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Planification pour une meilleure santé en période de changements climatiques


Les changements climatiques sont l’une des principales préoccupations pour la santé mondiale au 21e siècle. Au Canada, la température terrestre moyenne a augmenté de 1,7 °C depuis 1948. Si rien n’est fait, on prévoit qu’elle augmentera d’environ 5,44 °C dans les grandes villes d’ici la fin du siècle.

La hausse des températures aura un effet sur notre santé, mais grâce aux bonnes connaissances, nous pouvons prendre des mesures pour réduire les risques et adapter nos milieux de vie ainsi que de travail en vue d’une meilleure santé.

Le projet CanTEMP a été conçu pour faciliter la planification entourant les effets du réchauffement climatique sur la santé. Le nom CanTEMP vient de l’anglais « Canadian Temperature Excess Mortality and Morbidity Projections », c’est-à-dire Projections de surmortalité et de morbidité excédentaire découlant de la chaleur au Canada. L’étude présente des projections d’effets sur la santé de quatre scénarios de changements climatiques différenciés par les taux d’émissions de gaz à effet de serre d’ici la fin du siècle.

Au moyen de données relatives à la santé et à la température extérieure quotidienne sur 15 ans (de 2000 à 2015) de 111 régions du Canada, les chercheurs ont créé des modèles de projection des effets de la hausse des températures sur la santé humaine.

Il s’agit d’une réelle initiative collaborative interdisciplinaire qui repose sur les contributions de divers partenaires. Les températures proviennent d’Environnement et Changement climatique Canada, les données démographiques proviennent de Statistique Canada et les résultats sur la santé, lorsque connus, proviennent de bases de données administratives sur la santé. L’équipe est dirigée par des chercheurs de Santé Canada, notamment Eric Lavigne et Christopher Hebbern.

L’étude conclut qu’il existe un lien clair entre le réchauffement climatique et une augmentation des décès dus à des troubles cardiovasculaires ou à une détresse respiratoire, et que ce bilan continuera de s’alourdir à mesure que les températures augmenteront. Selon M. Lavigne, il ne fait aucun doute que la prise de mesures est nécessaire.

La hausse des températures peut exercer une pression accrue sur nos systèmes de santé et nos réseaux électriques, et le réchauffement climatique touche presque tous les aspects de nos vies au quotidien.

En faisant des prévisions sur les possibles effets de la hausse des températures sur la santé, nous pouvons comprendre les possibilités, prendre des mesures pour réduire les risques et nous préparer à nous adapter à l’évolution des besoins en matière de santé dans différentes régions. En comprendre le plus possible sur les effets de chacun des scénarios sur la population canadienne de toutes les régions est un premier pas essentiel.

L’information fournie par des études comme CanTEMP nous aidera à cerner les groupes les plus vulnérables ainsi que les régions les plus à risque dans le but de guider la planification. À titre d’exemple, l’étude montre que la hausse des températures sera plus forte dans les villes canadiennes des régions nordiques que dans celles des régions du sud du pays. Il s’agit d’information cruciale pour les planificateurs, les décideurs et les éducateurs en matière de santé, qui peuvent se servir des données de CanTEMP pour appuyer l’adaptation là où c’est le plus nécessaire.

M. Lavigne ajoute : « La température grimpe et il faut admettre cette réalité, mais nous pouvons intervenir de bien des manières pour la création et la protection de milieux sains pour les Canadiennes et les Canadiens. La priorité est de faire tout ce que nous pouvons pour que la température ne grimpe pas et de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Nous devons aussi fournir les outils nécessaires pour atténuer les effets de la chaleur. Investir aujourd’hui dans l’infrastructure nous aidera à protéger la population à l’avenir. »

Les investissements en infrastructure qui favorisent le transport en commun et le transport durable réduisent les émissions de gaz à effet de serre pour ralentir le réchauffement. Les investissements pour le renforcement des capacités dans les milieux de soins, la mise à jour des réseaux électriques et la mise en place de mesures de rafraîchissement de lieux communautaires, comme la plantation d’arbres pour créer des zones de répit à l’extérieur, appuieront une santé optimale à mesure que les températures grimperont.

M. Lavigne reconnaît qu’il s’agit d’une tâche immense, mais c’est selon lui réalisable. « Il est important d’apporter des changements dans nos vies quotidiennes pour réduire les émissions de CO2. Si nous posons tous et toutes des gestes pour réduire notre empreinte carbone, que nous travaillons ensemble à atteindre le même but commun, nous pouvons vraiment faire changer les choses. C’est une responsabilité partagée de travailler avec les planificateurs, les décideurs, les responsables de la santé publique ainsi que les professionnels de la santé pour préparer les gens en les dotant d’outils puis d’information pour s’adapter et atténuer ces effets. »


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