Une ancienne membre des FAC assurera la liaison entre l’innovation canadienne et l’Ukraine

13 février 2024

 

Lorsqu’elle a eu la possibilité de servir son pays et de faire une différence dans le monde, à maintes reprises, Marie-Pierre Raymond a dit oui avec enthousiasme.

Mme Raymond partira bientôt pour une affectation de six mois à titre de conseillère scientifique civile auprès de l’attaché de défense du Canada à l’ambassade du Canada à Kyiv, en Ukraine. Elle y assurera la liaison entre les forces armées ukrainiennes, Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC), d’autres organisations gouvernementales et des innovateurs canadiens.

« Je veux avoir un impact positif et mettre les innovations canadiennes à la disposition des Ukrainiens. Je souhaite que l’Ukraine et le monde voient ce que le Canada a à offrir », affirme Mme Raymond.

La carrière de Marie-Pierre Raymond lui a donné des qualifications uniques pour occuper ce poste, à commencer par ses études en chimie et en génie chimique. Elle a servi pendant 12 ans dans la Réserve et 27 ans dans les Forces armées canadiennes (FAC), où elle a mené des travaux sur l’environnement, y compris dans l’Arctique, en Turquie et au Timor-Oriental.

Une militaire des Forces armées canadiennes portant des mitaines épaisses et une tuque recueille un échantillon de sol dans un champ couvert de neige.

Marie-Pierre Raymond effectue des travaux sur l’environnement au cours de sa carrière de 27 ans au sein des Forces armées canadiennes.

Innovation

Lors de sa dernière affectation en uniforme, Mme Raymond était conseillère militaire principale à RDDC. Quand elle a pris sa retraite des FAC, elle est passée à de nouvelles fonctions, soit celles de scientifique de la Défense et de gestionnaire du défi d’innovation du programme Innovation pour la défense, l’excellence et la sécurité (IDEeS).

« Mon expérience militaire est mon superpouvoir. »

– Marie-Pierre Raymond, scientifique de la Défense

En tant que gestionnaire du défi, Mme Raymond assure la liaison entre les FAC et les innovateurs canadiens qui développent des solutions aux problèmes militaires les plus difficiles.

Pour la scientifique, l’innovation est un effort d’équipe. Elle commence donc par des séances d’établissement de la portée du défi qui réunissent les intervenants des FAC ayant présenté leurs besoins en matière d’innovation. Pendant ces séances, les participants établissent les limites, les objectifs et les contraintes de leur problème et déterminent les lacunes.

« Il faut définir la portée du problème avec les soldats pour faire en sorte que les résultats répondent à leurs besoins, précise Mme Raymond. La formulation du problème est au cœur de l’innovation. Nous devons formuler le problème correctement afin de trouver la bonne solution pour les utilisateurs finaux. Et pour trouver la bonne solution, il est important de comprendre la cause profonde du problème, et non pas les symptômes. »

Le rôle de gestionnaire du défi se poursuit dans le processus d’innovation du programme IDEeS, où Mme Raymond fait du mentorat, offre du soutien et assure la liaison entre les innovateurs, le programme IDEeS et les utilisateurs finaux des FAC.

« Mon expérience militaire est mon superpouvoir en tant que gestionnaire du défi », plaisante-t-elle.

Ancienne membre des FAC et scientifique de formation, Mme Raymond agit comme un pont, aidant les innovateurs à comprendre le contexte et la culture militaires pour s’assurer que l’innovation est adaptée aux besoins des FAC. Elle utilisera bientôt les mêmes compétences en Ukraine.

Une femme en tenue civile se tient à côté d'une balustrade

Marie-Pierre Raymond met à profit son expérience acquise à titre de gestionnaire du défi pour le programme Innovation pour la défense, l’excellence et la sécurité (IDEeS) dans son nouveau rôle de conseillère scientifique de l’attaché de défense du Canada à l’ambassade du Canada à Kyiv, en Ukraine.

Mme Raymond a participé à un certain nombre de projets intéressants du programme IDEeS, dont certains ont été sélectionnés pour une évaluation à plus long terme qu’on appelle un Banc d’essai. Par exemple, Sapper Labs a développé une solution de cyber attribution afin de permettre la poursuite d’auteurs de cybermenaces sophistiqués. À l’heure actuelle, le Commandement du renseignement des Forces canadiennes (COMRENSFC) met à l’essai le moteur d’intelligence artificielle d’Ecopia pour la détection et l’identification d’objets d’intérêt, tandis que le Commandement – Forces d’opérations spéciales du Canada (COMFOSCAN) et l’Aviation royale canadienne (ARC) mettent à l’essai la technologie multimodale de surveillance et de poursuite (MIST) de TerraSense Analytics, une solution d’intelligence artificielle visant à suivre et à interpréter de grandes quantités de données provenant de plusieurs capteurs. Mme Raymond mettra donc à profit son expérience des bancs d’essai du programme d’IDEeS pour assurer la liaison entre les Ukrainiens et les innovateurs canadiens en mesure de répondre à leurs besoins.

« Si vous voulez gagner la bataille, il vous faut des renseignements. Plus vous avez de renseignements, moins il vous faudra de militaires et de ressources pour avoir une longueur d’avance sur vos adversaires », déclare Marie-Pierre Raymond.

Combler les lacunes

RDDC a signé un protocole d’entente de trois ans afin de fournir des conseillers scientifiques à l’opération UNIFIER qui effectueront des rotations de six mois à l’ambassade du Canada en Ukraine.

« Ce poste vise à aider les militaires ukrainiens et à cerner leurs besoins, ainsi qu’à assurer la liaison avec l’écosystème canadien de l’innovation et Recherche et développement pour la défense Canada afin de déterminer dans quelle mesure le Canada pourrait combler certaines de leurs lacunes opérationnelles », résume Mme Raymond.

Par exemple, le programme IDEeS s’attèle à développer un défi accéléré portant sur la technologie de déminage, en consultation avec les forces armées ukrainiennes. Lors d’une activité récente d’analyse de mission menée en lien avec le défi, les innovateurs canadiens se sont entretenus avec des militaires ukrainiens qui possèdent une expérience concrète du combat près des champs de mines.

« Nous faisons appel aux innovateurs canadiens pour voir s’il existe de nouvelles façons de détecter et de neutraliser les champs de mines, tout en veillant à la protection du personnel de déminage et de la population civile », explique Mme Raymond, qui ajoute qu’elle jouera un rôle de conseillère et de facilitatrice entre l’industrie canadienne et les représentants de la défense ukrainiens.

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