La normalisation est essentielle afin d’aider les armées à travailler ensemble pour un avenir vert

9 février 2024

 

Le travail de la scientifique de la défense Inbal Marcovitch vise à intégrer la normalisation dans les efforts du Canada et de ses alliés pour adopter rapidement de nouvelles technologies militaires vertes en réponse à la crise climatique.

« La normalisation est en quelque sorte l’ingrédient secret et invisible qui unifie nos infrastructures », affirme Mme Marcovitch, chef de section intérimaire au Centre des sciences pour la sécurité de Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC). « Dans notre travail en vue d’un avenir plus vert, où les Forces armées canadiennes pourront travailler avec les Alliés en utilisant de l’électricité et de l’énergie vertes ainsi que d’autres solutions durables, nous devons intégrer la normalisation dans les stratégies et les processus d’adaptation. »

Des icônes représentant des énergies et des technologies vertes sont disposées dans un motif constitué d’hexagones reliés les uns avec les autres. Texte sur l’image : Journée internationale des femmes et des filles de science. Le 11 février.

Inbal Marcovitch, scientifique de la défense du Centre des sciences pour la sécurité de RDDC, applique les méthodes de prospective scientifique et technologique à la convergence des changements climatiques, de la sécurité et de la normalisation.

Pour comprendre les avantages de la normalisation, imaginez que vous essayez de charger un appareil avec le mauvais bloc d’alimentation ou que vous mettez le mauvais carburant dans une machine, ou encore que vous essayez de comparer deux produits sans avoir un critère de mesure commun. Pour les armées alliées, des normes communes à l’appui de l’adoption de nouvelles technologies plus vertes d’électricité et d’énergie permettent une interopérabilité essentielle pour travailler ensemble sur le terrain dans le cadre d’opérations et d’exercices interarmées.

« Lorsque les nations adoptent rapidement des technologies novatrices pour contrer les changements climatiques, il risque d’y avoir incompatibilité entre les armées alliées, explique Mme Marcovitch. Vu le caractère volontaire des normes et de leur mise en œuvre pour atténuer les changements climatiques, il peut y avoir incohérence dans la manière dont les nations adoptent les nouvelles technologies et dans le moment où elles le font, en particulier dans le domaine de l’électricité et de l’énergie, et cela peut entraîner des problèmes d’interopérabilité. »

La scientifique travaille à des stratégies de normalisation et aide les décideurs à comprendre comment on peut utiliser les normes, les essais, la vérification et l’évaluation de la conformité pour s’assurer que notre investissement dans les technologies émergentes prend en compte l’adaptation au changement climatique et atténue les risques.

« Naturellement, les normes doivent suivre le développement de la technologie, mais en prenant en considération la normalisation dès les premières étapes du développement de la technologie, on pourrait tracer le chemin de cette technologie. En nous assurant qu’il y ait collaboration, communication et harmonisation entre les Alliés tout au long du développement de la technologie, nous pourrions préserver l’interopérabilité, évaluer l’efficacité de diverses solutions et utiliser des conseils fondés sur des données probantes pour orienter les choix stratégiques », explique la scientifique.

L’objectif consiste à réduire l’incertitude, à réduire les risques liés aux nouvelles technologies et solutions destinées à être utilisées par les Forces armées canadiennes et le ministère de la Défense nationale, tel qu’exposé dans la Stratégie de science et technologie sur la résilience climatique et la durabilité de l’environnement (STRCDE) du MDN et des FAC, qui a été publiée récemment.

Les travaux de Mme Marcovitch s’inscrivent dans les efforts d’Analyse stratégique et de Soutien aux opérations sur la prospective et l’évaluation des risques déployés par le Centre des sciences pour la sécurité de RDDC. Inbal Marcovitch utilise ses connaissances en économie et son expérience de travail au sein du Conseil canadien des normes (CCN) pour aider les Forces armées canadiennes et le ministère de la Défense nationale à remplir leur coffre à outils de normalisation afin de relever les défis en matière de changement climatique et de sécurité tout en respectant les principes d’interopérabilité.

RDDC, dont le Centre des sciences pour la sécurité (CSS) fait partie, travaille avec les Alliés dans le cadre du Programme de coopération technique, qui regroupe les organisations de sciences de la défense de l’Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni et des États-Unis. Le Centre des sciences pour la sécurité travaille aussi avec le Conseil de recherche et développement du Groupe des cinq (5RD) afin de faciliter la coopération entre les mêmes nations en matière de sciences pour la sécurité publique. Au sein de la communauté de l’OTAN, Inbal Marcovitch contribue au programme de travail collaboratif (CPoW) en S et T sur les changements climatiques et la sécurité de l’OTAN, qui fait progresser les travaux scientifiques sur le changement climatique. Le CPoW travaille en synergie avec le Centre d’excellence OTAN pour le changement climatique et la sécurité (CECCS), qui a été lancé récemment, afin de permettre aux forces armées de l’OTAN de continuer à s’adapter au nouvel environnement et d’atténuer leurs émissions de gaz à effet de serre.

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