3. Initiatives recommandées : Une communauté coordonnée de la technologie et des sciences de la mer

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Lors de la deuxième journée, les participants ont pris part à des discussions ciblées visant à formuler des recommandations sur la manière d'élaborer une marche à suivre mieux coordonnée en matière de TSM au Canada. Les discussions ont été orientées par cinq thèmes clées (tableau 1). L'objectif de l'exercice était d'amener la communauté canadienne de TSM à définir, pour chacun des thèmes, des initiatives concrètes que l'Alliance pourrait entreprendre afin de favoriser l'avancement de la coordination de la TSM au Canada.

Tableau 1 : Thèmes clées et questions connexes considérées par les participants lors des séances de discussions ciblées
Thème Question
1. Financement et priorités communes À titre de communauté, que devons-nous faire pour harmoniser les efforts, les projets d'avenir et le financement associé à nos priorités communes?
2. Infrastructures Que devons-nous faire pour améliorer le partage des infrastructures?
3. Politiques, réglementation et prise de décisions publiques Comment pouvons-nous améliorer la capacité des ministères à internaliser et à canaliser les résultats des sciences de la mer découlant de travaux réalisés à l'extérieur du gouvernement pour aboutir à des politiques, règlements et prises de décisions publics plus éclairés?
4. Commercialisation du savoir et de la technologie Comment pouvons-nous renforcer les liens au sein du système d'innovation de l'industrie océanographique afin d'améliorer la commercialisation du savoir et de la technologie?
5. Forums internationaux Comment pouvons-nous améliorer notre engagement en tant que communauté des sciences de la mer au Canada avec des buts et des objectifs communs dans les forums internationaux?

Deux discussions ont été tenues pour répondre à chacune des questions. Les participants devaient décrire leur futur idéal pour la TSM au Canada et définir les initiatives essentielles pour y parvenir. Le futur idéal se définit par les forces, les accomplissements et les effets que les participants désirent voir se produire d'ici 2020 et au-delà. Les initiatives représentent les actions concrètes proposées pour concrétiser le futur idéal. Le présent résumé intègre les réponses des deux groupes ayant abordé chacune des questions. Dans certains cas, les réponses à des questions différentes ont mené à des solutions semblables, reflétant un consensus croissant sur les mesures à prendre pour améliorer la coordination en matière de TSM au Canada.

 

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1. Harmonisation des efforts, des plans et du financement autour de priorités communes.

Question

À titre de communauté, que devons-nous faire pour harmoniser les efforts, les projets d'avenir et le financement associé à nos priorités communes?

Futur idéal

La communauté TSM s'est ralliée à une vision commune et inclusive entérinée par les membres et les décideurs. Une compréhension mutuelle et une harmonisation accrues ont facilité la mise à profit des actifs. Les mécanismes de financement de la recherche et des infrastructures sont mieux harmonisés et appuient efficacement le partage et l'utilisation de ces infrastructures. Les ressources (p. ex. l'information et les installations) et les coûts (p. ex. d'entretien) sont partagés. L'AROC facilitant la communication et créant des liens plus étroits, les organismes de financement investissent davantage dans le secteur, reconnaissant la valeur d'une meilleure collaboration. La coordination de la recherche par l'intermédiaire de l'AROC, notamment des activités en mer nationales et internationales, a permis d'améliorer la crédibilité du Canada dans les rencontres internationales. Les projets de l'AROC pour l'avenir bénéficient de l'appui du public, les Canadiens étant mieux renseignés sur la durabilité de nos océans.

Initiatives proposées

Afin de parvenir à ce modèle de financement harmonisé, inclusif et efficace, les initiatives suivantes ont été proposées :

Préalablement aux initiatives ci-dessous, afin d'harmoniser les efforts, un exercice préliminaire devrait être entrepris afin de s'assurer que les mandats des différents groupes ont été partagés et compris par les membres des communautés, que les priorités ont été harmonisées, et les lacunes résolus.

