Réunion No 48 du groupe d’experts de la CSC sur la COVID-19


Dans le cadre de la réponse à la pandémie de COVID-19, la conseillère scientifique en chef du Canada (CSC) a créé le groupe d’experts sur la COVID-19 afin de l’informer des développements scientifiques les plus récents et les plus pertinents. Ces informations aident la CSC à fournir au premier ministre et au gouvernement des conseils actualisés, interdisciplinaires et indépendants.


 

Tenue le 19 juillet 2023 au moyen de l’application Teams de Microsoft.

 

Reconnaissant que la science évolue, la discussion suivante tient compte des éléments de preuve et des connaissances scientifiques disponibles au 19 juillet 2023.


Sommaire

  • Les situations urgentes découlant des changements climatiques, y compris les zoonoses, les conditions météorologiques extrêmes, la libération de toxines, les inondations et les feux de forêt, deviennent de plus en plus fréquentes partout dans le monde. Réfléchir à l’expérience de la pandémie de COVID-19 peut éclairer les actions à mener et améliorer l’utilisation de la science pour faire face aux menaces futures.
  • La réunion du groupe d’experts a pour but de réfléchir aux avis scientifiques et scientifiques dans le contexte de la gestion de la pandémie de COVID-19 afin de renforcer la prévention, la préparation, l’intervention et le rétablissement en cas d’urgence.
  • Les éléments suivants sont jugés essentiels pour la préparation et l’intervention en cas d’urgence : les avis scientifiques et les processus d’établissement des priorités en matière de recherche; les stratégies de mobilisation du public et de communication; des protocoles d’échange de données solides et opportuns; et la capacité de modélisation des données.
  • D’autres éléments clés propres à la préparation en cas d’urgence sanitaire, y compris les catastrophes causées par les changements climatiques, sont également signalés. Cela comprend la capacité de recherche fondamentale et clinique; la connaissance des facteurs et des mesures d’atténuation des risques liés aux menaces pour la santé; la capacité humaine et physique d’appoint prévue; des réserves adéquates; des chaînes d’approvisionnement sûres; et les capacités de fabrication en matière de contre-mesures médicales et d’équipements de protection.
  • Cinq recommandations, exigeant une collaboration intersectorielle et intergouvernementale, sont proposées pour améliorer l’utilisation des avis scientifiques et de la science en cas d’urgence au Canada :
    1. Améliorer les mécanismes de consultation scientifique au Canada au moyen de la création d’un cadre agile, complet et multidisciplinaire en matière d’avis scientifiques pouvant soutenir les autorités fédérales, provinciales et municipales, s’il y a lieu.
    2. Renforcer l’établissement des priorités et la coordination de la recherche et du développement pour la préparation et pendant l’intervention.
    3. Permettre et soutenir l’analyse des données et la modélisation de scénarios de haute qualité grâce à des protocoles coordonnés de collecte et de transmission de données et d’échantillons en temps opportun.
    4. Améliorer la culture scientifique et la compréhension de la science au sein de la société grâce au dialogue, à l’ouverture et à la transparence.
    5. Atténuer les crises sanitaires et les catastrophes liées au climat au moyen d’une approche « Une seule
      santé ».

Membres du comité d’experts participants

  • Mona Nemer Ph. D., conseillère scientifique en chef du Canada (présidente)

Modélisation des maladies

  • Caroline Colijn Ph. D., Université Simon Fraser
  • Daniel Coombs Ph. D., Université de la Colombie-Britannique

Sciences du risque et du comportement

  • Daniel Krewski Ph. D., Université d’Ottawa
  • Kim Lavoie Ph. D., Université du Québec à Montréal (en date du 27 novembre 2020) – après la réunion
  • Louise Lemyre Ph. D., Université d’Ottawa – après la réunion

Sciences biomédicales et cliniques

  • Eleanor Fish Ph. D., Université de Toronto
  • Joanne Langley M.D., Université Dalhousie
  • Allison McGeer M.D., Hôpital Mount Sinai
  • Guillaume Poliquin M.D., Ph. D., Agence de la santé publique du Canada
  • Supriya Sharma M.D., Santé Canada
  • Cara Tannenbaum M.D., Université de Montréal, Conseillère scientifique ministérielle de Santé Canada

Invités

  • Sarah Viehbeck Ph. D., Agence de la santé publique du Canada

Autres participants

  • Lori Engler-Todd M. Sc., Bureau de la conseillère scientifique en chef (en soutien)
  • Husayn Jessa, candidat à la M. Sc., Bureau de la conseillère scientifique en chef (en soutien)
  • Andreea-Diana Moisa B. Sc., Bureau de la conseillère scientifique en chef (en soutien)

