet.

 


Synopsis (2013-2014)

Résumé

Ce nouveau projet vise à mesurer les polluants qui peuvent avoir un effet sur la santé des personnes vivant dans le Nord, c’est-à-dire les polluants organiques persistants (POP) et le mercure, dans l’air à divers emplacements dans le Nord canadien. Ces polluants sont transportés dans l’air à partir de régions au sud de l’Arctique. En accroissant le nombre de lieux où ces mesures sont effectuées, cela grâce à des échantillonneurs passifs de l’air peu coûteux et demandant peu d’entretien, on recueillera davantage de renseignements sur la provenance de ces substances et sur leur évolution au fil du temps. Les échantillonneurs passifs sont parfaitement adaptés à l’environnement arctique, et la simplicité de la méthode employée permet aussi de faire participer des étudiants et d’autres personnes intéressées à la collecte des échantillons, ce qui enrichit la communication entre l’équipe du projet et les collectivités locales, tout en créant des possibilités de formation pour les étudiants dans le Nord. Le projet s’échelonnera sur 3 à 4 ans, et permettra de compiler les concentrations atmosphériques de nombreux polluants au sein d’un réseau de sites disséminés dans le Nord. Ces données aideront les chercheurs à déterminer quelles voies les polluants empruntent pour se rendre en Arctique et, à plus long terme, à voir quel effet les changements touchant les sources et le paysage ont sur le déplacement du mercure et des POP dans l’air et sur leur pénétration dans le milieu arctique. Cette année, l’équipe a entamé le processus de consultation des collectivités, et elle prévoit installer des échantillonneurs passifs de l’air pour mesurer les POP à sept sites en 2014-2015. Des condensés d’information sur les échantillonneurs passifs de l’air destinés à mesurer les POP ont été envoyés aux comités régionaux des contaminants ainsi qu’aux personnes qui pourraient être responsables du prélèvement des échantillons. L’équipe a également entrepris de mettre au point un échantillonneur passif de l’air destiné à mesurer le mercure, composé d’un petit contenant cylindrique pour le charbon actif inséré dans un tube de diffusion de l’échantillonneur passif de l’air commercial de type RadielloMD. Les chefs du projet se sont rendus à Iqaluit (Nunavut), à Whitehorse (Yukon) et à Nain (Terre-Neuve-et-Labrador) afin de discuter avec les comités régionaux des contaminants respectifs des plans et du choix des sites pour le projet. Ils ont aussi tenu des activités axées sur la communication et le renforcement des capacités, dont des conférences au Collège arctique du Nunavut, au Collège du Yukon et à l’école Jens Haven Memorial, à Nain.

Messages clés

En 2013-2014, l’équipe du projet s’est concentrée sur la communication, les consultations et le renforcement des capacités, de même que sur l’élaboration d’un échantillonneur passif de l’air destiné à mesurer le mercure.

  • Les comités régionaux des contaminants ainsi que les représentants des collectivités ont été consultés au sujet des plans et des possibles sites d’échantillonnage passif de l’air pour le projet.
  • Les chefs du projet se sont rendus à Iqaluit (Nunavut), à Whitehorse (Yukon) et à Nain (Terre-Neuve-et-Labrador) pour discuter des activités scientifiques ainsi que des plans de communication et de sensibilisation liés au projet avec les comités régionaux des contaminants respectifs. Ils ont aussi tenu des activités axées sur la communication et le renforcement des capacités, dont des conférences au Collège arctique du Nunavut, au Collège du Yukon et à l’école Jens Haven Memorial, à Nain.
  • L’équipe du projet a également entrepris de mettre au point un échantillonneur passif de l’air destiné à mesurer le mercure, composé d’un petit contenant cylindrique pour le charbon actif inséré dans un tube de diffusion de l’échantillonneur passif de l’air commercial de type RadielloMD.

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Études sur les tendances temporelles des métaux traces et des contaminants organiques halogénés (COA), y compris les composés persistants nouveaux, dans la lotte du fleuve Mackenzie, Fort Good Hope, T.N.-O.

Chef du projet: 

Gary A. Stern, Centre des sciences d’observation de la Terre,Département de l’environnement et de la géographie, Université du Manitoba
Tel: (204) 474-9084; Courriel: Gary.stern@umanitoba.ca

Équipe du projet:

Bev Ross, Institut des eaux douces, Pêches et Océans Canada; Alexis Burt, Université de Manitoba; Le Conseil des ressources renouvelables de Fort Good Hope; membres communautaires

Duree du projet:continu


Sommaire du projet (2016-2017)

L’objectif de ce projet consiste à maintenir à jour les données sur les concentrations de contaminants chez la lotte du Mackenzie, plus particulièrement celle pêchée à Rampart Rapids et Fort Good Hope dans les Territoires du Nord‑Ouest. On poursuivra l’évaluation permanente des tendances temporelles des concentrations de substances bioaccumulables chez les poissons afin de déterminer si elles sont croissantes ou décroissantes. Ces renseignements permettront de mieux comprendre la santé des populations de poissons et l’exposition des populations humaines de l’Arctique qui les consomment dans le cadre de leur régime alimentaire traditionnel. Dans le contexte de cette étude à long terme, on évaluera notamment les concentrations en métaux à l’état de traces, par exemple le mercure et le sélénium, en contaminants organochlorés, par exemple les biphényles polychlorés (BPC), le dichloro‑diphényl‑trichloroéthane (DDT) et le toxaphène, en différents produits chimiques sélectionnés actuellement utilisés par l’industrie, par exemple les agents ignifuges bromés, et en composés organiques fluorés. Les tissus de lottes recueillis à Fort Good Hope en décembre 2016 seront analysés pour déterminer les concentrations en mercure et en sélénium. On combinera les données relatives au mercure provenant de cette analyse avec les données existantes portant sur une période de 31 ans et sur 21 dates de prélèvement.


Synopsis (2015-2016)

Résumé

Les tissus de lotte prélevés à Fort Good Hope (rapides Rampart) en janvier 2016 ont été analysés afin de déterminer s’ils contenaient du mercure (Hg), du sélénium (Se) et de l’arsenic (As). Les données de 2016 ont été combinées aux données existantes sur les métaux, qui englobent 20 observations sur une période de 30 ans. Aucune corrélation significative entre la longueur des lottes et les concentrations de mercure n’a été observée dans les muscles et le foie chez les deux sexes. Les concentrations moyennes de mercure dans les muscles et le foie pour les ensembles complets de données étaient de 0,359 ± 0,141 (n = 642) et de 0,098 ± 0,085 (n = 648) g g-1, respectivement. Les niveaux de mercure dans les muscles se situent sous le niveau recommandé dans les directives, qui est de 0,50 g g-1 pour la vente commerciale.

Messages clés

  • Les concentrations moyennes de mercure dans les muscles et le foie pour les ensembles complets de données étaient de 0,359 ± 0,141 (n = 642) et de 0,098 ± 0,085 (n = 648)g g-1, respectivement.
  • Depuis le milieu des années 1980, une augmentation de deux à trois fois environ des concentrations de mercure a été mesurée dans les muscles et dans le foie, respectivement, de la lotte de Fort Good Hope.
  • Les niveaux de mercure dans les muscles et dans le foie se situent sous le niveau recommandé dans les directives, qui est de 0,50 g g-1 pour la vente commerciale.
  • Les concentrations en poids humide de ΣHCB, de ΣHCH, de ΣDDT, de ΣCHB et de ΣPCB (± écart type) en ng/g pour les échantillons de foies de 2015 étaient de 5,25 (2,94), de 0,47 (0,18), de 8,89 (2,98), de 4,54 (7,67) et de 14,84 (6,10), respectivement.

 


Synopsis (2014-15)

Résumé

Les tissus de lotte prélevés à Fort Good Hope (rapides Rampart) en décembre 2014 ont été analysés afin de déterminer s’ils contenaient du mercure (Hg), du sélénium (Se) et de l’arsenic (As). Ces données ont été combinées à celles qui existaient sur les métaux (1985, 1988, 1993, 1995, 1999, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013), lesquelles couvrent une période de 29 ans. Aucune corrélation significative entre la durée et les concentrations de Hg n’a été observée dans les muscles et le foie des deux sexes. Les concentrations moyennes de Hg dans les muscles et le foie de la lotte pour les ensembles complets de données étaient de 0,361 ± 0,140 (n = 320) et de 0,096 ± 0,083 (n = 607) mg·g-1, respectivement. Les concentrations de Hg dans les muscles sont inférieures à la recommandation de 0,50mg·g-1 qui est fixée pour la vente commerciale.

MESSAGES CLÉS

  • Les concentrations moyennes de Hg dans les muscles et le foie de la lotte pour les ensembles complets de données étaient de 0,361 ± 0,140 (n = 320) et de 0,096 ± 0,083 (n = 607) mg·g-1, respectivement.
  • Depuis le milieu des années 1980, une augmentation d’environ deux à trois fois des concentrations de Hg a été mesurée dans les muscles et dans le foie, respectivement, de la lotte de Fort Good Hope.
  • Les concentrations de Hg dans les muscles et dans le foie se situent sous le seuil recommandé dans les lignes directrices, soit de 0,50 mg·g-1 pour la vente commerciale.

 


Synopsis (2013-2014)

Résumé

On a prélevé des tissus de lottes à Fort Good Hope (Rampart Rapids) en décembre 2013, et on a déterminé leur teneur en contaminants organohalogénés (CO/PCB/PIB/COF) et en métaux lourds (Hg/Se/As). Les données recueillies à ce moment ont été combinées aux données existantes sur les métaux et les CO, pour couvrir ensemble des périodes de 28 et de 25 ans, respectivement. Aucune corrélation significative n’a été observée entre la longueur du sujet et la concentration de mercure, que ce soit dans les muscles ou dans le foie, peu importe le sexe du sujet. Selon les ensembles de données entiers, les concentrations moyennes de mercure dans les muscles et dans le foie sont respectivement de 0,355 ± 0,137 (n = 582) et de 0,092 ± 0,078 (n = 569) mg g-1. Les concentrations de mercure dans les muscles sont inférieures à la recommandation de 0,50 mg g-1 fixée pour la vente des espèces commerciales de poissons. Les concentrations des principaux congénères de PBDE ont augmenté de manière significative au cours de la période de 19 ans écoulée entre 1988 et 2008, mais elles sont encore actuellement environ 10 fois moins élevées que celles de PCB. Depuis 1986, on a enregistré une baisse constante des concentrations d’APFO et de PFOS. À l’inverse, les concentrations d’APFD dessinent une hausse continue au fil du temps. Les concentrations d’APFN et d’APFU ont culminé en 2003.

Messages clés

  • Selon les ensembles de données entiers, les concentrations moyennes de mercure dans les muscles et dans le foie sont respectivement de 0,355 ± 0,137 (n = 582) et de 0,092 ± 0,078 (n = 569) mg g-1.
  • Depuis le milieu des années 1980, les concentrations de mercure ont respectivement plus ou moins doublé et triplé dans les muscles et le foie des lottes prélevées à Fort Good Hope.
  • Les concentrations de mercure dans les muscles et dans le foie demeurent inférieures à la recommandation de 0,50 mg g-1 fixée pour la vente des espèces commerciales de poissons.
  • On a enregistré des déclins importants, soit par un facteur 10 et un facteur 4, de l’a- et du g‑HCH sur la période de 23 ans écoulée entre 1988 et 2013.
  • La concentration de PBDE semble avoir culminé au milieu des années 2000, et être à présent en déclin.
  • Les concentrations actuelles de SPBDE sont environ 10 fois moins grandes que celles de PCB.
  • Depuis 1986, on a enregistré une baisse constante des concentrations d’APFO et de PFOS. À l’inverse, les concentrations d’APFD dessinent une hausse continue au fil du temps. Les concentrations d’APFN et d’APFU ont culminé en 2003.

Synopsis (2012-2013) 

Résumé

Des tissus de lottes capturées à Fort Good Hope (rapides Rampart) en décembre 2012 ont été analysés pour déterminer s’ils contenaient des contaminants organohalogénés (composés organochlorés, biphényles polychlorés [BPC], produits ignifuges bromés et composés organiques fluorés) et des métaux lourds (Hg/ Se/As). Ces données ont été combinées à celles qui existaient sur les métaux (1985, 1988, 1993, 1995, 1999, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010 et 2011) et les composés organochlorés (1988, 1994, 1999, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010 et 2011), couvrant des périodes respectives de 27 et de 24 ans. Aucune corrélation significative entre la longueur des lottes et les concentrations de mercure n’a été observée dans les muscles et le foie chez les deux sexes. Les concentrations moyennes de Hg dans les muscles et le foie pour les ensembles complets de données étaient de 0,356 ± 0,138 μg g-1 (n = 545) et de 0,092 ± 0,078 μg g-1 (n = 532), respectivement. Les niveaux de mercure dans les muscles se situent sous le niveau recommandé dans les directives, qui est de 0,50 μg g-1 pour la vente commerciale. Les niveaux des congénères des principaux PBDE ont augmenté de façon significative au cours de la période de 19 ans entre 1988 et 2008, mais sont encore actuellement d’un ordre de grandeur de moins que ceux des BPC. Depuis 1986, une diminution régulière des concentrations de PFOA et de PFOS a été observée. En revanche, les concentrations de PFDA affichent une augmentation constante avec le temps. Les niveaux de PFNA et de PFUA ont été à leur plus haut en 2003.

Messages clés

  • Les concentrations moyennes de Hg dans les muscles et le foie de la lotte pour les ensembles complets de données étaient de 0,356 ± 0,138 μg g-1 (n = 545) et de 0,092 ± 0,078 μg g-1 (n = 532), respectivement.
  • Depuis le milieu des années 1980, une augmentation de deux à trois fois environ des concentrations de mercure a été mesurée dans les muscles et dans le foie, respectivement, de la lotte de Fort Good Hope.
  • Les niveaux de mercure dans les muscles et dans le foie de la lotte se situent sous le niveau recommandé dans les directives, qui est de 0,50 μg g-1 pour la vente commerciale.
  • Des baisses importantes, de 10 et de 4 fois, des α-HCH et γ-HCH sont survenues au cours de la période de 23 ans entre 1988 et 2011.
  • Les concentrations de PBDE semblent avoir atteint un pic au milieu des années 2000 et sont maintenant en déclin.
  • Les niveaux actuels de ΣPBDE sont environ d’un ordre de grandeur moindre que ceux des BPC.
  • Depuis 1986, une diminution régulière des concentrations de PFOA et de PFOS a été observée. En revanche, les concentrations de PFDA affichent une augmentation constante avec le temps. Les niveaux de PFNA et de PFUA ont été à leur plus haut en 2003.

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Études des tendances temporelles des composés halogénés persistants nouveaux et émergents chez les bélugas de l’île Hendrickson et de Sanikiluaq

Chef du projet : Gary A. Stern and Lisa Loseto, Department of Fisheries & Oceans, Winnipeg, MB
E-mail, Gary.Stern@dfo-mpo.gc.ca, Lisa.Loseto@dfo-mpo.gc.ca

Équipe du projet :

  • Gail Boila, Lyle Lockhart, Joanne Delaronde, Allison Machutchon, Department of Fisheries and Oceans

Régions nordiques visées par l’étude : Canada’s Arctic

Durée du projet : 2012-2014


Sommaire du projet (2013-2014)

Résumé

Les objectifs de cette étude toujours en cours sont de maintenir les données actuelles sur les concentrations de contaminants chez les animaux marins, et de continuer d’évaluer les tendances temporelles relatives aux composés organohalogénés. Cela permettra de déterminer si les concentrations de ces composés chez les mammifères marins et, par conséquent, l’exposition des peuples de l’Arctique qui les consomment traditionnellement, changent au fil du temps. Les résultats obtenus aideront aussi à vérifier l’efficacité des mécanismes internationaux de restriction et, conjointement avec des projets comme ArcticNet, à comprendre les effets que les variations climatiques peuvent avoir sur les concentrations de ces contaminants.

 

Messages clés

  • En 2013, on a prélevé des échantillons de tissus chez 44 animaux de l’île Hendrickson et chez 12 animaux de Sanikiluaq. Les résultats obtenus pour les échantillons recueillis et analysés jusqu’ici sont présentés aux tableaux 1 et 2. Aucun échantillon n’a été reçu de Pangnirtung.
  • On possède maintenant un ensemble de données à long terme sans pareil sur les composés organohalogénés chez les bélugas de l’ouest de l’Arctique (17 moments d’échantillonnage sur 24 ans).
  • Les échantillons de 2013 ont été analysés par ALS Environmental.
  • Aucune tendance n’a été observée pour les principaux groupes de composés organiques chez les bélugas de l’ouest de l’Arctique. En particulier, les concentrations d’hexachlorocyclohexane ne reflètent pas les déclins observés dans l’atmosphère et dans l’océan Arctique depuis que l’utilisation du mélange technique a été interdite par la Chine en 1983, puis par l’Inde en 1990.

