En prévoyant les tendances technologiques émergentes, on aide les alliés à travailler ensemble

31 juillet 2023

 

On pourrait croire qu’il faut non seulement un diplôme, mais aussi une boule de cristal pour faire le travail d’analyste en prospective. Pourtant, Inbal Marcovitch, scientifique de la défense à Recherche et développement pour la défense Canada, qui est l’organisation de science et technologie du ministère de la Défense nationale, explique que son travail est plus pratique que mystique. Par une évaluation des risques et un suivi étroit des tendances en science et technologie, Mme Marcovitch travaille avec une équipe afin d’aider les Forces armées canadiennes à se préparer à utiliser des technologies émergentes et perturbatrices et à parvenir à l’interopérabilité continue avec les alliés.

« Nous avons tous personnellement été frustrés de ne pas pouvoir brancher un appareil parce que nous n’avions pas le bon bloc d’alimentation ou de ne pas pouvoir visser une vis parce que nous n’avions pas le bon tournevis. Ça nous arrive parce que nous n’utilisons pas des blocs d’alimentation ou des outils standards, même dans le cas de technologies bien établies. Imaginez ce que seraient les répercussions si les alliés de l’OTAN essayaient de travailler ensemble à des opérations ou à des exercices interarmées sur le terrain, en utilisant de nouvelles technologies pour lesquelles il n’y a pas encore de norme », lance la chercheuse. « Nous devons prévoir les technologies émergentes et établir des normes pour ces technologies afin que l’adoption de nouvelles technologies par nos armées se fasse sans heurts. »

À mesure que de nouvelles technologies émergent, il faut que les normes évoluent en même temps pour assurer l’efficacité du développement, l’interopérabilité et l’utilisation éthique. Pour les technologies à double usage qui ont des applications militaires et civiles, comme la quantique et l’intelligence artificielle (IA), l’utilisation de normes civiles peut aider les armées alliées à travailler ensemble.

Mme Marcovitch a présenté son travail en février, en Grèce, dans le cadre de l’atelier de l’OTAN sur l’utilisation des normes civiles qui réunissait les alliés de l’OTAN pour promouvoir l’utilisation de normes civiles à des fins militaires. Organisé par l’état-major de la Défense nationale de la Grèce, l’atelier avait pour mantra « Civil as possible, military only as necessary » [Normes civiles, autant que possible; normes militaires, seulement si nécessaire].

« La prospective, l’innovation et la normalisation s’entrecroisent. Nous verrons de plus en plus de convergence, et la coopération entre les alliés sera de plus en plus nécessaire », poursuit Inbal Marcovitch.

Au sein de Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC) – l’organisation de science et technologie du ministère de la Défense nationale, voir venir les tendances dans un large éventail de technologies émergentes et perturbatrices constitue le rôle du programme de prospective scientifique et technologique et d’évaluation des risques. Le domaine d’expertise de Mme Marcovitch est la convergence biotechnique, qui combine la biologie et la technologie et a des applications dans les soins de santé, les biocapteurs et le stockage des données, entre autres.

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