Contexte

Dans le cadre d’un exercice tourné vers l’avenir visant à renforcer la préparation, l’intervention et le rétablissement en cas de pandémies et de situations d’urgence futures, la conseillère scientifique en chef (CSC) réunit son Groupe d’experts sur la COVID-19 le 19 juillet 2023. Dans ce contexte et en s’appuyant sur leur expérience des trois dernières années de la pandémie de COVID-19, les participants formulent des observations et suggérent des mesures prioritaires à envisager pour l’intégration efficace de la science et des avis scientifiques dans la prise de décisions, y compris pour l’établissement des priorités de recherche.

En plus de plusieurs autres réunions d’experts et groupes de travail sur des sujets précis dirigés par la CSC, le Groupe d’experts de la CSC sur la COVID-19, qui est multidisciplinaire, s’est réuni 47 fois de 2020 à 2022 pour examiner des sujets urgents liés à l’état de la science concernant la COVID-19 et à la gestion de celle-ci. L’étendue de la science et des avis scientifiques pris en compte relie de nombreux domaines, dont la recherche fondamentale, l’ingénierie, le développement et les applications technologiques, les sciences sociales et comportementales, la recherche clinique, les contre-mesures médicales, les modèles de soins et la science de la mise en œuvre.

Les documents d’information diffusés avant la réunion ont également éclairé la production du présent rapport sommaire :

  • un document d’information avec le projet d’ordre du jour (voir l'annexe 1);
  • un tableau résumant toutes les réunions du Groupe d’experts de la CSC sur la COVID-19;
  • une présentation PowerPoint qui comprenait des diapositives sur les principales lacunes relatives à la COVID-19 et les leçons tirées de la pandémie de COVID-19.

Question et objectif

Question : Les menaces qui comprennent les situations urgentes découlant des changements climatiques, comme les zoonoses, les conditions météorologiques extrêmes, la libération de toxines, les inondations et les feux de forêt, deviennent de plus en plus fréquentes partout dans le monde. Réfléchir à l’expérience de la pandémie de COVID-19 peut éclairer notre préparation et notre intervention en cas d’urgence et améliorer l’utilisation de la science pour faire face aux menaces futures.

Objectif : La réunion du groupe d’experts a pour but de réfléchir à l’utilisation de la science et des avis scientifiques dans le contexte de la gestion de la pandémie de COVID-19 afin de renforcer la prévention, la préparation, l’intervention et le rétablissement en cas d’urgence au Canada.

Observations

Il est reconnu que nous n’étions pas préparés à une crise mondiale complexe de cette ampleur. Les observations portent entre autres sur les éléments qui ont bien fonctionné en ce qui concerne la science et les avis scientifiques pendant la pandémie de COVID-19. Les discussions portent également sur les aspects qui doivent être renforcés à l’avenir.

1. Ce qui a bien fonctionné

Avis scientifiques

  • Tout au long de la pandémie, des experts scientifiques au Canada ont prouvé qu’ils étaient prêts à se porter volontaires pour aider et faire part de leur expertise respective lorsque les gouvernements l’ont demandé et ont participé à plusieurs comités d’experts sur divers sujets liés à la COVID-19.
  • Le Groupe d’experts de la CSC sur la COVID-19 a bien fonctionné de plusieurs façons :
    • Le groupe d’experts a été en mesure de se concentrer avec agilité sur les questions les plus urgentes au fur et à mesure qu’elles se posaient et s’est réuni lorsque des avis scientifiques étaient nécessaires pour prendre des décisions, souvent avec très peu de préavis.
    • Grâce à la mobilisation d’un large éventail d’experts issus de différentes organisations à l’échelle du pays, le groupe d’experts a été en mesure de gérer une quantité incroyable de preuves scientifiques en évolution rapide provenant de la recherche dans de nombreuses disciplines, de signaler de nouvelles études scientifiques d’intérêt et de communiquer l’état actuel de la science, et de comprendre la qualité et les limites des données ainsi que les lacunes dans les connaissances concernant les questions liées aux politiques.
    • Le fait d’avoir des réunions régulières et ponctuelles au fil du temps a permis aux experts du groupe d’en apprendre davantage sur les connaissances scientifiques générées par divers domaines et sur les effets dominos interdomaines qui ont mené à une base de connaissances consolidée pour les avis scientifiques.
    • Le groupe d’experts était dirigé par une présidente et un coprésident experts reliés à la fois à des réseaux plus larges d’experts au-delà des membres du groupe d’experts ainsi qu’à des lignes directes vers les décideurs aux plus hauts niveaux et d’autres comités sur la COVID-19, avec l’expertise et le soutien appropriés du secrétariat.
    • L’« appel à l’expertise » de la pandémie de COVID-19 s’est poursuivi tout au long de l’éclosion de variole simienne de 2022 et devrait être considéré comme une pratique exemplaire.