 

Ce projet a pour objectif de tenir à jour des données sur les concentrations de contaminants chez les bélugas de l’Arctique et de continuer à évaluer les tendances temporelles de la bioaccumulation de substances telles que les métaux lourds et les polluants organiques persistants (POP). Il sera ainsi possible de déterminer si les concentrations de contaminants chez les bélugas et, par conséquent, le niveau d’exposition des habitants de l’Arctique qui consomment ces animaux, changent au fil du temps. Ces résultats permettront aussi de vérifier l’efficacité des mesures de contrôle internationales et, de concert avec des projets comme ArcticNet et l’Évaluation environnementale régionale de Beaufort (EERB), de comprendre les effets possibles des variations climatiques sur ces teneurs. Les variations du climat sont associées aux changements observés dans la pression atmosphérique au niveau de la mer, les champs de vent, la dérive de la glace de mer, la couverture de glace, la durée de la période de fonte, les tendances des précipitations, les caractéristiques hydrologiques, et la répartition des courants océaniques et des masses d’eau. Comme les contaminants pénètrent dans les systèmes mondiaux et sont transportés par l’air et l’eau, les changements susmentionnés vont certainement altérer les voies des contaminants et, à terme, les teneurs observées dans l’écosystème marin de l’Arctique.

Synopsis (2012-2013) 

Les concentrations de mercure total et de sélénium dans des échantillons de foie, de reins, de muscles et de muktuk de béluga prélevés en 2011 ou 2012 ont été analysées. Les concentrations de mercure sont semblables aux plages du paramètre établies au cours des dernières années. Parmi les organes analysés dans le cadre de cette étude, le foie est celui qui, en général, présente les plus fortes concentrations de mercure, suivi des reins, des muscles et du muktuk. Par exemple, la concentration moyenne de mercure total dans 29 échantillons de foie prélevés en 2012 chez des bélugas de l’île Hendrickson s’élevait à 27,3 ± 27,0 µg g-1 alors que celle dans le muktuk des mêmes animaux s’élevait à 0,59 ± 0,18 g g-1. Les données issues de ces échantillons ont été ajoutées à la base de données sans cesse grandissante sur les concentrations de ces éléments dans les organes de mammifères marins de l’Arctique. La base de données contient maintenant de l’information sur plus de 1 300 bélugas de l’Arctique capturés à plusieurs endroits au cours de la période allant de 1977 à 2012. Le contenu en mercure varie entre les espèces, entre les individus et entre les organes d’un animal. Vu cette variation, la détection rigoureuse de différences entre les animaux, les lieux et les périodes est difficile sur le plan statistique. Le fait que le mercure s’accumule au fil du temps dans l’organisme des animaux, ce qui fait que les individus âgés présentent habituellement des niveaux plus élevés que les jeunes animaux d’un même lieu, vient compliquer davantage la détection de différences entre les échantillons. Par conséquent, la comparaison des niveaux de mercure chez les différents groupes de bélugas demande un rajustement du fait des différences d’âges et des données précises sur l’âge sont essentielles. Les échantillons additionnels prélevés chaque année améliorent les chances de détecter des différences si elles sont réelles et réduisent les chances de signaler des différences apparentes si elles ne sont pas réelles. Habituellement, les analyses chimiques se font avant la détermination de l’âge, ce qui entraîne un délai dans l’interprétation des données.

Messages clés

  • De nouvelles données sur les niveaux de mercure total et de sélénium dans les organes de bélugas de l’ile Hendrickson, de l’île Kendall, de Paulatuk, d’Arviat et de Sanikiluaq ont été recueillies.
  • Les concentrations moyennes de mercure total dans le foie des bélugas du delta du Mackenzie dépassaient 25 g g-1 alors que celles des individus de Paulatuk s’élevaient en moyenne à 16,8 g g-1. Les niveaux pour les bélugas d’Arviat et de Sanikiluaq se situaient à 12,7 g g-1 et 11,8 g g-1 respectivement.
  • Les concentrations de mercure total dans le foie étaient beaucoup plus élevées que celles dans les autres organes analysés. Les reins venaient au deuxième rang, suivis des muscles et du muktuk.
  • Les concentrations de sélénium étaient souvent corrélées à celles de mercure. Il devient de plus en plus évident que le complexe entre le mercure et le sélénium est un moyen par lequel la toxicité du mercure est réduite. Le sélénium et le mercure sont normalement présents dans un rapport atomique d’environ 1:1, mais la concentration de sélénium dans le muktuk était de loin supérieure à celle du mercure.

Synopsis (2011-2012) :

Résumé
En 2011 2012, nous avons recueilli des échantillons supplémentaires de foie, de reins, de muktuk et de muscle de béluga et analysé leurs concentrations de mercure et de sélénium. Ces nouvelles données ont été versées dans une base de données sans cesse grandissante sur les concentrations de ces éléments chez les mammifères marins arctiques. Tous les nouveaux échantillons mentionnés dans le présent résumé ont été prélevés sur des bélugas, et non sur des narvals ou des morses. Les concentrations de mercure varient d'un organe à l'autre chez un même animal et d'un animal à l'autre, selon le lieu et le moment de la collecte. L'ensemble de données de plus en plus vaste sur le mercure et le sélénium chez ces animaux offre la possibilité de vérifier les variations de concentrations entre les organes d'individus à des moments et à des emplacements spécifiques, d'une région à l'autre en ce qui concerne les organes et les espèces et d'une année à l'autre lorsque des échantillons sont prélevés à répétition à certains endroits. Les essais portant sur les changements liés au moment ou à l'emplacement des collectes ou à d'autres variables deviennent de plus en plus rigoureux à mesure que de nouveaux ensembles de données s'ajoutent à la base. Parmi les organes analysés dans le cadre de cette étude, le foie est celui qui, en général, présente les plus fortes concentrations de mercure, suivi des reins, des muscles et du muktuk. Les concentrations de mercure dans les organes analysés variaient considérablement d'un individu à l'autre, les ecarts types équivalant souvent à la moitié ou même plus de la valeur moyenne. Il est donc statistiquement difficile de déceler des différences parmi les échantillons. L'estimation du changement temporel se complique du fait que le mercure s'accumule avec l'âge, ce qui fait que les animaux plus âgés présentent habituellement des concentrations plus élevées que les jeunes d'un même emplacement. Le rôle de l'âge s'est davantage compliqué chez le béluga lorsque nous avons appris que ces baleines forment un groupe de couches de croissance par an dans les dents, et non pas deux comme nous l'avions cru jusqu'ici (Stewart et al., 2006). Les âges qui avaient été indiqués jusqu'alors ont été doublés, alors que les données récentes sont indiquées en fonction d'un seul groupe de couches de croissance par année. Étant donné que la base de comparaison des concentrations de mercure chez les différents groupes de bélugas demande un rajustement du fait des différences d'âge, les données sur l'âge sont essentielles. De façon générale, les analyses chimiques se font avant la détermination de l'âge, ce qui entraîne un délai dans l'interprétation. Les concentrations de mercure et de sélénium dans le foie sont liées statistiquement, et nous sommes d'avis qu'il s'agit du résultat de la formation de HgSe dans les tissus biologiques, possiblement comme moyen de détoxifier le mercure. 

Messages clés

  • De nouvelles données ont été obtenues sur les concentrations de mercure et de sélénium dans quatre organes de bélugas de l'île Hendrickson (n = 18), d'Arviat (n = 15) et de Sanikiluaq (n = 13). Toutefois, l'âge de ces animaux n'est pas encore disponible.
  • En 2011, la concentration moyenne de mercure dans le foie des 18 bélugas de l'île Hendrickson était de 25,7 μg-g-1 (poids humide), soit bien au dessus de la valeur moyenne de 16,3 μg-g-1 obtenue en 2010. Cette concentration est cependant conforme aux valeurs moyennes obtenues de 2004 à 2009. Les concentrations étaient très variables, comme l'indique l'ecart type de 24,0 μg-g-1 équivalant presque à la moyenne. La plus faible concentration dans le foie en 2011 était de 3,12 μg-g-1 et la plus élevée, de 70,5 μg-g-1. À cet emplacement, tous les bélugas échantillonnés en 2011 sauf un étaient des mâles.
  • En 2011, les 15 bélugas dont nous avons prélevé des échantillons à Arviat présentaient une concentration moyenne de 14,5 μg-g-1 de mercure dans le foie, soit une concentration semblable à la moyenne obtenue en 2010 (15,9 μg-g-1). Encore une fois, les valeurs sont largement réparties, variant de 0,77 à 38,5 μg-g-1, avec un ecart type de 11,4 μg-g-1. La plus faible concentration de 0,77 μg-g-1 est inhabituelle et pourrait avoir été mesurée chez un très jeune individu. Nous n'avons pas l'âge des animaux, mais cette concentration a été mesurée chez un individu qui n'était pas particulièrement petit (mâle, 383,5 cm de longueur). Les échantillons ont principalement été prélevés sur des mâles (10 mâles, 3 femelles et 2 individus au sexe non déterminé), mais pas presque exclusivement comme à l'île Hendrickson.
  • La concentration moyenne de mercure mesurée dans le foie des 13 bélugas de Sanikiluaq en 2011 était de 16,2 μg-g-1 et se situait à l'intérieur de l'intervalle des valeurs moyennes des échantillons précédents pour cet emplacement. En 2011, la plage de valeurs individuelles allait de 2,14 μg-g-1 à 60,8 μg-g-1. Contrairement aux prélèvements effectués à l'île Hendrickson et à Arviat, les individus de Sanikiluaq étaient principalement des femelles (7 femelles, 4 mâles et 2 individus au sexe non déterminé). La longueur moyenne des bélugas de cet échantillonnage était la plus courte que nous avons enregistrée à cet emplacement à ce jour (334 cm). La plage de longueurs moyennes variait auparavant de 341 à 392 cm.
  • Les concentrations moyennes de mercure dans le foie (moyennes variant de 14,5 à 25,7 μg-g-1) des bélugas aux trois emplacements pour l'année 2011 sont demeurées bien au dessus de 0,5 μg-g-1 (la ligne directrice pour la vente commerciale du poisson au Canada). De façon individuelle, chacun des 46 foies dépassait cette ligne directrice. Il en était ainsi pour les concentrations de mercure dans les échantillons de reins, même si les concentrations moyennes étaient beaucoup plus faibles que dans le foie. Les concentrations dans les muscles étaient moins élevées; à tous les emplacements, la moyenne était d'environ 1 μg-g-1. Un béluga de Sanikiluaq (le plus petit échantillonné) présentait en fait une concentration très faible de mercure, soit 0,28 μg-g-1, dans le muscle échantillonné, ce qui est inférieur à la ligne directrice. Les concentrations dans le muktuk étaient les plus basses; aux trois emplacements, elles se situaient près de la ligne directrice de 0,5 μg-g-1 (0,54 μg-g-1 à l'île Hendrickson, 0,39 μg-g-1 à Arviat et 0,50 μg-g-1 à Sanikiluaq).
  • Les concentrations de mercure et de sélénium dans les échantillons de foie et de rein provenant de l'île Hendrickson étaient fortement corrélées statistiquement. Cependant, il n'y avait pas de relation statistique entre le mercure et le sélénium dans le foie ou le muktuk des bélugas de cet emplacement. Le muktuk contenait plus de sélénium par poids de mercure que les autres organes.
  • En 2011, les concentrations de mercure dans le foie des bélugas de l'île Hendrickson étaient encore une fois plus élevées que celles des collectivités de la baie d'Hudson. À l'exception de 2010, les concentrations mesurées dans les bélugas du delta du Mackenzie ont généralement été plus élevées que celles des sites plus à l'est.
  • La question du changement temporel des concentrations de mercure est intéressante, et elle constitue un des principaux objectifs de la présente étude. Elle se complique du fait de la relation entre le mercure dans les organes et l'âge des bélugas. Il nous manque encore des données à propos de l'âge pour un certain nombre de collectes et pour tous les échantillons de 2011. À mesure que ces données deviendront disponibles, nous procéderons à des examens statistiques plus rigoureux à propos des tendances temporelles en transformant les données afin de réduire les corrélations entre les moyennes et les ecarts types et en ajustant les concentrations de mercure pour les individus d'âges différents.

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Quantification des charges de contaminants, de la qualité de l’eau et des effets des changements climatiques dans le plus grand lac au monde au nord du 74° de latitude (Lac Hazen, Parc national Quttinirpaaq, nord de l’île Ellesmere, Nunavut)

Chef du projet :

Vincent L. St.Louis, University of Alberta, Edmonton, Alberta T6G 2E9
Phone: (780) 492-9386
E-mail: vince.stlouis@ualberta.ca

Derek M. Muir, Environment Canada, 867 Lakeshore Road, Burlington, Ontario L7R 4A6 , Phone: (905) 319-6921
E-mail: derek.muir@ec.gc.ca

Équipe du projet :

  • Dr. Igor Lehnherr, University of Waterloo;
  • Craig Emmerton, Hayley Kosolofski, University of Alberta;
  • Charles Talbot, Environment Canada;
  • Steven Akeeagok, Douglas Stern, Parks Canada

Régions nordiques visées par l’étude : Nunavut

Durée du projet : 2013-2014


Sommaire du projet (2013-2014)

Résumé

Les activités humaines ont fait grimper les concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre jusqu’à des valeurs qui ont provoqué un réchauffement incontestable du climat de la Terre. Cela est particulièrement vrai dans le Haut-Arctique, où les températures annuelles moyennes ont crû presque deux fois plus vite qu’à l’échelle mondiale au cours du dernier siècle. On s’attend à ce que ce réchauffement ait de nombreuses répercussions sur l’écologie, et qu’il entraîne notamment une fonte du pergélisol et des glaciers, un accroissement du ruissellement et une hausse de la productivité des paysages. Les activités humaines ont également généré des rejets sans précédent de contaminants dans l’atmosphère, dont une grande partie atteint le Haut-Arctique. Malheureusement, dans bien des régions du Haut-Arctique, on ignore dans une large mesure le degré de changement qui s’est produit depuis le début de l’industrialisation, et l’état global de santé actuel des écosystèmes de l’Arctique. On surveille les charges de contaminants, la qualité de l’eau et les effets du changement climatique (p. ex., le degré de productivité) dans le plus grand lac au nord du 74e parallèle (lac Hazen, parc national Quttinirpaaq, nord de l’île d’Ellesmere Islande, Nunavut). D’un point de vue socioéconomique, il est important de comprendre les charges de contaminants, la qualité de l’eau ainsi que les effets du changement climatique à l’heure actuelle si l’on veut prédire comment l’abondance et la qualité de certains organismes exploités par les Inuits comme sources traditionnelles de nourriture pourraient être perturbées par les activités humaines futures.

 

Messages clés

  • Le mercure (Hg) et les contaminants perfluorés (CPF) mesurés dans la neige pénètrent dans le lac Hazen lors de la fonte printanière et pourraient s’introduire dans le réseau trophique lors de la hausse rapide de la productivité du lac à ce moment.
  • En raison de la montée des températures de surface des glaciers dans le bassin hydrographique du lac Hazen au cours des sept dernières années, la fonte des glaciers s’est accélérée, ce qui fait que le passage de l’eau dans le lac Hazen est plus rapide, tout comme l’entraînement de contaminants vers ce dernier.
  • La glace à la surface du lac Hazen fond plus fréquemment qu’avant pendant l’été, et le plan d’eau demeure libre de glaces pendant une période plus longue, à l’automne.
  • L’allongement de la période sans glace entraîne des modifications de la productivité algale dans le lac Hazen.

 

Les activités humaines entraînent l’augmentation des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre à des niveaux qui causent le réchauffement du climat de la Terre. Cela est particulièrement le cas dans l’Extrême-Arctique, où les températures annuelles moyennes ont augmenté près de deux fois plus vite que la moyenne mondiale au cours du dernier siècle. Un tel réchauffement est susceptible d’entraîner de nombreuses incidences écologiques, notamment la fonte du pergélisol et des glaces, une augmentation du ruissellement et l’accroissement de la productivité des paysages. Les activités humaines génèrent aussi des rejets sans précédent de contaminants dans l’atmosphère, dont bon nombre pénètrent dans l’Extrême-Arctique. Malheureusement, dans de nombreuses régions de l’Extrême-Arctique, l’ampleur des changements déjà survenus depuis le début de l’industrialisation et l’état de santé actuel de l’écosystème arctique en général demeurent essentiellement inconnus. Nous procédons à une surveillance des charges de contaminants, de la qualité de l’eau et des incidences des changements climatiques dans le plus grand lac du monde au nord de 74° de latitude (lac Hazen, parc national du Canada Quttinirpaaq, nord de l’île d’Ellesmere, Nunavut). D’un point de vue socioéconomique, il est important de comprendre la situation actuelle des charges de contaminants, de la qualité de l’eau et des incidences des changements climatiques pour être en mesure de prévoir comment les activités humaines futures pourraient nuire à l’abondance et à la qualité de certains organismes utilisés comme aliments traditionnels par les Inuits.

