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Rester près de chez soi : Incidence des mesures de santé publique sur la pollution de l’air

Pour les habitants des grands centres urbains, les embouteillages faisaient autrefois partie du quotidien. Mais depuis que la pandémie de COVID-19 force bien des gens à faire du télétravail, les mouvements de circulation ont beaucoup changé. Ces changements ont-ils eu une incidence sur la qualité de l’air et la pollution de l’air (aussi appelée pollution atmosphérique) dans nos villes? Les scientifiques Keith Van Ryswyk et Eric Lavigne de Santé Canada cherchent à le découvrir!

Comme c’est parfois le cas dans le domaine des sciences, c’est presque par accident que cette étude a eu lieu. En fait, Keith et Eric ont entrepris en juin 2019 une étude d’un an sur l’épidémiologie et l’exposition à la pollution de l’air à Québec avec des collègues de l’Institut national de la santé publique du Québec pour examiner les sources et les taux de pollution de l’air à Québec, de même que les tendances en la matière. Toutefois, en mars 2020, les mesures de santé publique pour combattre la propagation de la COVID-19 ont entraîné une baisse de la circulation ainsi que des activités commerciales, industrielles et de transport dans la ville.

Les chercheurs étaient enthousiasmés à l’idée de profiter de cette occasion unique pour examiner la relation entre l’activité humaine et la pollution atmosphérique urbaine. En fait, ils ont recueilli des données de mesure de divers polluants atmosphériques et des températures urbaines pendant 13 mois. Au cours de cette période, la population a été soumise à des mesures de santé publique lors des quatre derniers mois.

« L’incidence estimée des mesures de santé publique sur la pollution de l’air ambiant est un objet de recherche utile en soi », explique Keith Van Ryswyk. « Les mesures de santé publique mises en place pour combattre la propagation de la COVID-19 permettaient la tenue d’une expérience dans des conditions naturelles uniques. Une réduction des activités de cette ampleur dans une ville est une occasion unique de montrer la relation entre les activités humaines et la pollution de l’air. »

Afin de veiller à ce qu’ils disposent des bons renseignements pour pouvoir tirer des conclusions, les chercheurs examineront de l’information sur la mobilité de la population. Ces données anonymisées protégées par des permissions sont recueillies au moyen de véhicules et d’appareils géoréférencés. Les chercheurs obtiendront ainsi un portrait clair des mouvements de la population pendant que les mesures de santé publique étaient en place et une bonne base pour leur analyse.

Une fois qu’ils en sauront plus sur les mouvements de la population, les chercheurs seront en mesure de déterminer l’incidence des mesures de santé publique contre la COVID-19 sur la pollution de l’air ambiant au fil du temps. « Nous serons en mesure de déterminer les taux de pollution de l’air, qui seront adaptés en fonction des conditions météorologiques, de la pollution atmosphérique de fond et de la période de l’année », dit Eric Lavigne.

Les scientifiques s’efforcent maintenant d’examiner les données et de déterminer l’incidence réelle des mesures de santé publique découlant de la pandémie de COVID-19 sur la pollution de l’air à Québec. Gardez l’œil ouvert pour découvrir les résultats de cette étude qui s’est déroulée au bon moment.

Pour en savoir plus
Le trafic routier et la pollution atmosphérique


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