Données et modélisation

  • Santé Canada, l’Agence de la santé publique du Canada et d’autres ministères et organismes fédéraux ont publié les données utilisées pour la prise de décisions liée à la COVID-19, ce qui améliore la transparence des données probantes utilisées dans les politiques.
  • La modélisation mathématique a joué un rôle important dans la gestion de la pandémie de COVID-19 au CanadaNote de bas de page 1. En tant qu’héritage du SRAS-1, la modélisation mathématique des maladies infectieuses était assez solide au Canada et a été renforcée par une subvention de réseau pour l'Initiative de modélisation des maladies infectieuses émergentesNote de bas de page 2.
  • Les fonds de recherche ont été rapidement versés, et les chercheurs ont été mobilisés pour répondre aux besoins urgents en connaissances.
  • Les experts et les conseillers scientifiques canadiens ont pu accéder aux données et aux connaissances mondiales pertinentes en temps opportun grâce à des connexions aux réseaux internationaux et au cadre scientifique ouvert sur la COVID-19.
2. Ce qui devrait être amélioré

Le rôle de la science dans les décisions

  • Le cadre d’élaboration des politiques devrait être mieux communiqué, et le rôle de la science dans celui-ci devrait être précisé. La science est l’un des nombreux intrants de la prise de décision, en plus de la logistique et des considérations juridiques et socioéconomiques, entre autres. La transparence sur le fondement des politiques et des actions améliore la confiance du public et la conformité.

Détermination précoce des lacunes concernant la science et les politiques et évaluation des risques

  • L’incidence plus large et à long terme sur la santé et la société des interventions visant à limiter la propagation de la maladie devrait être prise en compte de manière appropriée à l’aide de données probantes solides et d’experts multidisciplinaires. Cela comprend l’incidence sur les résultats d’apprentissage, la santé mentale et physique de la population, ainsi que la cohésion familiale et sociale.
  • Une plus grande attention devrait être accordée à la compréhension des besoins de la communauté et au renforcement des moyens d’action du public en lui donnant les connaissances nécessaires et la capacité d’agir. Des pistes de dialogue avec les communautés devraient être élaborées en « temps de paix » pour éclairer les communications et les interventions qui touchent les communautésNote de bas de page 3.
  • Il faudrait renforcer l’examen impartial des connaissances scientifiques liées aux politiques par des experts multidisciplinaires au-delà du domaine de la santé publique. Lorsqu’il existe des lacunes et des incertitudes, le principe de précaution devrait être pris en compte pendant que la recherche visant à les combler est mise en œuvre. À titre d’exemple, la transmission du virus SRAS-CoV-2 par voie aérienne a été lente à être prise en compte et considérablement sous-estimée en raison, entre autres, du débat historique au sein de la communauté de la santé publique. Il en a résulté une attention insuffisante à la ventilation intérieure et à l’équipement de protection individuelle approprié.Note de bas de page 4.

Processus de consultation scientifique

  • Des processus clairs pour l’élaboration et la fourniture de preuves scientifiques et d’avis scientifiques en cas d’urgence devraient être établis pour le Canada.
  • Un cadre doté d’une responsabilisation appropriée est nécessaire pour synthétiser les données scientifiques, les preuves et les conseils d’experts d’un large éventail de disciplines et les intégrer en temps opportun dans les décisions. Un cadre de consultation scientifique permettrait également d’éviter la prolifération inefficace des comités, les approches cloisonnées et le dédoublement inutile des efforts en cas d’urgence.
  • Il faut des moyens systématiques d’intégrer l’équité et les points de vue des personnes les plus vulnérables tout au long du cycle de prise de décisions en cas d’urgence. Cela comprend les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, les résidents des établissements de soins de longue durée, les personnes racisées et les populations autochtones dans les zones urbaines et éloignées.