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Composés halogénés persistants, nouveaux et émergents, chez les bélugas de Sanikiluaq (Nunavut)

Directeurs du projet

Gregg Tomy, Département de chimie, Université du Manitoba, tél. : 204-474-8127, courriel : gregg.tomy@umanitoba.ca; Lisa Loseto, Pêches et Océans Canada, courriel :lisa.loseto@dfo-mpo.gc.ca

Membres de l’équipe du projet et organismes affiliés

Thor Halldorson, Lianna Bestvater, Université du Manitoba; Kerri Pleskach, Pêches et Océans Canada; Ed Sverko et Chris Marvin, Environnement Canada

Régions nordiques visées par l’étude : Hudson Bay, Nunavut

Durée du projet : 2012-2015


Synopsis (2014-15)

Résumé

Cette étude visait à examiner les tendances temporelles relatives aux composés organohalogénés chez les bélugas de Sanikiluaq (région de Qikiqtaaluk, au Nunavut). Les séries temporelles pour ce site comprenaient des campagnes d’échantillonnage d’animaux menées en 2005, 2007, 2009, 2011 et 2013 (n=10 pour chaque année). Les produits chimiques mesurés comprennent une série d’agents de surface fluorés, de produits ignifuges bromés et chlorés, de produits ignifuges à base de phosphore et de paraffines chlorées à chaîne courte (PCCC). On a le plus souvent détecté des traces d’hexabromocyclododécane (HBCD) chez les animaux échantillonnés en 2011 pour lesquels la fréquence de détection s’élevait à 80 %; les concentrations moyennes d’6-HBCD dans le petit lard se situaient entre 1,7 et 4,5 ng/g (pl), ce qui correspond à une moyenne de 2,9 ± 0,9 ng/g (pl) et les concentrations d’8-HBCD se situaient entre 1,1 et 10,3 ng/g (pl) au cours de cette année. Aucun des isomères n’a été détecté chez les animaux échantillonnés en 2005, mais l’isomère-6 a été observé chez 30 % des animaux en 2007 (écart : 1, 2 à 1,8 ng/g) et en 2009 (écart : 2,2 à 3,7 ng./g). En 2013, on a détecté l’isomère-6 chez trois animaux, pour lesquels la concentration moyenne était de 2,5 ± 0,4 ng/g (pl) et l’isomère-8 chez un animal (2 ng/g, pl). On a observé des tendances à la baisse pour l’ensemble des concentrations d’acides perfluoroalkylés. À titre d’exemple, les quantités les plus importantes de perfluorooctanesulfonate (PFOS) ont été observées chez les animaux échantillonnés en 2005 pour lesquels la moyenne était de 112 ± 68 ng/g (pf); en 2013, ces concentrations étaient passées à 35 ± 17 ng/g. On a estimé que le taux de déclin annuel des niveaux de PFOS chez les animaux, lequel correspond à la pente des concentrations en fonction de l’année d’échantillonnage, était d’environ 15 ng/g par année. Les concentrations d’acides perfluorocarboxyliques en C9-C124APFC) dans le foie (aucune trace d’acide en C8 n’a été détectée dans l’ensemble des animaux) ont également connu un déclin au cours de la période de l’étude, soit un taux d’environ 4 ng/g par année. On a constaté qu’il existait un lien étroit entre les concentrations de PFOS et celles de perfluorobutanesulfonamide (FBSA), ce qui suggère que le PFOSA est le principal précurseur de PFOS chez les animaux. On mesure actuellement les concentrations d’une autre série de contaminants dont on ne fait pas mention dans le présent résumé.

 

Messages clés

·         Pendant toutes les années d’échantillonnage, la présence de HBCD n’a été que rarement détectée, sauf en 2011 chez 80 % des animaux. Les concentrations totales s’élevaient à moins de 5 ng/g (pl) chez les animaux et aucune tendance temporelle évidente n’a été décelée.

·         Dans l’ensemble, on a observé une baisse des concentrations d’acides perfluoroalkylés chez les animaux. Le taux de déclin des niveaux de PFOS était d’environ 15 ng/g par année, alors que celui des Σ4PFCA était d’environ 4 ng/g par année.

·         Les plus fortes concentrations observées chez les animaux étaient celles du précurseur de PFOS, soit le PFOSA. Les concentrations moyennes mesurées chez les animaux étaient de 632 ± 232 ng/g en 2005 et les concentrations de PFOSA étaient de 110 ± 30 ng/g (pf) en 2013.

 


 

Sommaire du projet (2013-2014)

 Résumé

Dans cette étude à long terme, on examinait les tendances temporelles relatives aux composés organohalogénés chez les bélugas de l’île Hendrickson (HI), dans les Territoires du Nord‑Ouest. On a également établi une nouvelle série temporelle pour des animaux prélevés à Sanikiluaq, dans la région de Qikiqtaaluk, au Nunavut. Les séries temporelles pour les deux sites d’échantillonnage remontent au début des années 1980, dans le cas de l’IH, et au début des années 1990, dans le cas de Sanikiluaq, et la résolution, ou fréquence, des séries temporelles est particulièrement élevée pour les échantillons recueillis après 2000 : par exemple, chez les animaux de l’IH, l’ensemble de données comprend des prélèvements faits en 1984, en 1993 et chaque année de 2000 à 2010. Dans le cas de Sanikiluaq, on a au total 14 moments d’échantillonnage sur 18 ans (1994, 1995, 1998, 2002 à 2013). Les produits chimiques mesurés comprennent une série d’agents de surface fluorés, de produits ignifuges bromés et chlorés, de produits ignifuges à base de phosphore et de paraffines chlorées à chaîne courte (SCCPs). Les produits ignifuges bromés les plus abondants étaient les bromodiphényléthers (BDE) : leurs concentrations étaient environ cinq fois plus élevées que celles d’hexabromocyclodécane (HBCD). On a noté une hausse faible, mais statistiquement significative des concentrations de Σ6BDE chez les sujets de l’IH (p < 0,01, r2 = 0,1451); la valeur calculée obtenue pour cette hausse était de 0,4 ± 0,1 ng•g-1 par année. Les concentrations d’HBCD ne dessinaient aucune tendance visible chez les sujets de l’IH. Les concentrations moyennes de Σ6BDE et de Σ2HBCD chez les animaux de Sanikiluaq (2013) étaient respectivement de 34,5 ± 6,8 et de 2,8 ± 0,4 ng•g-1 (poids de lipides), et elles n’étaient pas statistiquement différentes des concentrations chez les animaux de l’IH échantillonnés en 2013. Les concentrations d’acides perfluorocarboxyliques en C8 à C125APFC) dans le foie des animaux de l’IH ont connu un déclin d’environ 4,5 ng•g-1 par année au cours de la période de l’étude. Chez les sujets de Sanikiluaq, les concentrations de Σ5APFC étaient statistiquement plus faibles que chez les sujets de l’IH échantillonnés la même année. En ce qui concerne le perfluorooctanesulfonate (PFOS), on a noté une augmentation linéaire (0,53 ± 0,10 ng•g-1 par année) des concentrations mesurées entre 1984 et 2000 (r2 = 0,4319, p < 0,01) chez les animaux de l’IH. Entre 2000 et 2010, les concentrations de PFOS sont demeurées relativement stables, mais on a observé une hausse notable en 2011, suivie d’une baisse en 2012 et en 2013. 

Messages clés

  • Les Σ6BDE étaient les principaux produits ignifuges bromés; leurs concentrations continuent de croître à un taux de 0,4 ± 0,1 ng•g-1 par année chez les sujets de l’IH. Les concentrations de Σ2HBCD étaient approximativement cinq fois plus petites que celles de Σ6BDE chez les animaux des deux sites d’échantillonnage.
  • Les concentrations de Σ5APFC chez les bélugas de l’IH ont connu un déclin significatif d’approximativement 4,5 ng•g-1 par année. Les concentrations de Σ5APFC chez les animaux de Sanikiluaq étaient de 21,7 ± 2,8 ng•g-1 (en poids), et elles étaient significativement plus faibles que chez les sujets de l’IH (70,3 ± 11,5 ng•g-1 en poids).
  • Entre les années 1980 et 2000, les concentrations de PFOS ont connu une croissance linéaire dans le foie des animaux provenant des deux sites visés par l’étude. On a observé une hausse notable des concentrations de PFOS en 2011 (47,7 ± 5,7 ng•g-1 en poids) par rapport à 2010, après quoi les concentrations sont descendues à 36,2 ± 2,4 ng•g-1 en 2012 et à 30,5 ± 4,2 ng•g-1 en 2013. Les concentrations de PFOS chez les sujets de Sanikiluaq échantillonnés en 2013 n’étaient pas significativement différentes de celles enregistrées chez les sujets de Sanikiluaq échantillonnés la même année.

 

Ce projet cherche à répondre à la question suivante : les teneurs en « nouveaux » contaminants, dont certains ne viennent d’être détectés que récemment chez des animaux de l’Arctique, augmentent-elles ou diminuent-elles chez les bélugas de l’île Hendrickson et de Sanikiluaq? Ces animaux ont été choisis pour l’étude, car : i) ils représentent une part importante du régime alimentaire traditionnel des résidents du Nord et sont pertinents sur le plan écologique aux fins des études des tendances; ii) l’archive d’échantillons de l’Institut des eaux douces contient des tissus de ces animaux, lesquels ont été prélevés sur une longue période de temps. Les résultats de l’étude sont cruciaux et fourniront de l’information aux organismes de réglementation internationaux.

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Tendances temporelles des concentrations de mercure et de composés organiques halogénés chez les bélugas de l’île Hendrickson et de Sanikiluaq

Chefs du projet:

Gary A. Stern, Centre des sciences d’observation de la Terre, Université de Manitoba, Winnipeg
Tél: (204) 474-9084;Courriel: Gary.stern@umanitoba.ca

Gregg Tomy, Département de Chimie, Université du Manitoba, Winnipeg
Email: Gregg.Tomy@umanitoba.ca

Lisa Loseto, Institut des eaux douces, Pêches et Océans Canada, Winnipeg
Tél: (204) 983-5135; Téléc.: 204-984-2403; Email: Lisa.Loseto@dfo-mpo.gc.ca

Équipe du projet:

Alexis Burt and Emily Choy, Université du Manitoba;Comité mixte de gestion des pêches; Sonja Ostertag, Pêches et Océans Canada

Duration: 2013- au présent


Sommaire du projet (2016-2017)

Ce projet a pour but de tenir des données à jour sur les concentrations de contaminants chez les bélugas de l’Arctique, et de continuer à évaluer les tendances temporelles de la bioaccumulation de substances comme les métaux lourds et les composés organiques halogénés (COH). Grâce à ces données, on pourra établir si les concentrations en contaminants évoluent au fil du temps chez les bélugas et, dans l’affirmative, caractériser les tendances de cette évolution, permettant ainsi de déterminer l’exposition des personnes vivant dans l’Arctique qui les consomment habituellement. Les activités du projet porteront essentiellement sur les bélugas des environs de l’île Hendrickson dans les Territoires du Nord‑Ouest, ainsi que et de Sanikiluaq au Nunavut. Les résultats obtenus permettront aussi de vérifier l’efficacité des mesures de contrôle internationales et, de concert avec des projets comme ArcticNet et l’Évaluation environnementale régionale de Beaufort (EERB), de mieux comprendre les effets possibles des changements climatiques sur ces concentrations. On a associé les changements climatiques à des variations observées de la pression atmosphérique au niveau de la mer, des champs de vent, de la dérive de la glace de mer, de la couverture de glace, de la durée de la période de fonte, des tendances des précipitations, des caractéristiques hydrologiques, des courants océaniques et de la répartition des masses d’eau. Il est presque certain que ces changements primaires ont modifié le cycle du carbone, les relations alimentaires entre les espèces et les systèmes biologiques. Cependant, compte tenu des difficultés d’observation et des lacunes des séries de mesures existantes, qui sont irrégulières et incomplètes, il est extrêmement difficile de discerner la nature exacte de ces changements. Étant donné que les contaminants pénètrent dans les systèmes mondiaux et sont transportés par l’air et par l’eau, il n’y a aucun doute que les changements évoqués ci‑dessus modifieront les voies de propagation des contaminants et, à terme, les concentrations observées dans l’écosystème marin arctique.


Synopsis (2015-2016)

Résumé

On a analysé les concentrations de mercure total et de sélénium dans des échantillons de foie, de reins, de muscles et de muktuk du béluga prélevés en 2015. Les concentrations de mercure sont semblables aux plages du paramètre établies au cours des dernières années. Parmi les organes analysés dans le cadre de cette étude, le foie est celui qui, en général, présente les plus fortes concentrations de mercure, suivi des reins, des muscles et du muktuk. Par exemple, la concentration moyenne de mercure total dans 27 échantillons de foie prélevés en 2015 chez des bélugas de l’île Hendrickson s’élevait à 26,41 ± 20,82 µg g-1, alors que celle dans le muktuk des mêmes animaux s’élevait à 0,44 ± 0,22 µg-1. Les données provenant de ces échantillons ont été ajoutées à la base de données croissante sur la présence de ces éléments dans les organes et les tissus des mammifères marins de l’Arctique. La base de données contient maintenant de l’information sur plus de 1 377 bélugas de l’Arctique capturés à plusieurs endroits au cours de la période allant de 1977 à 2015. Le contenu en mercure varie entre les espèces, entre les individus et entre les organes d’un animal. Vu cette variation, la détection rigoureuse de différences entre les animaux, les lieux et les périodes est difficile sur le plan statistique. Le fait que le mercure s’accumule au fil du temps dans l’organisme des animaux, ce qui fait que les individus âgés présentent habituellement des niveaux plus élevés que les jeunes animaux d’un même lieu, vient compliquer davantage la détection de différences entre les échantillons. Par conséquent, la comparaison des niveaux de mercure chez les différents groupes de bélugas demande un rajustement du fait des différences d’âges, et ainsi, des données précises sur l’âge sont essentielles. Les échantillons additionnels prélevés chaque année améliorent les chances de détecter des différences si elles sont réelles et réduisent les chances de signaler des différences apparentes si elles ne sont pas réelles. Habituellement, les analyses chimiques se font avant la détermination de l’âge, ce qui entraîne un délai dans l’interprétation des données.

Messages clés

  • De nouvelles données ont été obtenues sur les concentrations de mercure total dans les organes et les tissus de bélugas de l’île Hendrickson et de Sanikiluaq.
  • La concentration moyenne de mercure mesurée dans les échantillons de foie prélevés en 2015 chez des animaux de l’île Hendrickson était de 26,41 ± 20,82 µg·g-1. L’âge moyen de ces mêmes baleines était de 26,3 ± 7,6 ans. Les concentrations de mercure étaient plus faibles dans les muscles que celles dans le foie, la moyenne de ces concentrations étant de 1,26 ± 0,80 µg·g-1.
  • Même si les valeurs étaient plus faibles dans les muscles des bélugas de l’île Hendrickson, elles demeuraient toutes supérieures à 0,5 µg·g-1, soit la concentration de référence utilisée depuis longtemps pour réglementer la vente d’espèces commerciales de poissons au Canada.
  • Parmi les trois organes analysés chez les animaux de l’île Hendrickson, c’est le muktuk qui renfermait les plus faibles concentrations de mercure total, soit en moyenne 0,44 ± 0.22 µg·g-1. Trente pour cent des échantillons (8 des 27) dépassaient 0,5 µg·g-1.
  • Dans le muktuk et dans les muscles, le mercure total (HgT) est équivalent au méthylmercure (MeHg) [c’est-à-dire que HgT = MeHg], contrairement à ce que l’on observe dans le cas du foie. Le MeHg est une forme de mercure qui est bioaccumulable et toxique.
  • La concentration moyenne de mercure dans les échantillons de foie provenant de Sanikiluaq était de 7,72 ± 9,67 µg·g-1. Les concentrations dans les muscles étaient plus faibles, la moyenne étant de 0,60 ± 0,27 µg·g-1, et les niveaux de mercure dans le muktuk étaient encore plus faibles, la concentration moyenne se chiffrant à 0,18 ± 0.10 µg·g-1.

