RDDC aide les militaires à mieux respirer pendant leur entraînement

1 mars 2024

 

Par le passé, seule une peau rasée permettait d’obtenir une bonne étanchéité et une protection respiratoire adéquate avec les masques à gaz, mais les essais de recherche menés sur un nouveau respirateur – le C5B – promettent d’offrir une « bouffée d’air frais » pendant l’entraînement aux membres des Forces armées canadiennes (FAC) qui portent la barbe, des cheveux longs ou une coiffure ou pour qui les masques traditionnels n’offrent pas un bon ajustement.

Les membres des FAC s’entraînent à l’utilisation de respirateurs de protection contre les agents chimiques, biologiques, radiologiques ou nucléaires (CBRN) en chambre à gaz au cours de leur période de qualification militaire de base, et ils refont régulièrement cette formation tout au long de leur carrière. Pour les membres des FAC qui, pour les raisons susmentionnées, n’arrivent pas à obtenir une bonne étanchéité avec leur respirateur, cet entraînement se traduit souvent par des yeux qui piquent et des nez qui coulent en raison du gaz lacrymogène utilisé pour tester leurs compétences dans la chambre à gaz.

Un respirateur rattaché à une cagoule est posé sur un trépied. La cagoule a un motif de camouflage.

La cagoule C5B est un accessoire pour le respirateur C5 qui fournit une protection respiratoire en formant une chambre d’air propre autour de la tête entière. Photo : Michael Franz/Recherche et développement pour la défense Canada

« Avant, je redoutais toujours d’aller dans la chambre à gaz parce que je savais que j’allais respirer le gaz lacrymogène et que ce serait une expérience horrible, explique la caporale Ouiam Meftah, qui a participé à quatre essais expérimentaux sur le nouveau respirateur. Je trouve vraiment génial d’avoir un respirateur qui s’adapte à mon visage et qui me permet de respirer en sachant que je suis en sécurité et que je ne vais pas respirer de produits chimiques. J’ai même hâte maintenant de m’entraîner dans la chambre à gaz, parce que je sais que ce sera une expérience amusante. »

Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC) a collaboré avec le Directeur – Défense chimique, biologique, radiologique et nucléaire (CBRN) interarmées (DDCBRN interarmées) de l’Armée canadienne, le Collège militaire royal du Canada ainsi qu’un partenaire de l’industrie, AirBoss Defense, pour concevoir et mettre à l’essai le nouveau respirateur.

« Les nouvelles recrues qui portent une barbe ou des cheveux longs, pour qui les masques traditionnels sont difficiles à ajuster à leur visage ou qui portent une coiffure pour des raisons religieuses peuvent désormais suivre leur entraînement en chambre à gaz sans ressentir les effets du gaz lacrymogène ou en sentir l’odeur, indique le scientifique responsable de ce projet à RDDC, M. Paul Bodurtha, Ph. D. Les recrues peuvent ainsi participer à l’entraînement en effectuant les mêmes exercices que leurs camarades et avoir le sentiment de faire pleinement partie de nos forces armées. »

Fonctionnement

Le C5B est un accessoire de type cagoule conçu pour le respirateur C5. Pour l’utiliser, les membres des FAC doivent placer le respirateur contre leur visage, tirer la cagoule sur leur tête puis rentrer les bords de la cagoule à l’intérieur de leur tenue de protection CBRN.

« Le nouveau concept crée une chambre d’air propre autour de la tête », explique le Maj Christian Doucet, du DDCBRN interarmées. La cagoule est ajustée étroitement contre la tête et le cou, ce qui permet d’éviter que le gaz lacrymogène s’infiltre dans la chambre d’air. Le tissu est aussi doté d’une membrane de filtration des aérosols semblable aux masques N95, ce qui offre une protection supplémentaire.

Le résultat est une protection respiratoire suffisante pour effectuer les mêmes exercices d’entraînement que les militaires portant d’autres respirateurs en service comme le C4 ou le C5, sans que le gaz lacrymogène entre en contact avec les yeux ou le nez.

« Nous avons reçu des commentaires de gens nous disant ne pas avoir senti de gaz lacrymogène dans la chambre à gaz –une première, pour certains, en jusqu’à 30 ans de carrière dans les Forces armées canadiennes », souligne le Maj Doucet.

Des membres des Forces armées canadiennes portant une tenue de protection CBRN se tiennent en ligne avec un respirateur sur le visage. Une cagoule est fixée autour du respirateur.

Des participants aux essais s’exercent à enfiler correctement un respirateur C5B à l’École de lutte contre les avaries de la BFC Esquimalt, en novembre 2023. Photo : Michael Franz/Recherche et développement pour la défense Canada

Le fait d’avoir la possibilité d’utiliser le C5B pendant l’entraînement n’est pas seulement une question d’adaptation pour tenir compte des obligations religieuses. Les membres des FAC peuvent aussi choisir de l’utiliser en raison de problèmes d’ajustement vécus avec d’autres respirateurs, ou pour s’entraîner en portant un respirateur qui fonctionne même lorsqu’ils ne sont pas rasés.

L’essai final du nouveau respirateur a eu lieu à l’École de lutte contre les avaries de la BFC Esquimalt en novembre 2023. Les instructeurs de l’École de leadership et de recrues des Forces canadiennes ont mis à l’essai l’enseignement des exercices de port du respirateur avec le C5B. Ces exercices consistent à mettre le respirateur en respectant une contrainte de temps, à boire de l’eau en portant le respirateur, à changer la cartouche du respirateur et à procéder à une décontamination sur le terrain. Selon l’ajustement du respirateur, les participants à l’essai étaient jusqu’à 300 fois mieux protégés en portant le C5B que s’ils portaient le respirateur actuellement en service.

Prochaines étapes

Paul Bodurtha explique que le niveau de protection atteint par le C5B est suffisant en contexte d’entraînement, mais qu’il faudrait davantage de recherche et de développement pour mettre au point un respirateur qui réponde au niveau de protection plus élevé requis pour les utilisations opérationnelles, tout en répondant aux besoins des personnes qui portent la barbe, des cheveux longs ou une coiffure, ou pour qui les masques traditionnels n’offrent pas un bon ajustement.

M. Bodurtha souligne par ailleurs que l’équipe travaillant sur ce projet inclusif souhaitait se pencher sur les besoins liés à l’entraînement puisque cela profiterait à un plus grand nombre de membres des FAC qui, en majorité, sont moins susceptibles d’avoir besoin d’utiliser un respirateur dans un contexte opérationnel et qui sont plus susceptibles d’en avoir besoin dans une hutte à gaz pour réussir leur formation CBRN de base.

« Je trouve personnellement très satisfaisant de travailler sur quelque chose qui profitera aux forces armées dans leur ensemble sur le plan de la diversité et de l’inclusion », déclare M. Bodurtha.

Le rapport final de cet essai devrait être achevé au printemps 2024, et le C5B pourrait être prêt à être utilisé pour l’entraînement dès l’automne 2024.

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