Voici la nouvelle directrice de la Division des sciences autochtones d’ECCC

Madame Myrle Ballard (D. Sc.) s’est jointe à Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) pour former la toute première Division des sciences autochtones du Ministère. Madame Ballard est une employée de l’Université du Manitoba qui participe à un programme d’échange de travail d’un an, dans le cadre duquel elle dirige une équipe permanente ici au Ministère pour faire progresser la réconciliation au sein des activités scientifiques et de recherche d’ECCC. ECCC est d’ailleurs le premier ministère fédéral à se doter d’une telle division. Dans cet article, madame Ballard nous en dit plus sur ce travail tout aussi stimulant qu’important.


Le plus grand défi de madame Myrle Ballard pourrait aussi devenir sa plus grande réussite dans ses nouvelles fonctions de directrice de la nouvelle Division des sciences autochtones à ECCC. « L’objectif est de mieux faire connaître les sciences autochtones au sein du Ministère », affirme-t-elle. « Il existe d’autres systèmes de connaissances qui peuvent être tout aussi efficaces que les connaissances occidentales. » Il ne sera pas facile de favoriser cette prise de conscience, mais ce sera un indicateur de réussite dans son mandat visant à aider le Ministère à comprendre que la science autochtone est un système de connaissances distinct, éprouvé et méthodique qui enrichira et viendra compléter la science occidentale.

De nouveaux horizons

La mise sur pied de cette division permanente à ECCC fait partie de l’engagement du Canada à l’égard de la réconciliation et fait suite à l’appel à l’action lancé par la Commission de vérité et réconciliation du Canada, qui réclamait que les modes de connaissances autochtones soient inclus dans les activités gouvernementales et universitaires. « L’ajout de madame Ballard à notre équipe va au-delà des obligations du gouvernement du Canada à l’égard de la réconciliation : les peuples autochtones sont nos partenaires naturels dans le domaine de l’environnement, et leurs nombreuses connaissances peuvent être bénéfiques à nos activités scientifiques et de recherche alors que nous travaillons ensemble à assurer la protection de l’environnement et des espèces sauvages, à accroître la conservation et à lutter contre les changements climatiques », affirme Marc D’Iorio, sous-ministre adjoint de la Direction générale des sciences et de la technologie.

Qu’est-ce que la science autochtone?

Les termes savoir autochtone, savoir local et savoir traditionnel sont souvent utilisés pour décrire les systèmes de connaissances des peuples autochtones. Madame Ballard précise toutefois que ces termes sont très larges et peuvent englober tout ce qui va des soins aux enfants à la façon de bâtir des logements traditionnels. Elle affirme qu’il est important de différencier la science autochtone de ces autres termes, afin de pouvoir la traiter sur un pied d’égalité avec la science occidentale. « La science autochtone se rapporte aux connaissances que les peuples autochtones possèdent au sujet de l’environnement et des écosystèmes », explique-t-elle. « Il s’agit des connaissances qui leur ont permis de survivre depuis des temps immémoriaux, notamment en ce qui concerne les plantes, la météo, le comportement des animaux et leurs habitudes de vie, les oiseaux et l’eau – voilà comment ils ont pu survivre. » Pendant son affectation d’un an à ECCC dans le cadre du programme d’échange, madame Ballard prévoit appliquer aux systèmes de connaissances le concept de l’équité, de la diversité et de l’inclusion, qui est généralement associé aux pratiques d’embauche, afin que la science autochtone soit traitée avec le même respect que la science occidentale.

Au confluent de trois mondes

Madame Ballard vous dira qu’elle est issue d’une combinaison de trois mondes. Son premier monde est celui de son enfance, elle qui a grandi en participant activement à la vie dans la réserve, en parlant l’anishinaabemowin, sa langue maternelle. Le second, c’est le monde de la science occidentale, puisqu’elle a obtenu un doctorat en gestion des ressources naturelles et de l’environnement. Son troisième monde est celui de l’université et du gouvernement. En effet, Madame Ballard est professeure à l’Université du Manitoba, et ses recherches sont axées sur la triple perspective ainsi que sur l’utilisation des langues autochtones comme indicateur de base des modifications de l’écosystème. Grâce à cette combinaison d’expériences de vie, elle parvient à faire des liens et à se créer une vision d’ensemble, tout en comprenant les diverses perspectives. « L’arrivée de madame Ballard à la Direction générale des sciences et de la technologie est un jalon important, » selon Joanne Volk, directrice générale de la Direction des stratégies en sciences et technologie. « Elle arrive à un moment où nous tentons d’incorporer davantage les perspectives autochtones dans notre travail en créant une nouvelle équipe qui fera avancer nos efforts de réconciliation au sein de nos activités scientifiques et de recherche. Nous sommes impatients de travailler avec madame Ballard et son équipe. »

Si madame Ballard travaille encore à former la Division des sciences autochtones à ECCC, sa vision commence tout de même à prendre forme. Elle prévoit notamment démystifier des concepts comme l’établissement de liens entre les systèmes de connaissances, le tissage des connaissances et l’intégration des connaissances, pendant que les chercheurs d’ECCC et les partenaires autochtones poursuivent leurs collaborations scientifiques et que de nouvelles relations de travail sont formées pour réaliser le mandat du Ministère visant à protéger et à conserver des populations saines d’espèces sauvages dans l’ensemble du Canada et à réduire au minimum les menaces pour les Canadiens et leur environnement. Selon madame Ballard, le Ministère est en train d’établir des liens entre les systèmes de connaissances en instaurant cette nouvelle division afin que la perspicacité de la science autochtone vienne enrichir la science occidentale au sein du Ministère. L’établissement de liens sera suivi du tissage des connaissances, c’est-à-dire que les personnes qui parcourent le territoire, comme les pêcheurs ou les chasseurs, seront les premiers à remarquer toute modification des eaux ou des espèces sauvages. Il restera ensuite à intégrer les connaissances, c’est-à-dire que la science autochtone sera incorporée dans l’approche du Ministère en tant qu’outil pour répondre aux problèmes environnementaux et assurer la gestion des espèces.

« Je suis extrêmement emballée de créer cette division », affirme madame Ballard. « Il s’agit de la toute première division de ce genre, et elle servira de modèle pour d’autres à venir au sein du gouvernement fédéral. Ce projet est vraiment novateur