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Aperçu concret du travail d’un épidémiologiste de terrain

Vous êtes-vous déjà demandé comment les enquêtes sur les éclosions de maladies infectieuses comme la COVID-19 et la variole simienne sont menées? Ce n’est pas une tâche facile, mais les épidémiologistes de terrain de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) jouent un rôle de premier plan dans de nombreuses enquêtes sur des éclosions.

Un épidémiologiste est un professionnel de la santé publique qui étudie la distribution, les causes et les risques des incidents de santé au sein d’une population. Un épidémiologiste de terrain intervient dans le cadre d’incidents urgents de santé publique sur le terrain et en temps réel. Il doit donc se mobiliser au pied levé pour être en première ligne des urgences de santé publique et autres urgences, comme les éclosions de maladies et les catastrophes naturelles.

Au quotidien, les épidémiologistes de terrain travaillent dans de nombreux secteurs de la santé publique, selon leur expertise et leurs champs d’intérêt. Ils surveillent les maladies et autres problèmes de santé publique et en rendent compte, conçoivent et évaluent des systèmes de surveillance de la santé publique afin de surveiller la progression des maladies, réalisent des analyses épidémiologiques et communiquent les constatations de santé publique à de nombreux publics.

Pendant les enquêtes de santé publique, les épidémiologistes de terrain assument diverses fonctions. Par exemple, ils peuvent élaborer des questionnaires, interroger des personnes infectées, établir des processus et des outils pour la collecte de données, fournir aux intervenants des mises à jour en temps réel sur l’enquête ou l’éclosion et participer à des réunions d’équipe afin de recommander des mesures de contrôle en santé publique. Ces missions durent généralement de trois à quatre semaines et peuvent nécessiter de longues et intenses heures de travail.

Le Programme canadien d’épidémiologie de terrain (PCET) est le programme de formation en épidémiologie de terrain (PFET) appliquée du Canada. Le Canada est l’un des premiers pays à avoir établi un PFET, qui lui a permis de créer un solide réseau d’épidémiologistes de terrain auxquels il peut faire appel, peu importe où leurs services sont requis. Au cours des deux années de ce programme de formation en cours d’emploi, les épidémiologistes de terrain doivent réaliser huit expériences professionnelles décrites dans les Directives en matière d’expérience professionnelle, dont au moins une mobilisation.

Conversation avec deux épidémiologistes de terrain

Elaine Chan en est à sa deuxième année à titre d’épidémiologiste de terrain et obtiendra bientôt son diplôme du PCET. Elle travaille au Centre de contrôle des maladies de la Colombie-Britannique. Avant de faire partie du PCET, Elaine a obtenu un baccalauréat ès sciences en neurosciences comportementales de l’Université de la Colombie-Britannique et une maîtrise en santé publique (épidémiologie) de l’Université de l’Alberta. Pendant son baccalauréat, Elaine a eu l’occasion d’effectuer un stage coopératif dans un milieu de santé publique, où elle a entendu parler d’épidémiologie pour la première fois.

Cette expérience l’a incitée à décrocher sa maîtrise en santé publique et, par la suite, elle a travaillé à titre d’agente de la santé publique (épidémiologiste) pour le Service de la santé publique du Canada pendant trois ans avant de se joindre au PCET. C’était une occasion unique qui a permis à Elaine d’acquérir l’expérience de travail minimale de deux ans dans le domaine de la santé publique requise pour présenter sa candidature au PCET.

Pendant sa participation au PCET, Elaine a accompli un large éventail de tâches. Dans le cadre d’une mission, elle appuyait une région sanitaire pour l’enquête et la gestion associées à plusieurs éclosions de COVID-19 visant diverses administrations dans des campements de travailleurs industriels. Elle a participé à des appels pour la gestion des éclosions, conçu et créé des rapports épidémiologiques, analysé les données sur les éclosions et contribué à la formulation de recommandations sur les mesures de lutte contre les éclosions.

À son lieu de travail provincial, Elaine a participé à la conception et à la mise en œuvre d’un programme volontaire de surveillance de la COVID-19 pour les travailleurs des élevages de visons, aux enquêtes sur des éclosions provinciales de Salmonella, à l’analyse de données sur l’émergence du variant préoccupant Delta du SRAS-CoV-2 ainsi qu’à la réalisation d’une étude de séries temporelles interrompues sur les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur le dépistage de la syphilis en Colombie-Britannique.


