Des traces de pas dans la neige : Mobiliser le Nord pour éradiquer la tuberculose

La tuberculose, une maladie évitable et pouvant être guérie, ne se transmet pas facilement d’une personne à l’autre. Bien que les taux de tuberculose au Canada soient parmi les plus faibles au monde, cette maladie touche les Autochtones de façon disproportionnée, et surtout les Inuits du Nunavut. Le gouvernement du Canada amplifie ses efforts pour prévenir et combattre la tuberculose évolutive dans les collectivités où le risque est le plus élevé.

Laboratoires mobiles au Nunavut

Le gouvernement du Canada s’associe aux collectivités autochtones, aux provinces, aux territoires et aux municipalités, ainsi qu’à des spécialistes, pour réduire les taux de tuberculose chez les groupes à risque. Il travaille entre autres aux côtés du gouvernement du Nunavut pour exploiter des cliniques communautaires de dépistage et de prévention de la tuberculose dans les collectivités nordiques.

L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a, jusqu’à présent, déployé des experts et de l’équipement du Laboratoire national de microbiologie (LNM) dans trois collectivités du Nunavut afin de faire subir des tests de dépistage de la tuberculose aux familles qui y résident.

Le rôle du LNM est de fournir sur place des services rapides de diagnostic au moyen d’équipement de laboratoire ultramoderne. Les résultats des tests ne se font pas attendre, il suffit de quelques heures pour que les patients atteints de tuberculose évolutive ou latente (en dormance) soient identifiés et reçoivent les traitements adéquats dans leur propre collectivité.

Déploiement de scientifiques du LNM dans le Nord

Scientifique principale spécialiste de la tuberculose au LNM, Kym Antonation, de l’ASPC, compte parmi les premiers intervenants qui ont mis sur pied le premier laboratoire de diagnostic au Nunavut.

« Les déploiements se font bien, mais nous avons rencontré quelques problèmes lorsque nous avons installé le laboratoire mobile pour la première fois », déclare Mme Antonation. « Le très peu de temps dont nous disposions pour la préparation et la mobilisation ainsi que la petite taille des avions, la lourdeur de l’équipement et les températures glaciales sont certains des obstacles que nous avons dû surmonter. »

« Ce fut aussi une expérience unique en son genre », indique Daniel Kein, un autre scientifique de l’ASPC qui a travaillé dans les trois collectivités. « Nous sommes partis du LNM, où nous étudions principalement la bactérie de la tuberculose, et nous nous sommes retrouvés à analyser des échantillons de patients dans un laboratoire de fortune adjacent à une clinique médicale complète. »

« J’ai trouvé que travailler directement avec les infirmières et le personnel du gouvernement du Nunavut dans les cliniques de tuberculose était très gratifiant », raconte Catherine Yoshida, scientifique à l’ASPC. « Tous ces gens sont là parce qu’ils sont dévoués et passionnés, parce qu'ils veulent aider les autres et améliorer la santé publique et l'accès aux soins de santé. »

« De plus, ce fut une expérience tellement enrichissante de pouvoir collaborer avec médecins, infirmières et épidémiologistes, tous sous un même toit, pour changer la vie des gens du Nunavut et leur venir en aide », a ajouté M. Kein.

« Plus important encore, ces cliniques sont un excellent exemple d’intervention où l’on va vers la collectivité pour lui offrir des services au lieu de demander aux gens de partir de chez eux pour se soumettre à des tests et se faire traiter », a conclu Mme Antonation.

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