16 août 2023
Il n’a pas été facile de composer avec la chaleur cet été. Pour ce faire, bien des gens ont cherché des endroits climatisés, accédé à des piscines ou trouvé d’autres moyens de se rafraîchir. Ce n’est pas chose facile pour les membres des FAC en combat ou en cours d’entraînement; c’est pourquoi des chercheurs de Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC) examinent des solutions.
Le stress dû à la chaleur est causé par une combinaison de facteurs, entre autres :
- l’effort physique
- l’environnement (soleil, vent, température, humidité)
- les vêtements
- des facteurs individuels (par exemple, maladie ou affection récente pouvant influer sur la capacité du corps à se refroidir)
« Lorsqu’il fait 30 °C à l’extérieur, qu’il y a un fort rayonnement solaire, que l’humidité est élevée et que l’on déploie un effort physique, c’est la parfaite recette du malheur, affirme Matthew Cramer, Ph. D., de RDDC. Si une personne revêt des vêtements qui ne permettent pas l’évaporation de la sueur, cette dernière s’attirera des ennuis. »
Les vêtements sont conçus soit pour aider une personne à conserver la chaleur, soit pour l’aider à se rafraîchir par moyen d’évacuation de la transpiration. Cependant, dans le contexte des FAC, il peut être difficile d’intégrer cet élément de refroidissement dans les vêtements visant à protéger une personne contre des dangers externes, notamment une blessure par balle ou une blessure causée par une menace chimique, biologique, radiologique ou nucléaire. Les vêtements de protection – par exemple, les gilets pare-balles ou les vêtements de protection contre le feu ou les produits chimiques – ne sont pas typiquement respirants et ne sont pas propices à l’évaporation de la sueur.


Des soldats participant à des exercices d’entraînement pour soutenir la recherche sur les armures et le stress thermique
« Idéalement, nous disposerions d’un système de vêtements qui répond tant aux besoins en matière de protection qu’aux besoins thermiques, ajoute M. Cramer. Nous devons cerner les compromis et établir les niveaux seuil de sorte à trouver des solutions qui satisfont aux deux types de besoins. »
De plus, il faut également tenir compte de l’effort physique : les membres des FAC transportent souvent des munitions, des outils ou d’autres dispositifs en vue d’exercer leurs fonctions. Ce sont tous d’importants points à considérer.
Les répercussions de la chaleur varient : bien qu’elles puissent être relativement négligeables et déplaisantes, elles peuvent aussi menacer la vie. La chaleur peut faire perdre connaissance à une personne; cette dernière pourrait toutefois se réveiller à peine quelques minutes plus tard, se sentant mal. Elle pourrait souffrir de crampes et de douleurs corporelles. Cependant, si le système cardiovasculaire est accablé, il s’agit d’un épuisement par la chaleur. Un « malaise causé par la chaleur » se produit lorsque le fait d’avoir trop chaud a une incidence sur les tissus internes, donnant lieu à un trouble rénal ou hépatique. Un « coup de chaleur » a lieu quand la température corporelle atteint plus de 40 °C, et celui-ci est considéré comme une urgence médicale. Il comprend une blessure aux tissus, de même qu’une inflammation et des problèmes liés à la coagulation sanguine. Il pourrait causer la défaillance de plusieurs organes, voire la mort.
Pendant un exercice d’entraînement, les facteurs de chaleur peuvent être contrôlés au moyen de pauses obligatoires et d’hydratation. Cependant, au combat, on ne peut pas toujours tirer parti de ces options. Des chercheurs de RDDC examinent attentivement comment certains vêtements – ou une combinaison de ceux-ci – produisent différents résultats. À leur tour, ils pourront formuler des conseils sur les combinaisons de vêtements pouvant aider les membres des FAC à trouver le juste équilibre entre un malaise causé par la chaleur et une blessure par balle.
Des soldats participant à des exercices d’entraînement pour soutenir la recherche sur les armures et le stress thermique
La préparation est essentielle, lorsque le temps le permet. Une personne peut s’acclimater à la chaleur et faire davantage d’exercices aérobiques afin de préparer son système cardiovasculaire.
Cependant, des recherches menées à RDDC produisent des limites seuil, lesquelles mèneront à l’établissement de lignes directrices relatives à la chaleur extrême. Des chercheurs examinent les matériels utilisés pour protéger une personne, la surface du corps devant être recouverte et la mise en place du gilet pare-balles sur le corps. Par exemple, l’équipe de projet a enquêté sur le gilet pare-balles modulaire – système moins encombrant offrant une protection balistique souple pour les situations qui présentent un risque de menace inférieur – de sorte à déterminer s’il contribuait à améliorer la capacité d’une personne à composer avec la chaleur. Les conclusions suggèrent que les systèmes moins encombrants de protection balistique souple sont souvent jugés plus confortables pour les utilisateurs, mais ils ont une incidence négligeable sur la température corporelle. Les recherches se poursuivent.
« Au moment de concevoir des vêtements de protection, il est nécessaire de trouver un équilibre entre les risques de blessure par balle et de malaise causé par la chaleur, affirme M. Cramer. Évidemment, l’accent est mis sur la protection – nous misons là-dessus tout en cherchant à produire des vêtements ou des combinaisons de vêtements convenables. »