Le parcours d’un dosimètre : Suivi de l’exposition des travailleurs aux rayonnements ionisants

6 juillet 2023

 

Qu’ont en commun les cabinets dentaires, les cliniques vétérinaires, les hôpitaux et les mines? Tous ces milieux, ainsi que de nombreuses autres industries, utilisent les rayonnements comme un outil important dans leurs activités quotidiennes. Cela peut présenter un risque pour la santé des travailleurs si leur exposition aux rayonnements ionisants n’est pas adéquatement surveillée et contrôlée. Soyez assurés que des mesures sont en place pour protéger ces travailleurs lorsqu’ils sont au travail!

Mesure des rayonnements

La dosimétrie des rayonnements est la science qui mesure l’exposition aux rayonnements ionisants. Contrairement à d’autres types de rayonnements, les rayonnements ionisants dégagent suffisamment d’énergie pour retirer les électrons des atomes et des molécules, ce qui peut endommager les cellules humaines. La quantité de rayonnement à laquelle un travailleur est exposé porte le nom de dose.

Dans le cas des industries qui utilisent des rayonnements dans leurs activités, il incombe à l’employeur de protéger la santé et la sécurité de ses travailleurs. La dose de rayonnement peut être mesurée à l’aide d’un dosimètre, qui est un petit appareil porté sur le devant du corps ou sur une extrémité, comme un poignet ou un doigt. L’employeur fournit des dosimètres aux travailleurs, surveille leur dose de rayonnement et veille à ce qu’elle demeure dans les limites sécuritaires.

Depuis 1951, Santé Canada appuie la surveillance des doses en milieu de travail par l’intermédiaire des Services nationaux de dosimétrie (SND). Les SND comptent près de 13 000 organisations clientes, soit plus de 100 000 travailleurs canadiens qui ont besoin de services de dosimétrie.

Le cycle de vie d’un dosimètre

Mise en marche

Chaque travailleur a besoin de plusieurs dosimètres au cours d’une année. Les dosimètres sont expédiés aux travailleurs au début de chaque « période de port », qui dure généralement trois mois, mais qui est plus courte pour les emplois à haut risque. Cela signifie que Santé Canada prépare, expédie, reçoit et analyse plus de 600 000 dosimètres par année! Les outils performants de la Section des opérations des SND du Ministère sont trois machines fabriquées sur mesure qui assemblent et étiquettent les dosimètres avant qu’ils ne soient expédiés aux clients. Ces machines peuvent assembler 750 dosimètres par heure!

« Les machines doivent être réglées avec précision à moins d’un millimètre près, les codes à barres de chaque dosimètre doivent être lus et associés aux renseignements des travailleurs dans la base de données… il y a beaucoup d’interactions complexes qui entrent en ligne de compte dans l’assemblage des dosimètres », explique Elizabeth Inrig, gestionnaire de la Section de la science de la dosimétrie et du soutien connexe de Santé Canada. Une fois les dosimètres assemblés, une autre équipe les expédie aux clients.

 
 
Transcription de la vidéo

0:00-0:02 Des plaques noires de dosimètre désassemblé tombent dans un grand tambour circulaire qui tourne et les rassemble en une seule file.

0:02-0:06 À l’intérieur de la machine, les bras robotiques assemblent les dosimètres.

0:06-0:12 La machine soulève les plaques de dosimètre désassemblé une à la fois, les place sur une bande transporteuse qui tourne et insère chaque dosimètre dans une autre machine avec une fente.

0:12-0:17 Une vue d’ensemble des deux machines. À droite, les dosimètres assemblés tombent dans le grand tambour circulaire qui tourne et rassemble les dosimètres en une seule file. Près du coin supérieur gauche, les dosimètres assemblés sont soulevés par la machine un à la fois et placés sur une bande transporteuse.

0:17-0:30 La machine soulève chaque dosimètre un à la fois et sépare la plaque du boîtier bleu. Le bras robotique retire le boîtier en plastique bleu et le laisse tomber dans une fente. La machine place la plaque noire du dosimètre désassemblé dans le lecteur automatisé.

Retour au point d’origine

À la fin de la période de port, les dosimètres sont renvoyés à Santé Canada. Les machines qui assemblent les dosimètres peuvent rapidement passer à un autre mode, lequel permet de désassembler les dosimètres. Les dosimètres désassemblés sont chargés dans les lecteurs automatisés puis analysés.

Les dosimètres utilisés par les SND s’appuient sur une technologie appelée luminescence stimulée optiquement, qui convertit l’énergie des rayonnements en un signal de lumière bleue facile à mesurer.

Les technologues examinent ensuite les données et déterminent quelle proportion de la dose provient des rayonnements naturels présents dans l’environnement et quelle proportion est due à l’exposition aux rayonnements en milieu de travail. C’est cette « dose professionnelle » qui est déclarée dans le Fichier dosimétrique national (FDN), qui assure le suivi des doses auxquelles les travailleurs sont exposés au cours de leur vie, même lorsqu’ils changent d’emploi.

Réduire, réutiliser, recycler

Une fois que les dosimètres ont été analysés et que la dose de chaque travailleur a été déclarée, ils sont réinitialisés et de nouveau chargés dans les machines, où leur cycle de vie recommence. Heureusement, tout peut être réutilisé, il s’agit donc d’un processus très efficace.

La puissance de la dosimétrie

La dosimétrie joue un rôle important dans la détermination et la gestion des risques liés aux rayonnements ionisants. Outre la surveillance de l’exposition quotidienne des travailleurs, la dosimétrie jouerait un rôle essentiel dans l’éventualité improbable d’une urgence radiologique ou nucléaire, où les premiers intervenants et d’autres personnes pourraient courir un risque d’exposition. De plus, les dosimètres peuvent être utilisés aux fins de recherche, et Santé Canada les utilise pour mesurer les débits de dose de fond au Canada. Si vous souhaitez en savoir plus sur les SND et les effets des rayonnements sur la santé, veuillez consulter les ressources ci-dessous.

Ressources supplémentaires