Coordination des données, de la modélisation et de la recherche

  • La coordination des priorités de recherche pour éclairer les politiques et les besoins en cas d’urgence nécessite une approche agile et efficace avec un leadership et des processus clairs. La coordination sous-optimale de la recherche pendant la pandémie de COVID-19 a réduit l’efficacité des efforts de recherche en temps opportun et a entraîné la persistance d’importantes lacunes dans les connaissances.
  • Des processus d’affectation en temps opportun des fonds de recherche, qui tiennent compte de la capacité et de l’excellence des ressources humaines et matérielles, devraient être mis en place. Parallèlement, des processus visant à canaliser les résultats de la recherche afin d’éclairer les avis scientifiques, les politiques et la planification doivent être mis en place afin de maximiser les avantages de la recherche.
  • La collecte, la gestion et l’échange des données et des échantillons biologiques en temps opportun doivent être renforcés pour éclairer la prévention et l’intervention. Pour ce faire, des protocoles convenus au préalable et une infrastructure durable (comme pour les données et les biobanques) doivent être élaborés.
  • On fait remarquer que, comme la communication internationale de données est essentielle en cas de pandémie mondiale, le Canada devrait promouvoir les efforts mondiaux visant à mettre en place des systèmes équitables et éthiques d’échange de données pendant les urgences sanitaires.

Systèmes de santé, infrastructure et capacité d’appoint

  • Les systèmes de santé ont été fortement mis à l’épreuve par l’ampleur et la durée de la pandémie. Leur résilience aux situations d’urgence complexes doit être renforcée à l’aide de données probantes et de l’innovation en santé.
  • Une planification avancée de la capacité d’appoint en cas d’urgence est nécessaire. Cela couvre la capacité de diagnostic (dépistage) et de soins dans de multiples contextes, y compris pour l’administration de contre-mesures médicales.
  • L’absence de stratégies thérapeutiques indépendantes des agents pathogènes pour limiter la transmission au premier contact ou réduire la gravité de la maladie a contribué à la propagation incontrôlée du virus et à la mortalité et à la morbidité humaines. La recherche visant à mettre au point des antiviraux à large spectre ciblant les familles de virus prioritaires devrait être un élément clé d’un plan intégré de prévention et d’intervention précoce en cas de pandémie.
  • Les futures urgences climatiques ou sanitaires mondiales peuvent générer des insécurités sanitaires et alimentaires; les politiques visant à renforcer la résilience doivent être prises en compte et examinées régulièrement. Cela comprend la recherche et le développement, la fabrication et les chaînes d’approvisionnement.

Communication et culture scientifique

  • Des plans de communication cohérents et adaptés à la communauté sont essentiels pour s’adresser à diverses communautés et éviter la confusion et la méfiance du public. Pendant la pandémie, le déluge d’informations provenant de nombreuses sources différentes a causé la perplexité du public et a mis à l’épreuve sa confiance.
  • De meilleures communications publiques sur l’apport de la science et des nombreuses autres considérations dans l’établissement des politiques et une meilleure compréhension par le public sont nécessaires pour atténuer la mésinformation et la désinformation et maintenir la confiance du public en temps de crise. En plus de l’augmentation des hospitalisations et des décès, le Canada pourrait avoir subi une perte de plus de 300 millions de dollars en raison de la mésinformation au cours de la pandémieNote de bas de page 5.
  • Une communication transparente de l’incertitude et des limites des interventions est essentielle pour donner au public les moyens d’agir et favoriser le respect des mesures de santé publique. Par exemple, un message tel que « les masques préviennent la transmission » est insuffisant, car le port du masque réduit mais ne prévient pas toute transmission, en raison de nombreux autres facteurs, tels que les habitudes de port du masque et l’ajustement et la qualité du masque, qui contribuent tous à son efficacité.
  • La communication transparente de la base des décisions, y compris les perspectives et les valeurs socioéconomiques, contribue à une meilleure compréhension du public et au respect des recommandations pendant une criseNote de bas de page 6,Note de bas de page 7.

Prochaines étapes

Le Canada dispose de scientifiques et d’une infrastructure de recherche hors pair, qui peuvent être mobilisés pour éclairer et soutenir la préparation et l’intervention en cas d’urgence, comme en témoigne la pandémie de COVID-19. Cependant, des cadres clairs et souples doivent être élaborés pour renforcer l’utilisation de la science dans la préparation et l’intervention en cas d’urgence. Il faut notamment des processus d’établissement des priorités de la recherche et des avis scientifiques; des protocoles de collecte et d’échange de données solides et opportuns; ainsi que des plans de mobilisation et de communication fondés sur des données probantes et adaptés aux communautés.