Katharine (Kate) Fagan-Garcia obtiendra elle aussi son diplôme du PCET prochainement et en est également à sa deuxième année au sein du programme. Elle travaille pour l’ASPC. Une fascination pour les microbes, les agents pathogènes et les maladies a suscité chez elle un intérêt pour la microbiologie à l’école secondaire, lequel l’a menée à l’Université Western, où elle a obtenu un baccalauréat en microbiologie et immunologie. Elle a par la suite décroché une maîtrise en virologie à l’Université de l’Alberta.

Kate s’est ensuite intéressée au contexte global de la microbiologie et de la santé publique, et a entamé son parcours pour devenir épidémiologiste en obtenant une maîtrise en épidémiologie de la London School of Hygiene and Tropical Medicine. Ses expériences lui ont permis de développer sa passion pour le travail avec des données et sur le terrain. En s’interrogeant sur son cheminement de carrière, elle est tombée sur le site Web du PCET et s’est fixé l’objectif de se joindre au programme.

Depuis qu’elle a commencé à travailler à l’ASPC à la fin de 2020, Kate a été mobilisée pour soutenir des enquêtes sur des éclosions de maladies infectieuses émergentes dans trois provinces; elle s’est rendue en personne sur les lieux des éclosions dans deux de ces provinces et a accompli ses tâches à distance pour la réalisation de l’enquête dans la troisième province. Chaque fois, elle a vécu des expériences uniques et fascinantes en collaborant avec les équipes afin de comprendre les éclosions et d’y mettre fin.

À son lieu de travail fédéral, elle a aussi aidé à la réalisation d’enquêtes sur diverses éclosions de zoonoses, notamment une éclosion de Salmonella liée à des hérissons de compagnie. Kate a aussi travaillé à divers autres projets, y compris l’élaboration d’une initiative de surveillance des animaux de compagnie pour les zoonoses, une analyse des données de surveillance de la rage ainsi que les interventions nationales de santé publique visant à lutter contre la grippe aviaire et la variole simienne.

Défis et persévérance

La pandémie de COVID-19 a occasionné des difficultés uniques pour Elaine, Kate et leurs collègues épidémiologistes de terrain. Un aspect très important de la mobilisation consiste à être physiquement présent sur le terrain afin d’avoir une compréhension globale de la situation et de contribuer à établir des liens avec les personnes touchées ainsi qu’avec les travailleurs de la santé et d’autres membres de l’équipe. Dans le contexte de la pandémie de COVID-19, de nombreuses mobilisations dans le cadre du PCET ont eu lieu à distance, ce qui a ajouté un niveau de difficulté aux enquêtes sur le terrain.

La pandémie de COVID-19 est l’une des nombreuses difficultés rencontrées par les épidémiologistes de terrain en ce qui concerne la main-d’œuvre; toutefois, les activités habituelles du quotidien peuvent aussi présenter des difficultés.

« Rappelez-vous de prioriser votre propre bien-être physique et mental, et l’équilibre travail-vie personnelle. La portée de la santé publique [est tellement vaste], et toutes les choses qui pourraient être faites, c’est difficile. Il est toujours possible d’en faire plus », a mentionné Elaine lorsqu’il était question des divers problèmes auxquels sont confrontés les épidémiologistes de terrain.

Kate a mentionné des difficultés semblables associées au travail : « L’une des difficultés, lorsque l’on est épidémiologiste de terrain, comme c’est le cas pour de nombreuses personnes qui travaillent dans le domaine scientifique, c’est que l’on ne trouve pas toujours toutes les réponses à ses questions. Parfois, une maladie se propage de façon inattendue ou la source d’une éclosion demeure un mystère, ce qui peut être très frustrant, mais améliore également nos compétences en résolution de problèmes. Cela nous pousse à examiner les choses différemment ou à acquérir de nouvelles compétences, à tenter tout ce que nous pouvons pour trouver les réponses. »

Bien que le travail d’épidémiologiste de terrain soit exigeant, Elaine et Kate sont toutes les deux d’avis qu’il s’agit d’un emploi très enrichissant qui en vaut vraiment la peine, malgré les obstacles. Le meilleur conseil donné par ces deux épidémiologistes de terrain aux personnes qui souhaitent entreprendre une carrière en épidémiologie de terrain consiste à travailler fort et à persévérer dans leurs efforts! Les programmes de formation en épidémiologie appliquée comme le PCET sont très contingentés, il est donc commun de présenter une nouvelle demande après avoir été refusé.

Si vous souhaitez présenter une demande afin de participer au programme, vous pouvez obtenir de plus amples renseignements sur le site Web du PCET. Pour en apprendre davantage sur le travail des épidémiologistes de terrain, consultez les médias sociaux de l’ASPC et ne manquez pas notre célébration de la journée mondiale des épidémiologistes de terrain.


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