Un bureau de coordination pourrait tenir un inventaire des programmes et des outils de tous les partenaires, reconnaissant la contribution unique de chacun d'entre eux et réduisant les dédoublements. Un processus permettant d'intégrer les avis scientifiques pourrait être amorcé.

Un plan stratégique de l'AROC pourrait comprendre les projets en TSM définis par les intervenants clés, y compris les collectivités autochtones, ainsi qu'un processus de mobilisation prévoyant des réunions régulières et des séances de discussion ouvertes pour obtenir leurs commentaires au début des projets de recherche. En reflétant mieux les positions, besoins et intérêts des intervenants clés, l'Alliance pourrait bénéficier d'un plus grand soutien de la part des intervenants communautaires.

Un modèle de financement scientifique incluant les besoins en actifs, en effectifs et en formation pour l'ensemble des membres de l'AROC assurerait une harmonisation entre l'enveloppe des actifs des infrastructures et les activités liées aux projets scientifiques, ainsi qu'une mobilisation et une participation plus efficaces des intervenants communautaires et autochtones.

Les investissements dans les secteurs stratégiquement importants pour le Canada, tels que l'Arctique, devraient être préservés et renforcés. Cela pourrait se faire au moyen de réseaux, nouveaux ou existants. Le rôle de l'AROC pourrait être de fournir un leadership canadien proactif, avisant les organismes de financement des priorités de recherche en sciences de la mer. Il est nécessaire de déterminer les domaines dans lesquels le Canada joue un rôle de leader en recherche et d'en faire des priorités afin d'accentuer davantage leur effet mondial. Le programme-cadre pour la recherche et l'innovation de l'Union européenne « Horizon 2020 » constitue un exemple d'occasion de collaboration internationale qui pourrait aider à définir les investissements dans un contexte canadien.

Il pourrait s'agir d'un projet pilote visant à démontrer comment l'AROC pourrait constituer un mécanisme permettant de relier des résultats économiques, sociaux et de conservation. Assurer la santé et la productivité des océans en établissant des ZPM constitue une priorité importante pour le Canada, et le gouvernement est en train de désigner de nouvelles ZPM.

  1. Collecte d’information et analyse des lacunes
  2. Mettre en place un bureau de coordination pour communiquer les besoins en recherche du gouvernement aux chercheurs externes à ce dernier et cibler (et aider à bonifier) les programmes de financement pour des besoins en recherche précis du gouvernement.
  3. Lancer une initiative d'engagement de la communauté, dans laquelle les collectivités autochtones seront des intervenants clés.
  4. Élaborer un plan de financement quinquennal pour la recherche et les infrastructures liées aux océans.
  5. Préserver et renforcer les investissements dans les secteurs stratégiquement importants pour le Canada et harmoniser le financement avec les propositions de collaboration internationale.
  6. Investir dans les points névralgiques environnementaux marins et les approches innovantes dans la création de zones de protection marine (ZPM).
 

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2. Infrastructures

Question

Que devons-nous faire pour améliorer le partage des infrastructures? Note de bas de page 1

Futur idéal

Le Canada a conçu un plan à long terme, résilient et allant au-delà des priorités gouvernementales et politiques à court terme pour les infrastructures de classe mondiale liées aux océans.

Un processus collaboratif amélioré pour l'établissement des priorités, la définition des enjeux et la planification de la recherche permet de déterminer les besoins en infrastructures. Avec l'ajout de nouveaux navires, la communauté gère les infrastructures de manière collective. Certaines ressources et infrastructures partagées liées aux océans, telles que la Station de recherche du Canada dans l'Extrême-Arctique, seront ouvertes par Savoir polaire Canada en 2017. Les intervenants ont une bonne connaissance des inventaires et de la capacité des partenaires, et des mécanismes efficaces sont en place pour gérer, partager et stocker les données. Le partage d'infrastructures a fait naître des partenariats productifs. Des solutions peu coûteuses et créatives aux enjeux en matière d'infrastructures maximisent la valeur des capacités existantes, pendant que se poursuit la recherche de manières améliorées de développer de nouvelles capacités.

