L’équipe de recherche gonfle ses rangs pour mieux comprendre les risques d’inondation côtière

23 décembre 2024

 

Près de 6,1 millions de personnes vivent dans un rayon de 20 kilomètres des côtes maritimes du Canada. Le financement qu’offre le Programme canadien pour la sûreté et la sécurité (PCSS) aide les communautés canadiennes à mieux comprendre les risques que posent les ondes de tempête, l’élévation du niveau de la mer et les tsunamis afin de mettre au point des stratégies d’atténuation.

Des vagues s’abattent sur un rivage rocheux

Se basant sur les leçons retenues par trois communautés des côtes de l’Arctique, de l’Atlantique et du Pacifique, les chercheurs ont conçu de nouvelles lignes directrices sur les risques d’inondation côtière, qui paraîtront bientôt dans la série de guides d’orientation fédéraux sur la cartographie des zones inondables. Les communautés partout au Canada pourront s’en servir pour modéliser et cartographier les actuels et futurs risques d’inondation côtière à l’appui de la prise de décisions fondées sur des données probantes.

Le financement de 1,5 million de dollars sur trois ans du CSSP a permis à l’équipe de collaborer avec des fonctionnaires de divers ministères et des universitaires pour acquérir de nouvelles connaissances quant aux risques d’inondation côtière. La première étape du projet consistait à former une équipe de gens en provenance des administrations fédérale, provinciale et municipale, des communautés autochtones et du milieu universitaire pour générer ensemble des connaissances.

Les chercheurs ont ensuite oeuvré avec les provinces et les territoires pour choisir trois communautés sur chaque côte devant chacune relever des défis particuliers sur le plan des inondations côtières. Par exemple, la communauté de l’Arctique, Tuktoyaktuk (Territoires du Nord-Ouest), se trouve à très basse altitude, et les changements climatiques y causent davantage d’inondations côtières.

« Comme nous possédons le plus long littoral au monde, nous savions que nous allions devoir apprendre des communutés à l’échelle locale », affirme Nicky Hastings, scientifique spécialiste des côtes au sein de la Commission géologique du Canada à Ressources naturelles Canada.

Sur la côte du Pacifique, les chercheurs ont collaboré avec la Première Nation Semiahmoo (en anglais seulement), une petite communauté urbaine à cheval sur la frontière canado-américaine dans la région côtière intérieure de la Colombie-Britannique. La nation transfrontalière a été scindée en deux lors du tracé de la frontière entre le Canada et les États-Unis en 1846. Dans le cadre du projet, les chercheurs ont modélisé les répercussions d’ondes de tempête et de tsunamis locaux et lointains, ainsi que de l’élévation du niveau de la mer à la hauteur de la baie Boundary. Les enjeux de compétences à la frontière et une marée haute gagnant jusqu’à cinq mètres ont ajouté à la complexité de cette étude de cas.

Sur la côte de l’Atlantique, l’équipe de recherche a travaillé avec la province du Nouveau-Brunswick pour ajuster les modèles d’une poignée de petites communautés dans le nord-est du Nouveau-Brunswick afin de tenir compte de l’évolution de l’impact de la glace sur les tempêtes.

« La glace atténue l’impact des tempêtes », précise Hastings.

Ces communautés étant reliées par des ponts, le transport peut y cesser en cas d’inondations.

Vingt-quatre scénarios ont été modélisés pour chacune des trois communautés, des « inondations nuisibles » ayant lieu tous les deux à cinq ans aux phénomènes extrêmes susceptibles de se produire tous les cents ans, lorsque la combinaison de la marée haute et de l’élévation du niveau de la mer intensifie les inondations.

Ces études de cas ont permis aux chercheurs du Conseil national de recherche du Canada de compiler des renseignements sur les dangers, tandis que l’équipe de Ressources naturelles Canada a mis au point des cartes des zones inondables et des évaluations des risques indiquant les populations et les endroits les plus vulnérables aux inondations et les effets potentiels de celles-ci. Ces évaluations des risques pour les diverses communautés peuvent servir à présenter des demandes de fonds pour des mesures d’atténuation et à orienter l’aménagement du territoire, notamment en précisant les lieux et les types de bâtiments que doivent favoriser les promoteurs et en concevant des plans de gestion des urgences.

À propos du projet d’atténuation des inondations côtières

Le projet d’atténuation des inondations côtières est dirigé par Ressources naturelles Canada en partenariat avec le Conseil national de recherche du Canada, le ministère des Pêches et Océans, Réseaux océaniques Canada, l’Université de Victoria, le ministère de la Gestion des urgences et de la Préparation climatique de la Colombie-Britannique et Services aux Autochtones Canada. Ressources naturelles Canada poursuit et élargit les travaux entrepris dans le cadre du projet du PCSS, qui s’est conclu en 2022.

Le PCSS est géré par le ministère de la Défense nationale (MDN) en partenariat avec Sécurité publique Canada (SPC). La coordination du PCSS est assurée par le Centre des sciences pour la sécurité au sein de l’organisme scientifique et technologique du MDN, Recherche et développement pour la défense Canada.

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