La demande faite par le Canada en 2019 à la Commission des limites du plateau continental de l’ONU à propos de l’océan Arctique

Jeu-questionnaire… À quoi font référence les éléments suivants?

  • 1,2 M de kilomètres carrés
  • ~1 tonne métrique de pierres
  • 2 100 pages
  • 877 coordonnées exactes
  • 870 figures
  • 120 pages de tableaux
  • 15 missions de levés
  • 13 profils sismiques régionaux de grand format
  • 10 cartes de grand format
  • 2 copies numériques
  • 1 pôle Nord géographique
Réponse : la demande faite par le Canada en 2019 à la Commission des limites du plateau continental de l’ONU à propos de l’océan Arctique

Une demande qui passera à l’histoire

Le jeudi 23 mai à 10 h 30 heure de l’Est, une petite délégation canadienne se trouvait dans la ville de New York. Cette délégation comprenait trois chercheurs de Ressources naturelles Canada - Commission géologique du Canada (CGC) de Dartmouth en Nouvelle-Écosse (Mary-Lynn Dickson, Walta-Anne Rainey et Kai Boggild). Il s’agissait d’un jour historique pour le Canada : Affaires mondiales Canada a présenté notre demande de 2 100 pages sur l’océan Arctique à la Commission des limites du plateau continental (CLCS) en vertu de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS). Cette initiative fait suite à la demande de 2013 concernant le plateau continental dans l’océan Atlantique.

L’océan Arctique est la région du monde pour laquelle le moins de recherches ont été faites. Nos scientifiques ont entrepris 15 missions entre 2006 et 2016 : cinq missions de levés conjointes avec le Danemark, quatre avec les États-Unis et une avec la Suède, ainsi que cinq missions canadiennes indépendantes. Les missions de collaboration dans l’océan Arctique ont été essentielles à la réussite des opérations et à la collecte de données, compte tenu des conditions environnementales difficiles et de la couverture de glace pérenne qui a nécessité le travail conjoint de deux brise-glace en vue de la collecte de données et d’échantillons.

La science des levés

La CGC était responsable des volets scientifiques suivants : mesure de l’épaisseur des sédiments du plancher océanique, établissement du cadre géologique des bassins Canada et d’Amundsen, élaboration d’un atlas de la géologie de surface et de reconstitutions de plaques tectoniques, et enfin acquisition et analyse d’échantillons géologiques dragués du plancher océanique. Mises ensemble, ces opérations apportent des preuves scientifiques solides que la marge continentale est une composante naturelle de la masse terrestre du Canada. Le Service hydrographique du Canada ainsi que Pêches et Océans Canada ont pris des mesures bathymétriques afin d’établir le pied du talus continental et l’isobathe de 2 500 mètres, deux éléments essentiels à la définition du plateau continental. Grâce à divers outils et techniques, les membres de l’équipe ont découvert de nouvelles caractéristiques sur le plancher océanique. Ils ont dragué près de 1 tonne métrique de pierres à divers endroits dont la profondeur pouvait aller jusqu’à 2 500 mètres. Certaines pierres représentent les tout premiers échantillons recueillis dans une zone équivalente à un tiers de la superficie de l’Ontario. Des échantillons de matières végétales fossilisées ont également été prélevés, ce qui suggère la présence d’îles à ces endroits il y a des millions d’années. Toutes ces données contenaient de précieux indices qui nécessitaient des années d’analyse. En fin de compte, les preuves scientifiques appuient les limites proposées par le Canada, qui englobent la superficie de 1,2 million de kilomètres carrés du plancher océanique et du sous-sol de l’océan Arctique qui est un prolongement naturel de la masse terrestre du pays.

Où se trouvent les nouvelles limites proposées par le Canada?

Le plateau continental du Canada dans les océans Arctique et Atlantique, au-delà de 200 milles nautiques, couvre environ 2,4 millions de kilomètres carrés. Cela représente environ la superficie des trois provinces des Prairies. Ensemble, les demandes du Canada démontrent l’admissibilité à une zone de plateau continental parmi les plus vastes jamais demandées à la CLCS.

Patience et persévérance

Bien que la demande soit maintenant entre les mains de la CLCS des Nations Unies, le travail se poursuit concernant la tenue d’activités post-demande en vue de la préparation à des examens futurs de la CLCS. La Commission examine les demandes dans l’ordre où elles ont été reçues. Elle examine actuellement la demande no 45; la demande du Canada concernant l’Arctique est au 84e rang, alors que la demande concernant l’Atlantique, présentée en 2013, est au 70e rang. Pendant ce temps d’attente, le Canada est tenu de maintenir ses demandes à jour. Cela signifie que tous les documents, cartes, figures et logiciels utilisés pour générer les demandes doivent rester à jour et accessibles. Lorsque les demandes du Canada seront examinées, les scientifiques du programme travailleront avec la CLCS.

Équipe UNCLOS

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