Initiatives proposées

Afin de mettre à exécution ce plan résilient et à long terme concernant les infrastructures de classe mondiale liées aux océans, les initiatives suivantes ont été proposées :

Cet inventaire pourrait permettre de créer un lexique et des outils communs pour analyser les lacunes, cette analyse permettant à son tour une meilleure planification pluriorganisationnelle des campagnes scientifiques. Une base de données consultable en ligne pourrait être créée, afin de connaître les installations scientifiques intéressées par une collaboration pluriorganisationnelle, les capacités et actifs dont elles disposent, et de fournir le nom des personnes ressources avec lesquelles communiquer pour obtenir des précisions. Véritable guichet unique, elle améliorerait l'accès à la multitude de ressources des membres de l'AROC, telles que les données et les navires, et réduirait le dédoublement des efforts de recherche.

Un tel répertoire ouvert de ressources et de produits de TSM pourrait permettre de parvenir à une compréhension commune de l'ampleur de l'environnement marin canadien, et mener à de nouvelles collaborations et de nouveaux partenariats. Il faudrait mettre en place des normes transparentes sur l'accès et les coûts, ainsi qu'un processus de réservation simplifié. Les composantes de soutien et de formation doivent également être prises en compte lorsqu'elles font appel aux collectivités et aux intervenants autochtones. Le système de navigateur de recherche de la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI) pourrait être étendu aux ministères fédéraux et faire office de point de départ.

La mise en place d'un forum bien implanté où auraient lieu la collaboration scientifique et les discussions sur les infrastructures doit constituer un élément explicite du mandat de l'AROC. La participation étroite des partenaires est importante pour aborder les questions d'affectation des ressources et d'optimisation avec différents partenaires gouvernementaux et non gouvernementaux, aux modèles de financement et de gouvernance différents. L'AROC pourrait proposer des mécanismes pour discuter des priorités en matière d'équipement au sein d'un groupe de coopération qui pourrait définir les besoins communs en infrastructures, puis procéder à l'achat d'équipement. Un processus coordonné et des outils de financement pourraient être mis au point pour louer ou acquérir des navires ou du temps-navire aux fins de missions scientifiques. Les solutions ponctuelles (hautement spécifiques) et plus générales (systémiques) doivent être envisagées. Davantage de temps-navire pour permettre davantage de recherche devrait constituer un résultat à court terme.

En ce qui concerne la propriété et la gestion conjointe des infrastructures, l'Institut océanographique de Bedford (IOB), en partenariat avec Ressources naturelles Canada (RNCan) et Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC) étudie actuellement un concept de centre pluriorganisationnel pour les systèmes maritimes intelligents.

Un modèle de financement scientifique incluant les besoins en actifs, en effectifs et en formation pour l'ensemble des membres de l'AROC assurerait une harmonisation entre l'enveloppe des actifs des infrastructures et les activités liées aux projets scientifiques, ainsi qu'une mobilisation et une participation plus efficaces des intervenants communautaires et autochtones.

  1. Créer un inventaire national consultable des expertises, activités, priorités, ressources et actifs en lien avec la recherche en sciences de la mer, accompagné d'outils en ligne afin d'encourager chacun à partager l'information sur la recherche ou les infrastructures.
  2. Faire des infrastructures un élément explicite du mandat de l'AROC, et créer un groupe de travail et un forum où pourraient être tenues des discussions sur le partage des infrastructures visant à étudier des mécanismes novateurs pour l'utilisation, le financement et la gestion des infrastructures pluriorganisationnelles.
  3. Élaborer un plan de financement quinquennal pour la recherche et les infrastructures liées aux océans
 

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3. Politiques, réglementation et prise de décisions publiques

Question

Comment pouvons-nous améliorer la capacité des ministères à internaliser et à canaliser les résultats des sciences de la mer découlant de travaux réalisés à l'extérieur du gouvernement pour aboutir à des politiques, règlements et prises de décisions publics plus éclairés?

