Novembre 2024 | Agence canadienne d’inspection des aliments | par Bruce Craig and Delanie Khan-Dobson
Lorsqu’il s’agit de localiser les sources de maladies d’origine alimentaire, de suivre la présence d’un nouveau phytoravageur envahissant ou d’étudier la propagation d’uniae maladie animale, les données géographiques sont un outil important qui permet à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) d’intervenir efficacement en cas de problème ou d’urgence.
Je m’appelle Bruce Craig et je suis spécialiste national en géomatique à l’ACIA. La géomatique est un terme général qui désigne la science de la collecte, du stockage et de l’analyse de l’information et des données géographiques ou spatiales. Les systèmes d’information géographique (SIG) sont des outils de géomatique utilisés pour visualiser ces données qui nous permettent de mieux comprendre les problèmes et nous donnent des pistes intéressantes pour les résoudre. Grâce aux SIG et aux données géospatiales, l’ACIA peut rapidement suivre et surveiller les menaces qui pèsent sur les systèmes complexes de salubrité des aliments, de protection des végétaux et de santé animale. Cela permet non seulement d’améliorer la rapidité d’intervention, mais aussi de dégager des constantes qui peuvent contribuer à améliorer les stratégies de prévention et favoriser une prise de décisions fondées sur des données.
Avant d’intégrer l’ACIA, j’ai été technologue de la faune aquatique et terrestre et technologue en foresterie. Dans ces rôles, j’ai passé beaucoup de temps sur le terrain et j’ai souvent utilisé les SIG pour la réalisation de relevés. J’étais complètement fasciné par l’utilité et le potentiel de ces outils. J’ai donc décidé de me lancer à fond dans cette voie et je me suis inscrit à un programme de SIG pour mieux connaître ce domaine passionnant.
À mon arrivée à l’ACIA en 2002, j’ai d’abord travaillé dans le domaine de la recherche sur la rage, puis dans celui de la protection des végétaux à partir de 2003. À mesure que j’en apprenais davantage sur le travail diversifié de l’Agence en matière de salubrité alimentaire, de santé animale et de protection des végétaux, j’ai réalisé que l’Agence était l’endroit idéal pour approfondir et mettre à contribution mes compétences en géomatique. Les applications de SIG ont été utilisées pour la première fois de façon informelle en 2002 par l’Unité des enquêtes phytosanitaires pour la surveillance des espèces envahissantes ainsi que dans le domaine de la santé animale, pour la recherche sur la rage. Au départ, nous étions seulement trois à travailler avec ces technologies nouvelles.
L’intérêt pour notre travail avec les applications de SIG a beaucoup augmenté au fil des ans. L’ACIA a mis en place de nouveaux services, l’attribution de licences et un soutien qui permettent d’apprendre aisément et de rester au fait de l’évolution de la technologie. Les applications de SIG à l’ACIA sont passées d’outils cartographiques de base à des plateformes bien établies qui permettent la collecte de données complexes, l’analyse spatiale et une collaboration accrue à l’échelle de l’Agence.
Les applications de géomatique à l’ACIA
L’adoption des technologies de SIG par l’ACIA a révolutionné la façon dont elle peut mieux comprendre et protéger le paysage incroyablement diversifié du Canada. Les spécialistes des SIG utilisent des renseignements provenant de rapports et de feuilles de calcul pour créer des cartes et des bases de données accessibles qui donnent une bien meilleure idée des relations complexes entre les activités et les produits.
Les spécialistes des SIG travaillent souvent dans l’ombre, mais leurs connaissances et leur expertise sont extrêmement utiles au mandat de l’ACIA, qui consiste à gérer de façon proactive les risques, à surveiller les éclosions de maladies et à assurer la salubrité des aliments.
Le tableau de bord de l’influenza aviaire hautement pathogène chez les animaux sauvages est le fruit d’une collaboration entre l’ACIA, Environnement et Changement climatique Canada et le Réseau canadien pour la santé de la faune. Cet outil interactif permet de filtrer les données par critère.
Bien qu’il n’y ait que sept analystes de SIG à l’Agence, l’influence de ces spécialistes est indéniable vu le nombre d’applications de géomatique utilisées. En voici quelques exemples :
- appuyer la lutte contre l’influenza aviaire chez les oiseaux d’élevage à l’aide d’une carte des zones de contrôle primaire;
- fournir des renseignements précis et accessibles sur les cas d’influenza aviaire détectés chez les animaux sauvages;
- communiquer les mesures de contrôle des déplacements visant à empêcher la propagation de la maladie de la sphère X multinucléée (MSX) chez les huîtres;
- dresser la carte des zones déclarées pour les maladies des poissons et des mollusques au Canada;
- définir les zones réglementées pour le scarabée japonais en Colombie-Britannique et les zones réglementées pour l’agrile du frêne au Canada afin de prévenir la propagation de ces organismes nuisibles;
- fournir des outils aux membres du Système canadien d’information sur la santé des végétaux pour aider les intervenants et les intervenantes en santé des végétaux à prévoir les menaces émergentes, à s’y préparer et à y réagir;
- utiliser les applications de SIG pour la production de rapports et l’analyse en temps réel des activités de surveillance phytosanitaire;
- collaborer avec les partenaires fédéraux pour échanger de l’information sur la fermeture des secteurs coquilliers.
L’importance de la géomatique
En tant qu’organisme à vocation scientifique, l’ACIA se fie beaucoup aux données des SIG pour prendre des décisions efficaces. Les cartes sont comme des oignons : elles contiennent des couches d’information qui peuvent nous aider à accéder aux données et aux renseignements de la Terre, à les comprendre et à les gérer. Les applications de SIG permettent de gratter les couches et offrent un large éventail d’avantages, comme une meilleure visualisation des données, des capacités d’analyse spatiale et une prise de décision éclairée.
Au bout du compte, les SIG permettent de créer des modèles et de relever les tendances de façon à ce que l’ACIA soit plus proactive que réactive. Par exemple, si une espèce envahissante est attirée par une espèce végétale particulière, cette technologie permet de localiser la plante au Canada, et l’Agence peut utiliser cette information pour cibler les zones à risque élevé et améliorer son intervention.
Un conseil pour les géomaticiens et géomaticiennes de demain
L’aspect le plus important de mon travail, et ce qui devrait motiver toute personne qui s’intéresse au domaine de la géomatique, est la résolution de problèmes. Si vous aimez cerner les problèmes et trouver des solutions, ce domaine est fait pour vous. Trouvez un programme de formation pour apprendre les notions de base et plongez-vous dans ce domaine dynamique en constante évolution.
L’évolution des applications de géomatique à l’ACIA a révolutionné la façon dont nous travaillons et elle continuera de le faire à mesure que la demande augmente et que les technologies évoluent. Je suis enthousiaste à l’idée de contribuer à la mise au point et à la mise en œuvre de nouveaux outils intuitifs qui accroîtront notre efficacité, et j’espère accueillir un nombre croissant de spécialistes des SIG dévoués à l’ACIA.