Laboratoire 101 : Que faut-il pour entreposer les agents pathogènes les plus dangereux au monde?

Ebola, Lassa et Nipah sont des virus à l’origine de certaines des maladies faisant le plus de ravages dans le monde. Vous êtes-vous déjà demandé comment et où les scientifiques canadiens étudiaient ces agents extrêmement infectieux? Ceux-ci sont entreposés et manipulés dans les laboratoires assurant le niveau de confinement le plus élevé et respectant les normes de sécurité les plus strictes. On les appelle les laboratoires de niveau de confinement 4 (NC4). Les seuls laboratoires de NC4 au Canada se trouvent au Centre scientifique canadien de santé humaine et animale (CSCSHA), situé à Winnipeg, au Manitoba.

Ce centre abrite le Laboratoire national de microbiologie de l’Agence de la santé publique du Canada et le Centre national des maladies animales exotiques de l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Il est le premier au monde à regrouper des laboratoires de NC4 pour la recherche sur la santé humaine et sur la santé animale.

Principes essentiels des niveaux de confinement

Les maladies, les virus et les bactéries font l’objet de recherches, d’études et de manipulations dans des laboratoires dont le niveau de sûreté et de sécurité est le plus adéquat pour prévenir les maladies et les éclosions. Le niveau de confinement est déterminé en fonction des différentes mesures de sécurité en place, notamment l’équipement et les caractéristiques physiques du laboratoire. Plus le niveau de confinement est élevé, plus il y a de mesures de sécurité.

La plupart des laboratoires du CSCSHA sont de niveau de confinement 2 (NC2) et 3 (NC3), tandis qu’environ 5 % seulement sont de NC4. Si cette proportion peut sembler faible, les travaux effectués dans cette installation sont reconnus mondialement comme étant à l’avantgarde de la recherche sur les maladies infectieuses.

Différences entre les niveaux de confinement

Photo : Des scientifiques travaillant dans un laboratoire de NC2

Des scientifiques travaillant dans un laboratoire de NC2

Les laboratoires de NC2 sont très courants et se trouvent souvent en milieu hospitalier. Dans ces laboratoires, les employés stérilisent l’équipement et portent des gants, un sarrau et des lunettes de protection. Ils peuvent travailler dans des enceintes de sécurité biologique afin d’éviter d’être exposés à des agents pathogènes. Les agents pathogènes étudiés dans les laboratoires de NC2 se transmettent le plus souvent par injection ou ingestion. Citons à titre d’exemples le virus de l’herpès, E. coli et les salmonelles.

Photo : Une scientifique portant un vêtement de protection individuelle dans une enceinte de biosécurité d’un laboratoire de NC3

Une scientifique portant un vêtement de protection individuelle dans une enceinte de biosécurité d’un laboratoire de NC3

Les laboratoires de NC3 comportent des mesures de sûreté et de sécurité supplémentaires parce qu’on y conserve des agents pathogènes plus infectieux, comme les bacilles du charbon et de la tuberculose et le virus du Nil occidental. Même une petite dose de ces agents peut causer une maladie grave. L’air des laboratoires de NC3 est purifié, et les scientifiques doivent prendre une douche avant de sortir. De plus, comme pour tous les niveaux, les déchets sont désinfectés avant de quitter l’installation.

Photo : Un scientifique en combinaison de NC4 décontaminant des déchets

Un scientifique en combinaison de NC4 décontaminant des déchets

Pour le NC4, tout le laboratoire est entouré de murs supplémentaires prévenant toute fuite possible. Imaginez une boîte à l’intérieur d’une autre boîte. Les scientifiques ont leur propre approvisionnement en air et prennent une douche chimique afin de décontaminer leur combinaison. Grâce à des zones de pression négative, l’air circule constamment en direction du laboratoire lorsqu’une porte s’ouvre. Quand le Canada doit se préparer à des éclosions mondiales mortelles provoquées par des agents comme les virus Ebola, Lassa et Nipah, c’est dans les laboratoires de NC4 que s’effectue la recherche.

Photo : Salle de filtres HEPA purifiant l’air d’un laboratoire

Salle de filtres HEPA purifiant l’air d’un laboratoire

Quel que soit le niveau de confinement du laboratoire, les précautions nécessaires sont toujours prises afin d’assurer la sécurité des scientifiques qui s’emploient à protéger et à améliorer la santé des personnes au Canada comme ailleurs.

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