 


Synopsis (2014-15)

Résumé

On a analysé les concentrations de mercure total et de sélénium dans des échantillons de foie, de reins, de muscles et de muktuk du béluga prélevés en 2014. Les concentrations de mercure sont semblables aux plages du paramètre établies au cours des dernières années. Parmi les organes analysés dans le cadre de cette étude, le foie est celui qui, en général, présentait les plus fortes concentrations de mercure, suivi des reins, des muscles et du muktuk. À titre d’exemple, la concentration moyenne de mercure total dans 29 échantillons de foie prélevés en 2012 chez des bélugas de l’île Hendrickson s’élevait à 27,3 ± 27,0 µg·g -1, alors que celle trouvée dans le muktuk des mêmes animaux s’élevait à 0,59 ± 0,18 µg·g-1. Les données provenant de ces échantillons ont été ajoutées à la base de données croissante sur la présence de ces éléments dans les organes et les tissus des mammifères marins de l’Arctique. La base de données contient maintenant de l’information sur plus de 1340 bélugas de l’Arctique capturés à plusieurs endroits au cours de la période allant de 1977 à 2015. Le contenu en mercure varie entre les espèces, entre les individus et entre les organes d’un animal. Vu cette variation, la détection rigoureuse de différences entre les animaux, les lieux et les périodes est difficile sur le plan statistique. Le fait que le mercure s’accumule au fil du temps dans l’organisme des animaux, ce qui fait que les individus âgés présentent habituellement des niveaux plus élevés que les jeunes animaux d’un même lieu, vient compliquer davantage la détection de différences entre les échantillons. Par conséquent, la comparaison des niveaux de mercure chez les différents groupes de bélugas demande un rajustement sur le plan des différences d’âge et des données précises sur l’âge sont essentielles. Les échantillons additionnels prélevés chaque année améliorent les chances de détecter des différences si elles sont réelles, et réduisent les chances de signaler des différences apparentes si elles ne sont pas réelles. Habituellement, les analyses chimiques se font avant la détermination de l’âge, ce qui entraîne un retard dans l’interprétation des données.

Messages clés

  • De nouvelles données ont été obtenues sur les concentrations de mercure total dans les organes et les tissus de bélugas de l’île Hendrickson et de Sanikiluaq.
  • La concentration moyenne de mercure mesurée dans les échantillons de foie prélevés en 2014 chez des animaux de l’île Hendrickson était de 21,28 ± 23,32 µg g-1. L’âge moyen des bélugas échantillonnés était de 29,9 ± 8,1 ans. Les concentrations de mercure étaient plus faibles dans les muscles que celles dans le foie, la moyenne de ces concentrations étant de 2,04 ± 0,89 µg g-1.
  • Même si les valeurs étaient plus faibles dans les muscles des bélugas de l’île Hendrickson, elles demeuraient toutes supérieures à 0,5 µg g-1-1, soit la concentration de référence utilisée depuis longtemps pour réglementer la vente d’espèces commerciales de poissons au Canada.
  • Parmi les trois organes et tissus analysés chez les animaux de l’île Hendrickson, c’est le muktuk qui renfermait les plus faibles concentrations de mercure total, soit en moyenne 0,76 ± 0,40 µg g-1. La valeur de 0,5 µg g-1était dépassée dans le cas de 60 % des échantillons (12 sur 20).
  • Dans le muktuk et dans les muscles, le mercure total (HgT) est équivalent au méthylmercure (MeHg) (c’est-à-dire que THg = MeHg), contrairement à ce que l’on observe dans le cas du foie. Le MeHg est une forme de mercure qui est bioaccumulable et toxique.
  • La concentration moyenne de mercure dans les échantillons de foie provenant de Sanikiluaq était de 18,93 ± 20,01 µg·g-1. Les concentrations dans les muscles étaient plus faibles, la moyenne étant de 1,18 ± 1,02 µg·g-1, et les concentrations dans le muktuk étaient plus faibles encore, la moyenne étant de 0,58 ± 0,38 µg·g-1.

 


Synopsis (2013-14)

Résumé

On a analysé les concentrations de mercure total et de sélénium dans des échantillons de foie, de reins, de muscles et de muktuk de béluga prélevés en 2013. Les concentrations de mercure étaient similaires à celles enregistrées au cours d’années antérieures. Parmi les organes et tissus analysés dans cette étude, c’est habituellement le foie qui renfermait les plus fortes concentrations de mercure; venaient ensuite les reins, les muscles et le muktuk. Par exemple, la concentration moyenne de mercure total dans 29 échantillons de foie de béluga prélevés à l’île Hendrickson en 2012 était de 27,3 ± 27,0 µg·g-1, tandis que la concentration moyenne dans le muktuk des mêmes animaux était de 0,59 ± 0,18 µg·g-1. Les données provenant de ces échantillons ont été ajoutées à la base de données croissante sur la présence de ces éléments dans les organes et les tissus des mammifères marins de l’Arctique. À présent, cette base de données contient des renseignements sur plus de 1 300 bélugas échantillonnés à plusieurs endroits en Arctique au cours de la période de 1977 à 2012. La teneur en mercure varie selon les espèces, selon les sujets et selon les organes dans un animal donné. Ces fluctuations rendent difficile la détection rigoureuse, d’un point de vue statistique, des différences entre les animaux échantillonnés, les lieux de prélèvement et les moments d’échantillonnage. La détection des différences entre les échantillons est en outre compliquée par le fait que le mercure s’accumule avec l’âge; la concentration de mercure est donc habituellement plus élevée chez les animaux âgés que chez les jeunes animaux provenant du même endroit. Par conséquent, la comparaison des concentrations de mercure chez différents groupes de bélugas exige des ajustements en fonction de l’âge; il est essentiel de disposer de données exactes sur l’âge des sujets. Les échantillons supplémentaires recueillis chaque année accroissent les probabilités de détecter les différences réelles et réduisent celles de signaler des différences apparentes, mais non réelles. Habituellement, on effectue les analyses chimiques avant de déterminer l’âge des sujets; il y a donc un délai dans l’interprétation des données.

Messages clés

  • De nouvelles données ont été obtenues sur les concentrations de mercure total dans les organes et les tissus de bélugas de l’île Hendrickson et de Sanikiluaq.
  • La concentration moyenne de mercure dans les échantillons de foie prélevés en 2013 chez des animaux de l’île Hendrickson était de 28,8 ± 22,9 µg·g-1. L’âge moyen des bélugas échantillonnés était de 27,7 ± 7,9 ans. Les concentrations de mercure étaient plus faibles dans les muscles (1,54 ± 0,66 µg·g-1) que dans le foie.
  • Même si les valeurs étaient plus faibles dans les muscles des bélugas de l’île Hendrickson, elles demeuraient toutes supérieures à 0,5 µg·g-1, soit la concentration de référence utilisée depuis longtemps pour réglementer la vente d’espèces commerciales de poissons au Canada.
  • Parmi les 3 organes et tissus analysés chez les animaux de l’île Hendrickson, c’est le muktuk qui renfermait les plus faibles concentrations de mercure total, soit en moyenne 0,76 ± 0,40 µg·g-1. La valeur de 0,5 µg·g-1était dépassée dans le cas de 23 % des échantillons (7 sur 30).
  • Dans le muktuk et dans les muscles, le mercure total (HgT) est équivalent au méthylmercure (MeHg) (c’est-à-dire que THg = MeHg), contrairement à ce que l’on observe dans le cas du foie. Le MeHg est une forme de mercure qui est bioaccumulable et toxique.
  • La concentration moyenne de mercure dans les échantillons de foie provenant de Sanikiluaq était de 3,26 ± 2,21 µg·g-1. Les concentrations dans les muscles étaient plus faibles, la moyenne étant de 0,47 ± 0,15 µg·g-1, et les concentrations dans le muktuk étaient plus faibles encore, la moyenne étant de 0,21 ± 0,11 µg·g-1.
  • Les concentrations plus faibles de mercure mesurées dans les tissus des animaux en 2013 reflètent le fait qu’ils étaient bien plus jeunes.

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Établissement du profil de distribution du mercure total et du mercure méthylé dans l’eau de mer de l’Arctique canadien

Chef du projet

Feiyue Wang, Centre des sciences d’observation de la Terre (CEOS), Département d’environnement et de géographie, Université du Manitoba

Tél. : 204-474-6250; téléc. : 204-272-1532

Courriel : wangf@ms.umanitoba.ca

Équipe du projet

Gary Stern, Alex Hare, Kang Wang et Breanne Reinfort, Centre des sciences d’observation de la Terre, Département d’environnement et de géographie, Université du Manitoba

Résumé

Le mercure, en particulier sous sa forme organique, c’est-à-dire le méthylmercure, est l’un des principaux contaminants préoccupants dans les écosystèmes marins de l’Arctique. Ce n’est cependant que récemment que l’on a commencé à comprendre les processus régissant la distribution du mercure et les formes chimiques sous lesquelles il se trouve dans l’eau de mer en Arctique. La découverte récente de la production de méthylmercure sous la surface, qui pourrait constituer une source importante de méthylmercure pour les écosystèmes arctiques et pour les humains, est particulièrement importante. S’appuyant sur nos récents travaux au sujet de la distribution du mercure total et du mercure méthylé dans la mer de Beaufort, le présent projet, d’une durée de trois ans, a pour objectif de cartographier les profils verticaux « de référence » actuels des concentrations de mercure total et de méthylmercure dans l’eau de mer, cela dans diverses régions de l’océan Arctique canadien, et d’élaborer une stratégie pratique pour la surveillance future à long terme du mercure total et du mercure méthylé dans l’eau de mer de l’Arctique canadien. Au cours de la première année, on a procédé à un examen critique et à une compilation des données existantes sur les profils de distribution verticaux du mercure total et du méthylmercure dans l’eau de mer de l’océan Arctique canadien, cela dans le but d’élaborer une stratégie de surveillance pratique.

Messages clés

  • Les profils de distribution haute résolution du méthylmercure dans la mer de Beaufort laissent supposer la production in situ de méthylmercure dans la colonne d’eau, sous la surface.
  • On manque véritablement de données de haute qualité sur le méthylmercure présent dans l’eau de mer dans d’autres régions de l’océan Arctique canadien.
  • On ne sait toujours pas dans quelle mesure cette source sous-marine de méthylmercure contribue à la charge en méthylmercure des écosystèmes de l’Arctique.
  • Il est nécessaire d’exercer une surveillance à long terme du mercure total et du méthylmercure dans l’océan Arctique canadien, en combinaison avec la surveillance actuelle de l’air et des paramètres biologiques, pour être en mesure d’étudier les sources et les puits de mercure de même que les processus mettant cet élément en jeu dans l’océan Arctique, et pour pouvoir modéliser ainsi que prévoir la façon dont le mercure de l’Arctique répondra aux changements des émissions de mercure sous un climat en évolution.

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Tendances temporelles des composés organiques halogénés et du mercure chez les bélugas de l’île Hendrickson, de Sanikiluaq et de Pangnirtung

Chefs de projet :

·         Gary A. Stern, Université du Manitoba

·         Lisa Loseto, Pêches et Océans Canada

Résumé du projet en langage clair

Notre projet a pour objectif de tenir à jour des données sur les concentrations de contaminants chez les bélugas de l’Arctique et de continuer à évaluer les tendances temporelles de la bioaccumulation de substances telles que les métaux lourds et les composés organiques halogénés. Il nous permettra de déterminer si les concentrations de contaminants chez les bélugas et, par conséquent, le niveau d’exposition des habitants de l’Arctique qui consomment ces animaux, changent au fil du temps. Les résultats nous permettront aussi de vérifier l’efficacité des mesures de contrôle internationales et, de concert avec des projets comme ArcticNet et l’Évaluation environnementale régionale de Beaufort (EERB), de comprendre les effets possibles des variations climatiques sur les concentrations observées. Les variations du climat sont associées aux changements observés dans la pression atmosphérique au niveau de la mer, les champs de vent, la dérive de la glace de mer, la couverture de glace, la durée de la période de fonte, les tendances des précipitations, les caractéristiques hydrologiques, et la répartition des courants océaniques et des masses d’eau. Il est presque certain que de tels changements ont modifié le cycle de carbone, les relations trophiques entre les espèces et les systèmes biologiques. Toutefois, la difficulté d’observer les changements, combinée à des séries chronologiques de mesures irrégulières et incomplètes, fait en sorte qu’il est extrêmement difficile d’étudier comment ils sont survenus. Comme les contaminants pénètrent dans les systèmes mondiaux et sont transportés par l’air et l’eau, les changements susmentionnés vont certainement altérer les voies des contaminants et, en dernier ressort, les concentrations observées dans l’écosystème marin de l’Arctique.

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Surveillance communautaire de l’eau de mer aux fins de la détection des contaminants organiques et du mercure dans l’Arctique canadien

Chef du projet :

Derek Muir, Amila De Silva, Jane Kirk and Environment and Climate Change Canada (ECCC), Burlington, ON

Rainer Lohmann, Université du Rhode Island, Narragansett, Rhode Island

Équipe du projet:  

Peter Amarualik Sr, Resolute, NU; Xiaowa Wang, Christine Spencer, Camila Teixeira, Ana Cabrerizo and Marie Curie, Environnement et Changement Climatique Canada, Burlington; Mohammed Khairy, and Dave Adelman, Université du Rhode Island, Narragansett, Rhode Island; Rodd Laing, Gouvernement de Nunatsiavut; Adam Morris, Université de Guelph, Guelph; Liisa Jantunen, Environnement et Changement Climatique Canada, Toronto; Stephen Insley, Société Canadienne de la conservation de la faune, Whitehorse; Jean-Sebastien Moore, Université Laval, Québec

Durée du projet: 2014 au present


Sommaire du projet (2016-2017)

On est en présence d’un déficit de données sur les concentrations et sur les tendances temporelles des contaminants dans les eaux océaniques. Cette étude, lancée en mai 2014, vise à combler ces lacunes de connaissances en s’appuyant sur des travaux précédents réalisés dans le détroit de Barrow, près de Resolute, au Nunavut. Il s’agissait de coordonner la collecte d’échantillons d’eau de mer en ayant recours à des échantillonneurs passifs, c’est‑à‑dire de minces films plastiques, déployés durant des périodes de cinq à six semaines. En outre, on a recueilli des échantillons de plus petit volume (c.-à-d. 1 litre) à différentes profondeurs, en utilisant des échantillonneurs Niskin, dans le détroit de Barrow et au fjord Scott près de Clyde River, au Nunavut. La collecte à Nain, au Nunatsiavut, est prévue pour la période de janvier à mars 2016, lorsque la glace solide sera formée. L’analyse des concentrations en produits chimiques résistant aux taches (perfluorés) a été menée à bien; elle montre que les concentrations de sulfonate de perfluorooctane (SPFO) ont, depuis le milieu des années 2000, diminué jusqu’à n’être plus détectables. En outre, les concentrations de mercure dans le détroit de Barrow mesurées en 2014‑2015 restent inchangées par rapport à celles mesurées dix ans plus tôt, c’est‑à‑dire en 2004‑2005. Pour 2016‑2017, l’échantillonnage sera répété, tout au long de la période de mai à août, dans le détroit de Barrow, et l’étude s’étendra à Sachs Harbour, dans la région désignée des Inuvialuit, dans la baie Cambridge, au Nunavut, et au fjord Anaktalak, au Nunatsiavut, avec l’aide des communautés locales et de scientifiques. Les résultats obtenus sur d’autres sites permettront d’effectuer des comparaisons et de valider la représentativité du détroit de Barrow en tant que site d’échantillonnage. Notre objectif final consiste à étendre les renseignements existants sur la présence et les concentrations de contaminants dans l’eau de mer à Resolute afin qu’il soit possible d’élaborer une série chronologique.

 


Synopsis (2015-2016)

Résumé

Ce projet vise à combler une lacune dans les connaissances recensée dans le plan directeur du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord, par rapport au manque de données sur les concentrations et les tendances temporelles des contaminants dans les eaux océaniques. Le projet lancé en mai 2014 s’articule autour des travaux réalisés en 2011 et 2012 dans le détroit de Barrows, près de Resolute. Des échantillons d’eau de mer ont été recueillis avec succès en mai et en juin et en août et en septembre 2015 à l’aide (1) d’échantillonneurs passifs (minces films plastiques) déployés pendant une période de cinq à six semaines. On a réussi à recueillir des échantillons de plus petit volume (c.-à-d. 1 litre, au moyen d’échantillonneurs Niskin, dans le détroit de Barrow et au fjord Scott près de Clyde River. L’analyse des concentrations en produits chimiques résistant aux taches (perfluorés) a été menée à bien; elle montre que les concentrations de sulfonate de perfluorooctane (SPFO) ont, depuis le milieu des années 2000, diminué jusqu’à n’être plus détectables. Les concentrations de mercure dans le détroit de Barrows (2014-2015) demeurent inchangées par rapport à il y a 10 ans (2004-2005). Des produits ignifuges bromés étaient aussi détectables à de très faibles (picogramme par litre) concentrations sur les échantillonneurs passifs. Notre objectif final consiste à étendre les renseignements existants sur la présence et les concentrations de contaminants dans l’eau de mer à Resolute afin qu’il soit possible d’élaborer une série chronologique. Les résultats obtenus à d’autres sites permettront d’effectuer des comparaisons afin de valider la représentativité du détroit de Barrow en tant que site d’échantillonnage.