D’autres éléments propres à la préparation aux urgences sanitaires doivent être pris en compte, y compris ceux qui découlent des changements climatiques. Cela comprend la capacité de recherche fondamentale et clinique; la connaissance des facteurs et des mesures d’atténuation des risques liés aux menaces pour la santé; la capacité humaine et physique d’appoint prévue; des réserves adéquates; des chaînes d’approvisionnement sûres; et les capacités de fabrication en matière de contre-mesures médicales et d’équipements de protection.

Les facteurs ci-dessus, ainsi que l’expérience vécue de la pandémie, ont mené aux cinq recommandations prioritaires énoncées ci-après.

Recommandations concernant l’utilisation des données scientifiques et des avis scientifiques en cas d’urgence

  1. Améliorer les mécanismes de consultation scientifique au Canada au moyen de la création d’un cadre d’action agile, exhaustif et multidisciplinaire en matière d’avis scientifiques pouvant éclairer les autorités fédérales, provinciales et municipales, le cas échéant. Le cadre d’action en matière d’avis scientifiques devrait :
    1. être appuyé par des processus dynamiques et harmonisés avec les priorités scientifiques adaptées au Profil national des risques du Canada et à d’autres menaces pertinentes;
    2. préciser les rôles et les responsabilités en matière d’avis scientifiques à toutes les étapes de la gestion des urgences;
    3. appuyer une approche intégrée en matière de données scientifiques et d’avis scientifiques en cas d’urgence au moyen de la collaboration entre les territoires de compétence fédéral, provincial et municipal du Canada et à l’échelle internationale;
    4. envisager l’évaluation des risques des répercussions directes et indirectes de la réponse à la menace, y compris les conséquences éventuelles sur la santé et la situation socioéconomique à court et à long terme;
    5. intégrer les approches en matière de science de la mise en œuvre à la gestion des urgences ou des pandémies, dès le départ;
    6. intégrer explicitement le rôle et la place des avis scientifiques et des structures de consultation scientifique en cas de pandémie et d’autres urgences sanitaires dans les instruments de planification;
    7. préciser le processus et les mécanismes de gouvernance pour la création rapide de comités consultatifs scientifiques multidisciplinaires et inclusifs en cas d’urgence, garantissant ainsi des liens solides entre les données scientifiques, les avis scientifiques, les autorités de santé publique et les décideurs;
    8. renforcer la capacité des récepteurs concernant les avis scientifiques au sein du gouvernement;
    9. moderniser le Cadre applicable aux avis en matière de sciences et de technologie (2000) approuvé par le gouvernement fédéral, en fonction du contexte actuel et des besoins à venir;
    10. prendre d’autres mesures pratiques pour améliorer la prise de décisions éclairées par la science dans les situations d’urgence, y compris des mesures comme la tenue à jour de listes d’experts multidisciplinaires et des exercices de simulation d’urgence périodiques intégrant des avis scientifiques.
  2. Renforcer l’établissement des priorités et la coordination en matière de recherche et développement pour la préparation et l’intervention en cas d’urgence par l’intermédiaire des mesures suivantes :
    1. élaborer et mettre en œuvre des mécanismes d’établissement des priorités qui appuient un financement fédéral rapide et bien coordonné pour la recherche, le développement et la fabrication pour différents types d’urgences et de menaces;
    2. renforcer l’infrastructure humaine, numérique et physique qui relie et soutient la recherche, les soins et la gestion des urgences;
    3. planifier les canaux de communication au moyen de protocoles et de procédures, et mener des exercices connexes;
    4. adopter une approche « propre au Canada » assortie d’une stratégie qui englobe la découverte et la recherche appliquée, ainsi que le transfert de technologie et la mobilisation des connaissances, tout en surveillant les progrès chaque année;
    5. favoriser les partenariats entre le secteur privé, le secteur public et le milieu universitaire afin de renforcer la sécurité nationale et d’atteindre des objectifs stratégiques, comme ceux décrits dans la Stratégie en matière de biofabrication et de sciences de la vie du CanadaNote de bas de page 8;
    6. garantir une coordination efficace de la recherche pour s’attaquer aux menaces importantes, notamment pour l’élaboration de contre-mesures médicales (diagnostics, vaccins et thérapies), dans des contextes nationaux et mondiaux;
    7. Promouvoir une coordination efficace en matière de recherche et de collaboration avec les homologues à l’échelle internationale dans les domaines liés aux nouvelles menaces pour la santé et l’environnement. Cela comprend des précisions sur le rôle du Canada en tant que chef de file scientifique sur la scène internationale.
  3. Permettre et appuyer la collecte de données, l’analyse et la modélisation de scénarios de grande qualité :
    1. améliorer la collecte, le stockage, la mise en commun et l’analyse des données et des échantillons biologiques en temps opportun au moyen de protocoles coordonnés et d’ententes normalisées;
    2. recenser les processus et les partenaires essentiels en matière d’échange de données au sein des territoires de compétence et entre eux, et y accorder la priorité;
