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La collaboration : un élément essentiel à la poursuite des travaux sur le terrain durant la crise de la COVID-19

Alors que les chercheurs d’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) se dirigent vers une autre saison de travail sur le terrain remplie d’incertitude en raison des restrictions liées à la pandémie, jetons un coup d’œil à un projet de recherche concertée entre ECCC et le centre En’owkin qui s’est poursuivi efficacement durant la situation sans précédent qui régnait en 2020.

Christine Bishop, chercheuse d’ECCC en Colombie-Britannique, collabore avec le centre En’owkin, situé dans la vallée de l’Okanagan, au centre de la province, depuis les vingt dernières années, pour appuyer leur intérêt mutuel dans la conservation de la Paruline polyglotte. Même si elle n’a pas pu se rendre à Penticton en 2020, Christine affirme que les solides bases du partenariat entre les deux organisations, couplées à un protocole adaptatif de travail sur le terrain, ont permis au centre En’owkin de poursuivre le projet de recherche. « Lorsqu’il existe une base de données à long terme, certains pourraient croire qu’une année n’est qu’un point de plus sur un graphique », indique-t-elle. « Mais en fait, dans l’étude des populations d’espèces sauvages, il est très important de pouvoir suivre leur évolution d’une année à l’autre, car la situation fluctue beaucoup entre les années. »

Petit oiseau fascinant, la Paruline polyglotte attire autant les chercheurs que les amateurs d’ornithologie. Cet oiseau n’a pas un chant à proprement parler, mais émet plutôt un méli-mélo de sons qui lui vaut son nom. Connue pour ses impressionnantes voltiges aériennes, cette paruline peut être difficile à voir car elle niche dans des fourrés denses, comme ceux que forme le rosier sauvage. En 2001, la Paruline polyglotte a été inscrite comme espèce en voie de disparition sur la Liste des espèces en péril. « En tant que chercheuse, je m’intéresse aux facteurs qui ont une influence sur les espèces en péril afin de déterminer pourquoi leur population diminue et ce qui peut être fait pour en favoriser le rétablissement », souligne Christine.

Lorsque le projet de recherche a commencé, il y avait seulement 25 couples nicheurs connus dans la vallée de l’Okanagan, dont un seul avait été observé sur les terres occupées par l’ECOmmunity Place du centre En’owkin – un complexe d’aires protégées créées dans une partie de la réserve de la Bande indienne de Penticton. La survie de cette paruline repose en grande partie sur la protection et la remise en état des habitats riverains, comme la végétation riveraine des lacs, des rivières, des ruisseaux et des milieux humides, où l’espèce aime nicher. Depuis les 20 dernières années, les activités de protection et de restauration de l’habitat orientées par la recherche concertée d’ECCC ont aidé à accroître considérablement la population de Paruline polyglotte dans l’Okanagan, actuellement estimée à au moins 254 couples. Au moins 22 de ces couples nichent année après année sur les terres occupées par l’ECOmmunity Place. « Cette collaboration a été incroyablement fructueuse », selon Michael Bezener, écologiste en conservation. Ce dernier souligne que les travaux de rétablissement des espèces en péril effectués au centre En’owkin (un organisme caritatif autochtone sans but lucratif) tiennent compte à la fois de la science occidentale et des connaissances écologiques traditionnelles autochtones. « Ce mélange de points de vue, de priorités, de protocoles et de pratiques guide vraiment la manière dont nous effectuons notre travail. »

« Je suis autochtone, alors tout ce contexte se rapporte à mes origines », affirme Taylor Lezard, technicienne en écologie. Elle passe l’été à se réveiller avec les oiseaux pour surveiller la population de Paruline polyglotte. « Je travaille avec Michael, et j’apprends donc tout ce que la science occidentale a à offrir. Je suis très contente de pouvoir combiner ces deux savoirs », affirme-t-elle. Taylor a commencé à travailler au projet de recherche sur la Paruline polyglotte en 2020. « J’ai complètement changé de cheminement de carrière pour me lancer dans la protection des terres et des animaux. C’est ce qui me tient vraiment à cœur. »

En temps normal, Kristina Hick, une technicienne en recherche sur la faune qui fait partie de l’équipe de Christine, quitte Vancouver pour faire du travail de terrain avec l’équipe du centre En’owkin durant un mois. En 2020, elle s’est plutôt occupée de la coordination des envois de matériel et des appels vidéo et téléphoniques. « Ces oiseaux ne sont pas les plus faciles à étudier », selon Kristina. « Ils nichent souvent dans des habitats parsemés de plants d’herbe à puces plus grands que nous. De plus, il fait plus de 30 degrés, donc nous suons beaucoup dans nos vêtements de protection. Ce travail comporte définitivement son lot de défis! Cela illustre simplement à quel point le centre En’owkin est passionné par cette étude et est déterminé à la poursuivre. »

De mai à juillet, Michael et Taylor ont travaillé avec quelques bénévoles essentiels pour éviter qu’il n’y ait des lacunes en matière de données pour 2020, tout en respectant et en s’adaptant à toutes les mesures de prévention recommandées au sujet de la COVID-19. « Nous nous rendions au site dans des véhicules distincts et nous respections les consignes d’éloignement physique. Chacun de nous utilisait son propre équipement, pour éviter que l’équipement ne passe d’une main à une autre » souligne Michael, avant d’ajouter sourire en coin que le désinfectant pour les mains et le masque sont devenus des éléments essentiels de leurs trousses de terrain.

Si elle ignore ce que lui réserve le printemps 2021, Christine sait toutefois que le projet de recherche se poursuivra même si les restrictions visant les déplacements et les protocoles d’éloignement physique demeurent en place. « Un des meilleurs aspects de cette collaboration avec le centre En’owkin est que son personnel comprend les progrès que nous avons accomplis au cours des vingt dernières années et malgré la pandémie, malgré tout ce qui peut se passer, il poursuivra ce travail année après année. Nous savons que dans le cadre de ce partenariat, le centre En’owkin est tout aussi déterminé que nous à mener à bien ce travail. »


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