Messages clés

  • On a mesuré les concentrations de certains polluants organiques persistants dans les échantillons d’eau de mer prélevés dans le détroit de Barrow situé près de Resolute Bay, au Nunavut.
  • On a relevé des concentrations très faibles de produits ignifuges bromés dans les échantillons d’eau de mer que l’on a prélevés à l’aide d’échantillonneurs passifs (minces films plastiques).
  • Des produits ignifuges à base de phosphore ont été détectés dans l’eau de mer pour la première fois à Resolute.
  • Comparativement aux échantillons recueillis au même site entre 2005 et 2008, on a observé une tendance à la baisse des concentrations de SPFO.

 


Synopsis (2014-2015)

Résumé

Les concentrations de contaminants dans l’eau de mer ont une incidence sur les quantités détectées chez les mammifères et les oiseaux marins. On a par ailleurs constaté dans le cadre du Plan de lutte contre les contaminants dans le Nord (PLCN) qu’il existait des lacunes en matière de connaissances en ce qui concerne les niveaux de contaminants et les tendances temporelles s’y rapportant. Le projet lancé en mai 2014 s’articule autour des travaux réalisés en 2011 et 2012 dans le détroit de Barrows, près de Resolute. En mai et juin 2014, des échantillons d’eau de mer ont été prélevés à l’aide des échantillonneurs passifs (minces films plastiques) que l’on avait installés sous la glace pour 5 semaines. On a alors recueilli d’importants volumes d’échantillons d’eau (~ 300 l) en pompant de l’eau de mer au moyen de colonnes de résine, ainsi que des échantillons plus petits à différentes profondeurs à l’aide d’échantillonneurs Niskin. Les activités d’échantillonnage du mois d’août ont été ralenties en raison de l’état des glaces, et conséquemment seulement 1 l d’eau a été recueilli. On a procédé à une analyse des échantillons en vue d’y détecter la présence de polluants organiques persistants (POP), dont les agents ignifuges bromés, les composés perfluorés (comme le perfluorooctanesulfonate [PFOS]) et le mercure. Les résultats des analyses relatives aux composés chimiques démontrent que les concentrations de PFOS ont diminué depuis le milieu des années 2000. Les concentrations d’agents ignifuges bromés étaient très faibles (picogrammes par litre). Les échantillons recueillis à l’aide d’échantillonneurs passifs présentaient des concentrations d’agents ignifuges bromés de 10 à 20 fois plus faibles que celles présentes dans les échantillons de volumes importants d’eau. On prévoit d’installer des échantillonneurs passifs pour une période plus longue en 2015-2016. Le prélèvement répété d’échantillons, aux mêmes site et période de l’année, facilitera la cueillette d’information sur les tendances temporelles des contaminants dans l’eau de mer.

Messages clés

  • On a mesuré les concentrations de certains POP dans les échantillons d’eau de mer prélevés dans le détroit de Barrow situé près de Resolute Bay, au Nunavut.
  • On a relevé des concentrations très faibles d’agents ignifuges dans les échantillons d’eau de mer que l’on a prélevés à l’aide d’échantillonneurs passifs (minces films plastiques) et dans les échantillons de volumes importants.
  • Comparativement aux échantillons recueillis au même site entre 2005 et 2008, on a observé une tendance à la baisse des concentrations de PFOS.

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Variation spatiale des communautés de poissons-proies et des concentrations de contaminants dans l’Arctique canadien et conséquences pour le régime alimentaire et les concentrations de contaminants dans les phoques annelés

Directeurs du projet

Aaron Fisk; Université de Windsor, Windsor, Ontario
Tél. : 519-253-3000, poste 4740; courriel : afisk@uwindsor.ca

Melissa McKinney, Université du Connecticut, Storrs, Connecticut
Tél. : 860-486-6885, courriel : melissa.mckinney@uconn.edu

 

Équipe du projet

Chasseurs et trappeurs de Resolute Bay; chasseurs et des trappeurs de Clyde River; chasseurs et trappeurs d’Arviat; Janelle Kennedy et Devin Imrie, ministère de l’Environnement du gouvernement du Nunavut; Derek Muir, Environnement Canada (EC); Gregg Tomy, Université du Manitoba; Steve Ferguson, Pêches et Océans Canada; Dave Yurkowski, Steve Kessel, Nigel Hussey, Amanda Barkley, Anna Hussey, Université de Windsor; Sara Pedro, Université du Connecticut

 

Résumé

Les poissons-fourrage sont les principales proies des mammifères, des oiseaux et des gros poissons marins de l’Arctique, et représentent conséquemment leur principale source d’exposition au mercure (Hg) et aux polluants organiques persistants (POP). Au cours des 20 dernières années, les communautés de poissons-fourrage de l’Arctique ont évolué. À des latitudes inférieures de l’est de l’Arctique canadien, les communautés de poissons-fourrage sont passées de type arctique à type subarctique. Cependant, ce changement ne s’étend toujours pas dans une large mesure à l’Extrême-Arctique. Entre 2012 et 2014, nous avons collaboré avec les associations de chasseurs et de trappeurs d’Arviat (Bas-Arctique), de Clyde River (centre de l’Arctique) et de Resolute Bay (Extrême-Arctique), au Nunavut, afin de pêcher des poissons-fourrage marins de type arctique (morue polaire Boreogadus saida et chabot Cottoidae spp.]), des invertébrés, ainsi que des poissons-fourrage marins de type subarctique (capelan [Mallotus villosus et lançon Ammodytidae spp.]). Nous avons mesuré les concentrations de mercure (Hg) et de polluants organiques persistants (POP) dans les tissus afin d’évaluer les conséquences potentielles des changements qui touchent les poissons-fourrage sur le niveau d’exposition aux contaminants des prédateurs. Les niveaux de Hg observés étaient similaires pour les différentes régions étudiées lorsque l’on comparait les mêmes espèces. Les niveaux mesurés chez différentes espèces d’une même région donnée différaient cependant les uns des autres. Les ratios des isotopes stables du carbone et de l’azote observés suggèrent que les poissons s’alimentant à des niveaux supérieurs de la chaîne trophique et utilisant des stratégies d’alimentation benthique (le chabot et la crevette nordique) présentaient des concentrations de Hg plus élevées que les poissons s’alimentant à des niveaux inférieurs de la chaîne trophique et utilisant des stratégies d’alimentation pélagique ou sympagique (la morue polaire, le capelan et le lançon). Les concentrations de Hg chez les poissons subarctiques (le lançon et, tout particulièrement, le capelan) étaient plus faibles que celles présentes chez les poissons arctiques (la morue polaire et particulièrement le chabot), ce qui suggère que les prédateurs marins arctiques (comme le phoque annelé) consommant plus de poissons-fourrage de type subarctique que de type arctique seraient moins exposés au Hg. On procède actuellement à une analyse approfondie de ces relations pour ce qui est du méthylmercure (MeHg), des biphényles polychlorés (BPC), des pesticides organochlorés hérités du passé et d’usage courant, des polybromodiphényléthers (PBDE) et des nouveaux produits ignifuges bromés.

 

 Messages clés

·         Entre 2012 et 2014, des échantillons de petits poissons marins arctiques et d’invertébrés, ainsi que de poissons marins subarctiques observés plus récemment, ont été recueillis dans les communautés du Bas-Arctique (Arviat, Nunavut), du centre de l’Arctique (Clyde River, Nunavut) et de l’Extrême-Arctique (Resolute Bay, Nunavut).

·         Les concentrations de Hg observées étaient similaires pour les différentes régions étudiées lorsque l’on comparait les mêmes espèces. Les niveaux mesurés chez différentes espèces d’une même région donnée différaient cependant les uns des autres.

·         Les résultats des analyses d’isotopes stables suggéraient que les poissons s’alimentant à des niveaux supérieurs de la chaîne trophique et près des côtes ou des fonds marins (le chabot et la crevette nordique) présentaient généralement des concentrations de Hg supérieures à celles observées chez les poissons s’alimentant à niveaux inférieurs de la chaîne trophique et dans les eaux libres ou sous la glace (la morue polaire, le capelan et le lançon).

·         Les concentrations de Hg chez les poissons subarctiques (le lançon et le capelan) étaient plus faibles que celles présentes chez les poissons arctiques (la morue polaire et le chabot), ce qui suggère que les mammifères et les oiseaux marins consommant davantage de poissons-fourrage subarctiques seraient moins exposés au Hg.

 

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Charge et rétention des métaux dans les lacs de la toundra arctique durant le ruissellement printanier

Directeurs du projet  

Murray Richardson, professeur adjoint, Département de géographie et d’études environnementales

Université Carleton, Ottawa, tél. : 613)-520-2600, poste 2574, téléc. : 613-520-4301

Courriel : murray_richardson@carleton.ca

Jamal Shirley, gestionnaire, Conception de la recherche, Institut de recherche du Nunavut, Collège de l’Arctique du Nunavut

Iqaluit, Nunavut, tél. : 867-979-7290, téléc. : 867-979-7109, courriel : Jamal.Shirley@arcticcollege.ca                                                           

Équipe de projet

John Chételat, Environnement Canada (EC); Keegan Smith, Université Carleton; Jessica Peters, Institut de recherche du Nunavut; Jason Carpenter, Collège de l’Arctique du Nunavut; Marc Amyot, Université de Montréal

Résumé

Dans l’Arctique, la fonte des neiges printanière est l’événement hydrologique le plus important de l’année. Durant cette période relativement courte, les flux de contaminants présents dans l’eau et d’origine hydrique, comme le mercure (Hg) et les autres métaux traces dans les eaux de surface, peuvent être plus importants que ceux survenant durant le reste de l’année. Cette étude biennale permet une surveillance étroite de la neige et de l’hydrologie des eaux de surface, et des analyses géochimiques des métaux sont effectuées à différents lacs situés à proximité d’Iqaluit, au Nunavut. Le principal objectif est d’établir des bilans massiques de l’eau et des métaux pour l’ensemble du bassin, et ce afin de quantifier l’incidence des métaux présents dans le manteau neigeux sur les lacs de l’Arctique durant la crue printanière annuelle. Avant le début de la fonte des neiges, on effectue également des mesures spatiales détaillées de la profondeur et de la densité des neiges, ainsi que des concentrations de métaux s’y retrouvant, après quoi on procède souvent à un échantillonnage des écoulements entrants et sortants des lacs. Compte tenu des difficultés logistiques inhérentes à la mesure du débit d’eau sous la glace durant la fonte des neiges, le protocole de l’étude prévoit l’utilisation d’un mélange de membres extrêmes isotopiques et hydrochimiques, ce qui commande de procéder à un échantillonnage de la neige, des débits, ainsi que des eaux et des glaces lacustres, et ce afin d’établir un bilan massique de l’eau et des métaux.

Toutes les activités sur le terrain sont menées en collaboration avec l’Institut de recherche du Nunavut (IRN) et le Collège de l’Arctique du Nunavut (CAN). De plus, de nombreux étudiants ou récents diplômés du Programme de technologie environnementale (PTE) du CAN ont reçu une formation sur le terrain en hydrologie de la neige, en hydrologie fluviale, en limnologie et en géochimie aquatique. L’un des principaux objectifs du projet consiste à renforcer les capacités de l’IRN en matière de planification, de coordination et de gestion des études sur le terrain qui portent sur les cycles de contaminants aquatiques et l’hydrologie de la fonte des neiges.

Les résultats préliminaires obtenus dans le cadre de la campagne sur le terrain de 2014 ont révélé que le manteau neigeux présentait des concentrations de Hg relativement élevées avant la période de fonte, et que les eaux de fonte se mélangeaient peu à celles des lacs en raison de l’écoulement préférentiel qui survient directement sous les glaces lacustres. Les résultats de 2014 démontraient également que la composition chimique des eaux de fonte est fortement alourdie par d’autres sources d’eau situées en amont des lacs, soit probablement les eaux souterraines ou les eaux présentes dans le mollisol en formation. Ces résultats nous permettent de mieux comprendre d’un point de vue scientifique la dynamique des métaux traces dans les lacs et les bassins hydrographiques de l’Arctique durant la période de la fonte des neiges, ainsi que les mécanismes par lesquels l’accumulation du manteau neigeux et la fonte des neiges permettent aux contaminants atmosphériques de migrer vers les milieux aquatiques.

Messages clés

·         Les eaux de fonte s’écoulant du manteau neigeux contenaient des concentrations élevées de mercure total (THg), de méthylmercure (MeHg) et d’autres métaux traces, dont le plomb (Pb), et représentent potentiellement une source importante d’apport en métaux dans les bassins hydrographiques et les lacs de la région d’Iqaluit, au Nunavut.

·         Les eaux de fonte présentaient des concentrations élevées de métaux, dont le THg, le MeHg et le PB, et contenaient peu de carbone organique dissous (COD), alors que l’on a relevé des traces de métaux et de DOC dans les eaux d’écoulement après qu’elles ont pénétré dans la terre et dans les sols superficiels du bassin hydrographique. Par conséquent, la qualité des eaux d’écoulement pendant la période de fonte printanière est fonction d’un mélange d’un mélange d’eaux de fonte et de sources d’eaux terrestres.

·         Les eaux provenant des affluents, dont les concentrations de métaux et de COD étaient élevées, se mélangeaient peu aux eaux lacustres, et la composition chimique des eaux en provenance de lacs était fortement similaire à celle des eaux s’y déversant tout au long de la période de fonte. Cette dernière constatation est cohérente avec celles d’études antérieures, lesquelles ont démontré que les eaux de fonte contournent les lacs de l’Arctique et qu’elles s’écoulent en une mince couche sous la glace.

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Charges de contaminants atmosphériques en hiver et ruissellement printanier de mercure et de composés perfluorés vers un bassin hydrographique vierge dans l’Extrême-Arctique, dans le parc national du Canada Quttinirpaaq, au nord de l’île Ellesmere, au Nunavut

Directeurs du projet

Vincent L. St.Louis, professeur, Université de l’Alberta, Edmonton, Alberta

Tél. : 780-492-9386; courriel : vince.stlouis@ualberta.ca

Derek Muir, Environnement Canada (EC), Burlington, Ontario

Tél. : 905-319-6921; courriel : derek.muir@ec.gc.ca

Équipe du projet

Igor Lehnherr, Université de Waterloo; Kyra St -Pierre, Université de l’Alberta; Lisa Szostek, Université de Victoria; Emma Hansen, Parcs Canada; deux employés saisonniers des collectivités du Nord

Résumé

L’Extrême-Arctique continue de recevoir un vaste éventail de contaminants, lesquels sont libérés par les activités humaines menées à des endroits situés à des latitudes méridionales inférieures et dans différents pays industrialisés dans le monde. Heureusement, la réglementation des émissions atmosphériques et les interdictions touchant leur utilisation ont permis de réduire les concentrations de certains contaminants hérités du passé dans l’Extrême-Arctique. Toutefois, bon nombre de contaminants comme le mercure (Hg) et les polluants organiques persistants (POP), nouveaux ou émergents et qui ne sont pas encore réglementés, comme les composés perfluoroalkyles, font toujours l’objet de préoccupations majeures. De plus, il semble maintenant que les changements climatiques aient également une incidence sur le transport à grande distance, l’évolution dans l’environnement et la bioaccumulation de contaminants, comme le Hg et les POP, dans l’Arctique. Nous procédons à une surveillance des charges de contaminants dans le manteau neigeux et les eaux de fonte, de la qualité de l’eau et des répercussions des changements climatiques dans le bassin hydrographique vierge du lac Hazen, dans le parc national du Quttinirpaaq et dans le nord de l’île d’Ellesmere, au Nunavut. D’un point de vue socioéconomique, il est important de comprendre les charges de contaminants, la qualité de l’eau et les incidences des changements climatiques afin de prédire comment les activités humaines futures pourraient nuire à l’abondance et à la qualité de certains organismes utilisés comme aliments traditionnels par les Inuits. Nous avons observé des concentrations élevées de mercure total (THg; toutes les formes de mercure dans un échantillon), de méthylmercure (MeHg; la forme toxique et bioaccumulable du Hg) et de composés perfluoroalkyles dans le manteau neigeux. La majorité des molécules de THg et de MeHg étaient fixées à des particules dans la neige. Si les concentrations de THg, de MeHg et de composés perfluoroalkyles dans les eaux de fonte étaient à l’origine similaires à celles observées dans certaines parties du manteau neigeux, elles ont diminué avec le temps, alors que les particules disparaissaient. L’apport d’eau de fonte dans le lac Hazen depuis la surface du lac et les milieux environnants a accru de plus de deux fois les concentrations de THg, de MeHg et de composés perfluoroalkyles dans les eaux de surfaces. Les concentrations de MeHg ont légèrement augmenté dans le zooplancton après la fonte des neiges. Ce phénomène est survenu alors que l’activité biologique printanière augmentait sous les glaces lacustres.