    3. mettre en œuvre la Stratégie pancanadienne de données sur la santé pour aider à renforcer les fondements des données sur la santé du Canada et à moderniser la collecte, la mise en commun et l’interopérabilité des données sur la santéNote de bas de page 9;
    4. établir une modélisation mathématique et statistique soutenue du réseau de maladies, en s’appuyant sur les groupes de modélisation qui ont été créés pendant la pandémie de COVID-19, adoptant une approche « Une seule santé ». Ce réseau doit réunir des chercheurs et des praticiens multidisciplinaires, y compris des experts en environnement, en santé et en politiques, afin de cerner de façon proactive les lacunes en matière de données scientifiques et de données probantes, y compris les données sur les menaces pour la santé liées à l’environnement et aux changements climatiquesNote de bas de page 10;
    5. veiller à ce que le Canada participe aux efforts mondiaux de préparation et d’intervention en cas d’urgence et fasse partie des systèmes d’alerte mondiaux.
  4. Renforce la confiance du public et la compréhension à l’échelle de la société à l’égard de la science par l’intermédiaire du dialogue, de la transparence et d’une meilleure connaissance des sciences :
    1. décrire clairement la manière dont les valeurs et les preuves scientifiques sont utilisées pour parvenir à une décision;
    2. rendre publics les membres, les rôles, les mandats et les activités des comités consultatifs scientifiques;
    3. améliorer les approches de gestion des conflits d’intérêts réels ou perçus, comme la divulgation et le suivi transparents périodiques des déclarations d’intérêt, comme c’est le cas au sein de l’Organisation mondiale de la Santé;
    4. intégrer les leçons tirées de comités ouverts efficaces comme les réunions virtuelles publiques de l’Advisory Committee on Immunization Practices (en anglais) du Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis;
    5. améliorer la connaissance des sciences et encourager les sciences participatives afin de réduire les risques de mésinformation et de désinformation;
    6. donner aux décideurs l’occasion d’acquérir des connaissances scientifiques et aux scientifiques d’acquérir des connaissances sur la complexité de l’élaboration des politiques par divers moyens, comme les activités et les initiatives en ligne du programme « La science rencontre le Parlement »;
    7. publier des études de cas concernant différentes crises à l’intention de différents publics, comme des chercheurs, des scientifiques, des décideurs, des journalistes et des étudiants;
    8. créer une table consultative transparente sur la science du comportement et la publication des risques en tant que ressource centralisée pouvant être exploitée en cas d’urgence.
  5. Atténuer les crises sanitaires et les catastrophes liées au climat au moyen d’une approche « Une seule santé » :
    1. appuyer les approches interreliées « Une seule santé » pour prévenir et atténuer les répercussions des catastrophes causées par le climat sur les humains, les animaux et l’environnement et détecter rapidement les menaces de maladies infectieuses émergentes;
    2. élaborer un cadre de principes éthiques fondamentaux en matière d’évaluation des risques afin de réduire les répercussions indirectes et les conséquences imprévues des menaces et des interventions proposées à court et à long terme en tenant particulièrement compte des populations marginalisées et à risque;
    3. établir et conserver des réserves d’urgence visant à combattre un ensemble diversifié de menaces et d’urgences au-delà des inondations, des feux de forêt, des toxines et des virus, en reconnaissant les menaces découlant des événements liés au climat, de la mobilité des populations et de la perte d’habitats naturels;
    4. accroître les efforts de prévention, notamment par l’intermédiaire de la préservation de la biodiversité et de la réduction de la déforestation pour atténuer les sauts d’espèces attribuables à l’utilisation des terresNote de bas de page 11;
    5. harmoniser les stratégies de prévention et de contrôle des infections avec les modes dominants de transmission des maladies infectieuses, en tenant compte des dernières preuves scientifiques. En cas d’incertitude ou de débat scientifique, tenir compte du principe de précaution;
      1. améliorer les systèmes de ventilation et d’assainissement de l’air, au besoin, dans les immeubles où les gens se rassemblent, comme les écoles, les théâtres, les établissements de soins de longue durée, les cliniques et les hôpitaux, en temps de paix, afin de réduire le fardeau de la maladie, maintenant et pendant les pandémies à venir. Les maladies respiratoires se transmettent principalement par voie aérienneNote de bas de page 12, Note de bas de page 13;
    6. recenser et améliorer les infrastructures, les systèmes, les outils et la capacité de pointe essentiels pour gérer un vaste éventail de situations d’urgence sanitaire. Cela comprend les éléments qui permettent le fonctionnement des réseaux de soins et de recherche interconnectés, ainsi que la formation et les ressources humaines pour la logistique et les activités, comme le dépistage et la vaccination, en plus des éléments décrits ci-dessus.
      1. Un plan devrait être élaboré en collaboration avec les professionnels de la santé afin de garantir l’état de préparation de la capacité de pointe en matière de santé en cas d’urgence.

