Du terrain au laboratoire : Le Laboratoire national de microbiologie s’attaque à une maladie mortelle transmise par la souris

28 juillet 2023

Saviez-vous que l’exposition à des excréments de souris peut être fatale?

Au Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l’Agence de la santé publique du Canada, protéger les personnes au Canada contre le hantavirus signifie se pencher sur le problème sous divers angles. En effet, plusieurs scientifiques – chacun ayant des spécialités différentes – travaillent non seulement en laboratoire, mais aussi sur le terrain.

Plusieurs cas de hantavirus surviennent chaque année au Canada, et environ une personne infectée sur trois en décède. La gravité du virus met en évidence la nécessité de poursuivre la surveillance, les analyses et la recherche, qui sont toutes effectuées au LNM.

Qu’est-ce que le hantavirus?

Le hantavirus est un virus que l’on trouve chez les souris sylvestres au Canada. Il est le plus souvent transmis aux humains par l’inhalation de particules virales libérées dans l’air provenant de l’urine, des excréments ou de la salive de rongeurs, ou par contact avec des nids ou des souris mortes.

Les cas se produisent le plus souvent au printemps lorsque les gens ouvrent les chalets et nettoient des bâtiments annexes, comme les remises. Ce sont des endroits qui peuvent servir de refuge aux rongeurs pendant l’hiver, et il est courant de trouver des excréments de souris ou d’autres signes de leur présence, ce qui expose les gens à un risque d’infection à hantavirus.

Les infections sont rares, mais le hantavirus peut causer un syndrome de détresse respiratoire grave qui peut nécessiter une hospitalisation et des interventions médicales pour soutenir la respiration.

Dans le laboratoire

Le LNM est le laboratoire national de référence du Canada, ce qui signifie qu’il analyse tous les échantillons de hantavirus recueillis au Canada. Bien que les tests diagnostiques puissent être effectués en toute sécurité dans les laboratoires de niveau de confinement inférieur, une grande partie de la recherche, dont celle sur la souris sylvestre, est menée dans les laboratoires de niveau 4, soit le niveau de confinement le plus élevé. Comme le hantavirus est un agent pathogène infectieux qui présente un risque élevé de maladie mortelle, le laboratoire de niveau 4 est utilisé pour des raisons de biosécurité et de biosûreté.

David Safronetz (Ph. D.), chef des Pathogènes spéciaux au LNM, et son équipe tentent de mieux comprendre ce qui favorise la transmission du hantavirus des rongeurs aux humains.

Ils étudient des méthodes pour essayer de ralentir ou de prévenir la transmission du virus, par la mise au point de vaccins humains et animaux. Ils travaillent également à l’élaboration de traitements visant à réduire la gravité de la maladie et à augmenter les taux de survie.

« Les maladies transmises par les rongeurs, comme le hantavirus, pourraient augmenter en raison des changements climatiques. Notre capacité à réaliser des travaux de recherche au préalable nous permettra, nous l’espérons, de prévenir de futures éclosions et de protéger la santé des personnes au Canada », déclare M. Safronetz.

Cette recherche aide les scientifiques à avoir une longueur d’avance dans un contexte où nous envisageons l’avenir et étudions l’influence des changements climatiques sur la propagation des maladies.

Sur le terrain

Le travail du LNM sur le hantavirus ne se limite pas au laboratoire. La Section des études sur le terrain du LNM effectue la surveillance du hantavirus chez les animaux pour le compte des provinces et des territoires, des municipalités et des organismes indépendants, au besoin. Les scientifiques du LNM se rendent sur le terrain pour recueillir des échantillons aux fins d’analyse en laboratoire.

« Comme les infections à hantavirus sont plutôt rares, la surveillance peut nous aider à déterminer les sources du virus et la fréquence du virus dans certaines régions », explique Heather Coatsworth (Ph. D.), chef de la Section des études sur le terrain du LNM. « Ces renseignements sont utilisés pour accroître le matériel d’éducation et de sensibilisation dans certaines régions, à titre d’outils de prévention. »

Lorsqu’une éclosion survient, une équipe de la Section des études sur le terrain du LNM se rend sur place et effectue des tests sur les animaux pour déterminer la gravité du risque et le potentiel de propagation. Les membres de cette équipe travaillent avec l’équipe des Pathogènes spéciaux dans le laboratoire pour poser des diagnostics. Cela leur permet de réagir rapidement aux éclosions et de prévenir la propagation du virus.

Comment prévenir l’infection

Les scientifiques soulignent que la prévention est le meilleur moyen de stopper les infections à hantavirus. Lorsque vous ouvrez un chalet ou nettoyez un vieux bâtiment annexe, prenez ces mesures préventives pour réduire considérablement votre risque d’exposition :

  • créez une ventilation en ouvrant les portes et les fenêtres;
  • utilisez un équipement de protection individuelle (masque et gants);
  • évitez de créer des aérosols : ne ramassez pas les excréments séchés à l’aide d’un balai ou d’un aspirateur dans les zones qui présentent des signes évidents d’infestation de souris;
  • vaporisez une solution d’eau de Javel à 10 % directement sur les excréments, les nids ou les souris mortes, attendez 5 minutes puis ramassez-les et déposez-les dans un sac en plastique scellé;
  • jetez le sac scellé et l’équipement de protection individuelle utilisé pendant le nettoyage;
  • bloquez les petites ouvertures pour empêcher les rongeurs de pénétrer dans les bâtiments.