Symposium « Neuro-Gairdner Open Science in Action »

Notes d’allocution

Mona Nemer
Conseillère scientifique en chef du Canada

Symposium « Neuro-Gairdner Open Science in Action »

Discours virtuel

11 novembre 2020

La version prononcée fait foi

 

Bonjour à tous! Permettez-moi tout d’abord de vous souhaiter la bienvenue au symposium « Neuro-Gairdner Open Science in Action ». Je suis heureuse d’être ici avec vous aujourd’hui dans un contexte où nous apprenons tous à nous adapter à notre nouvelle réalité.

 

Avant d’aborder le thème de la science ouverte, un sujet qui me tient énormément à cœur, je souhaiterais féliciter Guy Rouleau pour avoir remporté cette année le prestigieux Prix Gairdner Wightman en reconnaissance de son leadership dans la promotion de la science ouverte ainsi que de de ses nombreuses autres contributions à la science et au renforcement des institutions. Je connais Guy depuis l’époque où j’étudiais à l’Université McGill, et je peux dire qu’il a inspiré nombre d’entre nous en tant que scientifique, visionnaire et bâtisseur d’institutions. Sous sa direction, le Neuro a su s’imposer en tant que laboratoire de recherche de classe mondiale et pionnier en matière d’adoption des principes de la science ouverte.

Depuis, ce mouvement a connu une croissance. Nous n’avons qu’à constater où nous en sommes aujourd’hui pour comprendre pourquoi l’échange ouvert des recherches est non seulement bénéfique, mais essentiel pour réaliser des progrès.

Au début de l’année 2020, nous ne savions presque rien sur le virus et la COVID-19. Grâce aux chercheurs qui ont échangé ouvertement et librement la première version de son génome, nous avons pu faire d’énormes progrès dans les traitements à une vitesse record et nous développerons probablement bientôt un vaccin.

À l’échelle internationale, nous avons vu des organisations comme l’Université Johns Hopkins développer une base de données en libre accès sur les cas de COVID-19 des différents pays, un système de suivi mondial de la pandémie, laquelle a été très utile pour le milieu de la recherche.

Ici, au Canada, le gouvernement a publié en ligne les ensembles de données sur la COVID-19, et le milieu de la recherche et moi-même avons participé aux appels internationaux visant le libre accès à la recherche et aux données sur les coronavirus. Je trouve extrêmement prometteur que le gouvernement ait suivi mes conseils et mes orientations sur cette question.

En fait, nous avons pu constater l’immense contribution de la science ouverte dans la lutte contre la pandémie. L’accès à des renseignements fiables et constamment réactualisés a guidé nos actions d’intervention, non seulement dans le domaine des sciences de la santé, mais aussi dans tous les autres domaines, des systèmes alimentaires au traitement des eaux, en passant par l’économie. C’est un détail important : non seulement la science ouverte promeut-elle le libre accès aux données, mais elle encourage également la pluridisciplinarité.

Nous savons que plus les questions sociétales augmentent en complexité, plus nous devons veiller à ce que notre intervention comporte de multiples facettes. C’est pourquoi l’échange d’informations entre les disciplines est essentiel. Au cours des neuf derniers mois, cela a très bien fonctionné.

Prenons par exemple le réseau CanCOVID qui, depuis mars, a grandi pour atteindre plus de trois mille membres et qui a très bien réussi à encourager la collaboration interdisciplinaire dans la recherche sur la COVID-19.

Ou encore la communauté incroyablement diversifiée de scientifiques, de chercheurs et de praticiens qui se sont manifestés et qui ont offert leur temps et leurs ressources pour me conseiller, ces derniers mois, sur un large éventail de questions liées à la COVID-19.

Notre travail est loin d’être terminé, mais j’espère que les exemples de science ouverte en action influeront sur la perception qu’ont les gens de l’utilité et des occasions que représente la science ouverte pour nos communautés.

Il sera difficile pour les Canadiens de relever le défi de la COVID-19 sans se conformer aux fondements scientifiques de la politique en matière de santé publique. Nous devons habiliter les citoyens à prendre des décisions éclairées concernant leur vie. Et nous pouvons y parvenir en leur donnant accès à la science et à des données fiables.

Or, en soumettant la recherche à une évaluation et un examen élargi, nous aurons de meilleures chances de relever ces défis et de susciter un sentiment de confiance du public en la science. Par cette approche, nous contribuons à établir un lien plus efficace entre la science et la politique. Pour que notre société adopte pleinement le libre accès, un changement de culture est peut-être nécessaire, mais la pandémie de COVID-19 nous a donné l’occasion d’opérer ce changement. Et la communauté scientifique, guidée par l’exemple de Neuro, nous a déjà montré la voie à suivre.

Merci. Je vous souhaite à tous une conférence productive et inspirante.