Conclusion

Les situations d’urgence découlant des changements climatiques, y compris les maladies zoonotiques émergentes et adaptées, la libération de toxines, les conditions météorologiques exceptionnelles, les inondations, les sécheresses et les feux de forêt, deviennent de plus en plus fréquentes à l’échelle mondiale. L’expérience de la pandémie de COVID-19 peut et doit éclairer la préparation et l’intervention en cas d’urgence, y compris l’utilisation des données scientifiques pour s’attaquer à un vaste éventail de menaces à venir.

Les données scientifiques et les avis scientifiques ont leur place à toutes les étapes du cycle de gestion des urgences, notamment la prévention, la préparation, l’évaluation des risques, l’intervention et le rétablissement. L’établissement de priorités en matière de recherche, de surveillance et de collecte de données pour combler les lacunes dans les connaissances requises pour la prise de décisions est un élément essentiel d’un avis scientifique efficace.

À l’avenir, des mesures prioritaires devraient être mises en œuvre pour améliorer l’intégration dynamique des connaissances scientifiques en évolution dans la gestion des urgences. Des processus et des cadres sont requis pour la sélection en temps opportun de données probantes de qualité, l’accès en temps réel aux échantillons et aux données de laboratoire, le recensement rapide des lacunes, l’établissement convenable des priorités et la coordination de la recherche, tout en mobilisant les collectivités concernées afin que les décisions soient prises en fonction des personnes les plus vulnérables. La mobilisation des données scientifiques dans le cadre des mesures exige également des infrastructures et des outils essentiels, des systèmes durables et des personnes formées, notamment pour appuyer la capacité de pointe en matière de préparation à la surveillance, au diagnostic et à d’autres besoins sanitaires et sociaux. Les données scientifiques peuvent également appuyer une communication efficace et la mise en œuvre des politiques, qui sont toutes deux essentielles à la gestion des urgences.

Aucun pays n’était préparé à l’ampleur de la pandémie de COVID-19. La façon dont chaque pays utilisera les leçons tirées de la pandémie pour renforcer leur résilience et leur intervention d’urgence déterminera la mesure dans laquelle ils géreront les crises sanitaires et environnementales mondiales à venir.

Annexe 1 : Document d’information concernant la réunion

Groupe d’experts sur la COVID-19 de la conseillère scientifique en chef – Fournir des avis scientifiques pour une prise de décision efficace : à la suite de la COVID-19

Contexte actuel

L’apport scientifique est un élément fondamental de la prise de décision et a été essentiel pour la gestion de l’urgence découlant de la pandémie de COVID-19, un nouveau virus en circulation (SRASCoV-2). Le 5 mai 2023, l’Organisation mondiale de la Santé a mis un terme à l’urgence de santé publique de portée internationale (COVID-19), déclarée le 30 janvier 2020.

Dans le cadre de la réponse du Canada à la COVID-19, au début de 2020, la conseillère scientifique en chef du Canada (CSC) a mis sur pied un groupe d’experts scientifiques multidisciplinaires pour la conseiller sur les derniers développements scientifiques concernant la COVID-19. Ces renseignements ont aidé la CSC à fournir au premier ministre et au gouvernement des conseils actualisés et interdisciplinaires. Le Groupe d’experts sur la COVID 19 de la conseillère scientifique en chef s’est réuni quarante-sept fois entre mai 2020 et décembre 2021. Certains membres du groupe d’experts ont également participé aux sept réunions spéciales d’experts en 2021 et 2022 et/ou à d’autres groupes de travail et groupes d’experts, comme le Groupe de travail sur la condition post-COVID-19. Les contributions scientifiques et les avis scientifiques du groupe d’experts pendant la crise de la COVID-19 et la façon dont cela a été fait peuvent être mis à profit pour l’avenir. L’apport du groupe d’experts en matière de données scientifiques et d’avis scientifiques pendant la crise de la COVID-19 et la méthode adoptée peuvent être mis à profit pour l’avenir.