 

Messages clés

·         Les concentrations de THg, de MeHg et de composés perfluoroalkyles étaient beaucoup plus élevées dans les parties « sales » du manteau neigeux que dans celles contenant moins de particules. Environ 95 % des molécules de THg et 80 % des molécules de MeHg étaient fixés à des particules.

·         Les concentrations de THg, de MeHg et de composés perfluoroalkyles présents dans les eaux de fonte et provenant des milieux environnants étaient à l’origine similaires à celles observées à la surface du lac Hazen là où le manteau neigeux était plus mince. Toutefois, le déclin beaucoup plus prononcé de ces concentrations que l’on a observé au début juin porte à croire que la majorité des contaminants fixés à des particules provenant des milieux environnants ont disparu rapidement et n’ont pas migré vers le lac Hazen.

·         L’apport d’eau de fonte dans le lac Hazen depuis la surface du lac et les milieux environnants a accru de plus de deux fois les concentrations de THg, de MeHg et de composés perfluoroalkyles dans les eaux de surfaces. Ce phénomène est survenu alors que l’activité biologique printanière augmentait sous les glaces lacustres.

Les concentrations de MeHg ont légèrement augmenté dans le zooplancton suivant l’apport d’eaux de fonte. On attend toujours d’obtenir les résultats d’analyse du zooplancton visant à détecter la présence de composés perfluoroalkyles.

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Métaux lourds et contaminants radionucléides dans le caribou et l’orignal

Directeur du projet   

Brett Elkin

Ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles

Gouvernement des Territoires du Nord-Ouest

Tél. : 867-920-8067, téléc. : 867-873-0293

Courriel : brett_elkin@gov.nt.ca

Équipe du projet

 

Derek Muir, Environnement Canada (EC), Burlington, Ontario

Xiaowa Wang, EC, Burlington, Ontario

Bruno Croft, gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles, Yellowknife, Nunavut

Allicia Kelly, gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles, Fort Smith, Nunavut

Heather Sayine-Crawford, gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles, Norman Wells, Nunavut

Résumé

Le caribou et l’orignal représentent des espèces clés du nord du Canada et sont intrinsèquement liés au bien-être culturel, social, spirituel et économique de résidents et des collectivités des Territoires du Nord-Ouest. Ils sont des éléments importants de l’alimentation traditionnelle et comptent pour une grande partie du régime alimentaire des collectivités du Nord. Les collectivités qui chassent ces espèces ont exprimé certaines préoccupations quant à leur exposition aux contaminants d’origine naturelle et anthropique, lesquels migrent par l’entremise du transport atmosphérique qui s’effectue à l’échelle locale et sur de longues distances. Si, de façon générale, les concentrations de métaux sont présentes à des concentrations relativement faibles dans les écosystèmes terrestres, des concentrations élevées de certains métaux, dont le cadmium, ont été observées dans les reins des caribous et des orignaux de certaines régions. Les concentrations dans les muscles sont très faibles. Il est important de mener une surveillance périodique du caribou et de l’orignal afin d’effectuer un suivi de l’évolution des concentrations au fil du temps, et ce afin de s’assurer que ces espèces demeurent des sources d’alimentation saines et nutritives. Pour les besoins de ce projet, on a recueilli des échantillons dans le cadre des programmes régionaux de surveillance par les chasseurs qui sont actuellement en place dans différentes régions des Territoires du Nord-Ouest. On a prélevé des échantillons de caribou de la toundra (hardes de Bluenose-East et de Beverly), de caribou des bois des montagnes (Monts Mackenzie) et d’orignal (régions de Sahtu et de South Slave). On a analysé des échantillons de foie et de reins en vue d’y détecter la présence de 34 différents métaux et éléments, et certains d’entre eux ont fait l’objet de tests de détection de radionucléide et de composés aromatiques polycycliques. On procède actuellement à une analyse des données et un rapport approfondi sera publié plus tard en 2015.

Messages clés

  • Le caribou et l’orignal représentent des espèces clés du nord du Canada et sont liés intrinsèquement au bien-être culturel, social, spirituel et économique de résidents et de nombreuses collectivités des Territoires du Nord-Ouest.
  • Dans le cadre d’activités de surveillance du caribou de la toundra menées précédemment, on a relevé des concentrations relativement faibles de la plupart des métaux et d’autres éléments.
  • Bien que l’on ait observé des niveaux élevés de cadmium dans les reins des orignaux et des caribous de certaines régions, les concentrations de ce type de métal sont généralement inférieures aux niveaux préoccupants.
  • Il est important de mener une surveillance périodique du caribou et de l’orignal afin d’assurer un suivi de l’évolution des concentrations au fil du temps et de fournir de l’information au public et aux décideurs.
  • Le caribou et l’orignal demeurent des sources d’alimentation saines et nutritives pour les collectivités du Nord.

 

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Enquête sur les effets toxiques du mercure chez l’omble chevalier dulcicole

Chefs du Projet:

Niladri (Nil) Basu, professeur agrégé, Chaire de recherche du Canada sur les sciences de la santé environnementale, Centre d’études sur la nutrition et l’environnement des peuples autochtones (CENEPA), Université McGill, St. Anne de Bellevue, QC
Tel: (514) 398-8642; Email: niladri.basu@mcgill.ca

Paul Drevnick, scientifique assistant de recherche, École des ressources naturelles et l’environnement, Université du Michigan, Ann Arbor, MI, USA
Email: drevnick@umich.edu

Équipe du projet:

Benjamin Barst, Universite McGill, Ste. Anne de Bellevue; Derek Muir, Environnement et Changement Climatique Canada, Burlington, ON; Debbie Iqaluk, Resolute Bay, NU; Günter Köck, Académie autrichienne des Sciences and Université de Innsbruck, Austria

Duration: 2015 au present


Sommaire du projet (2016-2017)

Dans l’Arctique canadien, les concentrations de mercure dans les tissus de l’omble de l’Arctique dulcicole sont élevées, environ 30 % des populations échantillonnées dépassant les seuils de toxicité. À partir de 2011, on a prélevé des tissus d’omble de l’Arctique dulcicole à partir des lacs des écosystèmes d’intérêt du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord (PLCN) sur les îles de Cornwallis, au Nunavut, afin de déterminer si les populations sauvages étaient effectivement confrontées à la toxicité du mercure. Les résultats montrent des effets possibles peu marqués sur la reproduction et des effets plus prononcés sur le foie. Les futures activités du projet comprendront la collecte de tissus d’omble à partir des lacs d’intérêt du PLCN pendant les étés 2016 et 2017. Au cours de l’année à venir, on lancera également des études à Capstone, en vue de combler les lacunes en matière de données et de synthétiser l’effort global avec un cadre de type « parcours de résultats néfastes ». On validera également des techniques d’échantillonnage non létales susceptibles d’être utilisées pour déterminer l’exposition au mercure ainsi que les effets néfastes dans les populations de poissons n’ayant pas été sélectionnées pour une surveillance régulière. Ces travaux sont nouveaux parce qu’ils vont au‑delà de la documentation des concentrations de mercure chez les poissons et qu’ils fourniront des connaissances essentielles sur l’état de santé des poissons et, par voie de conséquence, des renseignements pertinents ayant des conséquences sur la santé des populations autochtones du Nord.


Synopsis (2015-2016)

Résumé

Dans le Nord du Canada et particulièrement au Nunavut, les concentrations de mercure peuvent être élevées chez les poissons prédateurs, y compris chez l’omble chevalier dulcicole (Salvelinus alpinus). L’analyse des données sur l’omble chevalier dulcicole du Nord du Canada et du Groenland révèle que les seuils de toxicité pour le mercure sont dépassés chez 30 % des populations étudiées. En 2015, nous avons prélevé des ombles chevaliers dans des lacs d’un « écosystème d’intérêt pour le Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord (PLCN) » à l’île Cornwallis afin de renforcer notre travail dans le cadre du PLCN déjà financé visant à déterminer si l’omble chevalier dulcicole subit réellement des effets toxiques. L’échantillonnage a été effectué en collaboration avec l’équipe du projet de surveillance de base de l’omble chevalier, dirigée par Derek Muir. Les résultats obtenus pour les lacs échantillonnés (Small, North, Amituk) indiquent un gradient de contamination par le mercure, permettant la comparaison de paramètres biologiques entre les ombles chevaliers présentant une faible concentration de mercure et ceux présentant une forte concentration de mercure. Les résultats préliminaires laissent entendre qu’une exposition accrue au mercure mène à des niveaux plus élevés de la peroxydation lipidique (mesurée sous forme de substances réactives à l’acide thiobarbiturique ou TBARS) et à une baisse des activités de la superoxyde dismutase (SOD) dans le foie de l’omble chevalier. Aucune corrélation de la sorte ne s’est révélée pour la peroxydation lipidique ou la SOD dans le cerveau de l’omble chevalier, cependant. Les déterminations des activités du glutathion peroxydase (GSH-PX) dans le foie et le cerveau se poursuivent, et peuvent expliquer les différences observées, malgré les concentrations de mercure similaires dans les tissus. Notre travail est novateur en ce sens qu’il fait plus que documenter les concentrations de mercure chez les poissons et apportera des connaissances essentielles en ce qui concerne l’état de santé des poissons.

Messages clés

  • Nous avons effectué l’échantillonnage d’ombles chevaliers dulcicoles dans des lacs d’un « écosystème d’intérêt pour le Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord (PLCN) » (Small, North, Amituk) près de Resolute Bay, au Nunavut, afin de déterminer les effets du mercure sur cette espèce.
  • Les concentrations de mercure mesurées dans les ombles chevaliers de tous les lacs, sauf le lac Small, dépassent les valeurs connues entraînant des effets sur les poissons, d’après des études en laboratoire.
  • Les résultats préliminaires laissent entendre qu’une exposition accrue au mercure mène à des niveaux plus élevés de la peroxydation lipidique (mesurée sous forme de TBARS) et à une baisse des activités de la superoxyde dismutase (SOD) dans le foie de l’omble chevalier, mais pas dans leur cerveau.

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Conséquences métabolomiques de l’exposition élevée aux BPC chez le phoque annelé (Pusa hispida) au Labrador : répertoire toxicologique élargi pour caractériser les répercussions sur la santé

Chefs du Projet

Tanya M. Brown, Université Mémorial de Terre-Neuve, St. John’s, NL
Tel: (709) 864-7417; Fax: (709) 864-3119; E-mail: tanya.brown@mun.ca

John R. Cosgrove, AXYS Analytical Services Ltd, Sidney, BC
Tel: (250) 655-5830; E-mail: jcosgrove@axys.com

Équipe du projet

Bharat Chandramouli and Russell Chedgy, AXYS Analytical Services Ltd, Sidney, BC; Ken J. Reimer, Collège militaire royale du Canada, Kingston, ON; Peter S. Ross, Directeur,  Vancouver Centre de sciences de la mer Vancouver, Vancouver, BC; Aaron T. Fisk, professeur agrégé, Institut des grands lacs sur la recherche environnementale, Université de Windsor, Windsor, ON

Durée du projet : 2016 au présent


Sommaire du projet (2016-2017)

Les opérations d’une station radar militaire à la fin des années 1950 à Saglek Bay au Labrador ont conduit à une contamination aux biphényles polychlorés (BPC) chez environ 60 % des phoques annelés de la région. L’analyse d’une suite choisie de gènes chez les phoques annelés du Labrador a permis d’obtenir des résultats suggérant que certains effets néfastes sur la santé avaient été causés par cette source locale de BPC. L’objectif des travaux consiste à réaliser une étude plus complète sur les profils biochimiques des phoques annelés afin de mieux comprendre les causes et les conséquences de cette perturbation moléculaire. Pour ce faire, on élaborera et on mettra en œuvre une approche de profilage métabolomique innovante qui pourrait servir d’indicateur de détection sensible et précoce d’effets sanitaires chez les phoques. Ce cas unique, présentant un contexte remontant assez loin dans le passé et une source de BPC locale sur la côte du Labrador offre une occasion inestimable pour examiner les effets d’un mélange de BPC de qualité commerciale relativement inaltéré sur la santé d’une population de mammifères marins. Les résultats seront fournis à la communauté scientifique et aux intervenants locaux par l’intermédiaire de publications et de réunions locales. Ce projet permettra d’approfondir notre compréhension des effets sanitaires liés aux BPC chez les mammifères marins et de fournir un éclairage supplémentaire sur la santé de la population de phoques annelés du Labrador et des résidents locaux pour lesquels cette espèce constitue une source importante de nourriture traditionnelle.

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Changements climatiques, contaminants, écotoxicologie : interactions chez les oiseaux marins de l’Arctique à leurs limites méridionales

Chefs du projet :

Kyle Elliott, Département de Sciences des ressources naturelles, Université McGill, Ste-Anne-de-Bellevue, QC.
Tel: (514) 398-7907; Fax: (613) 398-7990; E-mail: kyle.elliott@mcgill.ca

Kim Fernie, Écotoxicologie et santé faunique, Direction générale de la  science et de la technologie, Environnement et Changement Climatique Canada, Burlington, ON
Tel: (905)-336-4843; E-mail: kim.fernie@canada.ca 

Équipe du projet :

B. Braune, and R. Letcher, Environnement et Changement Climatique Canada/S&T, Ottawa, ON;  J. Head,  Département des sciences des ressources naturelles, Université McGill, Montréal, QC

Durée du projet: 2016 au présent


Sommaire du projet (2016-2017)

Les effets des contaminants sur la faune arctique surviennent dans un contexte de changements climatiques rapides. Les contaminants peuvent causer des perturbations du système endocrinien et, par conséquent, limiter potentiellement la capacité de la faune à répondre aux répercussions du changement climatique. Ce projet examinera les effets d’un ensemble de contaminants sélectionnés hérités du passé sur la capacité des oiseaux de mer à répondre à l’évolution des conditions glaciaires. Pendant la période de juillet à août 2016, on étudiera des Guillemots de Brünnich à la limite sud de leur aire de répartition, c’est‑à‑dire l’île Coats au Nunavut, où le changement climatique a d’importantes répercussions sur la santé des oiseaux de mer. Lorsque la glace se brise plus tôt, les adultes dépensent plus d’énergie pour obtenir moins de nourriture et les jeunes Guillemots se développent plus lentement. Il est probable que les systèmes hormonaux participent de ce phénomène, des concentrations élevées d’hormones de stress, par exemple de corticostérone, et, potentiellement, d’hormones thermorégulatrices, par exemple les hormones thyroïdiennes, contraignant les individus à accroître leurs dépenses énergétiques, à voler plus loin et à trouver d’autres sources de prédation. On s’attend à ce que des concentrations élevées de contaminants perturbent la régulation hormonale et, en conséquence, la relation entre les hormones et les dépenses énergétiques chez les oiseaux de mer. Plus précisément, étant donné que l’intensité des dépenses énergétiques nécessaires pour accéder à la nourriture dépend de l’éloignement de la glace – plus elle est lointaine plus les dépenses seront élevées –, on s’attend à ce que la perturbation chimique de cette relation puisse expliquer pourquoi certains individus semblent incapables de modifier leur comportement alimentaire en réponse à l’évolution des conditions glaciaires. Les résultats de cette étude pourront aider les résidents du Nord à comprendre comment les contaminants et les changements climatiques interagissent pour influer sur la faune.

Chefs du projet: Kyle Elliot (Université McGill) et Kim Fernie (Environnement et Changement climatique Canada)

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Tendances temporelles et variations spatiales du mercure chez l’omble chevalier anadrome dans la région de Cambridge Bay, au Nunavut

Chefs du projet

Marlene S. Evans, Environnement et Changement Climatique Canada, Saskatoon, SK
Tél: 306-975-5310; Téléc.: 306-975-5143; Courriel: marlene.evans@ec.gc.ca

Derek Muir, Environnement et Changement Climatique Canada, Burlington, ON
Tél: 905-319-6921; Téléc.: 905-336-6430; Courriel: derek.muir@ec.gc.ca.

