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COVID-19 : Examen du rôle du Laboratoire national de microbiologie dans les tests sérologiques

Beaucoup de Canadiens se demandent si leurs reniflements et leurs maux de gorge de 2020 et de 2021 étaient causés par un simple rhume ou par la COVID-19.

Si aucun test par écouvillonnage du nez ou de la gorge n’a été effectué au moment où vous étiez malade, la seule façon de savoir avec certitude si vous avez eu la COVID-19 est de subir un test sanguin spécial appelé « test sérologique ». Les tests sérologiques donnent la preuve d’une exposition antérieure au virus responsable de la COVID-19, car ils permettent de vérifier la présence d’anticorps dans le sang. Ils peuvent même détecter des expositions antérieures au virus chez des personnes qui ont eu la COVID-19, mais qui ne présentaient aucun symptôme.

Les tests sérologiques peuvent également détecter les infections antérieures de la COVID-19 chez les personnes vaccinées. Si des anticorps reconnaissant plusieurs protéines virales sont détectés, cela indique une infection antérieure. Si la personne ne présente que des anticorps qui reconnaissent la protéine de spicule, la réponse immunitaire observée est probablement le résultat de la vaccination.

Le Laboratoire national de microbiologie (LNM) du Canada a joué un rôle essentiel dans le perfectionnement des tests sérologiques grâce à sa participation à plusieurs projets liés aux tests sérologiques de la COVID-19 et à la sérosurveillance (examen de l’immunité des populations).

Voici quelques exemples des efforts déployés.

Évaluation des tests sérologiques

Les tests sérologiques jouent un rôle important dans la stratégie générale de dépistage du Canada, car ils permettent d’évaluer l’ampleur réelle de l’exposition à la COVID-19 dans la population générale.

« Le Laboratoire national de microbiologie et ses partenaires ont évalué divers tests sérologiques commerciaux utilisés pour détecter les anticorps au SRAS CoV-2 », indique M. Michael Drebot, directeur des maladies zoonotiques et des pathogènes spéciaux au LNM. »

Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 (GTIC)

Le gouvernement du Canada a également lancé le Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 (GTIC) à la fin d’avril 2020 afin de mesurer l’ampleur de l’infection à la COVID-19 au Canada, de comprendre la nature de l’immunité après une infection et d’élaborer des méthodes améliorées d’analyse des anticorps.

Michael Drebot facilite le travail du LNM exécuté au sein du Groupe de travail.

« Le LNM a formé un certain nombre de groupes d’experts sur la référence sérologique. Ces derniers permettent d’assurer que les tests sont exacts et fiables pour détecter les anticorps viraux dans les échantillons de patients », explique M. Drebot.

Selon lui, les tests sérologiques à grande échelle peuvent nous donner un meilleur portrait de la propagation communautaire.

« Les tests sérologiques peuvent prendre un instantané de notre état à un moment donné. Ils peuvent aussi éclairer le possible statut immunitaire de populations vulnérables, comme les Autochtones ou les résidents de maisons de soins infirmiers et d’établissements de soins de longue durée. »

Le Groupe de travail a pour mission de suivre la propagation du virus dans la population générale et de faire la lumière sur les réponses immunitaires au SRAS-CoV-2 dans divers groupes d’âge et groupes professionnels, et dans diverses collectivités et populations, à l’échelle du Canada.

« La réalisation de grandes enquêtes sérologiques dans la population canadienne permettra de mesurer la portée et l’ampleur des infections de COVID-19 dans toutes les régions du pays », affirme M. Drebot.

Les enquêtes sérologiques dans la population générale et des sous-groupes à risque ont permis d’orienter d’importantes décisions de santé publique pendant la pandémie, notamment la distribution des vaccins à l’échelle du Canada.

Par exemple, le 9 novembre 2020, le Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 a annoncé qu’il envoyait des trousses de prélèvement pour recueillir des échantillons sanguins auprès de ménages de partout au Canada, dans le cadre de l’Enquête canadienne sur la santé et les anticorps contre la COVID-19. Les échantillons ont ensuite été postés au LNM aux fins d’analyse. Les participants sélectionnés pour cette étude ont pu connaître leurs résultats et ont reçu des renseignements sur ce que l’on sait au sujet des tests d’anticorps.

S’informer au sujet de l’immunité durable

Dans les premiers jours de la pandémie de COVID-19, les scientifiques du LNM ont mis au point leurs propres tests sérologiques, dont un test spécialisé permettant de détecter les anticorps « neutralisants ». Les anticorps neutralisants peuvent désactiver des particules virales, ce qui signifie qu’ils peuvent habituellement prévenir l’infection.

« À l’aide de ces tests, les scientifiques sont en mesure d’obtenir des renseignements importants sur une éventuelle immunité et une protection durable contre la réinfection du virus », a indiqué Mme Heidi Wood, chef, Rage, Rickettsia et maladies zoonotiques connexes, maladies zoonotiques et pathogènes spéciaux au LNM. « Ces types de tests jouent également un rôle essentiel dans l’évaluation des futurs vaccins, afin de déterminer leur efficacité avant le début des essais cliniques. »

La mise au point d’un test de laboratoire pour détecter des anticorps neutralisants sensibles et précis représentait tout un défi, mais les scientifiques du LNM sont des experts de l’élaboration et de la réalisation de ce type de tests.

« Nous devions tous contribuer à l’effort lorsque nous avons commencé à étudier les anticorps neutralisants de la COVID-19, explique Mme Wood, mais nous avons pu compter sur un grand nombre de scientifiques du LNM pour pourvoir des postes de façon volontaire. Ce travail est très stimulant et peut contribuer à faire progresser ce domaine d’études partout dans le monde. »


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