17 juin 2024
Les enjeux en science, en technologie et en innovation sont devenus tellement complexes que les pays du monde entier doivent collaborer davantage pour consolider leurs stratégies de recherche. Ces pays élaborent ensemble des politiques scientifiques et technologiques novatrices et inclusives pour répondre aux enjeux auxquels la population mondiale est confrontée.
C’est dans ce cadre que l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a organisé une série d’événements internationaux du 22 au 24 avril à Paris, en France, se concluant par une rencontre ministérielle du Comité de la politique scientifique et technologique (CPST). Cette rencontre a permis aux Ministres de discuter et donner des orientations stratégiques sur les travaux futurs du CPST, de renforcer les relations entre les membres, les non-membres et les organisations internationales, ainsi qu’adopter une nouvelle déclaration ministérielle tournée vers l’action.
La conseillère scientifique en chef du Canada, Mme Mona Nemer, représentait le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, l’honorable François-Philippe Champagne, lors de ces rencontres.
Un programme bien rempli de rencontres et de dialogues internationaux
Membre de divers conseils et comités consultatifs nationaux et internationaux et représentante du Canada au sein de forums scientifiques, Mona Nemer est une porte-parole mondialement reconnue de la science canadienne.
« Ce fut un plaisir de représenter le Canada lors du Dialogue de haut niveau multipartite et des rencontres du Comité de la politique scientifique et technologique, explique Mme Nemer. Échanger sur des thèmes comme la coopération et la concurrence mondiale avec des ministres et d’autres représentants internationaux nous a permis de renforcer nos nombreuses collaborations internationales, en nous inspirant des bonnes pratiques déjà mises en place ailleurs dans le monde. »
« J’ai eu le privilège d’animer la discussion sur les politiques de soutien aux données océaniques, ajoute-t-elle. Les océans couvrent 71 % de la planète, et nous avons donc échangé sur le rôle primordial des données d’observation océanique et la fonction clé des infrastructures. Le Canada est engagé dans plusieurs initiatives en ce sens, notamment dans l’Arctique ou auprès des jeunes. Nous avons le devoir d’effectuer une sensibilisation à l’importance des observations soutenues de nos océans au-delà de la communauté traditionnelle de la recherche océanique. »

Mme Nemer a animé la discussion sur le thème « L’océan que nous voulons d’ici 2030 ».
Pendant son séjour, Mme Nemer a également rencontré de nombreux partenaires et représentants étrangers :
- Le ministre norvégien de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, Oddmund Løkensgard Hoel
- La ministre allemande de l’Éducation et de la Recherche, Bettina Stark-Watzinger
- La secrétaire d’État suisse à la Formation, à la Recherche et à l’Innovation, Martina Hirayama
- La secrétaire générale à l’Innovation au ministère espagnol de la Science et de l’Innovation, Teresa Riesgo, et le secrétaire d’État espagnol à la Science, à l’Innovation et aux Universités, Juan Cruz Cigudosa
- Le ministre suédois de l’Éducation, Mats Persson

Mme Nemer (à droite) avec la ministre allemande de l’Éducation et de la Recherche, Bettina Stark-Watzinger

Mme Nemer en compagnie du ministre suédois de l’Éducation, Mats Persson

Mme Nemer avec le directeur de la Science, de la Technologie et de l’Innovation de l’OCDE, Jerry Sheehan
Le Canada bien représenté par sa communauté scientifique
Cette rencontre internationale a également permis à des chercheurs canadiens de partager leur expertise. M. Kyle Bobiwash de l’Université du Manitoba, chercheur en résidence auprès du Bureau de la conseillère scientifique en chef, a pris la parole lors de la séance plénière « Élaborer des politiques scientifiques et technologiques pour notre avenir : comment impliquer divers publics ? » À cette occasion, il a salué le lancement du portail thématique autochtone STIP Compass (en anglais seulement), un répertoire en ligne d’initiatives liées aux politiques en matière de science, de technologie et d’innovation axées sur le savoir et les communautés autochtones. M. Bobiwash a parlé des expériences du Canada en matière d’intégration de perspectives autochtones et d’élaboration de politiques dans ces domaines.

M. Kyle Bobiwash (au centre) lors de la séance plénière
Deux autres Canadiennes ont également été panélistes. Mme Wendy Cukier, fondatrice et directrice du Diversity Institute de l’Université métropolitaine de Toronto, est intervenue sur les transitions numérique et écologique et sur le rôle des compétences et des capacités. De son côté, Mme Henrietta Bennett, présidente de l’Association canadienne des postdoctorantes et postdoctorants, a participé au panel sur le développement des talents et la promotion des parcours de carrière diversifiés en recherche dans un monde en transition.
Une déclaration pour agir et transformer
Au-delà des discussions, le principal objectif de cette rencontre ministérielle de l’OCDE était l’adoption d’une nouvelle déclaration conjointe pour relever le défi climatique, soutenir le développement responsable de la science et de la technologie en se fondant sur des valeurs partagées, et cerner des actions de coopération internationale dans ces domaines.
Cette déclaration engage notamment les pays signataires et l’Union européenne à :
- concevoir et mettre en œuvre des programmes de science, de technologie et d’innovation porteurs de transformations et plus inclusifs;
- continuer d’investir dans la recherche et le développement;
- renforcer l’intégration de valeurs partagées comme la liberté académique et scientifique, la transparence, la réciprocité, l’éthique, l’équité, la diversité, l’inclusion et la sécurité de la recherche;
- favoriser des échanges de connaissances scientifiques volontaires et mutuellement avantageux et une coopération internationale ouverte, juste, sûre et équitable;
- rendre la science, la technologie et l’innovation plus inclusives, participatives et accessibles;
- favoriser la production des données qui nourrissent l’élaboration des politiques de science, de technologie et d’innovation.
Le gouvernement du Canada avait participé à la rédaction de cette nouvelle déclaration dès juillet 2023. La déclaration correspond à de nombreuses priorités canadiennes : favoriser l’équité, la diversité et l’inclusion; promouvoir la science ouverte et la sécurité et l’intégrité de la recherche; et défendre des valeurs dont la démocratie, la liberté individuelle, la primauté du droit et les droits de la personne.
« Le Canada souhaite remercier le secrétariat du Comité de la politique scientifique et technologique des efforts déployés ces derniers mois, qui ont mené à cette déclaration commune, a déclaré le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, l’honorable François-Philippe Champagne. La collaboration internationale est primordiale pour nos efforts de lutte contre le changement climatique dans le monde. »
Les délégués nationaux siégeant au CPST travailleront avec le secrétariat de la Direction de la science, de la technologie et de l’innovation de l’OCDE afin de mettre en œuvre la déclaration ministérielle et ses différents éléments au cours des cinq à dix prochaines années.