Équipe du projet

Organisation des chasseurs et trappeurs de Ekaluktutiak, Cambridge Bay, NU; Les Harris, Division de Recherche arctique aquatique, Peches et Oceans Canada, Winnipeg, MB; Donald S. McLennan, Station de recherche du Canada dans l’Extrême-Arctique, Hull QC;  Richard Dewy, Ocean Networks Canada, Université de Victoria, BC; Jonathan Keating, Environnement et Changement Climatique Canada, Saskatoon, SK; Xiaowa Wang,  Environnement et Changement Climatique Canada, Burlington, ON

Durée du projet : 2016 au present 

** Un projet ancien à Cambridge Bay a étudié le mercure et les polluants persistants organiques dans l’omble chevalier anadrome. Le projet en cours recherche seulement le mercure chez l’omble chevalier anadrome, car les niveaux de polluants persistants organiques sont assez bas pour être non important.


Sommaire du projet (2016-2017)

Avec cette étude, on poursuivra l’analyse des tendances des concentrations en mercure et en métaux chez l’omble chevalier anadrome provenant de la pêche vivrière locale à Ekaluktutiak, dans la baie Cambridge, au Nunavut. Bien que les concentrations de mercure soient actuellement faibles, une analyse permanente de ces ombles permettra de déterminer la façon dont le changement climatique se répercute sur ces concentrations. À l’image des années précédentes de l’étude, des pêcheurs des environs captureront en mer vingt ombles qu’ils transmettront à l’équipe de recherche à des fins d’analyse. Ces pêches seront coordonnées par l’Association des chasseurs et des trappeurs. En outre, l’équipe du projet continuera de collaborer avec d’autres chercheurs qui étudient les caractéristiques biologiques de l’omble et son environnement. Les Harris, qui conduit des évaluations de population dans les principaux systèmes hydrographiques de rivières et de lacs à l’appui de la pêche commerciale, et Donald McLennan, de la Station canadienne de recherche dans l’Extrême‑Arctique, qui travaille à l’élaboration d’un programme de surveillance au lac Grenier qui comprendra des recherches sur les concentrations en mercure chez le touladi et chez l’omble, font partie des collaborateurs du projet. Ce dernier inclura également une visite à Ekaluktutiak, en été, afin d’actualiser les résultats de l’étude, d’explorer de nouvelles possibilités d’études sur l’omble et d’effectuer de l’échantillonnage sur le terrain.


Synopsis (2015-2016)

Résumé 

Les ombles chevaliers anadromes constituent la base d’une importante pêche commerciale exploitée à Ekaluktutiak (Cambridge Bay), en plus d’être essentiels à l’alimentation traditionnelle. En raison de la pêche commerciale, des concentrations de mercure ont été décelées de la fin des années 1970 au début des années 1990 chez les ombles anadromes de plusieurs rivières du sud de l’île Victoria et sur la terre ferme au sud du golfe de la Reine-Maud. Les concentrations de mercure étaient et demeurent extrêmement faibles chez ces ombles. Notre étude se concentre maintenant sur l’évolution des tendances relatives aux concentrations de mercure chez les ombles. L’influence des variations du climat (surtout la température) et les émissions de mercure revêtent une importance particulière pour les concentrations de mercure chez les ombles. Contrairement à nos études menées dans les Territoires du Nord-Ouest où les concentrations de mercure sont à la hausse chez le touladi, les concentrations de mercure semblent diminuer chez l’omble chevalier anadrome à Cambridge Bay, des déclins similaires étant observés chez l’omble chevalier dulcicole à Resolute. Ces déclins pourraient être liés aux tendances de réchauffement ou aux apports de mercure décroissants. En outre, les concentrations de mercure ont tendance à être plus faibles chez les poissons ayant des coefficients de condition supérieurs (plus de poids pour leur longueur). Marlene a visité Ekaluktutiak en août 2015 afin de discuter de l’étude sur les ombles, et le journal Nunavut News/North a publié un article à propos de cette visite. Le touladi et l’omble ont été fournis par des pêcheurs de Grenier Lake à Ekaluktutiak aux fins d’analyses relatives au mercure. En outre, Les Harris a fourni des filets d’ombles pêchés dans les rivières Thirty Mile et Halovik (2010-2015) et Lauchlan (2010-2014) à l’ouest de Cambridge Bay et dans la rivière Jayko (2010-2015), à l’est de Cambridge Bay. Ces échantillonnages nous permettent de mieux étudier les différences et les tendances en matière de concentrations de mercure entre les réseaux hydrographiques et leurs facteurs.

Messages clés

  • Les concentrations de mercure sont très faibles chez les ombles chevaliers anadromes de Cambridge Bay.
  • Les concentrations de mercure sont très faibles chez l’omble provenant des diverses zones de récolte de pêche commerciale.
  • Les concentrations de mercure chez l’omble chevalier anadrome à Cambridge Bay présentent une faible tendance à la diminution.
  • Les concentrations de mercure étaient plus élevées chez le touladi que chez l’omble de Grenier Lake.

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Évaluation des polluants organiques persistants dans l’air et l’eau à l’Arctique canadien comme point d’entrée à la chaîne de l’Arctique

Chef du projet :

Liisa M. Jantunen, Centre des recherches atmosphériques, Environnement et Changement Climatique Canada, Egbert, ON
Tél: (705) 458-3318; Téléc.: (705) 458-3301; Courriel: liisa.jantunen@canada.ca

Équipe du projet :

Mahiba Shoeib, Cassandra Rauert, Hayley Hung, Fiona Wong, Laboratoire analytique organique (LAO), Environnement et Changement Climatique Canada, Toronto, ON; Gary Stern, Monica Pucko, and Alexis Burt, Université de Manitoba, Winnipeg, MB; Brendan Hickie, and Chris Metcalfe, Université Trent, Peterborough, ON; Jason Carpenter et un étudiant(e ) venant du Nord, Collège de l’Arctique de Nunavut, Iqaluit, NT; Miriam Diamond, Jimmy Truong, Joseph Oheme, Université de Toronto, ON

Durée du projet: 2013- present


Sommaire du projet (2016-2017)

La contamination de l’air et de l’eau de l’écosystème de l’Arctique canadien avec des produits chimiques d’origine humaine est bien documentée, mais les tendances temporelles et spatiales en la matière ne sont pas encore bien établies, en particulier pour les composés préoccupants nouveaux et émergents. Ce projet étudiera quatre types de produits chimiques : les pesticides, les produits ignifuges, les composés fluorés et les composés liés aux combustibles fossiles. La détermination de tendances temporelles concernant les concentrations de pesticides dans l’air et dans l’eau à différents endroits de l’archipel canadien faisait partie des activités précédentes du projet. On poursuivra les travaux sur ces tendances, tout en élargissant la portée du projet afin de mettre en évidence des tendances portant également sur les produits ignifuges, les composés fluorés et les composés liés aux combustibles fossiles. En général, les tendances montrent que les concentrations des produits chimiques interdits sont en baisse dans l’air et dans l’eau, tandis que celles des produits chimiques encore utilisés sont soit constantes, soit en augmentation. En outre, depuis 2007, l’équipe de projet collabore avec ArcticNet pour recueillir de l’air, de l’eau et des échantillons de zooplancton dans l’archipel canadien; cette activité de recherche se poursuivra à nouveau durant l’été 2016. Par ailleurs, un étudiant du Collège Arctic du Nunavut à Iqaluit appartenant aux populations du Nord a été recruté pour aider à l’échantillonnage à partir du navire océanographique arctique Amundsen. Cette surveillance est essentielle pour évaluer l’efficacité des réglementations nationales et internationales.


Synopsis (2015-2016)

Résumé

Depuis 2007, nous recueillons des échantillons annuels dans l’archipel canadien à bord du NGCC Amundsen dans le cadre d’ArcticNet. Ces échantillons comprennent l’air, l’eau, les sédiments et le zooplancton. Ce projet cible les polluants organiques persistants et les composés nouveaux et émergents préoccupants, y compris les pesticides, les produits ignifuges, les plastifiants, les composés perfluorés et les composés liés aux combustibles fossiles. Certains de ces composés ont été interdits par des organismes nationaux et internationaux; d’autres sont à l’étude. Il est important de continuer à surveiller les composés une fois qu’ils ont été interdits afin d’observer l’efficacité des règlements. Il est tout aussi important de dépister et de surveiller les nouveaux composés soupçonnés susceptibles de représenter une menace pour l’Arctique. Nous avons également lancé un réseau de surveillance de l’eau employant des échantillonneurs passifs de l’eau dans l’archipel, joints à des dispositifs d’ancrage et à des bouées, qui est en pleine expansion afin de couvrir un transect est-ouest dans le Canada arctique. Cet échantillonnage uniforme dans l’archipel nous a permis de développer des tendances pour les pesticides dans l’air et dans l’eau et certains produits ignifuges et plastifiants dans l’air. Nous en concluons sommairement que les composés actuellement utilisés demeurent constants ou sont à la hausse sur le plan des concentrations lorsque les concentrations des composés qui ont été bannis diminuent dans l’air et l’eau arctiques. Les règlements internationaux sont efficaces pour ce qui est de diminuer les concentrations des produits chimiques bannis dans l’Arctique, mais des composés de remplacement sur lesquels nous disposons de peu de connaissances se retrouvent désormais dans l’environnement arctique. 

Messages clés

  • Les produits ignifuges qui ont remplacé les produits ignifuges réglementés ou bannis se trouvent dans l’air et l’eau arctiques à des niveaux qui excèdent les composés bannis de plusieurs ordres de grandeur.
  • Les tendances des produits ignifuges et des plastifiants à base d’organophosphate dans l’air du Canada arctique demeurent stables depuis les sept dernières années, à une exception près.
  • Les collectivités de l’Arctique sont des sources ponctuelles locales pour certains produits ignifuges et plastifiants à base d’organophosphate.
  • Les rivières apportent les produits ignifuges et les plastifiants à base d’organophosphate au Canada arctique.

Synopsis (2014-15)

Résumé

L’Arctique est pollué par les pesticides organochlorés hérités du passé et par les pesticides d’usage courant qui s’y sont accumulés par l’entremise du transport atmosphérique et des courants océaniques. Les expéditions de recherche menées entre 1993 et 2013 ont permis d’identifier des tendances temporelles et les mécanismes de circulation entre l’air et l’eau des pesticides organochlorés et des pesticides d’usage courant. Les composés observés dans l’air et l’eau sont le trans- et le cis-chlordane (TC, CC), le trans- et le cis-nonachlore (TN, CN), l’heptachlore exo-époxide, la dieldrine, la toxaphène, le chlortal-diméthyl, l’endosulfan et métabolite sulfate d’endosulfane, le chlorthalonil, les chlorpyrifos et la trifluraline. Des traces de pentachloronitrobenzène (quintozène) et de son métabolite du sol, le pentachloroanisole, ont également été relevées dans l’air. Les concentrations de la plupart des pesticides organochlorés ont diminué dans les eaux de surface, alors que les concentrations de certains pesticides d’usage courant ont augmenté (endosulfan-I, chlorthalonil et trifluraline) ou n’ont pas beaucoup varié (chlorpyrifos et chlortal-diméthyl). Par ailleurs, les concentrations de la majorité des composés chimiques dans l’air ont diminué. Les fractions de composés de chlordane, soit le TC/(TC + CC) et le TC(TC +CC + TN), ont diminué dans l’eau et l’air alors que les composés CC/(TC + CC +TN) et le TN(TC + CC + TN) ont augmenté, ce qui porte à croire que le TC labile a été éliminé de façon sélective au fil du temps ou que les sources de chlordane ont changé. Les ratios d’eau/fugacité dans l’air témoignent d’une volatilisation nette (FR > 1,0) d’un état d’équilibre (FRs’éloignant peu de 1,0) pour la majorité des pesticides organochlorés, mais d’un dépôt net (FR < 1,0) pour la toxaphène. On a relevé un dépôt net de l’endosulfan-I dans le cadre de toutes les expéditions, alors que la direction de l’échange net variait pour les autres pesticides d’usage courant. La compréhension des processus qui sous-tendent l’échange surface-air facilite l’interprétation de l’exposition environnementale et l’évaluation de l’efficacité de protocoles internationaux, et permet de mieux comprendre l’évolution dans l’environnement des produits chimiques nouveaux et émergents.

Messages clés

  • Les concentrations dans les eaux de surfaces de l’Arctique des pesticides qui ne sont plus d’usage ont diminué entre 1993 et 2013. On compte parmi ces pesticides différents composés, dont l’hexachlorocyclohexane, le chlordane, heptachlore exo-époxide, le chlortal-diméthyl et la toxaphène.
  • Entre 1999 et 2013, on a observé dans les eaux de surface de l’archipel canadien une augmentation des concentrations de certains pesticides d’usage courant, dont l’endosulfan, le chlorthalonil et la trifluraline, alors que les concentrations d’autres composés, comme le chlorpyrifos et le chlortal-diméthyl, ont très peu varié.
  • Les quantités dans l’air de la plupart des pesticides organochlorés interdits ont diminué entre 1993 et 2013.
  • Les quantités de la plupart des pesticides d’usage courant présents dans l’air ont diminué entre 1999 et 2013.

Synopsis (2013-2014)

Résumé

En septembre 2013, on a recueilli des échantillons d’air et d’eau dans l’archipel canadien par l’intermédiaire d’ArcticNet, cela afin d’y mesurer les concentrations de polluants organiques persistants (POP), dont des pesticides organochlorés (POC) frappés d’interdiction, des pesticides actuellement utilisés (PAU) et des produits ignifuges (de manière plus précise, les produits ignifuges à base d’organophosphates [PIOP]). On a évalué les tendances temporelles relatives à ces composés puisque les concentrations de POC dans l’air et dans l’eau de l’archipel canadien sont mesurées par notre groupe depuis 1992, et les concentrations de PAU, depuis 1999; de plus, des échantillons d’air remontant jusqu’en 2007 ont été pris dans les archives pour l’analyse des tendances relatives aux PIOP. Les concentrations de POC dans l’air et dans l’eau continuent de décliner et s’approchent des limites de détection; cette tendance a également été observée à d’autres sites de surveillance atmosphérique en Arctique. De manière générale, les PAU sont demeurés constants dans l’air et dans l’eau, sauf le dacthal, dont les concentrations décroissent. Les analyses visaient aussi à dépister et à mesurer le dicofol dans les échantillons d’air et d’eau; il s’agit là d’un composé important puisqu’il est en cours d’examen dans le cadre de la Convention de Stockholm sur les POP, mais on manque de données sur sa présence dans l’environnement arctique. Ces mesures des PIOP dans l’air sont les premières à être effectuées dans l’Arctique canadien, et les mesures des PIOP dans l’eau sont les premières à être publiées pour l’Arctique dans son entier. Les concentrations de PIOP sont très élevées par rapport à celles des autres composés analysés, et elles sont des dizaines de fois plus grandes que celles des produits ignifuges bromés. Les PIOP dans l’air arctique sont assez variés; il n’a donc pas été possible de dégager des tendances spatiales ou temporelles, mais on a enregistré des concentrations plus faibles dans les échantillons d’air prélevés à Alert que dans les échantillons provenant du centre et du sud de l’archipel. 

Messages clés

  • On a mesuré des concentrations élevées de produits ignifuges et de plastifiants à base d’organophosphates (PIOP) dans les échantillons d’air, d’eau et de zooplancton prélevés dans l’archipel canadien.
  • Il s’agit des premières concentrations de produits ignifuges à base d’organophosphates signalées dans les eaux arctiques et dans l’air de l’Arctique canadien.
  • Les concentrations de PIOP dans l’air, dans l’eau et dans le zooplancton sont des dizaines de fois plus élevées que celles de produits ignifuges bromés, y compris les polybromodiphényléthers (PBDE).
  • Les concentrations de pesticides organochlorés frappés d’interdiction continuent de décliner dans l’air et dans l’eau.
  • Les concentrations de pesticides actuellement utilisés sont demeurées constantes, sauf celles de dacthal, qui décroissent.