Futur idéal

Le gouvernement utilise les résultats de la recherche océanique obtenus à l'externe en les intégrant à sa base de données probantes, et les ministères disposent de stratégies afin d'internaliser la manière dont ces résultats externes de TSM servent à orienter les politiques. Les réseaux contribuent à des activités collaboratives efficaces et à l'intégration entre le gouvernement et les organismes externes. La relation entre le Service canadien des glaces (SCG) et l'Agence spatiale canadienne (ASC) constitue un exemple de cette dynamique, dans laquelle l'ASC sert de canal permettant l'accès à l'ensemble de l'industrie et du domaine du savoir de l'aérospatiale. Dans l'avenir, les mécanismes de partage du savoir et les gains d'efficacité déjà en place entre le gouvernement, l'industrie et le secteur universitaire seront pleinement mis à profit, générant un niveau élevé de collaboration et de confiance. Le secteur universitaire s'assurera également que ses recherches s'inscrivent dans les domaines de priorité du MPO et qu'elles sont conformes aux considérations dictées par les politiques publiques et les besoins des utilisateurs, du gouvernement comme de l'industrie. Des systèmes de communication robustes comprenant des discussions collaboratives sur les priorités et des normes sur l'accès et la gestion des données sont en place pour faciliter l'engagement communautaire et la coordination des besoins en recherche.

Initiatives proposées

En vue d'améliorer la capacité des ministères à internaliser et canaliser les résultats de la recherche en sciences de la mer de la communauté dans son ensemble, les initiatives suivantes ont été proposées :

Des occasions complémentaires au MPO pourraient être créées pour les chercheurs externes, afin d'harmoniser les programmes de recherche du gouvernement fédéral et ceux des organismes non gouvernementaux. L'encouragement du déplacement de personnel scientifique entre le gouvernement et le milieu universitaire permettrait de nouer des relations personnelles et des réseaux au-delà des frontières organisationnelles, et de stimuler une meilleure harmonisation des programmes scientifiques et des priorités de recherche.

Un événement annuel officiel pourrait devenir un complément à l'infrastructure de l'AROC permettant d'atteindre l'objectif de synchronisation des activités scientifiques internes et externes. En d'autres mots, il s'agirait d'un espace cordonné et pluriorganisationnel, dans lequel les scientifiques universitaires pourraient collaborer plus étroitement avec les scientifiques du MPO et présenter leurs résultats de recherche à la communauté et aux utilisateurs du MPO. Des tables rondes d’experts scientifiques pourraient répondre à des questions précises, par exemple : « Le climat a-t-il une influence sur les conditions de pêche sur la côte Est? »

En s'inspirant du modèle déjà en place pour les sciences sociales au Canada, des groupes de mobilisation du savoir pourraient être constitués au sein du gouvernement afin de favoriser l'échange d'information. Un point d'accès permettant de porter les résultats scientifiques à l'attention du gouvernement pourrait être créé et servir de guichet unique pour la réception et l'acheminement du savoir là où il est requis.

  1. Mettre en place un programme de bourses en politiques
  2. Tenir une conférence annuelle de l'AROC dans laquelle les priorités du gouvernement pourraient être présentées avec les avancées en matière de recherche.
  3. Constituer un groupe de mobilisation du savoir au sein du gouvernement

La création d'une culture de la communication a également été soulignée à titre de facteur habilitant pour aborder cette question et est traitée plus en détail à la section 6.

 

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4. Commercialisation du savoir et de la technologie

Question

Comment pouvons-nous renforcer les liens au sein du système d'innovation de l'industrie océanographique afin d'améliorer la commercialisation du savoir et de la technologie?

Futur idéal

Le Canada demeure un leader mondial dans la collecte de données océanographiques. Ces données sont rendues publiques en temps réel, et les membres de la communauté scientifique sont formés pour les utiliser. Les données ouvertes aident à résoudre l'enjeu de la commercialisation en contribuant à alimenter les entreprises privées désirant mener des recherches et à générer des activités commerciales dans ce domaine. Les nouvelles technologies font avancer la science et créent des opportunités à l'échelle mondiale pour les technologies océaniques canadiennes. L'industrie établit plus rapidement des liens avec les chercheurs et est en mesure de générer des connaissances pouvant être commercialisées.

