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Une recherche sur l’hépatite D souligne la nécessité d’un dépistage accru

Une recherche menée par le Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) fournit de nouvelles connaissances sur la fréquence de l’hépatite D au Canada et sur les personnes infectées.

Les scientifiques du LNM travaillent avec le Réseau canadien du VHB (virus de l’hépatite B), un groupe de médecins et de scientifiques de partout au pays, pour comprendre les facteurs de risque et l’évolution de l’hépatite D. Le LNM est le laboratoire de référence du Canada pour les virus des hépatites, ce qui signifie que les laboratoires provinciaux envoient des échantillons au LNM pour qu’il vérifie leurs résultats et effectue des tests de contrôle de la qualité. Le LNM est l’un des seuls laboratoires du pays à offrir des tests de dépistage de l’hépatite D.

Qu’est-ce que l’hépatite?

L’hépatite est une inflammation du foie causée par des virus (hépatite virale) ou d’autres facteurs. Le virus de l’hépatite D (VHD) est considéré comme un virus satellite (un virus qui dépend d’un autre virus pour pouvoir infecter une personne). Dans ce cas-ci, le VHD est un virus satellite du VHB, ce qui signifie qu’une personne doit déjà être infectée par l’hépatite B pour que l’hépatite D cause une infection. L’hépatite D peut entraîner une cirrhose (cicatrices au foie) et un cancer du foie de manière beaucoup plus agressive que l’hépatite B ou C.

L’importance de comprendre les chiffres

Avec la mise au point de nouveaux traitements contre l’hépatite D, il est nécessaire de connaître le nombre de personnes infectées pour bien cibler et financer des interventions significatives qui aident à sauver des vies et à empêcher les gens de développer des maladies potentiellement mortelles causées par l’hépatite, comme le cancer. Ces interventions comprennent un nouveau médicament, le bulévirtide, qui s’avère prometteur dans le traitement de l’hépatite D et pour lequel une demande d’approbation est en cours en Amérique du Nord.

« Le dépistage et le diagnostic de l’hépatite D sont essentiels pour que les médecins puissent fournir des traitements, des soins et un soutien appropriés », explique Carla Osiowy, chef de section des hépatites virales et pathogènes à diffusion hématogène au LNM. « Une sensibilisation accrue signifie également que les médecins peuvent fournir des renseignements aux patients, notamment sur la façon de se protéger contre l’infection ou de prévenir la transmission à d’autres personnes. »

Le nombre de cas d’hépatite D dans le monde est inconnu en raison de l’absence de tests normalisés et de dépistage systématique du virus. Cependant, le LNM recueille des données canadiennes afin d’aider les médecins et les chercheurs à mieux comprendre les chiffres nationaux et internationaux. Le LNM accroît la sensibilisation à la santé publique mondiale en publiant et en présentant ses résultats lors de réunions médicales. Le LNM collabore également avec le Réseau canadien du VHB et d’autres groupes de sensibilisation et de défense afin de fournir des renseignements aux patients et aux médecins. De plus, le LNM met au point de nouvelles méthodes d’analyse de laboratoire concernant l’hépatite D, avec l’objectif de les diffuser à grande échelle pour améliorer la détection.

Freiner la propagation

Au fil des ans, les experts et les médecins spécialistes des maladies infectieuses ont commencé à accroître le dépistage de l’hépatite D chez les patients atteints de l’hépatite B ainsi que chez les personnes à haut risque, notamment celles qui immigrent au Canada de pays où l’hépatite est endémique. Les personnes les plus à risque sont également plus à risque d’autres infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS). De nombreuses personnes atteintes de l’hépatite D ont également le VIH ou l’hépatite C, ce qui signifie que le médecin peut dépister d’autres ITSS s’il sait que le patient est déjà atteint de l’une de ces infections, afin de fournir les soins nécessaires. Pour prévenir les infections, les experts recommandent maintenant la vaccination universelle des nourrissons contre l’hépatite B.

Il est possible d’éviter, de traiter et, dans de nombreux cas, de guérir les ITSS. Cependant, ces infections, dont l’hépatite virale, demeurent un important problème de santé publique au Canada. Le gouvernement du Canada est déterminé à réduire le fardeau des ITSS au Canada. L’ASPC poursuivra son travail pour réduire l’incidence des ITSS au Canada; améliorer l’accès aux tests de dépistage (en particulier pour les personnes qui ont de la difficulté à accéder aux services de diagnostic), aux traitements, au soutien et aux soins continus; et réduire la stigmatisation et la discrimination qui créent des vulnérabilités aux ITSS.


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