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Demeurer curieux : conseils d’une dirigeante qui continue de soutenir les gens

Crista-Lynn Ferguson, directrice générale, Services intégrés à Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC)

Pouvez-vous nommer une chose qui surprendrait les gens concernant votre domaine de travail?

Je pense que la taille des Services intégrés (plus de 400 personnes) et la portée de nos fonctions en surprendraient plus d’un. Certaines personnes pourraient également s’étonner que la Gestion intégrée ait une si vaste empreinte dans les 20 Centres de recherche et de développement d’AAC partout au Canada. Nous fournissons un vaste éventail de services pour soutenir des activités telles que les ressources administratives et financières, certaines ressources humaines, la gestion des installations, l’approvisionnement et la gestion de projets; en gros, nous nous occupons de tout ce qui n’est pas de la recherche.

Comment avez-vous découvert votre métier?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que mon chemin a été un peu sinueux! Ma carrière a commencé dans l’armée, en tant qu’ingénieure mécanicienne dans la Marine royale canadienne. J’occupais un poste de service en mer et j’étais responsable des systèmes mécaniques et électriques à bord d’un navire de guerre de 5 000 tonnes. Pendant quelques années, j’ai également travaillé en tant qu’ingénieure dans le secteur privé au Royaume-Uni, avant de revenir au Canada et d’intégrer la fonction publique, où j’ai principalement travaillé dans les domaines de l’ingénierie, de la gestion de projet et du leadership technique, d’abord à la Défense nationale, puis à la Garde côtière canadienne (un organisme de Pêches et Océans Canada).

Certaines personnes que je rencontre pensent que mon rôle actuel est très différent des précédents. À mon avis, j’ai toujours travaillé dans les domaines du leadership et du soutien aux opérations, et c’est simplement la nature de l’opération qui a changé. Alors qu’auparavant, il s’agissait d’opérations militaires ou de la construction et de la réparation de navires, aujourd’hui, l’opération que je dois soutenir est une recherche scientifique essentielle. L’autre constante est de diriger et de soutenir les gens; cette partie du travail est une constante. De mon point de vue, la progression semble donc naturelle et pas du tout éloignée de ce que je faisais au tout début.

Quel est le moment le plus mémorable de votre carrière?

Il y a tellement de bons souvenirs et de moments forts qu’il est difficile d’en choisir un seul. En tant qu’ingénieure, j’aime résoudre les problèmes, et certains des moments les plus satisfaisants ont été ceux où j’ai pu trouver une solution à un problème. Par exemple, lorsque je travaillais dans le secteur privé, en soutien à l’armée britannique, j’ai été chargée de réaliser une analyse sur un problème récurrent qui touchait le système de propulsion d’une de leurs classes de navires de guerre. De nombreuses personnes avaient examiné ce problème, sans trouver de solution. J’avais l’avantage d’avoir une formation de mécanicienne et d’électricienne, ce qui m’a permis d’analyser les défaillances tant du côté mécanique que du côté des systèmes de contrôle. Par conséquent, j’ai pu trouver la source du problème et proposer à la Marine une solution de rechange très simple et peu coûteuse, ce qui lui a permis d’éviter que le problème ne se reproduise. C’était très satisfaisant, et j’avais le sentiment d’avoir personnellement contribué à la résolution du problème.

Que pourrions-nous faire pour soutenir les femmes dans le domaine de la science, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM)?

Je pense que la première chose que nous pouvons faire est d’offrir des possibilités (et que les femmes les recherchent également). Certains des meilleurs rôles que j’ai assumés sont attribuables au fait que quelqu’un qui ne me connaissait pas a pris un risque et m’a donné une chance. Cela m’a vraiment touchée. Parfois, je devais lever la main et me porter volontaire, mais en fin de compte, quelqu’un m’a fait confiance et a répondu « oui ». Nous devons faire confiance aux gens en fonction de leurs capacités. Deuxièmement, il s’agit de montrer aux femmes qu’il y a une place pour elles à la table de la haute direction, et que ça vaut la peine de progresser pour pouvoir s’asseoir à cette table. Cela se fait par la représentation, et c’est quelque chose qu’AAC fait très bien. Au sein du Ministère, la représentation des femmes est excellente à de nombreux niveaux de direction. Je pense que cela montre aux femmes occupant des postes subalternes qu’il est possible pour elles de progresser.

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes intéressés par une carrière en sciences, en technologie, en ingénierie et en mathématiques?

Je dirais, donnez une chance aux STIM. Il y a tellement de spécialités différentes qui se sont développées au cours des 25 dernières années. Il existe désormais des spécialités dans les domaines de la bio-ingénierie, des technologies médicales, des sciences de l’environnement et de l’ingénierie – c’est sans fin. J’adore la façon dont les domaines de la biologie, de la mécanique, de la chimie et de la physique se sont complètement recoupés et ont créé des domaines d’étude fascinants. Les domaines s’élargissent également en fonction des questions sociales et culturelles. Je dirais donc qu’il faut explorer. Vous rappelez-vous comment c’était amusant d’être curieux? Ça l’est toujours! Faites preuve de souplesse. Faites-en l’essai, il existe tellement de choix. Je dirais également qu’il ne faut pas se mettre la pression pour trouver une seule passion. Je venais d’un foyer modeste et je devais financer mes études. J’ai fait mes choix de carrière en me demandant « qu’est-ce que j’aime faire qui pourrait aussi payer les factures? ». Je n’ai pas eu le luxe de pouvoir étudier longtemps. Toutefois, en faisant preuve de curiosité et en essayant de nouvelles choses, j’ai vécu des expériences formidables dans divers domaines et, aujourd’hui, je ne changerais rien. Demeurez curieux et vous vivrez une belle aventure.

Quels sont vos passe-temps et ont-ils une influence sur votre travail?

J’aime beaucoup voyager et découvrir d’autres lieux et cultures. J’espère pouvoir le faire de nouveau après la pandémie. Je pense que cela fait partie de la curiosité des scientifiques et des ingénieurs. Je ne me lasse jamais d’explorer et d’apprendre. Pour moi, voyager fait partie de cette exploration et plus je peux voir et apprendre des choses dans un nouvel endroit, meilleure est l’expérience pour moi.

Qu’espérez-vous voir dans votre domaine au cours des dix prochaines années?

Dans le domaine des STIM, j’aimerais que la lettre « T » (qui signifie « technologie ») soit traitée sur un pied d’égalité dans le domaine. Actuellement, il existe une hiérarchie implicite au sein des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques. Je pense que si nous ne parvenons pas à comprendre que nous n’arriverons à rien sans les technologues, nous subirons de lourdes conséquences. La technologie permet souvent de mettre en œuvre la science et l’ingénierie! Je veux que les technologues et les personnes travaillant dans les métiers spécialisés soient reconnus pour leur rôle dans cette magie. Ces personnes sont tout aussi intelligentes et travaillent tout aussi dur, et elles méritent d’être traitées comme des égaux. C’est particulièrement important lors de la dotation des postes de direction. Devons-nous demander spécifiquement un diplôme universitaire, ou voulons-nous vraiment que la personne ait fait des études postsecondaires? Est-ce vraiment nécessaire, ou recherchons-nous vraiment des qualités de leadership qui ne sont pas garanties par un diplôme? Je pense que nous nous empêchons d’avoir accès à certains grands leaders, et, par la même occasion, que nous désavantageons certains candidats méritants.



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