Conseils scientifiques : L’importance des conseils scientifiques pour la gouvernance moderne et la résilience institutionnelle

Notes d’allocution

Mme Mona Nemer
Conseillère scientifique en chef du Canada

Conseils scientifiques : L’importance des conseils scientifiques pour la gouvernance moderne et la résilience institutionnelle

Réunion du Comité de la science et de la recherche (SRSR) : Mandat de la CSC et autres questions connexes

Ottawa (Ontario)
Le 8 juin 2026

La version prononcée fait foi


Bonjour Madame la Présidente et mesdames et messieurs les membres du Comité.

Je vous remercie de me donner l’occasion de vous parler aujourd’hui de mon mandat, qui englobe de nombreux éléments de l’interface entre la science et les politiques, mais qui, en fin de compte, repose sur quatre piliers fondamentaux : fournir des conseils scientifiques pour appuyer les politiques publiques, faire progresser l’excellence en recherche, renforcer la confiance et l’engagement du public dans la science et promouvoir le leadership du Canada en matière scientifique ainsi que la collaboration sur la scène internationale.

Ces responsabilités interreliées soulignent le rôle vital que joue la science dans l’avancement de nos priorités nationales. La recherche et l’innovation soutiennent le développement dans les secteurs de l’énergie propre, des technologies de pointe et de la fabrication, tout en renforçant la santé publique, la sécurité alimentaire et la souveraineté dans l’Arctique. Une politique fondée sur des données probantes peut aider le gouvernement à relever des défis complexes plus efficacement et à faire en sorte que le Canada demeure prospère et concurrentiel dans une économie mondiale en évolution rapide.

Le travail de mon bureau reflète ce paysage en évolution. Au cours des dernières semaines, j’ai fourni au gouvernement des conseils sur deux questions cruciales nécessitant une planification scientifique à long terme pour le Canada : l’une est la nécessité d’une stratégie sur la fusion nucléaire, pour préparer notre pays à cette possible révolution de la technologie de l’énergie, et l’autre est la nécessité d’un cadre de comptabilisation du capital naturel pour mieux mesurer et protéger les systèmes naturels qui soutiennent notre économie et notre société.

Cette même approche tournée vers l’avenir a guidé nos efforts pour renforcer l’écosystème de recherche du Canada. Entre autres initiatives, nous avons récemment proposé un cadre national de gouvernance des données et mis à jour la politique fédérale sur l’intégrité de la recherche afin de nous assurer que l’entreprise scientifique du Canada reste bien positionnée dans le contexte de l’impact croissant de l’intelligence artificielle sur la science et l’innovation.

Parallèlement, renforcer la capacité de recherche du Canada, c’est aussi s’assurer qu’elle est inclusive et accessible, et c’est pourquoi mon bureau a participé de près aux efforts visant à garantir la vitalité de la science en français. Le soutien à la création et à la diffusion de l’information scientifique en français témoigne de l’importance de la diversité linguistique du Canada dans le domaine scientifique et renforce le rôle du Canada au sein de la francophonie mondiale.

Pour ce qui est de l’avenir, nous examinons également comment la science peut soutenir une recherche sécuritaire et responsable dans le Nord canadien, une région qui est en rapide évolution. Nos travaux actuels sur la sécurité des chercheurs dans l’Arctique visent à mieux protéger ceux-ci ainsi que les communautés nordiques tout en appuyant des travaux scientifiques efficaces dans l’un des environnements les plus exigeants au monde.

Prises ensemble, ces initiatives illustrent une réalité plus large : la science n’est plus un domaine en périphérie des politiques publiques; elle en fait de plus en plus intrinsèquement partie.

À une époque où les pays du monde entier sont confrontés à des changements technologiques rapides, à une complexité croissante et à une confiance déclinante dans les institutions, le maintien d’une solide capacité de consultation scientifique est essentiel à la résilience sociale et à la vitalité de nos institutions et de notre démocratie. Votre recommandation en 2022 voulant que le gouvernement rende permanent le poste de conseiller scientifique en chef en inscrivant son mandat dans une loi du Parlement reconnaît que les avis scientifiques indépendants sont un élément crucial de la capacité à long terme dont les gouvernements ont besoin pour relever les défis nationaux et mondiaux. Je me réjouis à l’idée de continuer à travailler avec vous pour faire en sorte que la science demeure une source de connaissances, d’innovation et d’intérêt public pour les Canadiens.

Merci.