17 juillet 2024
Treize Alliés de l’OTAN se sont réunis dans le sud-est de l’Alberta en vue d’un entraînement axé sur l’interopérabilité dans le cadre de l’exercice PRECISE RESPONSE 2024, grâce à l’appui scientifique du Centre de recherche de Suffield de Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC). Plus de 400 militaires, dont 27 membres des Forces armées canadiennes (FAC) relevant de la 3e Division du Canada, se sont intégrés à des forces opérationnelles simulées de l’OTAN dans le but de réaliser divers scénarios de défense chimique, biologique, radiologique et nucléaire (CBRN). Le personnel de RDDC coordonne la manipulation d’agents toxiques réels avant, durant et après les scénarios d’entraînement réalistes menés dans un emplacement éloigné de RDDC Suffield.
« Nos Alliés de l’OTAN, particulièrement en Europe, attestent l’utilité de l’entraînement. Par la mise au point de ces procédures communes pour faire face à des scénarios de défense CBRN, ainsi que la conception de processus de décontamination communs, les forces opérationnelles de l’OTAN peuvent collaborer efficacement », affirme le directeur de l’exercice, le lieutenant-colonel (Lcol) Trevor Waaga.

Le centre de recherche de Suffield de Recherche et développement pour la défense Canada propose des installations et un savoir-faire uniques permettant aux alliés de l’OTAN de tester des scénarios d’entraînement à la défense chimique, biologique, radiologique et nucléaire.
L’exercice PRECISE RESPONSE constitue également une occasion pour les scientifiques du Canada et de pays alliés de l’OTAN de faire progresser la recherche en matière de défense CBRN. Par exemple, pendant l’édition de 2024 de l’exercice, le Centre d’excellence interarmées pour la défense chimique, biologique, radiologique et nucléaire de l’OTAN (en anglais: Joint Chemical, Biological, Radiological and Nuclear Defence Centre of Excellence) réalise un examen des entraînements antérieurs mettant l’accent sur l’interopérabilité, tandis que la Norvège évalue un nouveau laboratoire biologique déployable.
« Les scénarios réalistes et la participation d’un grand nombre d’effectifs étrangers durant PRECISE RESPONSE nous aident à surmonter les obstacles pouvant survenir lors d’un déploiement opérationnel, tout en étant dans un contexte qui présente un risque inférieur », explique Boyd Garrecht, chef de l’entraînement CBRN à RDDC Suffield. Ces obstacles comprennent les facteurs de nature logistique associés au déplacement physique du laboratoire, lequel a environ la taille d’un conteneur maritime de six mètres, de même qu’au matériel de laboratoire, à la gestion d’échantillons de divers pays, au traitement d’une gamme d’écouvillons, de poudres et de liquides, et au maintien d’une chaîne de possession d’échantillons, tout en tenant compte de langues différentes.
Durant l’exercice, les participants mettront en œuvre leurs procédures de décontamination suivant la libération d’un agent biologique. Ces derniers, revêtant de l’équipement de protection, prendront part à un scénario et réaliseront leurs objectifs d’entraînement. On aura ensuite recours à des lignes de décontamination pour décontaminer les participants. On prélèvera des échantillons de leur équipement de protection individuelle à diverses étapes du processus de décontamination. RDDC se fondera ensuite sur les données recueillies en vue de formuler une rétroaction sur l’efficacité de la décontamination biologique.
De façon similaire, du point de vue chimique, le personnel de RDDC Suffield validera les procédures en cas d’incidents impliquant un agent chimique qui émet peu de vapeurs, lequel ne peut pas être perçu par les sens de l’humain ou par la plupart des détecteurs de vapeurs chimiques. Dans ce scénario, les membres des FAC entrent dans une pièce où ils sont exposés à un agent chimique inodore dont ils ignorent la source. Le personnel scientifique valide les procédures, par exemple, le changement de gants et les bains de désinfection des bottes réalisés durant la ligne de décontamination. À l’aide des échantillons recueillis tout au long du processus, RDDC confirme si le militaire a été contaminé par l’agent chimique et s’il est décontaminé adéquatement au terme du processus.
« Les militaires peuvent exercer leurs compétences relatives aux opérations dans un environnement contaminé dangereux, tout en recueillant de précieux renseignements, en détectant des réponses et en prélevant des échantillons de matériaux chimiques. Par ailleurs, les militaires reçoivent ensuite une rétroaction immédiate relativement au contrôle de la contamination à l’aide d’une poudre fluorescente UV (ultraviolette); une évaluation quantitative aura lieu plus tard au cours de l’exercice », précise Mike Lukacs, chimiste analyste à RDDC Suffield.
RDDC Suffield est le seul endroit au Canada où les FAC peuvent se livrer à des opérations, des entraînements et des activités de développement et de maintien en puissance des capacités sur le plan de la défense CBRN à l’aide d’agents de guerre chimiques actifs. Le Canada s’engage à établir des capacités de défense CBRN, notamment par l’intermédiaire de la Convention sur les armes chimiques, depuis l’entrée en vigueur de celle-ci en 1997.
Liens connexes :
- Exercice PRECISE RESPONSE 2023 : coordination des procédures communes en matière de (dé)contamination
- Nouvelles de l’Équipe de la Défense : Exercice PRECISE RESPONSE 22
- Détection des menaces à distance : RDDC teste les limites de la capacité des capteurs installés sur les drones dans le cadre d’un essai de l’OTAN
- Recherche et développement pour la défense Canada
- Centre de recherche de Suffield de Recherche et développement pour la défense Canada