L’expérience de la COVID-19 peut être examinée dans un contexte d’urgence plus vaste. Comme il est indiqué dans sa lettre de mandat, la conseillère scientifique en chef du Canada aide le ministre Blair à intégrer encore davantage l’utilisation de la science et des avis scientifiques dans tous les éléments de la préparation aux situations d’urgence.

À l’avenir, les principaux éléments et les leçons tirées du groupe d’experts sur la COVID-19 pendant toute la durée de la pandémie de COVID-19 seront particulièrement utiles pour la préparation constante aux fins de protection civile, qui sont largement applicables à d’autres agents pathogènes et à d’autres situations d’urgence.

La dernière ou les dernières rencontres permettront de mettre un terme au groupe d’experts, tout en articulant les principaux enseignements pour l’avenir.

Objectifs de la réunion

  1. Le groupe d’experts de la conseillère scientifique en chef se réunira pour une ou plusieurs réunions finales à l’été 2023 et publiera un rapport prospectif final d’ici le début de l’automne 2023.
  2. L’objectif sera de discuter et de rendre compte de la science et des avis scientifiques dans le contexte de la gestion de la pandémie de COVID-19, en mettant l’accent sur la voie vers l’avenir afin de renforcer la préparation, la réponse et le rétablissement en cas d’urgence en cas de pandémies et d’urgences futures.

Documents d’information

  • Tableau compilant toutes les réunions du groupe d’experts sur la COVID-19, y compris un résumé des points clés (à suivre)
  • Un bref document de discussion à présenter à la réunion pour établir le contexte
  • Rapport de synthèse de l’OCDE sur un atelier virtuel du FSM tenu les 3 et 4 mars 2022 – Avis scientifique en cas de crise : enseignements tirés de la COVID-19

Ordre du jour provisoire et questions d’orientation pour les discussions

  1. Mot de bienvenue et introduction – Mme Nemer (de 16 h à 16 h 05 – environ 5 minutes)
  2. Présentation de l’établissement du contexte – Mme Nemer (16 h 05 à 16 h 15 – environ 5 à 10 minutes)
  3. Questions d’orientation de la discussion – Tous (16 h 15 à 17 h 50 – environ 100 minutes)

Nous accueillons tous les commentaires et toutes les suggestions. À titre de guide, en vous appuyant sur votre expérience en tant que membre d’un groupe d’experts sur la COVID-19 et, plus généralement, en tant qu’expert scientifique au cours de l’évolution de la pandémie de COVID-19 :

  1. Comment pouvons-nous combler les lacunes et améliorer l’utilisation des données scientifiques et des avis scientifiques pour la préparation aux situations d’urgence? Tenez compte d’éléments comme :
    • Coordination scientifique, comme l’accélération de la circulation prioritaire des données nécessaires, des partenariats et des réseaux
    • Science et données, comme les priorités de recherche, la modélisation de scénarios, la communication de données, la science ouverte, la science de la mise en œuvre
    • Capacité scientifique, y compris l’expertise et le soutien dans de multiples disciplines et partenariats
    • Avis scientifiques, comme les données probantes, l’évaluation des risques, la gestion des conséquences directes et indirectes, la capacité des récepteurs
    • Communication, y compris le risque et l’incertitude, favorisant un comportement protecteur
  2. Quels sont les pratiques exemplaires, les modèles ou les cadres qui devraient être envisagés pour le Canada aux fins de la prestation rapide et transparente de données scientifiques et d’avis scientifiques dans ce contexte?
  3. À l’avenir, quelles sont vos principales recommandations (de 3 à 5 recommandations) pour améliorer l’intégration de la science et des avis scientifiques dans la prise de décisions afin d’appuyer la préparation, l’intervention et le rétablissement en cas d’urgence au Canada?
  1. Mot de la fin – Mme Nemer (17 h 55 à 18 h – 5 minutes)


 

Version définitive – 24 novembre 2023