Les acteurs essentiels répertoriés dans la commercialisation du savoir et de la technologie trouvent des manières créatives d'accroître le potentiel du marché. L'engagement et la participation des communautés et des utilisateurs de la TSM ont apporté de la résilience au système. Un système plus résilient d'innovation dans les sciences de la mer a également généré de nouveaux investissements. La commercialisation sur des marchés plus importants soutient en retour la recherche et la technologie dans une relation cyclique bénéfique.

Des communications améliorées et des réseaux intégrés qui relient les ministères, les provinces, les organisations autochtones et les PME de l'ensemble du pays attirent l'attention sur les enjeux nationaux, permettent de mieux tirer parti des experts et créent de nouvelles possibilités de carrière dans le domaine de la TSM.

Initiatives proposées

Afin d'améliorer la commercialisation du savoir et de la technologie issus des sciences de la mer, les initiatives suivantes ont été proposées :

Un bureau de coordination ou un groupe de mobilisation du savoir devrait être créé afin de porter les résultats scientifiques à l'attention du gouvernement. Il pourrait servir de guichet unique pour la réception, l'examen exhaustif, et l'acheminement du savoir là où celui-ci est requis. On suggère également de créer un espace coordonné, dans lequel les chercheurs gouvernementaux pourraient collaborer avec les scientifiques externes afin de définir les questions de recherche, d'organiser la collecte de données, de gérer l'accès libre aux données, de définir à l'avance les plans de travail et de s'assurer que les produits issus de la recherche sont utilisés. Cette suggestion est également pertinente pour les thèmes 1 et 3. De la même manière, une participation plus concrète des PME et des utilisateurs, grâce à des événements de réseautage menés dans les centres nationaux, accélérerait l'adoption des nouvelles technologies par les communautés de chercheurs. Aider les PME à nouer des liens avec les chercheurs menant des activités pertinentes pour leur domaine permettrait de commercialiser davantage la recherche, d’accélérer l’adoption de nouvelles technologies, d'améliorer l'information utilisée dans la prise de décisions, de créer davantage d'emplois et d'exporter davantage, et enfin d'améliorer les conditions environnementales.

Se concentrer à long terme et à l'échelle nationale sur des technologies assurant l'interface entre la science et l'ingénierie, plutôt que sur des initiatives de recherche individuelles, permettrait d'avoir suffisamment de temps pour que les collaborations entre scientifiques et ingénieurs passent de l'idée à la commercialisation. Il faudrait désigner des experts pour œuvrer à des projets transdisciplinaires afin de résoudre des problèmes complexes, ce qui permettrait de renforcer l'utilisation durable des ressources océaniques et d'améliorer la sécurité maritime. Le fait de mettre l'accent sur les enjeux cruciaux, comme le financement des organismes, des universités et des ministères permettrait de développer le leadership canadien, en science comme en ingénierie.

Le Canada devrait jouer un rôle de leader dans le lancement, la planification et le financement de projets conjoints internationaux en TSM. Il devrait également être proactif dans la promotion de la technologie canadienne à l'étranger. Par exemple, l'AROC pourrait faire la promotion de la nouvelle Ocean Technology Alliance of Canada (OTAC), qui appuie les entreprises œuvrant au perfectionnement de la technologie océanique. Le Canada fait figure de référence en matière de technologie de capteurs de la surface océanique. L'OTAC et l'AROC pourraient collaborer avec des PME de l'ensemble du pays pour développer la technologie, puis la mettre à l'essai dans différents environnements. La création de programmes scientifiques internationaux et la mise en place d'information transférable à l'échelle mondiale constitueraient des contributions canadiennes précieuses aux activités scientifiques internationales. Au-delà de 2020, l'une des réussites prévues serait que le Canada ait créé des postes internationaux d'étudiants aux cycles supérieurs et au niveau postdoctoral dans des projets de TSM. Cette réalisation serait également pertinente pour le thème 5.

