21 mai 2024
Lorsqu’il est question de pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), il est important que le Canada ne soit pas dans l’ignorance. La pêche INN contribue à la destruction de l’habitat marin et à la diminution des stocks de poissons, ce qui représente jusqu’à 26 millions de tonnes de poissons capturés annuellement. Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC), en collaboration avec Pêches et Océans Canada, contribue à contrer la pêche INN grâce à programme de détection des navires qui dissimulent leurs activités, également appelés « navires clandestins ».
Une embarcation de sauvetage polyvalente est mise à l’eau afin de récupérer un mannequin d’entraînement lors d’un exercice de récupération d’un homme à la mer dans le détroit de Smith, au Nunavut. Photo : Sdt Brendan Gamache, Forces armées canadiennes
Ces navires clandestins désactivent généralement le dispositif de transmission de leur localisation, appelé système d’identification automatique (SIA), afin d’échapper au suivi, au contrôle et à la surveillance. Le Programme de détection des navires clandestins utilise la technologie satellitaire pour localiser les navires clandestins et suivre leur position depuis les airs.
« Lorsque les navires ne signalent pas leur position, mais qu’ils sont identifiés par d’autres moyens, ils sont considérés comme « clandestins », affirme Adrienne Turnbull, scientifique de la défense au Centre des sciences pour la sécurité de RDDC. « Ces navires clandestins peuvent entraîner des répercussions négatives considérables sur la sécurité alimentaire, particulièrement dans les plus petites communautés; il est donc important de pouvoir effectuer le suivi de leur activité. »
Le projet de recherche, dirigé par la société MDA Space, a permis de réutiliser des outils d’analyse des données conçus précédemment avec RDDC comme base du nouveau Programme de détection des navires clandestins.
Le nouvel outil d’agrégation des données permet d’effectuer le suivi des navires clandestins en comparant les données reçues des émetteurs de localisation des navires aux données satellitaires acquises en temps réel. Les écarts entre ces deux sources de données indiquent qu’un navire a désactivé la transmission de sa position.
Depuis le déploiement de la plateforme de détection des navires clandestins, RDDC contribue au programme en évaluant les différentes sources de données et leur capacité d’analyse et d’agrégation des données satellitaires. Cela comprend la National Oceanic Atmospheric Administration et les satellites de géolocalisation par radiofréquences.
En plus de contribuer à l’amélioration des activités de recherche et sauvetage maritimes, de la sécurité et de la défense au pays, ce programme fournira aux petits États insulaires et aux collectivités côtières, comme les îles Galapagos en Équateur, des données satellitaires et des capacités d’analyse permettant de renforcer et de protéger leurs stocks de poissons.