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Les plastiques comme vecteur de contaminants chez les oiseaux marins de l’Arctique

Chefs du projet:

Mark Mallory, Chaire de recherche du Canada sur lesécosystèmes des zones humides côtières , Département de Biologie, Université Acadia, Wolfville
Tel: (902) 585-1798; Fax: (902) 585-1059; Email:mark.mallor@acadiau.ca

Jennifer Provencher, Département de Biologie, Université Acadia, Wolfville
Email: jennifpro@gmail.com

Équipe du projet:

Amie Black, Birgit Braune, Robert Letcher, Environnement et Changement Climatique Canada; Peter Ross, Aquarium de Vancouver

Durée du projet: 2016 au présent


Sommaire du projet (2016-2017)

Les oiseaux de mer ingèrent fréquemment des débris de plastique y compris dans les eaux de l’Extrême‑Arctique. Ce n’est que récemment que l’on s’est intéressé aux répercussions potentielles de cette pollution ingérée. On dispose de preuves de plus en plus nombreuses démontrant que lorsque la pollution plastique marine atteint l’intestin des oiseaux de mer, les plastiques libèrent des contaminants susceptibles de produire des effets négatifs sur la faune. Cette étude vise à évaluer les modalités du transfert des contaminants chimiques associés aux plastiques vers les réseaux alimentaires de l’Arctique par l’intermédiaire des plastiques ingérés par les oiseaux marins de l’Arctique (Fulmars boréaux). Ces travaux seront réalisés en ayant recours aux échantillons déjà recueillis et stockés au Centre national de la recherche faunique d’Environnement et Changement Climatique Canada à Ottawa en Ontario. Bien que les matières plastiques constituent à la fois une source et un vecteur pour les contaminants chimiques chez les animaux marins, on a effectué peu de travaux à ce jour dans la région arctique au‑delà des études initiales d’ingestion des matières plastiques. Le Programme des Nations Unies pour l’environnement a classé les débris marins plastiques comme l’une des plus importantes préoccupations environnementales émergentes et le groupe de travail du Programme de surveillance et d’évaluation de l’Arctique du Conseil de l’Arctique a inclus les plastiques marins dans sa prochaine évaluation des contaminants émergents. C’est pourquoi les études démontrant l’étendue de la pollution par les plastiques et ses répercussions s’avèrent essentielles pour les activités d’évaluation de produits chimiques, et ce, aussi bien à l’échelon national qu’international. Ces travaux sont également pertinents pour servir de base à des études sur la santé des espèces que l’on pêche ou que l’on chasse.

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Apports en mercure et en contaminants organiques émergents dus au dégel des glaciers, des sols et du pergélisol vers un bassin hydrographique vierge dans l’Extrême-Arctique, dans le parc national Quttinirpaaq, au nord de l’île d’Ellesmere, au Nunavut

Chefs du projet :

Vincent St Louis, Professeur, Département des Sciences Biologiques, Université d’Alberta, Edmonton, AB
Tel : (780) 492-9386; Téléc.: (780) 492-9234; Courriel: vince.stlouis@ualberta.ca

Derek M. Muir, Scientifique de recherche supérieur, Direction de la recherche sur les contaminants aquatiques, Environnement et Changement Climatique Canada, Burlington, ON
Tél: (905) 319-6921; Téléc.: (905) 336-6430; Email:derek.muir@ec.gc.ca

Kyra St-Pierre, étudiante de doctorat, Département des Sciences Biologiques, Université d’Alberta, Edmonton, AB
Tél : (780) 492-0900; Telec. : (780) 492-9234; Courriel :kyra2@ualberta.ca

Équipe du projet :

Charles Talbot, Environnement et Changement Climatique Canada Gestion Techniques, Burlington; Assistant de recherche de l’été, Université d’Alberta; Emma Hanson, Jane Chisholm et deux autres employés venant de communautés du Nord, Parcs Canada, Nord Arctique; Christine Spencer, Environnement et Changement Climatique Canada; Dr. Mingsheng Ma, Université d’Alberta laboratoire des services analytiques biogéochimiques

Durée du projet :2013 au présent


Sommaire du projet (2016-2017)

On a mesuré, dans le cadre de financements précédents du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord, les teneurs hivernales atmosphériques en altitude et les écoulements de printemps de mercure et de composés perfluoroalkyles (PFAS) vers le bassin hydrographique du lac Hazen dans l’Extrême‑Arctique dans le parc national Quttinirpaaq et dans l’île d’Ellesmere du Nord. Les activités précédentes du projet comprenaient également l’examen de la façon dont cet écoulement avait modifié les concentrations de ces contaminants dans le lac Hazen durant l’importante prolifération printanière d’activité biologique sous la glace du lac. Au cours de l’été relativement chaud de 2015, l’équipe du projet a entrepris de quantifier les apports en mercure, en PFAS et en agents ignifuges organophosphorés (OPFR), dus au dégel des glaciers et du pergélisol, vers le lac Hazen ainsi que les répercussions desdits contaminants sur la qualité de l’eau du lac. Certaines de ces mesures essentielles de 2015 seront poursuivies et étendues au cours de l’été 2016, l’accent étant mis sur le mercure afin de mieux comprendre les variations interannuelles et intersites. L’objectif global consiste à construire, pour ces contaminants, un bilan massique à jour à l’échelle du bassin hydrographique. D’un point de vue socioéconomique, il est important de comprendre les charges de contaminants, la qualité de l’eau et les incidences des changements climatiques pour être en mesure de prédire comment les activités humaines futures pourraient nuire à l’abondance et à la qualité de sources alimentaires traditionnelles des Inuits.


Synopsis (2015-2016)

Résumé

L'Extrême-Arctique continue de recevoir un vaste éventail de contaminants, lesquels sont libérés par les activités humaines menées à des endroits situés à des latitudes méridionales inférieures et dans différents pays industrialisés dans le monde. Heureusement, la réglementation des émissions atmosphériques et les interdictions touchant leur utilisation ont permis de réduire les concentrations de certains contaminants hérités du passé dans l'Extrême‑Arctique. Toutefois, bon nombre de contaminants comme le mercure (Hg) et les polluants organiques persistants (POP), nouveaux ou émergents et qui ne sont pas encore réglementés, comme les composés perfluoroalkyles et les produits ignifuges à base d'organophosphore, font toujours l'objet de préoccupations majeures. De plus, il semble maintenant que les changements climatiques aient également une incidence sur le transport à grande distance, l'évolution dans l'environnement et la bioaccumulation de contaminants, comme le mercure et les polluants organiques persistants, dans l'Arctique. Un financement récent nous a permis d'étudier le mercure dans l'atmosphère printanière, l'écoulement printanier de mercure total et en quoi cet écoulement a changé les concentrations de ces contaminants dans le lac Hazen pendant l'importante éclosion printanière d'activité biologique sous la glace du lac. À l'été 2015, nous avons commencé à quantifier les apports de mercure, de composés perfluoroalkyles et de produits ignifuges organophosphorés issus du dégel des glaciers et des sols ou du pergélisol à ce bassin hydrographique. D'un point de vue socioéconomique, il est important de comprendre les charges de contaminants, la qualité de l'eau et les incidences des changements climatiques pour être en mesure de prédire comment les activités humaines futures peuvent nuire à l'abondance et à la qualité de certains organismes utilisés comme aliments traditionnels par les Inuits.

Messages clés

  • Les concentrations filtrées (dissoutes) de HgT et de MeHg dans l'eau des rivières glaciaires étaient beaucoup plus faibles que les concentrations non filtrées, ce qui porte à croire que la majorité du HgT et du MeHg contenue dans l'écoulement glaciaire est fixée sur des particules ou d'origine minérale. Ainsi, les concentrations de HgT et de MeHg ont augmenté avec la montée du débit de la rivière et de l'intensité de l'érosion.
  • Contrairement au mercure, l'intensité du débit des rivières glaciaires et les matériaux d'érosion ne semblent pas influer sur les charges de composés perfluoroalkyles dans le lac Hazen, et leur source est de l'eau de fusion provenant de neige et de glace s'étant plus récemment déposées sur les glaciers.
  • Nous avons constaté que les petits lacs et milieux humides étaient tous deux des sites de méthylation de mercure microbienne active. Contrairement aux rivières glaciaires, une bien plus grande partie du méthylmercure était à la phase dissoute et non fixée sur des particules, ce qui rend le MeHg beaucoup plus facilement biodisponible pour la bioaccumulation dans ces systèmes.
  • Nous émettons l'hypothèse selon laquelle les composés perfluoroalkyles dans la région du continuum du bassin hydrographique que nous avons échantillonné représentent les sources locales, en raison de l'activité humaine dans le Parc.
  • Les concentrations de MeHg étaient extrêmement faibles partout dans la colonne d'eau après le pic des apports liés à la fonte des glaces estivale et au dégel des sols ou du pergélisol.

Synopsis (2014-2015)

Résumé

L'Extrême-Arctique continue de recevoir un vaste éventail de contaminants, lesquels sont libérés par les activités humaines menées à des endroits situés à des latitudes méridionales inférieures et dans différents pays industrialisés dans le monde. Heureusement, la réglementation des émissions atmosphériques et les interdictions touchant leur utilisation ont permis de réduire les concentrations de certains contaminants hérités du passé dans l'Extrême-Arctique. Toutefois, bon nombre de contaminants comme le mercure (Hg) et les polluants organiques persistants (POP), nouveaux ou émergents et qui ne sont pas encore réglementés, comme les composés perfluoroalkyles, font toujours l'objet de préoccupations majeures. De plus, il semble maintenant que les changements climatiques aient également une incidence sur le transport à grande distance, l'évolution dans l'environnement et la bioaccumulation de contaminants, comme le Hg et les POP, dans l'Arctique. Nous procédons à une surveillance des charges de contaminants dans le manteau neigeux et les eaux de fonte, de la qualité de l'eau et des répercussions des changements climatiques dans le bassin hydrographique vierge du lac Hazen, dans le parc national du Quttinirpaaq et dans le nord de l'île d'Ellesmere, au Nunavut. D'un point de vue socioéconomique, il est important de comprendre les charges de contaminants, la qualité de l'eau et les incidences des changements climatiques afin de prédire comment les activités humaines futures pourraient nuire à l'abondance et à la qualité de certains organismes utilisés comme aliments traditionnels par les Inuits. Nous avons observé des concentrations élevées de mercure total (THg; toutes les formes de mercure dans un échantillon), de méthylmercure (MeHg; la forme toxique et bioaccumulable du Hg) et de composés perfluoroalkyles dans le manteau neigeux. La majorité des molécules de THg et de MeHg étaient fixées à des particules dans la neige. Si les concentrations de THg, de MeHg et de composés perfluoroalkyles dans les eaux de fonte étaient à l'origine similaires à celles observées dans certaines parties du manteau neigeux, elles ont diminué avec le temps, alors que les particules disparaissaient. L'apport d'eau de fonte dans le lac Hazen depuis la surface du lac et les milieux environnants a accru de plus de deux fois les concentrations de THg, de MeHg et de composés perfluoroalkyles dans les eaux de surfaces. Les concentrations de MeHg ont légèrement augmenté dans le zooplancton après la fonte des neiges. Ce phénomène est survenu alors que l'activité biologique printanière augmentait sous les glaces lacustres.
 
Messages clés

  • Les concentrations de THg, de MeHg et de composés perfluoroalkyles étaient beaucoup plus élevées dans les parties « sales » du manteau neigeux que dans celles contenant moins de particules. Environ 95 % des molécules de THg et 80 % des molécules de MeHg étaient fixés à des particules.
  • Les concentrations de THg, de MeHg et de composés perfluoroalkyles présents dans les eaux de fonte et provenant des milieux environnants étaient à l'origine similaires à celles observées à la surface du lac Hazen là où le manteau neigeux était plus mince. Toutefois, le déclin beaucoup plus prononcé de ces concentrations que l'on a observé au début juin porte à croire que la majorité des contaminants fixés à des particules provenant des milieux environnants ont disparu rapidement et n'ont pas migré vers le lac Hazen.
  • L'apport d'eau de fonte dans le lac Hazen depuis la surface du lac et les milieux environnants a accru de plus de deux fois les concentrations de THg, de MeHg et de composés perfluoroalkyles dans les eaux de surfaces. Ce phénomène est survenu alors que l'activité biologique printanière augmentait sous les glaces lacustres.
  • Les concentrations de MeHg ont légèrement augmenté dans le zooplancton suivant l'apport d'eaux de fonte. On attend toujours d'obtenir les résultats d'analyse du zooplancton visant à détecter la présence de composés perfluoroalkyles.

 


Synopsis (2013-2014)

Résumé

Les activités humaines ont fait grimper les concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre jusqu'à des valeurs qui ont provoqué un réchauffement incontestable du climat de la Terre. Cela est particulièrement vrai dans le Haut-Arctique, où les températures annuelles moyennes ont crû presque deux fois plus vite qu'à l'échelle mondiale au cours du dernier siècle. On s'attend à ce que ce réchauffement ait de nombreuses répercussions sur l'écologie, et qu'il entraîne notamment une fonte du pergélisol et des glaciers, un accroissement du ruissellement et une hausse de la productivité des paysages. Les activités humaines ont également généré des rejets sans précédent de contaminants dans l'atmosphère, dont une grande partie atteint le Haut-Arctique. Malheureusement, dans bien des régions du Haut-Arctique, on ignore dans une large mesure le degré de changement qui s'est produit depuis le début de l'industrialisation, et l'état global de santé actuel des écosystèmes de l'Arctique. On surveille les charges de contaminants, la qualité de l'eau et les effets du changement climatique (p. ex., le degré de productivité) dans le plus grand lac au nord du 74e parallèle (lac Hazen, parc national Quttinirpaaq, nord de l'île d'Ellesmere Islande, Nunavut). D'un point de vue socioéconomique, il est important de comprendre les charges de contaminants, la qualité de l'eau ainsi que les effets du changement climatique à l'heure actuelle si l'on veut prédire comment l'abondance et la qualité de certains organismes exploités par les Inuits comme sources traditionnelles de nourriture pourraient être perturbées par les activités humaines futures.
 
Messages clés

  • Le mercure (Hg) et les contaminants perfluorés (CPF) mesurés dans la neige pénètrent dans le lac Hazen lors de la fonte printanière et pourraient s'introduire dans le réseau trophique lors de la hausse rapide de la productivité du lac à ce moment.
  • En raison de la montée des températures de surface des glaciers dans le bassin hydrographique du lac Hazen au cours des sept dernières années, la fonte des glaciers s'est accélérée, ce qui fait que le passage de l'eau dans le lac Hazen est plus rapide, tout comme l'entraînement de contaminants vers ce dernier.
  • La glace à la surface du lac Hazen fond plus fréquemment qu'avant pendant l'été, et le plan d'eau demeure libre de glaces pendant une période plus longue, à l'automne.
  • L'allongement de la période sans glace entraîne des modifications de la productivité algale dans le lac Hazen.

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Effets du glissement régressif dû au dégel dans la diffusion de charges élevées de méthylmercure toxique dans les réseaux d’eau douce en aval dans la région du plateau Peel, dans les Territoires du Nord-Ouest

Chefs du projet:

Suzanne E. Tank, Professeure agrégée, Département des sciences biologiques, Université d’Alberta, Edmonton
Tél: (780) 248-1152; Téléc.: (780) 492-9234; Courriel:suzanne.tank@ualberta.ca

Dr. Vincent St. Louis, Professeur, Université d’Alberta, Edmonton
Tél: (780) 492-9386; Téléc.: (780) 492-9234; Courriel:vince.stlouis@ualberta.ca

Équipe du projet:

Kyra St. Pierre, Scott Zolkos, and Sarah Shakil, Université d’Alberta; Assistant de recherche de l’été, Université d’Alberta; Membres de la communauté de Fort McPherson; Dr. Mingsheng Ma, Université d’Alberta laboratoire des services analytiques biogéochimiques

Duration: 2016 au présent


Sommaire du projet (2016-2017)

Le dégel du pergélisol peut augmenter considérablement le transport de différentes matières de la terre aux systèmes d’eau douce, la mobilisation de produits chimiques préalablement immobilisés dans des sols gelés pouvant se produire après le dégel. En 2015, des recherches préliminaires sur le plateau Peel dans les Territoires du Nord‑Ouest ont montré des augmentations substantielles de méthylmercure (MeHg), la forme toxique de mercure qui se bioaccumule dans les organismes et se bioamplifie dans les chaînes alimentaires, dans les cours d’eau mitoyens de décrochements de fonte régressifs (RTS). L’équipe du projet a documenté quelques‑unes des plus fortes concentrations de MeHg dans des cours d’eau jamais enregistrées dans des échantillons non filtrés prélevés en aval de sites RTS. Dans le contexte des changements climatiques, les RTS sont de plus en plus répandus dans l’Arctique canadien. On les a associés à des modifications, loin en aval, de la chimie de cours d’eau exempts de mercure. Au cours de l’été 2016, l’équipe du projet reprendra des recherches préliminaires menées en 2015 en explorant la façon dont les décrochements se répercutent sur les concentrations en mercure des cours d’eau à des distances croissantes en aval. On quantifiera en outre la variabilité saisonnière de l’effet des décrochements sur les concentrations en mercure des cours d’eau. Les communautés locales exploitent de façon intensive le plateau Peel et les sections des cours d’eau en aval pour leurs pratiques traditionnelles de chasse et de pêche. Ces travaux sur le plateau Peel sont menés en consultation avec les Tetlit Gwich'in qui participent directement aux activités sur le terrain.

 

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