  1. Établir un mécanisme de communication et de coordination entre les chercheurs ayant besoin de nouvelles technologies maritimes et les PME qui conçoivent les technologies, afin de mettre l'accent sur l'accélération du transfert du savoir et du développement technologique.
  2. Déterminer les enjeux nationaux dans le domaine du développement des technologies maritimes
  3. Cerner de nouvelles technologies canadiennes pouvant être élaborées et mises à l'essai dans le cadre d'une coopération science-ingénierie.

Une stratégie concernant les données et l'information océanographiques a également été définie comme fondamentale, intersectorielle et influant sur la commercialisation. Elle est décrite à la section 6 ci-après.

 

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5. Forums internationaux

Question

Comment pouvons-nous améliorer notre engagement en tant que communauté des sciences de la mer au Canada avec des buts et des objectifs communs dans les forums internationaux?

Futur idéal

Le Canada est bien représenté par des experts dans les principaux forums internationaux et parle d'une seule voix qui représente la vision de la communauté de la recherche océanique. Les occasions de participer à des conférences et des réunions sont identifiées, priorisées et coordonnées. L'AROC collabore avec d'autres groupes au Canada et avec Affaires mondiales Canada afin de déterminer les points d'entrée dans quelques réunions précises et d'optimiser la représentation. Les priorités canadiennes en recherche océanique documentent et déterminent les engagements internationaux (p. ex. avec des réseaux tels que le Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM) et l'Organisation des sciences de la mer pour le Pacifique Nord (PICES).

L'AROC joue un rôle de leader dans la coordination de la participation nationale aux conférences internationales « Our Ocean ». Les connaissances acquises par les délégués participant aux conférences internationales sont ensuite diffusées dans tout le Canada. Des priorités de recherche adéquatement financées et des relations bien établies avec la communauté des PME au Canada constituent les clés de ce succès. Les Canadiens sont toujours recherchés à titre de leaders mondiaux et de partenaires dans des projets internationaux. L'AROC collabore avec les dirigeants de pays développés comme en voie de développement afin d'augmenter les ressources partagées dans le cadre d'initiatives de recherche bénéficiant d'un financement important.

Initiatives proposées

Afin de permettre la pleine participation de la communauté TSM à l'échelle internationale, on a proposé les initiatives suivantes :

En consultation avec la communauté scientifique dans son ensemble, et avec la collaboration des ministères et organismes à vocation scientifique, créer un secrétariat international de l'AROC pour aider à déterminer les liens entre la recherche et les priorités canadiennes et internationales. Il s'agirait d'un point de départ pour l'élaboration d'un calendrier de mobilisation en vue d'une participation stratégique à des forums internationaux. Les étapes de l'établissement du secrétariat pourraient comprendre l'élaboration d'un calendrier des événements, un site Web ou des communications sur les médias sociaux, une stratégie de marketing pour établir de nouveaux projets conjoints et, si nécessaire, des propositions visant à obtenir des ressources supplémentaires.

Cette initiative consoliderait la place du Canada sur la scène mondiale, auprès des pays développés comme en voie de développement, et le ferait progresser au classement des pays exerçant une influence internationale. Des messages plus uniformes et une plus large diffusion de l'information sur la TSM permettraient de rejoindre le grand public, qui se préoccuperait davantage de la durabilité des océans mondiaux. L'efficience générée par une meilleure coordination et un meilleur partage de l'information entre l'industrie, le gouvernement et les scientifiques universitaires, au Canada comme à l'échelle internationale, permettrait au pays de profiter d'une plus grande part de l'économie mondiale des océans. L'augmentation du nombre de co-publications, de brevets conjoints et de collaborations internationales pourrait constituer une mesure du succès obtenu.

L'AROC pourrait également jouer un rôle de leader en cernant les nouvelles technologies canadiennes pouvant faire l'objet d'une promotion à l'échelle internationale.

