Protéger la mer en vue de l’exercice CUTLASS FURY 2023

25 septembre 2023

 

Ce n’est pas chose facile de trouver un endroit pouvant servir à la fois de secteur d’entraînement pour les navires et les aéronefs militaires, ainsi que d’habitat d’espèces sensibles. Grâce à Recherche et développement pour la défense Canada, l’océan peut remplir ces deux fonctions d’une manière plus sûre, capacité illustrée durant l’exercice CUTLASS FURY 2023, en vue duquel des scientifiques de la Défense ont pris la mer afin de rehausser la protection des mammifères marins.

L’exercice CUTLASS FURY est un exercice bisannuel de l’OTAN tenu dans l’Atlantique Nord, au large de la côte de la Nouvelle-Écosse. Il s’agit d’une occasion pour les Alliés de l’OTAN de se réunir et de mettre leurs habiletés à l’épreuve dans un environnement marin tactique simulé. Cette année, l’exercice s’est déroulé du 10 au 22 septembre.

Cinq jours avant le début de l’exercice, le programme de surveillance des mammifères marins (M3) dirigé par RDDC, de concert avec le groupe Coastal Environmental Observation Technology and Research de l’Université Dalhousie, a envoyé des planeurs commandés à distance remorquant des microphones sous-marins, ou hydrophones, à l’endroit où l’exercice devait avoir lieu. Ces planeurs électriques s’apparentent à des torpilles munies d’ailerons et ont à peu près la taille d’un alligator. Les hydrophones ont recueilli des données en temps réel axées sur les appels de baleines à proximité. Ces données ont été analysées pour cerner les zones que les navires devaient éviter lorsqu’ils utilisent un sonar actif, c’est-à-dire quand un navire envoie une impulsion, puis écoute les échos à l’aide de son sonar alors que les impulsions rebondissent contre des objets sous l’eau. En revanche, un sonar passif sert tout simplement à l’écoute sous-marine.

Un long planeur cylindrique muni d’ailerons, dans les sombres profondeurs de l’eau.

Un planeur Slocum de première génération.

« Quand les navires utilisent un sonar actif, ils produisent un puissant bruit sous-marin pouvant avoir une incidence sur les mammifères marins à proximité, notamment modifier leur comportement ou leur sensibilité auditive. En détectant la présence d’appels de mammifères marins, nous pouvons réaliser l’exercice dans des zones où des mammifères marins sont moins susceptibles d’être présents », explique Brendan Rideout, Ph. D., scientifique de la Défense au Centre de recherches de l’Atlantique de RDDC. « Notre objectif, c’est d’atténuer les risques d’atteinte tout en assurant la disponibilité opérationnelle de la Marine. »

Le sonar actif constitue un outil important dans la détection et le suivi de sous-marins, d’où le fait que l’entraînement réalisé dans le cadre de l’exercice soit essentiel à la préparation en vue de la guerre anti-sous-marine. Cependant, en déterminant à l’avance où se trouvent des baleines, RDDC peut formuler des recommandations à l’intention des Forces armées canadiennes de sorte à planifier des exercices dans des régions éloignées d’emplacements connus de mammifères marins, ce qui limite les risques que pose l’utilisation de l’instrument.

Un autre outil de surveillance marine est en cours de développement dans le cadre du programme M3, à savoir le système intégré de surveillance et d’évaluation du risque pour les mammifères marins (IMMRAM). Ce système, un prototype actuellement, pourrait aider les dirigeants qui planifient des exercices futurs à prendre des décisions en leur présentant une grande quantité de données dans un format facile à comprendre. Le système IMMRAM élargira les capacités de M3 du Canada en combinant des données – historiques et en temps réel – sur les mammifères marins provenant d’un large éventail de sources, dans le but de créer une carte visuelle des régions où il est plus dangereux d’utiliser un sonar actif.

Grâce à ces outils, nous pouvons atténuer le risque de nuire aux mammifères marins au cours d’exercices navals. Le programme M3 de RDDC permet à la Marine royale canadienne de participer à d’importants exercices d’entraînement, comme l’exercice CUTLASS FURY, tout en améliorant la protection des mammifères sous la surface de l’eau.

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