Afin d'influencer le plus possible les positions internationales liées à la gestion des sciences de la mer, le Canada pourrait parrainer une conférence internationale sur les océans au Canada, telle que le CIEM, PICES ou la conférence Our Ocean. Cette proposition pourrait attirer au Canada une expertise internationale, renforcer la mobilisation et faire la lumière sur ce que les Canadiens peuvent faire pour résoudre les difficultés liées aux océans à l'échelle mondiale.

  1. Élaborer une approche coordonnée pour la participation aux forums internationaux en priorisant les points d'entrée, en mettant au point un calendrier de mobilisation, en faisant participer tous les ministères pertinents (y compris Affaires mondiales) et en diffusant l'information aux publics cibles.
  2. Envoyer des délégués aux forums internationaux tels que le Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM), l’organisation North Pacific Marine Science (PICES) et la conférence Our Ocean Proposer que le Canada soit l'hôte de la conférence Our Ocean en 2020, après Malte, l'Indonésie et la Norvège.
 

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6. Stratégies de base et habilitantes

Des principes directeurs et des éléments fondamentaux nécessaires à la réussite de l'évolution de l'Alliance ont découlé des discussions. L'importance d'intégrer les éléments ci-dessous a été reflétée dans les initiatives recoupant les cinq thèmes clées de l'atelier :

  • Harmonisation
  • Inclusivité
  • Communication
  • Organisation
  • Données ouvertes
  • Résilience

Afin de refléter ces principes généraux, les initiatives suivantes, définies par les participants, sont présentées à titre de stratégies de base et habilitantes pouvant aider à orienter la mise en œuvre de l'AROC.

Il faudrait étudier les modèles existants (p. ex. Réseau Québec maritime, Réseau canadien de recherche des pêches, les réseaux centres d'excellence du Canada, JPI Oceans, etc.) afin d'évaluer les facteurs maximisant les retombées et établir un cadre de référence pour un modèle inclusif de l'AROC.

Établir des communications régulières entre les gouvernements, les organismes autochtones des sciences de la mer, les universités et les organismes non gouvernementaux, en vue de favoriser l'intégration du savoir et les compétences de tous les intervenants en appui aux prises de décisions. Une culture de la communication améliorée soutiendrait la coordination de la « vue d'ensemble » des occasions d'innover, plutôt que de projets fragmentés.

Créer un secrétariat pour soutenir l'AROC dans ses efforts de collaboration, d'intégration, de réseautage et de partage de données.

Cette initiative rassemblerait une vaste communauté d'utilisateurs afin de définir leurs besoins en information et les stratégies permettant de combler ces besoins : au niveau des données ouvertes, des analyses, et des modèles. Les participants seraient des représentants universitaires, des ministères fédéraux, des collectivités côtières et autochtones, des PME et d'entreprises plus grandes. Une mobilisation accrue des utilisateurs rendrait la recherche scientifique plus pertinente et plus résiliente. Une stratégie relative aux données et à l'information océanographiques, construite sur la base du concept des données ouvertes, soutiendrait les politiques publiques, les infrastructures et la commercialisation.

  1. Bâtir une AROC inclusive, flexible et résiliente à partir des modèles existants, en commençant par le cadre de référence.
  2. Établir et perfectionner des mécanismes de communication réguliers et instaurer une culture de la communication.
  3. Mettre sur pied un secrétariat en soutien à l'AROC.
  4. Élaborer une stratégie concernant les données et les renseignements océanographiques afin d'améliorer la compréhension des océans et la prise de décisions fondée sur des données probantes au Canada.

La séance plénière finale de l'atelier comprenait une discussion visant à cerner les initiatives proposées qui constituent des « éléments à mise en place rapide », c'est-à-dire des éléments à la fois essentiels à la création d'une AROC et devant être amorcés dans les plus brefs délais. Le groupe a cité l'établissement d'un secrétariat de l'AROC (fonctions de coordination, de soutien et de communications), la mobilisation des intervenants autochtones, l'inventaire et l'analyse des lacunes des infrastructures, l'élaboration d'une stratégie relative aux données et à l'information océanographiques, ainsi que l'analyse de l'engagement canadien actuel dans les forums internationaux comme des « éléments à mise en place rapide » pour l'AROC.

 

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